À la Une cette semaine

 

Vos chroniques

mardi à 08:24

Un Français sur quatre ne se souvient plus de la fin de la soirée de samedi dernier

Les chiffres sont alarmants : plus de vingt millions de Français auraient été victimes d’une amnésie collective dans la nuit de samedi dernier. Les résultats proviennent d’une étude menée dans la semaine et dans laquelle plus d’un Français sur quatre a répondu de pas avoir de souvenir de la fin de la soirée. Si les scientifiques tombent tous d’accord sur les chiffres, leurs avis diffèrent sur les raisons du phénomène. « Nous aurions pu trouver un dénominateur commun si tous ces Français avaient été au même endroit, au même moment. Mais ce n’est pas le cas » explique Solenne Girdreau, chercheuse au CNRS. Selon elle, les facteurs déclencheurs de ces cas d’amnésie sont multiples selon les situations. Nicolas H. fait partie de ces Français qui ont vu une partie de leur mémoire s’envoler samedi soir. Le Bordelais qui était sorti rejoindre des amis dans un bar pour fêter un anniversaire affirme être encore sous le choc. « Tout se passait bien, j’enchaînais un série de shots au bar, et puis plus rien. Le trou noir. Je me suis réveillé chez un pote le lendemain sans comprendre comment j’étais arrivé là » raconte le jeune homme bouleversé. Des témoignages comme celui de Nicolas H., Solenne Girdreau en a étudié plusieurs milliers, sans pouvoir s’arrêter sur une explication solide. « Dans tous les cas, on retrouve ce sentiment de se faire voler un bout important de sa vie » explique la chercheuse en nous montrant le témoignage d’un groupe d’hommes retrouvés nus et inconscients sur une plage bretonne après un enterrement de vie de garçon. La jeune chercheuse termine sur un dernier témoignage encore plus étrange, celui d’un homme prétendant avoir perdu le fil de sa soirée alors qu’il tentait de suivre un film d’auteur sur Arte. « Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de dire qu’on est devant un phénomène inexplicable, voire paranormal » lance la jeune femme pour conclure.

mardi à 08:16

Jocrisse qui mène les poules pisser

En cette rentrée chaotique, ne serions-nous pas à court d'injures ? Les insultes sont comme les hors-d'oeuvre : elles s'apprécient variées... « Pauvre con », « connard », « cornichon », c'est du déjà vu. « Il a l'air d'un jocrisse complet ! » cela nous tenterait-il ? Depuis le XVIIe siècle, le mot a pris un sens injurieux parce qu'il renvoie au niais, valet de comédie ou garçon de ferme stupide. La tradition en a fait le spécialiste des tâches inutiles, comme d'aller chercher la clé du champ de tir. Le roi lui-même a dansé dans Le Ballet des Fées des forêts de Saint-Germain, le 11 février 1625 où l'auteur a osé lui dire ces vers : « Partout on m'appelle JocrisseQui mène les poules pisserCe surnom rempli d'injustice.Que chacune de vous dessus moi se repose :Je lui ferai faire autre chose » Dans Les Femmes savantes (1672), Molière faire dire à Martine, la soubrette : « Si j'avais un mari, je le dis,Je voudrais qu'il se fît le maître du logis ;Je ne l'aimerais point, s'il faisait le jocrisse » Plus tard, Dorvigny (1742-1812) en fait un personnage ridicule avec Le Désespoir de Jocrisse (1793), pièce représentée au théâtre des Variétés Amusantes. Le comédien Jean-Joseph Mira, dit Brunet (1766-1851) en était le mémorable interprète. Avec sa culotte courte, ses bas chinés, sa veste rouge et sa perruque à queue, Jocrisse est le héros de vingt-deux comédies-vaudevilles, parmi lesquelles Jocrisse congédié et Jocrisse au bal de l'Opéra. Mais le personnage viendrait de plus loin... des Romains. On attribuait à un berger la fonction de traire les poules.

