Ramize Erer
Publié le 22/03/2013

Mauvaise fille #11


Je vis à Paris depuis maintenant cinq ans; avant mon arrivée, j'étais à Istanbul, où j'ai fait des études de peinture à l'Académie des Beaux-Arts.

Je dessine pour des magazines satiriques depuis que j'ai 16 ans, et j'ai dessiné mon personnage de "Mauvaise Fille" pour le journal à gros tirage Radikal.

Actuellement, je continue à dessiner dans le mensuel Bayan Yani.

J'aime la liberté de ton que me donne la mauvaise fille et je m'amuse beaucoup en la dessinant. J'espère que vous vous amuserez autant en la lisant.

> article de Macha Séry

 

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Le 16 avril 2013 à 10:06

Accidents domestiques : vers l'interdiction de la dernière marche des escaliers ?

Chaque année, les accidents domestiques font des milliers de morts et de blessés en France. Pour s’attaquer à ce problème de front, le gouvernement a demandé une étude d’urgence. Remise au Premier ministre ce jour, elle recommande l’interdiction de la dernière marche dans tous les nouveaux escalierset une vérification de tous les anciens escaliers. Une mesure qui suscite beaucoup de commentaires à droite comme à gauche. Cette matinée d’octobre, Luc s’en souviendra toute sa vie. Alors qu’il descend l’escalier qui mène à son hall d’immeuble, il rate la dernière marche. Le verdict est sans appel, une méchante foulure de la cheville. Mais cela aurait pu être plus grave. « Il m’est arrivé ce qui arrive à bon nombre de personnes au quotidien. J’ai raté la dernière marche. Je m’en tire à bon compte ». Chaque jour, ce genre d’accident domestique se produit partout en France, avec des conséquences parfois plus graves. Face à ce phénomène, le gouvernement a demandé un rapport destiné à mettre fin ou mieux prévenir ce risque d’accident. Parmi les choix retenus, celui de la suppression de la dernière marche des escaliers. « Dans plus de 85% des accidents constatés, c’est la dernière marche de l’escalier qui apparaît comme responsable direct. » affirme le rapport. La suppression de cette marche réduirait les accidents de deux tiers, toujours selon l’étude. « L’avantage est que vous n’avez plus à vous soucier de cette dernière marche, qui parfois surprend. Car souvent, et c’est le souci, après la dernière marche, il n’y a plus de marche. Le cerveau qui gère les informations cherche une marche après la dernière. Et c’est ce qui provoque les accidents ». Le rapport préconise que les nouveaux escaliers installés en France ne soient plus munis de dernière marche et recommande une inspection de tous les autres escaliers. « C’est une mesure démagogique et totalement irresponsable de demander d’inspecter les millions d’escaliers en France » affirme-t-on à droite. À gauche, certains s’interrogent sur la pertinence de l’étude, comme plusieurs députés écologistes qui affirment : « Supprimer la dernière marche est bien mais les statistiques montrent que les accidents arrivent dans les trois dernières marches, nous demandons donc plus d’audace au gouvernement ». Le Gorafi Illustration: EricVega/iStock

