Vincent Roca
Publié le 11/02/2013

Faut-il redresser Courbet ?


L'orgie d'une immonde

Voilà qui va réjouir nos intégristes de tout poil (pubien), il est question de recapiter L’origine du monde ! Recoller enfin une tête pensante à cette femme tronquée brossée, si j’ose dire, par Gustave Courbet. Le monde sorti d’un simple bas-ventre velu on ne sait d’où, quelle abjection ! Que nous soyons tous issus d’un sexe de femme, soit. Mais doté d’un cerveau, s’il vous plaît. Le tout peint par un artiste (homme) de génie ! Voilà, d’où nous venons…

Comédien, auteur, humoriste, Vincent Roca a été pendant onze ans chroniqueur dans l’émission « Le Fou du Roi » de Stéphane Bern sur France-Inter jusqu'à juin 2011 Il a également participé au 7/10 de Nicolas Demorand sur la même antenne. Il a écrit et joué une dizaine de spectacles d’humour, dont Mots et usage de mots, Sur le fil dérisoire (tous les deux mis en scène par François Rollin), Une heure de gaité (mis en scène par Michèle Guigon), Vite, rien ne presse ! (mis en scène par Gil Galliot). Il a reçu le grand prix Raymond Devos 2011 de la langue française.

Photo : Philippe Matsas

 

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Le 22 septembre 2015 à 08:44

Trop réaliste, la réalité virtuelle bientôt aussi ennuyeuse que la vraie vie

Présentés il y a une semaine lors du dernier E3 à Los Angeles, les nouveaux casques de réalité virtuelle pourraient, selon de nombreux spécialistes, atteindre très prochainement un niveau de détails permettant de retrouver le coté ennuyeux et pénible de la réalité. Au point que plusieurs joueurs pourraient se laisser tenter par un retour dans le monde réel. La vie c’est de la merde Brendan Iribe est le créateur du dernier casque de réalité virtuelle, l’Oculus Rift, petit bijoux de technologie. Le développeur affirme que son projet, toujours en cours de développement, atteint aujourd’hui un niveau de réalisme jamais égalé auparavant. « Nous souhaitons faire vivre au joueur une expérience bien connue : celle de la vie de tous les jours, ennuyeuse, barbante et répétitive  » explique-t-il Pour marquer le coup à l’E3, Brendan Iribe avait mobilisé plusieurs studios pour travailler sur des applications développées spécialement pour l’occasion. Simulation de file d’attente, regarder la pluie tomber par la fenêtre, remplir un formulaire administratif, dispute avec le conjoint, les joueurs ont pu avoir le choix entre plusieurs scénarios pour selon lui « une plongée déconcertante dans toutes ces petites choses du quotidien qui finissent par nous pourrir la vie  ». Christopher Trisby fait parti des rares privilégiés à avoir pu tester le fameux casque. Après avoir lancé plusieurs applications et passé des heures à peler de fausses pommes de terre et à chercher virtuellement ses clés, il avoue être totalement conquis. «  Techniquement c’est irréprochable. On retrouve vraiment l’agacement, le coté barbant, répétitif de la réalité » explique-t-il. Fortement déconcerté en retirant le casque, l’homme a préféré quitter le salon en courant  pour tenter de réaliser son rêve de devenir joueur de hockey professionnel.

Le 23 septembre 2015 à 10:26
Le 12 septembre 2011 à 08:06

"J'ai fait un dessin de la main gauche pour m'entraîner au cas où on me casse les doigts de la main droite"

Mazen Kerbaj, dessinateur libanais en résidence au Rond-Point (2)

Un de tes confrères caricaturiste, Ali Ferzat en Syrie, vient de se faire agresser ; on lui a cassé les deux mains… Tout ce qui passe en Syrie est très dur pour nous, Libanais. On a un rapport de haine et d’amour avec ce pays. C’est presque le même pays, c’est presque le même peuple. En ajoutant à cela que le type qui s’est fait agresser est un caricaturiste, effectivement ça me touche un peu plus. Il se trouve qu’hier, j’ai fini un dessin sur cette agression pour un journal auquel je collabore au Liban (L'Orient littéraire) pour un article qui parle de cette histoire. C’est une demi-page où je fais six dessins très mal torchés de la main gauche pour m’entraîner au cas où on me casse les doigts de la main droite. J'en avais fait un autre qui avait été refusé par la rédaction : c'était à propos d'un chanteur qu'on a retrouvé avec les cordes vocales arrachées probablement avant qu’on le tue. Il avait lancé une chanson contre Bachar el-Assad qui est toujours reprises dans les manifs. Alors après les doigts cassés et les cordes vocales arrachées, le dessin disait « Aujourd’hui, vous pouvez vous faire enculer gratuitement par le régime syrien en vous torchant cul avec le papier cul Bachar el-Assad ». J’avais dessiné un rouleau de PQ avec des photos de Bachar el-Assad…. Il faut dire que le lectorat de ce journal oscille entre 60 et 80 ans donc c’est surtout la bienséance qui a fait censurer ce dessin.Ça me semble presque un gag débile de casser les mains ou d’arracher les cordes vocales. C’est le moyen-âge : celui qui a vécu par l’épée doit périr par l’épée. Ali Ferzat va apprendre à dessiner avec les doigts de pied, avec le nez… Personne ne voit le ridicule de ce régime ? > Mazen Kerbaj "Gens de Beyrouth - gens de Paris", rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le 25 septembre 2012 à 09:13

En avant, marche !

