Terreur Graphique
Publié le 27/03/2013

La France, c'est d'abord un état d'esprit...


Terreur Graphique, Auteur de Bandes Dessinées qui grattent un peu (Rorschach, hypocondrie(s) -six pieds sous terre- La Rupture tranquille - Même Pas Mal- La Musique Actuelle Pour les sourds, Make My Day Punk ! - Vraoum), tumblriste forcené.

Membre de la maison Vide Cocagne, rédacteur en chef de la revue "Alimentation Générale"

la belle vie.

 

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Le 24 janvier 2011 à 13:15

Prévisions météo pour l'année 2011

Raz-de-marée de sondages et intempéries médiatiques attendus

Après un mois de janvier mitigé, les premières avaries chiffrées se dessineront début février. Progressivement, la masse média statisticienne envahira le pays. Les chiffres se feront plus fréquents, leur probabilité élevée de 80 à 85% avec des pointes pouvant atteindre par endroits 100 à 140%. La pensée critique restera couverte sur l’ensemble des régions malgré ici ou là quelques timides éclaircies. La rigueur sera aussi de mise pour échapper au brouillard sur les débats d’idées et au gel des programmes. En effet, un risque de verglas sur les conceptions politiques concrètes, innovantes et participatives est à craindre. Toutefois, en milieu d’année, après les premières transhumances estivales, un anticyclone journalistique arrivant par le pourtour méditerranéen nous apportera une embellie saisonnière. Les enquêtes ciblant des panels d’électeurs baisseront en température. Selon toute vraisemblance, la période favorisera de fortes vagues d’opinions positives caniculaires. A cette alternance de courte durée succédera un temps dépressionnaire. Les sondages d’opinion violents viendront souffler à plus de 40 nœuds accompagnés des pertes de points en rafale. Certains candidats devront donc s’attendre à de fortes chutes d’intentions de vote. Une avalanche de livres politiques s’abattra alors du nord au sud et de l’est à l’ouest, pleine de convictions brumeuses. Le degré de pessimisme ambiant gagnant le territoire, l’ambiance sera électrique, les orages verbeux éclateront progressivement. Une France soumise à la tempête numérique guettera fiévreuse, l’ouragan présidentiel, plus très loin désormais…  Conseils de Prévisions Météo : abritez-vous ! Si vous devez absolument mettre le nez dehors, sortez couvert. En cas de vents contraires, n’hésitez pas à retourner votre veste.

Le 16 janvier 2011 à 17:34

« Il a dit que c'était parce qu'il était juif qu'il avait été expulsé. Ça ne se voyait ni sur sa carte de presse, ni sur son nez, si j'ose dire. »

Jean-Marie Le Pen, congrès du Front national à Tours, dimanche 16 janvier 2011.

Osez, osez Jean-Marie. Vous êtes dans votre rôle en moquant le journaliste jeté dehors par le SO du FN, qui a porté plainte pour insultes racistes. Au moment où vous quittez la scène au profit de la benjamine Marine, il n’est pas inutile de rappeler l’héritage. Fifille commençait à faire oublier l’antisémitisme de papa, en moissonnnant les terres de l’anti-islamisme. Vous direz que tout cela, c’est sémites et compagnie. Bref, la continuité. De fait, il n’y a qu’à observer les caricatures des intégristes musulmans dans certaines publications, entre la djellabah et le turban ils n’arborent pas seulement une barbe mais le nez proéminent et courbe, comme jadis les Israélites, entre redingote et schtreimel.  Néanmoins, si on ose dire, le nez de Ben Laden plus court aurait-il changé la face du monde ? Pas davantage qu’avec un nez moins aquilin, Netanyahou aurait imprimé un autre cours aux relations israélo-palestiniennes. En vérité, le pif selon Le Pen n’est qu’un prétexte pour suggérer qu’il n’a pas perdu son flair. Si le journaliste de France 24 est parvenu à s’immiscer sur son  territoire sans s’appeler Cohen et sans doute après un rabotage chirurgical de son appendice nasal, il ne pouvait faire illusion longtemps. C’est à des petits détails comme ça que l’on reconnaît le sens de l’Histoire chez un Le Pen.