Auteurs maison

Le 9 octobre 2014 à 08:45

Hérisson - 2009

C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #4

Août 2006, Ludovic Michel, producteur, me donne carte blanche, je prépare un cabaret pour son théâtre les Déchargeurs, J’existe (foutez-moi la paix), j’y chanterai, danserai, jouerai, avec ma sœur Marie Notte et la pianiste Karen Locquet. Au même moment, Muriel Mayette est nommée brutalement à la Comédie-Française. On se connaît à peine, on se fréquente à la SACD, sous les toits de Paul Tabet et de Corinne Bernard, à l’étage Beaumarchais. Je l’ai interviewée quelques fois, mais elle me confondait avec un journaliste du Figaro qui l’avait lynchée lors de son Clitandre, que j’avais encensé. J’aimais son insolence, sa force de destruction du convenable dans les dorures de la Comédie-Française, sa jeunesse et la grâce de son audace, sa liberté. Elle me propose de la rejoindre, d’occuper le poste de secrétaire général. Je la préviens que mon cabaret J’existe sera créé au moment de ma prise de fonction, qu’il ne s’agit pas d’un objet correct, mais ça lui va, c’est ce qu’elle veut, une sorte d’artiste, un trublion à ses côtés. Nous travaillerons ensemble trois saisons, dont deux inoubliables d’une passion du travail et d’une fête d’être ensemble et complices, soudés, alliés. Trois ans, où se créent aussi Deux petites dames vers le Nord, mis en scène par Patrice Kerbrat, avec Catherine Salviat et Christine Murillo, puis Journalistes, petits barbares mondains, mise en scène par Jean-Claude Cotillard, avec Zazie Delem, Romain Apelbaum, Sophie Artur, Hervé-Claude Ilin et Marc Duret. « C’est une bombe » disait Edy. Je le paierai cher, longtemps, je l’aurais bien cherché. Trois années aux côtés de Muriel Mayette dans la maison de Molière, j’écris cinq cents pages d’un journal que j’intitule Pourquoi il faut brûler la Comédie-Française. Non publiable. Écrit par nécessité, sauver sa peau tous les jours. Mais des réalisations et des rencontres, des résultats et des montagnes de dragons terrassés. L'aventure de Hérisson En 2008, Anne-Laure Liégeois, au Festin de Montluçon me propose de participer à l’aventure de Hérisson. Elle réunit quelques auteurs, des metteurs en scène, des commandes d’écriture autour d’un thème imposé, quelques jours dans un gîte, une pièce courte, un sujet, cette fois-ci le fait divers, et des représentations itinérantes dans le village d’Hérisson, Auvergne. Je m’absente du Français pour participer au jeu, j’écris les premières scènes de Et l’enfant sur le loup. Anne-Laure met en scène Valérie Schwarz et Olivier Dutilloy sous un arbre de Hérisson. Travail ciselé, précis, rigueur extrême de la musique, tension terrible, maîtrise impressionnante des corps tendus, menacés, de l’horreur devenue farce, d’un rire provoqué pour libérer, salutaire et sain. L’année suivante, je retourne à Hérisson, je suggère à Anne-Laure le thème qu’elle ne trouve pas encore. Noël, fête de famille, rite obligé et terrain miné. Elle s’en empare, je passe à nouveau trois jours isolé dans la grande maison, je fais des crêpes, presque à chaque repas. Rémi De Vos, Christian Siméon, Philippe Blasband, Marie Nimier, chacun mange mes galettes et débat de la thématique, C’est Noël. Marie Nimier compose Noël revient tous les ans, qu’Anne-Laure mettra en scène. La commande est lancée, autour de Noël donc, écrire une pièce courte, d’une demi-heure, pour trois hommes et deux femmes. J’entreprends de composer les premières nouvelles scènes de C’est Noël tant pis. Les scènes qui précèdent l’isolement des personnages dans les lieux clos, avant le « sombre précurseur ». Je saisis la contrainte, je réduis la distribution, je préserve les personnages originels de la première mouture, le père et la mère, entourés de deux fils et d’une pièce rapportée, Geneviève. Il est question alors d’augmenter la pièce d’instants concrets d’une vie réelle, de faits divers, de choses vraies. D’écrire des situations, de faire traverser des moments à des personnages auxquels donner une existence charnelle. Les figures jusqu’ici semblaient osciller entre des entités abstraites, cérébrales, et des caricatures plus ou moins méprisées de pauvres gens. J’écris. Et je me mets à aimer mes personnages. Les épreuves transforment les projets Les épreuves traversées à la Comédie-Française et ailleurs, vie sentimentale, amoureuse ou amicale, transforment les projets, j’écris des histoires de réconciliations, d’amours mal foutues mais d’amour. La condescendance cruelle, ou la férocité sans appel des peintures de Moi aussi je suis Catherine Deneuve, de Journalistes, de Et l’enfant sur le loup, évoluent, s’adoucissent, se nourrissent d’une sorte de tendresse qui viserait la grande trêve. La grand-mère est encore là, mais elle a disparu, elle est sous la table du repas de famille, personne ne le sait encore. C’est elle qui meurt dans la partie suivante. Pour l’instant, elle est rangée sous l’espace sacré des déjeuners du dimanche, on dira qu’elle est nue. On dira qu’elle est devenue folle. On dira de cette figure matriarcale tutélaire autour de qui tout le monde se réunit malgré la haine et l’horreur, qu’elle a perdu pied, et qu’elle est devenue pure, nue, une figure suprême, l’icône d’un monde perdu. Pour l’instant, on prépare le sapin. La pièce commence là, le père s’occupe des boules, la mère fera les carreaux, on attend les enfants. Une contrariété maximale entre les deux mastodontes de la famille, le père et la mère, une vexation sexuelle. Il n’a pas voulu de la faveur qu’elle s’apprêtait à lui accorder. Une gentille fellation. Puis les enfants arrivent et les contrariétés s’accumulent autour du rite judéo-chrétien fabriqué pour réconcilier tout le monde et purger les rancœurs. On a confondu la bûche et la galette, le gigot est congelé, les papiers cadeaux sont à refaire. La mère s’effrite, le père se décourage, les enfants passent le temps, on cherche la grand-mère, et quand on la découvre, heure panique et climax. On file à l’hôpital, et le père et la mère, seuls au monde, se retrouvent, et s’embrassent. C’est noël, et il est aussi question d’amour, de cet amour oublié, négligé, mis de côté, qui revient tout d’un coup, souvent du côté de la menace de la mort, dans la catastrophe. J’écris ça, que Thierry Roisin met en scène à Hérisson, avec Pierre Ascaride dans le rôle du père. La proposition ne convainc pas, la pièce ne fonctionne pas, le projet de la mise en scène non plus, c’est une rencontre qui ne se fait pas entre des acteurs, une esthétique, un lieu, des mots, ça ne marche pas. Ça ne prend pas. Ça n’existe pas. On entend, on voit, on comprend, mais on ne saisit pas, on ne reçoit rien, on ne vit pas. Parfois, rien Les metteurs en scène inventent des mots pour évoquer la présence de l’acteur, sa grâce, sa puissance, sa force, son énergie vitale sur le plateau, la brûlure. Brook dit « l’être là », Py parle de « la joie », Vitez disait « question de vie ou de mort ». Pour la rencontre entre un texte et une mise en scène, pareil. Mêmes termes, même terminologie. Parfois, rien. Néant. Le texte ne va pas, la mise en scène ne sait pas, les acteurs ne peuvent pas. Ils ne vont pas ensemble. C’est la vie, c’est l’absence de vie. Et ça laisse des tas de regrets. Il y a quelque chose ou quelqu’un qui n’est pas là, et qui manque. Une vie. C’est l’épopée qui fait défaut, l’invention d’une forme qui manque, ou le déficit de la nécessité impérieuse du comédien d’être là et de faire ça plutôt que n’importe quoi d’autre. L’un des trois, ou les trois. Et c’est la mort. J’en veux au texte de n’avoir rencontré personne. J’enterre mon C’est Noël, à Hérisson cette année-là. > première partie