J’ai envie de répondre à Monsieur Chevillard qu’au XXIe siècle, il existe l’escalator, un système d’ascension mécanisé qui permet d’atteindre les sommets sans user ses semelles et, accessoirement, ses talonnettes ! Ledit appareil favorise une élévation vers les cimes, en particulier, dans les grands magasins qui font passer les rêves de Zola pour de misérables dinosaures ! Le principe me paraît simple, il suffit au quidam de se positionner élégamment sur une marche qui le guide, sans effort, vers les faîtes de la consommation de masse. Je reconnais que certains escalators possèdent une impressionnante denture, mais, pour se rassurer, on a la possibilité de s’accrocher à une rampe, d’un noir luisant, et d’y abandonner, sans crainte, les dessins humides de ses doigts moites. Les traces digitales sur les surfaces laquées, cela amuse toujours les petits et les grands qui répondent ainsi à un fantasme collectif : celui de laisser ses empreintes de mains et de pieds sur les murs chaulés d’une caverne auvergnate ! Je vous le jure, nous avons encore en nous les vestiges du primate. En outre, si l’escalator venait à arrêter sa course lente, sous le ciel artificiel d’une aire commerciale, il serait envisageable de continuer son chemin à la seule force de ses mollets. Tout a donc été prévu pour le confort du voyageur en escalier. Mieux ! Il peut même arriver que la marche hoquette dès l'instant où elle touche le palier et là... c’est l’hilarité assurée, car celui qui se tient sur la marche rebelle finit les quatre fers en l’air sur le sol vitrifié du charmant magasin provincial ! Ainsi, ce petit gag détend l’atmosphère, redonne le sourire aux citadins pressés ! Décidément, avec l’escalator, l’homme moderne est aux anges ! (En réponse à la chronique d'Eric Chevillard consacrée à l'escalier)

Le 24 octobre 2014 à 14:45
Le 26 septembre 2011 à 08:08

« Elle balance beaucoup apparemment Hélène »

Brice Hortefeux, écoute téléphonique (légale), 14 septembre 2011

Elle a le prénom d’une reine de Sparte, elle n’est que princesse serbe, mais elle cause autant d’ennuis en Sarkozie que jadis la maîtresse de Pâris aux Troyens. Le bonnet de Ménélas, cocu antique, est bien porté par Thierry Gaubert dont les magouilles financières ont été « balancées » à la justice par Hélène de Yougoslavie, son ex.On ne dira jamais combien le divorce est le talon d’Achille (c’est involontaire) du quinquennat. Tout commença par Cécilia Sarkozy qui plaqua son mari au moment où il tranformait l’essai présidentiel. Elle s’en alla porteuse de lourds secrets, dont elle ne dévoila que quelques bribes sur « la firme », surnom d’un groupe de potes un peu limites, très encombrants mais si utiles dans l’ascension du chef. Brice Hortefeux en était la première gâchette, ce qui lui valut l’Intérieur comme part de butin, et Thierry Gaubert un porte-flingue de second rang, mais porte-mallettes commode, selon Hélène, pour transférer dans les caisses de la campagne Balladur de 1995 des liasses de billets tombées du camion dans les marchés d’armement. L’affaire se corse (encore involontaire) avec un certain Ziad Takieddine, intermédiaire levantin dans ces contrats commerciaux à neuf chiffres. Il eut le mauvais goût de chipoter sur la pension alimentaire de la mère de ses enfants, Nicola (sic) Johnson, laquelle dévoila au juge son carnet d’adresses, assez fourni pour organiser une primaire de bon niveau à l’UMP. Cecilia, Hélène et Nicola : une sacrée guerre des Trois.