Le 29 avril 2010 à 14:32

« Si une candidature naturelle se dégageait au PS, ce pourrait être Dominique Strauss-Kahn »

Pierre Moscovici, Emission "Face aux Chrétien" (RCF,Radio Notre-Dame, La Croix), 23 avril 2010

Naturellement, ce que dit cet éminent socialiste ne doit pas être pris à ras les pâquerettes. Dans son esprit, l'entrée en lice de Dominique Strauss-Kahn s'imposerait avec une telle évidence que la contrarier serait, en quelque sorte, contre-nature. La vocation surnaturelle de Ségolène Royal étant hors concours, toute autre ambition que celle de l'acronymique DSK relèverait donc de la greffe artificielle genre Aubry, ou d'une bouture bricolée façon Hollande.Mais à quoi reconnaît-on la candidature « naturelle » ? La question est de saison. Alain Juppé a désigné Nicolas Sarkozy comme « candidat naturel » de l'UMP en 2012, mais c'est moins pour vanter la plante que suggérer le risque de plantage. Dominique de Villepin s'est déjà auto-ensemencé pour chasser la mauvaise herbe sarkozyenne, Jean-François Copé cultive en pot une candidature naturelle pour  2017, et Jean-Luc Mélenchon s'y voit dès 2012 en se prévalant d'un caractère qui n'a rien de « lyophilisé». Les Verts, c'est un comble, sont les moins fertiles en candidatures sans engrais. Il y aurait bien Daniel Cohn-Bendit, mais ses racines allemandes en font un présidentiable hors-sol. Bref, le « naturel » en politique exige d'être semé à temps pour décourager les parasites, et de ne pas attendre la victoire pour être arrosé.

Le 27 avril 2011 à 15:13

Restons soudés

(Comme titre, j'avais aussi "caustique dans les prés")

On m'a dit « Pas mal, ta première chronique, mais la prochaine fois, il faudrait être plus caustique. » « Super », j'ai répondu, parce que j'ai des lettres. Avant de faire une semaine d'angoisse de la page blanche aiguë (j'ai essayé d'écrire en vert sur fond mauve, ça n'a pas aidé et j'ai eu un peu mal au coeur). Parce que pour un Suisse (je suis suisse, je ne sais pas si j'en avais parlé), ce n'est pas si évident d'être caustique, à cause de la neutralité, du calvinisme et des erreurs de traduction. En France, c'est beaucoup plus facile : on te refile une chronique et hop, tu parles de politique, tu balances tes vannes caustiques avec la verve d'un chacal et la faconde d'un narval, « Nicolas Sarkozy est petit », « Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen, qui est borgne », « Nicolas Hulot a présenté Ushuaia, comme le savon », c'est drôle, c'est efficace et avec un peu de chance, tu te fais renvoyer ou insulter par un autre chroniqueur et là, c'est le succès garanti. En Suisse, c'est plus compliqué, parce qu'avec la présidence tournante (oui, oui, comme le ping-pong), personne ne sait jamais trop qui est le Chef d'état. Le temps qu'on fasse une blague sur sa taille, ses dents ou ses cheveux (nous aussi, on a de fins analystes de la chose publique, tu crois quoi?), il a déjà cédé sa place. Et puis de toutes façons, le caustique, j'y touche pas trop, à cause de mon hypocondrie.

Le 28 janvier 2011 à 17:58

« Je ne lèche pas »

Nicolas Dupont-Aignan, Matinale du Mouv'-Rue 89, mercredi 26 janvier 2011

C’est réconfortant d’entendre un homme qui a fait don de son corps au Peuple (souverain), fixer de lui même les limites d’un tel acte. Il y a donc parfois de la retenue en politique. Il faudra réviser certains préjugés qui la situent plus bas que le commerce tarifé des charmes. Encore que sur marché-là, on observe aussi des pudeurs respectables : il y en a qui n’embrassent pas, d’autres n’ inflationnent pas… Passons. Pour être réglo, elle est un peu tronquée la citation du président de « Debout la République. » En fait il répondait, par micro interposé, à Jean-Pierre Elkabbach, d’Europe 1, qui avait ironisé sur les candidatures présidentielles de Nicolas Dupont-Aignan et de Jean Arthuis (très virtuelle celle-là), en les traitant de « n’importe qui. » NDA (pour faire court) n’a pas du tout apprécié cette condescendance. Et il a traduit d’une formule ramassée, ce qui le distinguerait de l’intervieweur séculaire toujours « du côté du manche ». Tout se tient. Mais puisque NDA nous a entrainé sur ce terrain glissant,il faut quand même  rappeler que tout en étant en opposition sur presque tout avec Nicolas Sarkozy, il avait appelé à voter pour lui au 2ème tour de 2007. Et n’avait pas eu de candidat UMP contre lui aux législatives suivantes. Depuis, il l’a regretté et fait bande à part, entre la droite, la gauche, le centre, Villepin et tous les autres. Non seulement il ne « lèche » pas, mais il ne couche pas. Histoire de se refaire une virginité ?

