Chang Ping, Pierre Haski : la résistance web chinoise #3


Pollution et sécurité alimentaire

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Chang Ping et Pierre Haski nous racontent comment les internautes chinois contournent la censure d'état en rivalisant d'humour et d'imagination.

Chang Ping a dû quitter l'Empire du Milieu parce qu'il n'a jamais pu se résoudre à écrire en langue de bois. Editorialiste du magazine le plus émancipé de Chine, il y a dénoncé la corruption, l'injustice envers le Tibet, l'hypocrisie des réformes politiques. Les pressions des autorités sur son journal ont fini par le faire craquer. Il a démissionné. Réfugié avec sa famille à Berlin, il continue à bombarder la Chine d'informations libres avec son journal numérique iSunaffairs.com. "Quelle que soient les moyens de la censure gouvernementale chinoise, nous vous garantissons que l'info viendra jusqu'à vous, même par mail".  Il est reçu par Pierre Haski, cofondateur de Rue89 et ancien correspondant du journal Libération à Pékin.

Enregistré le 13 avril 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Le 22 avril 2015 à 09:23

Rodrigo García : "Le Net c'est vertigineux et souvent superficiel"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García au resto du Rond-Point. 3e épisode : le Net. "Pour moi, Internet est un outil de travail magnifique. Par exemple quand je lis un livre et que l'auteur cite un autre auteur qui cite lui-même un auteur, avant, il fallait que j'aille à la librairie, que je me déplace, que j'achète le livre, que je le commande, maintenant je peux savoir rapidement qui est l'auteur. Chacun utilise Internet pour ce qu'il veut. Avant, les gens devaient se déplacer au cinéma porno pour se masturber, maintenant, ils peuvent se masturber à la maison et c'est un avantage parce que les gens peuvent se masturber à la maison et évacuer leurs tensions sans aller au cinéma porno en supportant l'humiliation d'être vus par d'autres gens. Pour la recherche, c'est aussi très intéressant mais il faut faire attention parce que les informations ne sont pas toujours authentiques et elles ne sont pas toujours complètes alors même si j'aime beaucoup aller d'un auteur à un autre, naviguer sur le réseau, je préfère de loin aller dans une bibliothèque, prendre les livres et y consacrer du temps parce que le temps en ligne est un temps vertigineux, très rapide. C'est agréable de prendre le livre, de l'ouvrir, chercher la page et je pense que ça prédispose à une meilleure lecture et à une meilleure compréhension. De l'autre manière, c'est vertigineux et souvent superficiel." Traduit de l'espagnol par Vincent Lecoq

Le 27 avril 2015 à 10:00

Bernard Stiegler : "Le Web peut toujours être une plateforme pour le bien public"