Le 3 septembre 2015 à 11:20

Kim

Le progrès c'est quoi, enfin je veux dire, le progrès c'est ça alors dis-moi, hein, c'est quoi le progrès et dis, quand et est-ce qu'on y est ? Quelque part sur une plage turque, un enfant de même pas quatre ans fait comme s'il dormait alors qu'il est mort, la tête dans le sable et les pieds dans les vagues, bien mort comme ça, l'air de ne pas y toucher ou de n'y rien comprendre. Il est migrant mais aucun pays n'en veut. Il n'a rien demandé à personne mais tous décident pour lui jusqu'à sa non-nécessité d'être compté parmi les vivants, mais bon, ça fait de belles photos sur Facebook cette tête d'enfant mort du mauvais côté de la vie, c'est déjà ça, ça fait des « like » et des indignations en carton, alors, je veux dire, hein, oui, quoi, c'est ça le progrès ? Quelque part encore, du haut d'une tour, un connard qui domine le monde du haut de son bureau et de l'entreprise qu'il a dirigée quitte cette dernière, déficitaire, avec une jolie prime de plusieurs millions. Il contemple le monde qu'il domine. Ils sont plusieurs à se partager toutes les richesses du monde de cette façon, pour eux-mêmes, bien sûr, mais aussi pour le plaisir d'avoir une masseuse attitrée pour chaque couille et de pouvoir dire sur Facebook « moi, j'ai une masseuse attitrée pour chaque couille », faire des « like » et ça n'empêche pas le monde de soi-disant avancer ni tourner, alors bon, c'est peut-être ça aussi le progrès, d'être un Midas bien burné, je dis ça, bon, pourquoi pas. Quelque part enfin, Kim Kardashian montre ses fesses pour un photographe new-yorkais pédophile parce qu'elle n'a trouvé que ça pour exister alors elle montre ses fesses encore et encore et quand elle s'ennuie elle montre ses fesses, et puis là elle montre ses fesses et elle fait la couverture des magazines avec ses fesses qu'elle montre, et montre, et montre ses fesses et puis elle dit qu'elle est féministe avec ses fesses, qu'elle fait des courses avec ses fesses, qu'elle fait un truc à un moment de la journée genre acheter quelque chose avec ses fesses ou manger un machin avec ses fesses et elle montre ses fesses pendant qu'autour d'elle le monde progresse mais Kim Kardashian, elle, elle s'en fout, elle est féministe et elle montre ses fesses, elle aime ses fesses, elle montre ses fesses sur Facebook et ça génère du « like » et on passe à autre chose en oubliant très vite les millions indécents qui font l'or des couilles de nos dirigeants, la photo de l'enfant mort avec la bouche pleine du sable de notre saloperie de soi-disant progrès, et on vomit le monde sans plus même s'en apercevoir parce que c'est de l'ordre du réflexe. C'est du sable. Du satané sable. Et il s'écoule. Inexorablement dans le bordel ambiant...

Le 13 mai 2014 à 08:01

L'amour moins fort que la mort dans 99% des cas

Selon une étude norvégienne publiée ce jour, il semble comme définitivement certain que l’amour est moins fort que la mort. Une constatation inédite qui vient bousculer nombre de croyances et d’idées reçues. Selon ces chercheurs, dans plus de 99% des cas, la cause est la fin de l’activité cardiaque chez le sujet, combinée à un arrêt des fonctions cérébrales. « Dès lors que vous êtes mort, vous ne ressentez rien, vous n’éprouvez plus rien, car vous n’existez plus » explique un chercheur qui a enquêté auprès de 600 personnes qui ont accepté de se prêter à l’expérience. Un panel qui s’est voulu large pour n’exclure personne. « Nous avons fait nos tests sur la communauté hétérosexuelle, homosexuelle, lesbienne, bi, trans, et geek. » souligne l’enquête qui ajoute que « même si certains étaient très très amoureux, ça n’a pas empêché l’inéluctable, c’est tout » . La plupart des personnes décédées ont vu leurs organes se nécroser rapidement, un processus naturel. « Et l’amour n’a pas stoppé ça non plus, alors bon, voilà ». Le chercheur s’étonne qu’une telle croyance se soit autant répandue dans la culture populaire, au mépris même des connaissances médicales et scientifiques. « On ment aux gens, c’est un peu dommage. On leur laisse croire que par delà l’arrêt des fonctions cardiovasculaires, un sentiment serait encore possible. C’est triste » ajoute-t-il. « C’est comme ces chansons qui disent qu’il n’y a pas de montagnes assez grandes, de vallées profondes ou de larges rivières pour être éloigné de l’être aimé ». Selon le chercheur, la géographie peut en fait dans certains cas très précis poser de réels problèmes de logistique quant à la réunion d’un couple. « Et ça peut même vous revenir très cher au bout d’un moment dans une relation ». Moqué sur les réseaux sociaux pour son manque d’empathie, le chercheur se défend et maintient sa version. « Leurs sentiments pour leur prochain les aveuglent face à la triste vérité » lance-t-il sur son blog. Et il annonce son nouveau projet pour les mois à venir « Je veux vérifier cette théorie fumeuse sur le fait que la relation d’un couple pourrait dépendre d’un objet en forme de cadenas accroché à la rambarde d’un pont ».   Le Gorafi