Le 8 août 2014 à 08:08

Au secours les mots : Stéphanie Hochet défend le mot "flexibilité"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici. La modernité a commencé avec le caoutchouc qui, après avoir rendu des services à l’homme a pris l’homme à son service ; si une matière peut être à ce point malléable, pourquoi l’homme ne le serait-il pas aussi ? On a utilisé des élastiques avant d’inventer les horaires élastiques. Vous n’êtes pas prêt à travailler à cinq cents km de chez vous ? Vous n’acceptez pas de bosser la nuit alors que vous avez une famille et que (sans vous offenser) vous n’avez plus vingt ans ? Une entreprise délocalise et s’installe dans un pays où la main-d’œuvre ne va pas manifester de si tôt pour obtenir un salaire décent. C’est la sainte flexibilité du travail. On aime tellement notre économie qu’on lui prête des qualités de gymnaste. Qui n’a pas admiré la souplesse insolente de ces athlètes défiant les lois de la pesanteur, jouant de l’équilibre avec leur corps ? Les beaux jeunes hommes pendus aux anneaux, biceps tendus. Et les saltos des gamines roumaines. Dans hévéa, il y a Ève. Ce qui s’impose à l’homme s’impose encore plus à la femme. De la ductilité à la docilité, il n’y a qu’un pas. Des femmes, on attend non seulement qu’elles se coulent dans le moule, mais aussi qu’elles deviennent le moule : assez solides pour contenir l’ordre, assez souples pour s’y conformer. Le social a contaminé la flexibilité, au point que le mot a cessé d’être beau. Même le joli terme souplesse est en train de devenir suspect. On apprécierait que la politique cesse de rendre inutilisables les vocables les plus purs. Il est urgent pour les chômeurs de regarder la télévision quand les prochaines compétitions de gymnastique auront lieu. Extension des muscles, souplesse du mouvement, réactions précises. Un exemple de flexibilité. L’énergie alliée à la légèreté. Femmes au foyer, chômeurs, râleurs patentés, inadaptés de la croissance, soyez flexibles ! Et puis non, ne le soyez pas. Soyez paresseux et jouisseurs comme les chats voluptueux, doux, souples, flexibles eux aussi… Stéphanie Hochet est l'auteur de six romans, dont Combat de l'amour et de la faim, Prix Lilas 2009. La distribution des lumières est sorti pour la rentrée littéraire 2010 chez Flammarion. Elle collabore au Magazine des livres, à BSC News et à Libération. En savoir plus : http://stephanie.hochet.over-blog.com/ Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com       