Le 5 octobre 2014 à 12:21

"Haïkus de mes comptoirs", Gourio lâche ses poèmes

On vous a dit et répété qu'il n'y avait plus de poète populaire en France ? Eh bien raté, Haïkus de mes comptoirs vient de pousser en rigolant sous votre nez pour vous démentir. C'est le 1000e titre publié aux éditions Le Castor Astral et il va vous porter chance : il rassemble les merveilles que Jean-Marie Gourio a essaimées sur ventscontraires depuis près de 5 ans : poèmes, rêves minuscules, haïkus de comptoir... Un petit livre ami comme il le dit lui-même, à serrer contre son cœur comme une flasque d'eau de vie joyeuse, pour les instant où, décidément, le monde qui vous entoure ne vous semble plus mériter la visite. Par exemple cette goulée en haut de la page 169 : Si c'était que moi, le trèfle à quatre feuilles porterait bonheur à partir de deux feuilles. Ou celle-ci, page 33 : Baudelaire achète du painPaie en poèmeManque un vers S'il avait été prétentieux ou pompeux (ce qui ne risque jamais de lui arriver, c'est contre sa nature), Gourio aurait pu intituler ce recueil Le Délassement d'un romancier, car il a coutume d'envoyer ces pépites par salves pour s'aérer l'esprit lorsqu'il est en en train d'écrire un roman. Elles ne lui viennent jamais au comptoir, où il se tient alors en mode "écoute" – sur une longueur d'onde qui le met entièrement au diapason des âmes accoudées avec lui autour du zinc (les Brèves de comptoir en ce moment sur vos écrans avec le film de Jean-Michel Ribes). Ses poèmes à la noix ou à un euro – je reprends ses propres mots – jaillissent en rafales du dedans, de ses comptoirs intimes et secrets, on est en direct avec l'énergie poétique de Gourio. "Quelques phrases qui tintent contre un verre de blanc" et qui font du bien.   > Le Castor astral

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