Le Cabaret Philosophique
Publié le 22/12/2011

Les aiguilles des montres vont toutes dans le même sens d'accord, mais n'y aurait-il pas un mécanisme derrière tout ça ?


"Il s'agit de noyer l'agora sous un déluge de pertinence, de bien la secouer et de la lancer sur l'orbite de la réflexion."
• Souvent comparé à une Super 5 GTI qu'on forcerait à rouler en seconde, Daniel Sponk Datahunter fut tour à tour psychopompefunébriste en Sologne et cryptonumérologue pour la Nasa.
• Œnolopédiatre à l'institut Pierre-Cochin, père de cinquante-trois enfants à Condom dans l'Allier, Roland Gerbier est aussi champion de France de cache-cache et piscicoiffeur.
• Débatteur tenace, Stéphane Giblot est issu d’une famille de sidérurgistes lorrains. MJCiste de formation, francophiliste, il est co-fondateur honoris causa d'un club international de Pingouisme.
• Scribe stagiaire pour l'éternité, autobilingotophone, Gilles Ndiaye Traore grave les pensées de ses maîtres dans le liège des amphores de lait qu’ils sèment pour lui sur les chemins du sens. 

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Le 12 octobre 2014 à 09:41

SOS Kivik

"Depuis quand les coussins nous espionnent-ils ?" se demanda Paul Portier. Il avait été alerté par un message codé envoyé à tous les acheteurs, que les coussins vendus avec le canapé IVAR n'étaient pas ordinaires, mais probablement des messagers transmettant des informations ultra-privées (conversations, programmes TV, historique du smartphone) à des commanditaires dont on ignorait les objectifs. "On est plus tranquille chez soi" avait réagi Irène, la femme de Paul, tandis que Lina, leur ado accro aux widgets, pianotait sur son Galaxy S4, assise sur la lunette refermée des toilettes. Quelques jours après cette mise en garde, Paul était couché avec Irène. Des jeux érotiques se profilant sous les draps, il se demanda soudain si les oreillers n'étaient pas en train d'espionner leur vie sexuelle, leurs mouvements de tête durant le sommeil, la mécanique de leurs rêves. Si tout cela n'allait pas quelque part au loin, dans une autre galaxie, où des créatures accumulaient ces informations en vue d'une prochaine invasion, voire d'un possible remplacement du genre humain. Cette pensée interrompit leur moment d'intimité, qu'ils poursuivirent dans la salle de bains. C'est là qu'ils décidèrent de combattre les envahisseurs : si les extra-terrestres étaient des coussins, alors ils allaient apprendre de quel bois on se chauffe chez les Portier. Dès le lendemain, les coussins subirent un tabassage continuel, des lavages en machine répétés, froids, brûlants, javellisés à outrance, des teintures contradictoires. Lina prit l'habitude de se masturber avec un coussin qu'elle insultait et accablait de son mépris, tandis que l'orgasme montait. Paul et Irène se lançaient dans des disputes infernales où les coussins volaient, brisant lampes, vases et sous verres. En quelques jours, non seulement les coussins furent ruinés, mais aussi tout leur intérieur. C'est alors que Paul reçut un SMS rectificatif lui annonçant que les coussins incriminés n'étaient pas ceux du modèle IVAR, mais ceux de la nouvelle collection en cuir KIVIK.(Coussins et photo Marie Beauchesne)

Le 12 mars 2015 à 10:19
Le 23 avril 2011 à 10:30

Les yeux d'Elsa

Pubologie pour tous

Avant de se plonger dans les yeux d’Elsa, il faut savoir que cette campagne d’affichage, datant de 2010, a été une petite révolution dans le monde bien rangé du luxe. Pourquoi ? Parce qu’il y a un PRIX. Place Vendôme, déjà faire de la pub c’est limite, alors mettre un prix, vous n’y pensez pas. C’est putâssier. Avec un â, comme dans Versâilles. Alors pour compenser, on donne à la montre un nom en forme de phrase. Nom qu’on illustre par une photo d’un jour qui se lève, d’un beau bleu-vert lagon lagune laguna de la couleur des yeux de l’égérie. C’est fait exprès d’ailleurs. Pour ce genre de publicité, on fait un casting de stars, on les place devant la fenêtre, et si leur couleur d’yeux est celle du ciel, eh bien c’est gagné. Et sinon, il y a Photoshop. Là il y a eu Photoshop, c’est d’ailleurs pour cela qu’Elsa, 42 ans, a l’air d’en avoir 17. Mais les 42 ans d’Elsa ne sont pas un défaut. Ils sont une force. C’est son expérience qui lui permet de jouer si bien le jour qui se lève, amour. On le voit bien, dans ses yeux laguna, l’amour du jour qui se lève. Elle semble même un peu surprise d’ailleurs que l’amour se lève le jour, c’est probablement parce qu’elle était en train de faire la fofolle sur un trampoline de fils de soie, c’est pour ça qu’elle est décoiffée. Mais pas trop parce que les fils de soie ça ne rebondit pas très bien. Elsa, elle joue très bien l’air chagrin-enamouré-rêveur. Mais ça ne marche pas. Parce qu’on ne lui a pas dit à Elsa, mais faire la moustache avec ses cheveux, ça ne fait pas très chagrin-enamouré-rêveur, même si c’est rigolo. Mais surtout, Elsa, elle ne va pas nous faire croire que le jour se lève alors qu’il est dix heures à sa montre. Parce que soit elle vit au Pôle Nord Elsa, soit elle croit que tôt le matin c’est dix heures. Et ça c’est bien un truc de riches.

Le 2 juillet 2014 à 08:10
Le 8 juillet 2010 à 18:16

« J'observe aujourd'hui qu'il y a une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste d'extrême qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth »

Nadine Morano, cour de Matignon, 7 juillet 2010

Du « Morano » ça doit être restitué in extenso pour en apprécier toutes les hardiesses syntaxiques, audaces conceptuelles, et autres ellipses historiques.  Elle est culte dans l’inculte, la pétaradante secrétaire d’Etat à la famille qui répondit un jour sur RTL où on lui opposait une citation de Georges Clemenceau : « Georges Clemenceau a le droit de dire ce qu’il veut ».  Elle a dû faire des impasses pour décrocher son DESS d’information, communication et organisation des entreprises. Quant aux travaux pratiques ultérieurs, ils souffrent d’approximations dans la « communication de crise » dictée de l’Elysée : taper à bras raccourcis sur Mediapart et son patron Edwy Plenel, connu pour ses sympathies trotskystes de jeunesse, qui ont monté une machination à caractère fasciste visant à abattre Eric Woerth comme la presse d’extrême droite s’attaqua jadis à Roger Salengro, et comme l’honneur de Pierre Bérégovoy fut naguère « jeté aux chiens » selon l'expression de François Mitterrand.  Nadine Morano a lu trop vite ses fiches et les a récitées en langage yaourt, oubliant de caser le qualificatif « fasciste ».  Elle s’est du coup privée de la compréhension des staliniens les plus chenus, lesquels dans les années 50 avaient anticipé, en traquant eux aussi "le complot hitléro-trotskyste."

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