Le 5 janvier 2012 à 11:24

« C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République »

Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe à l'UMP, BFM-TV, mercredi 4 janvier 2012

Elle a même failli en avaler son sifflet le nouvelle wonder girl de la cellulle « riposte » du parti du Président. On le croit pas ! L’ignoble Vizir socialiste venait d’être surpris en train de traiter de « sale mec » le Vizir légitimement en fonction. Le recours à la vidéo pouvait pourtant éviter à Valérie Rosso-Debord l’erreur de jugement. Les images enregistrées auraient montré un François Hollande ( celui qui veut prendre la place de qui l’on sait) parodiant devant des journalistes supposés l’écouter en « off » un Nicolas Sarkozy se présentant bientôt devant les électeurs : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..."  Un résumé plaisant de la seule carte qui reste à jouer pour un candidat à réélection au bilan quinquennal désastreux, mais qui se rappelle que dans le film Titanic, la panique était telle que personne n’a songé à faire passer le commandant par-dessus bord. Bref, François Hollande a fait de l’humour. Et ça c’est une arme déloyale aux yeux d’une Valérie Rosso-Debord qui admet qu’on peut rire de tout, mais pas du Président. Parce que sinon,  elle est une sacrée farceuse  la Valérie. Un jour qu’elle était invitée au Petit Journal de Canal + il lui fut demandé ce qu’elle avait fait le matin même en tant que femme de droite. Elle répondit : « J’ai fait une tarte. »

Le 20 septembre 2011 à 08:39

Alexis Jenni : l'Art français de la guerre

Son pavé troue l'hypocrisie nationale

Quelques mois avant de sombrer dans la folie, Nietzsche avait été estomaqué en découvrant les romans de Dostoïevski : « le seul psychologue dont, soit dit en passant, j'ai eu quelque chose à apprendre. – Je le compte au nombre des plus belles aubaines de ma vie. » Il ne faudrait pas oublier que le romancier – le romancier digne de ce nom – embrasse plus large et plus profondément que le philosophe, l'essayiste ou l'historien réunis. L'Art français de la guerre est bien sûr un premier roman. Mais il est psychologue au sens où l'entendait Nietzsche : en mêlant notre présent mou à celui, froid, de l'Occupation, en suivant le destin de Victorien Salagnon qui se battra contre les Allemands, puis en Indochine et en Algérie, Alexis Jenni fait un trou dans la vitre blindée de notre conscience française si sûre d'elle-même. Il plonge dans le trou, fouille, suit les filaments darwiniens de nos certitudes de gauche ou de droite. Et là dessous, boudin, gargouillis, tripes de coq et têtes de mouton braisées, massacres coloniaux encore tièdes, humiliations, défaites, défaites,  Waterloo, 1870, 1940, Setif, Diên Biên Phu, Vaux-en-Velin. Dessous, c'est la guerre, et personne n'en veut, de la guerre : « Le corps social est malade. Alité il grelotte. Il ne veut plus rien entendre. Il garde le lit, rideaux tirés. Il ne veut plus rien savoir de sa totalité. » Alexis Jenni s'enfonce jusqu'à la Guerre des Gaules et revient à la surface avec le placenta moisi qui envenime le débat de la France avec elle-même. Ne ratez pas cette aubaine, il y a là beaucoup de choses à apprendre. Jean-Daniel Magnin Alexis Jenni, L'Art français de la guerre, éditions Gallimard

Le 19 juillet 2013 à 08:22

Cet été, j'ai fait un échange d'appartements...

« Cher monsieur Robertson, Si vous lisez ces lignes, c'est que la gardienne vous a remis les clés et que vous êtes installé dans notre appartement. Bienvenue à Paris ! Nous vous souhaitons un agréable séjour. Merci d'arroser les plantes vertes tous les deux jours. Le liseria scapulata du salon est particulièrement fragile. Si vous constatez qu'il perd ses feuilles, rajoutez dans l'eau d'arrosage une mesure et demi du produit phytosanitaire (emballage marron) qui se trouve en bas à droite dans le placard de la cuisine. Pour le chat, c'est une demie boîte le matin, une demie boîte le soir et une poignée de croquettes tous les trois jours. Veillez à ne pas dépasser ces quantités, c'est un animal qui a tendance à prendre du poids depuis qu'il a été opéré d'un fibrome. Le numéro du vétérinaire figure dans la liste affichée dans l'entrée. N'hésitez pas à consulter en cas de vomissements ou de diarrhée. Et pensez à vider régulièrement sa litière (celle du chat ! ?) c'est un animal très maniaque capable de vengeances inattendues. La porte de la chambre du fond est fermée à clé. Ne vous inquiétez pas si vous entendez des bruits, ce n'est pas un fantôme ( ? ), c'est ma belle-mère impotente qui habite cette pièce. Soyez tranquille, elle dispose de tout ce qui lui est nécessaire en terme de confort et d'hygiène : toilettes, eau courante, stock de conserves et de surgelés qu'elle peut réchauffer avec son micro-ondes. Elle ne vous dérangera pas, nous lui avons fait la leçon. Si toutefois, vous l'entendiez crier ou gémir, ignorez-là, elle est très comédienne. De toute manière elle ne comprend pas votre langue. »

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