Le 19 mars 2014 à 08:11

Il sort d'un coma de 19 ans et ouvre un vidéo club

Ses proches n’ont pas osé lui dire qu’il faisait fausse route. Loïc Janson, un habitant de Pau, est sorti du coma à la mi-janvier après plus de 19 années de silence radio. Aujourd’hui âgé de 37 ans, ce dernier a décidé de réaliser son rêve d’enfant, à savoir devenir le propriétaire d’un vidéo club. Hélas, le palois risque de se confronter à de sérieuses difficultés économiques, ses amis refusant de lui révéler les changements de notre société depuis son entrée dans le coma en 1995. Éviter le choc « Il s’est réveillé un jour, sans prévenir. Et avant même qu’on lui parle de ce qui avait changé, il nous a dit que la raison pour laquelle il s’était réveillé, c’était ce vidéo club qu’il voulait ouvrir plus que tout. Alors on n’a pas osé lui dire la vérité. » explique, plein de culpabilité, Loïc, le meilleur ami de Loïc. Car pour Loïc Janson, tout commence le 11 janvier 1995. Alors qu’il revient en voiture d’une soirée, le jeune homme, alors âgé de 18 ans et un peu éméché au moment des faits, rentre parfaitement chez lui. Mais trois semaines plus tard, alors qu’il joue à la Super Nintendo, Loïc est victime d’une attaque cérébrale qui le plonge immédiatement dans le coma pour les 19 années à venir. Mais au milieu du mois de janvier dernier, le palois se réveille, demande à ses proches de se réunir autour de lui au plus vite. « Il nous a fait venir. Il avait le sourire. Il disait n’avoir aucun regret, que c’était le destin mais que maintenant il était temps pour lui d’être celui qu’il était au fond, un gérant de vidéo club. » raconte Loïc Sr., son père. Alors, famille et amis décident de ne pas révéler à Loïc l’impasse dans laquelle il se trouve, par peur de lui infliger un choc psychologique trop lourd. « Il avait l’air si heureux de pouvoir reprendre une vie normale. C’est tellement dommage qu’il choisisse une voie dans laquelle il va se marginaliser socialement. » commente Loïc, la sœur de Loïc. Étaler les révélations Malgré ce tabou dans lequel Loïc Janson est maintenu par son entourage, les proches de ce dernier souhaitent tout de même essayer de le ramener dans ce siècle qui est le nôtre. « On va d’abord tenter de lui annoncer que le service 3615 Ulla n’existe plus. Il faut y aller pas à pas. Parce que s’il tombe sur un Blu-ray par accident, il est capable de nous refaire un AVC avec un autre coma derrière. Ce qui serait plus pratique pour tout le monde cela dit. » nous dit le père de Loïc.   Le Gorafi

Le 1 juillet 2014 à 08:30

Ils décident de se détester pour relancer leur couple

Dans l’impasse depuis plusieurs mois, un couple d’Agenais vient d’opter pour une technique radicale afin de sauver son ménage. Les deux amoureux ont décidé de se déclarer la guerre, pour le meilleur et pour le pire, espérant ainsi retrouver l’harmonie qui avait fait leur bonheur au tout début de leur relation. Ensemble depuis plus de deux ans, Pulien et Marah(1) se retrouvent confrontés à l’épreuve de la troisième année de vie commune, souvent fatale à de nombreuses histoires d’amour. Le couple parle de sa méthode comme d’une simple évidence. « Il suffit tout simplement de se mettre à haïr profondément toutes les petites choses qu’on adorait chez l’autre au début et qui construisent sa personnalité » reprennent-t-ils en cœur avant de se balancer une série de noms d’oiseaux. La dernière chance Les deux amoureux affirment avoir tout tenté avant de finalement basculer dans la haine. « Au départ nous avions pourtant pris soin de complètement changer nos caractères pour forcer un peu le feeling » raconte Pulien reprochant aujourd’hui à sa compagne de « trop chercher à vouloir lui plaire ». De son coté, Marah ne semble pas non plus avare de reproches envers l’homme de sa vie. « Il m’a harcelée pendant trop longtemps en me prouvant qu’il était vraiment amoureux de moi. Ce mec est un malade » lance-t-elle en lui adressant un regard noir. Pulien et Marah tiennent régulièrement un blog permettant aux internautes de suivre et de réagir à l’évolution de leur couple. « La scène de ménage publique est devenu le ciment de notre couple, tout comme les injonctions de justice » expliquent-t-ils avant de se mettre d’accord pour publier chacun de leur coté des photos compromettantes de l’autre sur les réseaux sociaux. (1) Une lettre des prénoms a été changée Le Gorafi

Le 22 février 2012 à 08:48

« Ça fait quoi si on mange des bonbons à la menthe ? »

