À la Une cette semaine

 

Vos chroniques

mardi à 08:31

Paris : le serveur aimable était en fait un imposteur

Malaise dans le milieu de la restauration sur la capitale. Le journal Le Parisien nous apprend ce matin un fait divers des plus insolites. Un individu d’une trentaine d’années se serait fait passer pendant plusieurs semaines pour l’employé d’une brasserie située dans le Ier arrondissement. De la bonne humeur en toute impunité L’homme officiait dans le bistro Au Père Tranquille, en face des Halles. Arrêté par la police hier et mis en examen pour usurpation d’identité, ce dernier, totalement extérieur à la maison, a osé revêtir l’habit de serveur et prendre de nombreuses commandes de clients. Vincent est un client régulier du café où le déséquilibré a agi en toute discrétion entre juillet dernier et la mi-septembre. Mis au courant de cette affaire, il n’en revient toujours pas : « Je vois très bien qui c’est. Il portait une tenue de serveur comme les autres mais il avait ce je-ne-sais-quoi de différent. Peut-être de l’écoute ou un simple sourire naturel. » Pour cette autre cliente, la mystification a été totale : « Je n’y ai vu que du feu. On aurait dit un vrai pro, à part effectivement ce petit air sympathique qui faisait qu’on le remarquait très vite. Mais j’ai été naïve et je me suis dit que c’était peut-être un nouveau, plein de fraîcheur, qu’il était originaire de province et qu’il venait tout juste de débarquer à Paris. J’ai été bien bête de croire qu’il était vraiment serveur. » L’imposteur ira même jusqu’à tromper le personnel de l’établissement. Cyril est serveur au Père Tranquille depuis deux ans : « On est dans le rush toute la journée. On n’a tout simplement pas le temps de vérifier que les gens sont vraiment qui ils sont. Je l’ai vu un jour comme ça en train de faire le service et je me suis juste dit qu’il venait d’être embauché. » Une tromperie désintéressée Mais la duperie orchestrée d’une main de maître par ce trentenaire n’aurait aucun rapport avec l’argent, comme l’explique Xavier Gardes, l’un des deux gérants de la brasserie interrogé par le Parisien : « Il n’a absolument rien pris dans la caisse. Il a juste fait un boulot de serveur, sans même être payé puisque personne ne savait qu’il travaillait avec nous. Là, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi il a fait ça. En tout cas ça doit être un grand malade. » Actuellement entre les mains des policiers du commissariat du Ier arrondissement, le faux serveur aurait commencé à passer aux aveux : « Apparemment, il aurait décidé de se faire passer pour un membre du staff par désir d’apporter un peu de politesse et d’humanité dans un milieu qu’il qualifie lui-même de rude et froid. Ce sont en tout cas ses mots », nous explique Bertrand Latour, du syndicat de police Alliance. La piste de la bande organisée L’officier de police dévoile ensuite un autre aspect de cette affaire. L’individu pourrait ne pas avoir agi seul et appartenir à un réseau de faux serveurs plus ou moins aimables : « On a d’autres témoignages sur Paris de clients qui nous ont signalé plusieurs personnes suspectes. On ignore encore s’ils agissent tous de concert ou si ces actions sont isolées. En tous cas, nous mettons tout en œuvre pour mettre ces individus hors d’état de nuire.» Le Gorafi Illustration: Flickr / Mark and Allegra  

Auteurs maison

Le 19 février 2015 à 09:14

Le bon côté

Nous mangeons avec nos doigts. Nous avons banni la fourchette, la cuillère et le couteau, depuis que nous avons découvert que le métal de ces ustensiles était un alliage dont un des composants est fabriqué dans des usines est-asiatiques, employant des ouvriers sous-payés, travaillant dans des conditions effroyables, sous des ampoules clignotant lamentablement faute d'être remplacées à temps. Nous mangeons avec nos doigts pour dire non à cette injustice. C'est une façon durable de nous engager en famille par un petit geste responsable. Si tout se passe bien à la maison, il n'en va de même à l'extérieur. Je me suis longtemps contenté d'un sandwich pour ne pas choquer mes collègues durant la pause repas. Je n'ai pas l'âme d'un militant, mais il m'arrive de déjeuner en tête à tête avec l’un de nos jeunes stagiaires en situation de précarité. Si le discours de l'exploitation de l'homme par l'homme ne prend pas, j'utilise d'autres arguments plus politiques : « Piquer ton haricot, couper en pièces détachées ce steak, sont des actions sur lesquelles nous devrions nous arrêter un instant. Car que sont-ils, ces gestes qui te sont coutumiers, sinon l'ébauche d'un pouvoir, l'affirmation d'une suprématie ? Ne vois-tu pas que tu participes sans t'en rendre compte, à la grande machination capitaliste, à la malédiction consumériste qui t'entraînent malgré toi vers ta propre perte ? » Nathan, notre stagiaire caisse, a fait un test l'autre soir à la maison. Depuis, il a abandonné les couverts et toute chance de voir son contrat se muer en CDI. Nous mangeons avec nos doigts, sans nous préoccuper des jaloux et des regards réprobateurs. Ce midi, j'ai observé Mélanie à la table voisine. Je l'ai vue poser sa fourchette l’air de rien, puis enfourner digitalement une frite en riant, pour faire oublier à ses compagnons de table qu'elle était passée de l'autre côté, du bon côté.

Vedettes etc.

Tous les dossiers
Tous nos invités

derniers podcasts

je m'abonne :   
Rencontre Télérama : Gérard Depardieu
Live • 18/02/2015
Télérama Dialogue : François Morel
Live • 07/02/2015
Valérie Mréjen : Communiqué
Live • 06/02/2015
Télérama Dialogue : Riad Sattouf
Live • 05/02/2015
Christophe Fiat : Rien n'arrête Marcel Pagnol
Live • 05/02/2015
Tous les podcasts

Je lance ma
chronique sur
la piste d'envol

Les billets
Règles du jeu
Accès chroniqueurs
 
La revue en ligne du Rond-Point
Vos chroniques   Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Piste d'envol   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Accès chroniqueur   Presse
ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point, avec le soutien d' 
Site administré par
© 2014 - CC.Communication