Le 12 janvier 2015 à 15:19
Le 1 mai 2014 à 08:33

La famille nous casse les urnes

Tel père, tel maire : longtemps ce fut le devise bien peu républicaine qui régentait nombre de successions politiques. Mais le patrimoine n’est plus à la fête en politique. Ou à la condition de demeurer au sein d’une PME partisane à marque renommée et marché captif. La maison Le Pen est à ce titre unique en son genre. Tout est sous contrôle, des finances aux investitures, le fondateur est parvenu à imposer une de ses trois filles à des collaborateurs rétifs comme continuatrice de l’entreprise familiale. Le patriarche cède peu à peu la place à une matriarche. Pas d’actionnaires, même minoritaires, c’était déjà vrai quand un certain Mégret prétendant moderniser l’affaire s’était fait licencier pour ingérence familiale. A rebours d’un point de vue souvent avancé, la pire menace qui pèse aujourd’hui sur la société « Le Pen et fille » ce n’est pas le développement d’un front républicain mais l’expansion du front national lui-même qui ferait exploser un mode de gestion artisanal et endogène. Parvenu à un certain stade de croissance, le parti politique n’appartient plus à une seule famille mais à une foultitude d’actionnaires où le pouvoir se répartit entre besogneux qui font tourner l’usine et ambitieux qui se hissent au sommet pour en cueillir les dividendes électoraux. Certes le piston familial demeure la voie d’accès privilégiée pour incorporer le système ; à cet égard le « capital professionnel » n’est pas plus ni moins consanguin que dans le notariat, le journalisme, les acteurs ou… le RSA. Mais quoi de mieux qu’un héritage électif local pour entrer dans la carrière en flattant l’égo des ainés qui la quittent et rassurer les électeurs qui la votent ? Les Médecin à Nice, Abelin à Chatellerault, Debré à Amboise, Alduy à Perpignan, Giscard à Chamalières, Ceccaldi-Raynaud à Putaux et autres Zuccarelli et Giacobbi en Corse, ont connu la belle époque des placements de père de famille. C’était du temps d’avant. En ces jours nouveaux que l’on dit de néo-libéralisme, la loi du marché entraine des concurrences féroces et les jours de ce type de PME locales sont comptés. Jean Tiberi qui cultivait avec ardeur les vertus du clan familial, a dû se résigner à voir son rejeton Dominique écarté du siège paternel de la maire du 5ème arrondissement de Paris, par la volonté de Nathalie Kosciusko-Morizet, héritière autrement « coiffée » , du fait d’un nom de famille fleurant bon la noblesse gaulliste. Un patronyme n’est donc plus forcément un sésame irrésistible. A Bastia, un Zuccarelli, troisième du nom, s’est fait souffler la mairie familiale par Gilles Siméoni, pas tout à fait surgi inopinément du maquis, puisqu’il est le fils d’Edmond Siméoni, mentor des autonomistes corses. Une dynastie chasse l’autre ? Pourtant il n’est pas toujours simple d’être « fils de.. » La comparaison avec l’ascendant peut être cruelle. De Gaulle et Mitterrand ont complexé leurs progénitures. Encore qu’un blason familial puisse servir à des fins détournées. Frédéric Mitterrand, neveu baroque de François, ci-devant président de la République, n’aurait probablement pas été promu ministre, s’il s’était appelé Frédéric Lampion, nonobstant ses qualités d’homme de lettres et fin diseur. On gardera pour la bonne bouche, le maire sortant de Propriano en Corse, condamné à un an d’inéligibilité pour des bricoles comptables, qui eut l’idée de propulser son épouse candidate le temps qu’elle lui chauffe le siège. Il aurait pu présenter aussi un âne si des lois imbéciles ne rendaient la gente animale impropre à l’élection, le débat citoyen n’en serait pas sorti moins grandi que lors de l’interview télévisée de la candidate du devoir conjugal qui n’eut de cesse d’ânonner un texte écrit par avance sans avoir l’air d’en comprendre un traitre mot. Elle fut la risée du web, avant d’être plébiscitée dès le premier tour à 70% par les électeurs proprianais. Le célibat comme ultime garant de la vertu républicaine ?

Le 26 avril 2012 à 08:31

Rouleau de printemps

Nous dévoilons en exclusivité le tout nouveau véhicule de campagne jaune vif, armé de phares puissants, à fort pouvoir hypnotique, que le candidat sortant a finalement élu pour son tour de France (celle qui se lève tôt) en vue du scrutin du 6 mai. Il fait encore nuit mais il est déjà aux commandes, prêt au départ, couvé des yeux par un Xavier Bertrand au garde-à-vous, en grand uniforme, futuriste et pimpant, de la Nouvelle UMP (Union pour Ma Pomme), d'un vert moins environnemental que printanier, renaissant, avec deux bandes blanches pour suggérer ces "lignes blanches" que le hardi conducteur d'engin n'hésitera pas à franchir, quitte à tout écrabouiller ? A droite de la photo, à moitié rogné, dans une posture qui semble soumise, contrite – contrainte ? -, on reconnaîtra Dominique de Villepin, au surplomb du caniveau où naguère il manqua de choir. Il est prévu que tout du long du tour de France électoral grands et petits dignitaires de la Nouvelle UMP aient ainsi à s'échelonner, aux fins de laisser s'exprimer une joie volontairement contenue sur la ligne de départ. L'allégresse devrait être totale quand à la veille du scrutin décisif le héros remontera les Champs, le scénario prévoyant même que les deux figures les plus glamour de la Nouvelle UMP, Rachida et Rama, grimpent dans la cabine pour couvrir de baisers et de fleurs le petit Timonier, en un spectaculaire contraste avec les énormes rouleaux électoraux, couverts de boue et tachés de sang.

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