Ventscontraires.net répond vraiment à toutes vos questions

Il y a quelques jours, nous vous parlions de quelques unes des requêtes google qui avaient conduit des internautes jusqu'à ventscontraires.net. Dans notre volonté constante de vous satisfaire, nous nous attelons aujourd'hui à répondre à une autre de vos questions fondamentales : « Ça fait quoi si on mange des bonbons à la menthe ? »   Généralement, rien. Mais dans certains cas très rares, on observe des effets secondaires extrêmement graves. En 1965, une femme de 41 ans qui n’avait pas répondu à une chaîne de mails lui annonçant pourtant que cela aurait de graves conséquences, s’est étouffée dans la rue avec un Frisk à la menthe de 2 mm de circonférence, ce qui est quand même louche. Elle se promenait un couteau à la main lorsqu’elle s’est effondrée, inconsciente (c’était le couteau en céramique de son voisin, qui le lui avait prêté la veille pour découper une volaille, et qu’elle allait justement lui rendre), et elle a alors empalé dans sa chute un chats siamois (on dit un « chats » siamois parce qu’on considère bien que les humains siamois sont deux, alors pourquoi pas les chats). Le sang du chats s’est alors répandu sur la chaussée, faisant glisser et déraper un camion citerne qui passait par là, et qui a alors foncé droit sur un crématorium. Il se trouve qu’à ce moment-là, un mort était en train de brûler (c’est d’ailleurs pour cela qu’on peut appeler les morts « Feu Machin », ou « Feue Truque »), et que l’accident a provoqué une explosion très intense, faisant brûler tout le quartier puis une grande partie de la ville, un incendie qu’on appela le Grand Incendie de Londres de 1666. Il faut donc faire très attention quand on ne répond pas aux chaînes de mail et qu’on mange des Frisks.

Le 10 juillet 2010 à 12:03

Ramize Erer

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (5)

Elles ont de belles rondeurs, les héroïnes de Ramize Erer. Le visage, les seins qui tendent leur chemise et les fesses, toujours pommelées. Devisant sur un coin de bureau ou un carré de pelouse, affalées sur un canapé, ces délurées s’épilent, raillent les machos, fument et boivent en toute décontraction. Ces hédonistes en petite culotte goûtent leur liberté et les joies du sexe. La vie, quoi, allégée de l’oppression mortifère des barbus. Pour les intégristes, ce sont des parangons de « Mauvaise fille », titre de l’un des premiers albums de Ramize Erer paru en 1999 et inspiré d’un slogan entendu lors d’une manifestation à la fin des années 1970 alors qu’elle était lycéenne : « Les gentilles filles vont au paradis, les mauvaises filles vont partout !» En brossant avec férocité la chronique de la vie amoureuse de ses contemporains, la féministe Ramize Erer va aussi partout. Dans les bureaux, dans les foyers, dans l’intimité des couples, surtout là où les conservateurs grincent des dents. Fille d’un comptable et d’une mère au foyer, cette cousine de traits et d’inspiration de Wolinski, fut l’élève, à sa sortie de l'Académie des beaux-arts, du caricaturiste Oguz Aral alors qu’il dirigeait le célèbre hebdomadaire d'humour Gir-Gir. A Istanbul, cette belle blonde réputée pour son extrême timidité, a affermi l’originalité de son style et son audace dans un milieu très masculin où rares sont les dessinateurs osant évoquer les relations hommes-femmes pour critiquer le conformisme de la société turque. Las, les menaces des extrémistes qui la visaient ainsi que son mari, Tuncay Akgün, également dessinateur et patron du journal Leman, se sont multipliées. Il y a deux ans et demi, Ramize Erer a dû quitter la Turquie. Réfugiée en France avec ses enfants, elle poursuit de Paris sa collaboration avec le quotidien stambouliote Radikal. Et entretient sa notoriété par son trait léger, son humour mordant et ses jeunes femmes émancipées. Lors d’une audition publique le 17 mars 2010, Nimet Çubukçu, ministre turque chargée de la Famille et de la Condition féminine, a rappelé que les articles 9 et 10 de la Constitution établissaient l'égalité entre hommes et femmes mais a convenu des lenteurs législatives : « une loi adoptée en quinze minutes peut mettre quinze ans pour être mise en vigueur et il faut parfois cent cinquante ans pour qu'elle s'inscrive dans la réalité culturelle. » Avec Ramize Erer, elle s’inscrit en bulles tous les jours.

Le 18 décembre 2011 à 08:36
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