"Je pense qu'il est toujours possible de faire du Web une plateforme pour le bien public pour l'expression et l'extension des idées universelles mais je pense que pour ça, il faut en changer la structure et l'architecture, comme on dit dans ce monde-là. Et en l'occurrence, il faut le faire passer à ce que nous appelons ici le Web herméneutique. Nous avons développé des méthodes que j'emploie dans les cours que je donne à mes étudiants pour que, par exemple, les étudiants qui suivent un cours prennent des notes et ensuite les partagent sur une plateforme de partage de notes et qui transforment le cours d'une façon tout à fait extraordinaire parce que tout à coup, il y a toute l'herméneutique, toutes les interprétations des étudiants... On a mis en place des systèmes qui permettent de les partager, de les confronter. On est en train de développer un réseau social spécialisé là-dedans et tout à coup, ça devient magnifique, c'est-à-dire que c'est très vivant : c'est le prof, mais c'est pas que le prof, c'est les élèves, et à un moment donné, ça donne un groupe, ce qu'on appelle ici une individuation collective et c'est passionnant. Nous pensons qu'il est possible de généraliser ça dans le Monde entier pour toute sorte d'activité, des débats politiques, la presse... Ça fait des années que je propose à la presse de développer des choses comme ça, non pas pour dire « allez, vous avez la parole, lâchez-vous » – il y a quand même 90% de choses un peu accablantes parce que ça ne produit pas suffisamment d'individuation collective. La capabilité au sens d' Amartya Sen, ce n'est pas seulement de l'individuel, c'est aussi du collectif et nous essayons de développer des instruments pour développer ce genre de choses et donc nous pensons que c'est généralisable au niveau du Web et nous avons d'ailleurs un projet : développer ça en Seine-Saint-Denis avec un opérateur de télécommunication, en grand, sur le territoire de Plaine-Commune, 430.000 habitants et de proposer à ces 430.000 habitants de développer ça pour eux, et aussi pour développer leurs capacités, y compris au bénéfice d'un modèle dont j'avais déjà parlé au Théâtre du Rond-Point, à savoir le revenu contributif, c'est-à-dire une nouvelle façon de redistribuer la richesse produite par les gains de productivité qui est colossale aujourd'hui parce que l'automatisation fait faire des gains de productivité absolument énormes mais que si on ne les redistribue pas, on va créer une surproduction énorme. On doit inventer un autre modèle de redistribution et nous, nous pensons que ces instruments dont je parle sont des instruments qui permettent de redistribuer en fonction des capacités de production de néguentropie que les gens sont capables de produire en tant qu'ils ont acquis des capacités. Et un territoire organisé comme ça est un territoire extrêmement dynamique qui valorise ses habitants, qui ne les voit plus comme des consommateurs ou comme des emmerdeurs – parce que surtout dans des régions comme la Seine-Saint-Denis, on voit surtout les populations comme des problèmes. Moi, je dis « non, c'est pas des problèmes ». Déjà parce que beaucoup d'immigrés ont des capacités absolument incroyables, beaucoup plus grandes que les sédentaires de s'adapter. Dana Diminescu qui est une Roumaine a magnifiquement bien montré ça, elle a étudié beaucoup la manière dont les immigrés s'emparent de toutes ces techniques, par exemple. Je pense qu'il y a là des choses magnifiques à mettre en œuvre mais ça suppose une politique industrielle qui véritablement s'attache à le faire, ça suppose aussi d'ailleurs de repenser très en profondeur l'enseignement public, l'enseignement supérieur en particulier. Le projet que nous avons en Seine-Saint-Denis, c'est aussi de créer des chaires de recherche, d'enseignement supérieur et d'enseignement professionnel pour faire en sorte que la prise en charge de ce genre de démarche par un territoire devienne aussi un objet de capitalisation, de formation, de recherche, de thèses. Nous voulons aussi développer sur ce territoire ce que nous appelons de la recherche contributive pour que les jeunes chercheurs travaillent avec des habitants à véritablement inventer de nouveaux modèles pour faire face à ces défis."

Le 16 mars 2015 à 09:33

Chacun de nous dépose ses propres exigences ailleurs, chez l'autre

On fait partie des communautés obsédées par la conscience et, ce faisant, tournées vers la traque des injustices. Aujourd’hui, c’est le moteur de tant d’initiatives internationales, qu’elles soient politiques, culturelles ou artistiques. À partir de cette exigence de justice, forte et difficile à satisfaire par d’autres et surtout par soi-même, on peut être facilement déçu du monde. Chacun de nous dépose ses propres exigences ailleurs, chez l’autre. Ce qui fait que nous sommes entourés par des pensées subtiles, amères et critiques, qui ne touchent pas que le milieu académique, artistique ou telle ou telle « caste ». Le t-shirt parle et témoigne de l’injustice. Le pot de confiture de même. La consommation est le temple d’où tout un chacun chasse les injustices. C’est ce que l’on appelle la société culturelle. On regarde le monde entier comme on regardait son coin de rue. Tout se trouve à portée de main et tout est simulation. Le regard du « juste » embrasse tout. Celui du spectateur est incomparablement plus puissant que l’œuvre de l’auteur. C’est pourquoi il est temps que l’on commence à négocier nos exigences contre ce que l’on est réellement prêt à faire. Cela nous promet une vraie cure de modestie. Reconquérir la réciprocité, faire au contact des autres… questionner le pouvoir des élites mais aussi la Ohnmacht (l'impuissance en allemand ndlr), la victimisation presque institutionalisée. Être en paix, signer sa vie. Je sais, il paraît absurde de le dire. Pourquoi cela ne pourrait-il être au programme des écoles d’art ?

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