Jean-Marie Gourio
Publié le 13/10/2013

Prévert


Un Prévert, un Prévert, un Prévert, plus un Prévert, est une liste à la Queneau.

Prévert aurait pu s'appeler Prébleu, tout lui va.

Prévert, comptoir, oeuf dur, la trilogie.

Marcel est un prénom à la Prévert.

Prévert est mort, et en plus il est enterré. J'ai un chat qui dort sur Prévert.

Prévert ou rien, c'est pas pareil. Rien n'est pareil.

Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

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Jean-Marie Gourio

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Le 12 août 2013 à 08:26

Ce qu'on nous cache sur Marcel

Il est temps de révéler ce que de bienséants biographes nous cachent : Marcel Proust est l'inventeur du maillot de corps qui porte son prénom. Voici les faits : sa bonne maman, toujours inquiète de ses bronches fragiles, lui avait acheté par un beau jour d'avril tout un lot de sous-vêtements thermogènes, à commencer par le fameux Rasurel en ouate de tourbe et le célébrissime Damart avec lequel tu n'auras jamais froid, toi, mon fils! Ce que voyant et entendant, le capricieux Marcel se rue sur les Damart et Rasurel que lui présente Maman, et rageusement il les met en pièces … C'est alors, parmi les vestiges des Rasurel et des Damart, qu'il avise à ses pieds, produit de ses furieux travaux, une sorte de haillon sans manches, très échancré, et dans une inspiration il s'en saisit illico. Sans un regard pour sa pauvre mère en larmes, il tombe le veston noir, la chemise à faux-col de celluloïd, il endosse ce moulant maillot minimal, le parfait en quelques coups de ciseaux, et le jour même de la prise de cet habit il va se baguenauder en ce simple appareil au bord de la Seine, sous l'oeil de dockers fascinés, non par le torse fluet du jeune bourgeois, mais par son maillot de corps inconnu, qu'ils eurent bientôt adopté. D'où l'appellation professionnelle de "débardeur", voisinant avec celle poétique de "marcel" en l'honneur de son inventeur qui ne le quitta plus, même dans son lit dont sortait un bras nu armé d'une plume qui courait sans s'arrêter jamais.

Le 25 mars 2015 à 09:41

Autre

Quand je pense à l’autre je pense à mon père, à mes pères, à Prévert.A mon père adoptif Michel dit Michou né à Sousse, Tunisie, en 1937, pied-noir on disait.A mon père naturel Moshe, dit Moïse dit Maurice, né à Fès, Maroc, en 1936, Fassi on disait.Je suis le fils des autres et un autre moi-même, avec un peu de sang français par ma mère d’Angoulême.Je suis un vélin d’Angoulême – vélin veut dire peau de veau, ou plutôt de vélot (oui avec un t au bout), c’est-à-dire le veau mort-né – sur lequel j’écris mon étrangeté depuis que je tiens un stylo ou plutôt qu’un stylo me tient. Je pense entre autres à Prévert qui fut des nôtres quand il cultivait notre imagination avec ses mots : Être angeC’est étrangeDit l’angeÊtre âneC’est étrâneDit l’âneCela ne veut rien direDit l’ange en haussant les ailesPourtantSi étrange veut dire quelque choseétrâne est plus étrange qu’étrangedit l’âneÉtrange est !Dit l’ange en tapant du piedÉtranger vous-mêmeDit l’âneEt il s’envole. Je pense encore à Prévert et à ses Etranges étrangers dansant à son Grand bal du Printemps : Kabyles de la Chapelleet des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied 
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelleembauchés débauchésmanœuvres désœuvrésPolacks du Marais (…)Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie 
même si mal en vivez
même si vous en mourez.  Pour parler de l’autre, j’ai voulu reprendre les mots de l’autre, les agiter comme chiffon de l’âme pour voir ce qu’ils nous disent aujourd’hui, voir s’ils donnent des sueurs froides au front qu’on dit National, s’il font couler un sang d’encre en coupant mieux que des lames. Je regarde l’autre et je me vois, je me regarde et je vois un autre, drôle de je, essayez, c’est très étrange très étrâne, de se mettre à la place de l’autre, de se prendre pour un autre soi-même.      

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