Agnès Pierron
Publié le 22/02/2013

Prendre un billet de parterre


Expression issue d'un jeu de mots : parterre / par terre ; tomber, ramasser une gamelle ou une gadiche.

La grande crainte des auteurs – contemporains - , des metteurs en scène comme des comédiens, c'est la chute, le flop, le four, le bide. On dit chuter, faire flop ou faire four, prendre un bide.

 

Mais il ne s'agit pas seulement d'un jeu sur les mots. Le public fréquentant le parterre fut, longtemps, particulièrement redouté. Le parterre correspondait à l'orchestre d'aujourd'hui. Ce public est turbulent ; d'autant plus que, de 1546 à 1782, il est debout. On parle du parterre debout. Ce qui s'explique par le fait que, dans les jeux de paume, premiers lieux fixs des troupes jusque-là itinérantes, les spectateurs entraient par une seule porte, placée au fond de la salle, remplissant ainsi, à mesure, un espace sans fauteuils.

Il faudra attendre 1782 pour voir un parterre assis.

 

Le parterre debout est prêt pour la bagarre ; d'autant plus qu'il n'existe pas de vestiaire – le dépôt de cannes n'a été institué qu'en 1817 – et que l'épée au côté comme la canne à la main incitent à des réparties immédiates et, parfois, violentes.

 

Mais, la plupart du temps, les réparties du plaisant du parterre demeurent verbales. Un exemple suffira à en donner le ton. La comédienne Adrienne Lecouvreur (169-1730) avait pour partenaire un certain Pierre Tronchon de Beaubourg, bon comédien, mais pas gâté par la nature, ni par son nom.

Quand elle a cette réplique : - Seigneur, vous changez de visage ! un plaisant du parterre n'hésite pas à répondre : Laissez le faire !

Une phrase, un destin. C'est parce qu'un copain de Fac me reprochait de « ne pas faire assez la con » que je suis entrée au Conservatoire de Nancy. C'est ainsi que, comme disent les Québécois, je suis tombée en amour avec le théâtre.

A mon grand étonnement, j'y ai appris que j'étais une « nature comique »...

C'est pour rendre au théâtre ce qu'il m'avait apporté que j'ai écrit La Langue du théâtre (Dictionnaires Robert), une œuvre testamentaire en quelque sorte.

C'est parce que, travaillant sur les citations du Robert des noms propres, j'avais l'impression de ne rien saisir, tant le champ d'investigation était vaste, que je me suis vouée à un « théâtre de spécialité » : le Grand-Guignol, sur lequel j'ai écrit plusieurs ouvrages qui m'ont entraînée à faire des conférences dans plusieurs pays.

 

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Agnès Pierron

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Le 11 décembre 2013 à 19:56

"Pénélope Bagieu, le racisme et la pub"

L'Express du 10 décembre 2013

"(…) C'est la petite vidéo qui monte, qui monte... Sur la scène de la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point, le 2 décembre dernier, Pénélope Bagieu a dénoncé le racisme dans la publicité, univers qu'elle fréquentait avant de se lancer - avec succès - dans la bande dessinée. (…)"> l'article complet C'est la petite vidéo qui monte, qui monte, qui monte... Sur la scène de la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point, le 2 décembre dernier, Pénélope Bagieu a dénoncé le racisme dans la publicité, univers qu'elle fréquentait avant de se lancer - avec succès - dans la bande dessinée. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/penelope-bagieu-le-racisme-et-la-pub_1306438.html#p3TypdD3JLyyoiGP.99 C'est la petite vidéo qui monte, qui monte, qui monte... Sur la scène de la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point, le 2 décembre dernier, Pénélope Bagieu a dénoncé le racisme dans la publicité, univers qu'elle fréquentait avant de se lancer - avec succès - dans la bande dessinée. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/penelope-bagieu-le-racisme-et-la-pub_1306438.html#p3TypdD3JLyyoiGP.99 C'est la petite vidéo qui monte, qui monte, qui monte... Sur la scène de la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point, le 2 décembre dernier, Pénélope Bagieu a dénoncé le racisme dans la publicité, univers qu'elle fréquentait avant de se lancer - avec succès - dans la bande dessinée. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/penelope-bagieu-le-racisme-et-la-pub_1306438.html#p3TypdD3JLyyoiGP.99 C'est la petite vidéo qui monte, qui monte, qui monte... Sur la scène de la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point, le 2 décembre dernier, Pénélope Bagieu a dénoncé le racisme dans la publicité, univers qu'elle fréquentait avant de se lancer - avec succès - dans la bande dessinée. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/penelope-bagieu-le-racisme-et-la-pub_1306438.html#p3TypdD3JLyyoiGP.99 C'est la petite vidéo qui monte, qui monte, qui monte... Sur la scène de la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point, le 2 décembre dernier, Pénélope Bagieu a dénoncé le racisme dans la publicité, univers qu'elle fréquentait avant de se lancer - avec succès - dans la bande dessinée. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/penelope-bagieu-le-racisme-et-la-pub_1306438.html#p3TypdD3JLyyoiGP.99

Le 31 octobre 2011 à 08:52
Le 12 juin 2010 à 10:44

« L'idée que je pourrais "dealer", entrer dans une manoeuvre avec qui que ce soit, est une idée enfantine ! »

François Bayrou, La Croix, 9 juin 2010

L’idée que François Bayrou se fait d’une idée enfantine a de quoi affoler dans les maternelles. Il viendrait naturellement à l’esprit des mioches, le commerce des substances opiacées et les roueries de la politique ! On les croit scotchés devant les Télétubbies,  ils lisent en douce Millenium ! A moins que l’évocation des noirceurs enfantines ne soit qu’une manière de masquer ses propres turpitudes, en l’espèce deux rencontres discrètes avec un Nicolas Sarkozy contre lequel il était entré « en résistance ». Le  régime n’en a pas été plus ébranlé que ça,  tandis que le capital de voix constitué par François Bayrou en 20O7 se dilapidait au fil des élections. Seul réconfort, Nicolas Sarkozy commence à faire une allergie au Nouveau Centre – les Iagos du Modem - depuis qu’un des siens a des démangeaisons présidentielles. Pour le président de la République en quête de réélection mieux vaut un centriste qui braconne à gauche, qu’un centriste qui déconne à droite. Pour le président du Modem un petit espace s’ouvre alors pour revenir dans le jeu de son ancien camp sans changer de maillot. Un enfant de cinq ans le comprendrait. Justement, François Bayrou a une trop haute opinion de son destin pour le laisser à portée des enfants. Une intelligence aboutie est demandée à quiconque prétend interpréter ses choix. Le Modem bientôt interdit aux moins de 18 ans ?

Le 5 juin 2015 à 08:20
Le 9 novembre 2014 à 09:17
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