Thomas Vinau
Publié le 26/06/2010

Arthur Cravan poète boxeur


Portraits 3

Sur sa barque
au beau milieu de l'Atlantique
Arthur Cravan
Le poète boxeur
aux cheveux courts
qui lisait debout
attaqua la dernière aube du monde
par une danse de St Guy
puis s'adressant
à toutes les mouettes du ciel
il redressa sa carcasse
en hurlant
Chiez moi dessus
puisque je suis laid comme un homme !
Un beau matin
on le retrouva sans vie
sur un quai du Golfe du Mexique
au milieu des chiens noirs.
Né en 1978. Habite dans le sud avec sa petite famille. S'intéresse aux choses sans importance et aux trucs qui ne poussent pas droit. Est un etc-iste et un brautiganiste. Se prend parfois pour le fils de Bob Marley et de Luke la main froide. S'assoit sur le canapé. Se reprend. Décapsule. Ecrit des textes courts et des livres petits.
etc-iste.blogspot.com 

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Le 10 février 2015 à 08:53

Saint-Bernard à la savoyarde

Vous les avez aimés, mangez les #2

L'image d'Epinal du bon saint-bernard, son petit tonneau de rhum au cou, sauvant l'alpiniste en difficulté me fait bien rigoler ! J'ai possédé moi-même un saint-bernard pendant dix ans et je ne l'ai jamais vu sauver qui que ce soit! Par contre, il peut se vanter de m'avoir ouvert les yeux et peut-être sauvé de la famine ! En effet, c'est ce bon Bobby qui m'a fait comprendre qu'il n'était pas seulement un animal de compagnie mais 60 kilos de promesses culinaires ! Ingrédients : 1 épaule de saint-bernard débitée en morceaux, 12 tranches de lard fumé, 6 cuil. à soupe de moutarde aux herbes, 1 gros oignon émincé, 8 belles pommes de terre, 20 cl de crème fraîche liquide, 10 cl de rhum, 250 gr. de Beaufort en fine lamelles, poivre et sel. Préparation 20 min - Cuisson 1h30 - Thermostat 7 1 - Epluchez et lavez les pommes de terre - Coupez-les en fines tranches - Remplissez un plat à gratin, arrosez de crème fraîche, poivrez et salez. 2 - Enduisez les morceaux d'épaule de moutarde aux herbes - Enroulez-les des tranches de lard fumé - Déposez-les dans le plat et posez dessus les rondelles d'oignon. 3 - Arrosez le plat d'un peu de rhum. 4 - Recouvrez la préparation d'un papier aluminium et enfournez - Sortez le plat du four et couvrez-le de lamelles de Beaufort - Remettez à gratiner et servez dès que le Beaufort a pris une belle couleur dorée.   Extrait de "Vous les avez aimés, mangez-les" de Pascal Rémy et  Jean Lecointre - Editions de l'épure - 20 €

Le 28 juin 2014 à 09:17

Rocco, un chien à qui parler

C’est pas bientôt fini de frétiller comme ça ? Qu’est-ce que tu as ? Du calme. J’ai dit du calme ! Tu as chaud ? Tu veux sortir ? J’ai pas le temps. Qu’est-ce que tu t’imagines ? Que je suis à ta disposition ? Ben voyons ! Si c’était le cas, c’est moi qui serais à quatre pattes ! Or, est-ce que j’ai l’air d’être à quatre pattes ? Eh non ! Tu vois, ici c’est moi qui commande. Alors sois gentil, fiche-moi la paix. Je vais prendre une douche. Toi tu attends là gentiment. Mais hé, où vas-tu ! Descends de là ! Bas les pattes, je te dis ! Descends ! Tu vas me faire tomber, grand con ! Ma parole, qu’est-ce qui t’arrive ? Ho là là ! Ben c’est du propre ! Qu’est-ce qui te met dans cet état-là ? Pas moi, quand même ! Cochon ! On te dirait un cheval. Ça alors, c’est extraordinaire ! Arrête, je suis pas la femelle que tu crois. Arrête, je te dis ! Idiot. Mais ce qu’il est bête ! J’ai jamais vu ça. Allez, du calme. Tiens-toi tranquille. Ça va maintenant. Sois sérieux. Tu sais que je suis une femme mariée ? Bon d’accord, c’est inexact : je suis veuve. Mais il y a Jean-Louis. Tu es au courant pour Jean-Louis, alors suffit le chien ! J’ai pas besoin de toi. Si encore tu gagnais gros et offrais de m’entretenir, hé ! je ne dirais pas non. Mais là, c’est plutôt toi qui es à charge. Allez, assez joué ! Descends ! Zut à la fin, j’en ai marre ! C’est qu’il a de la suite dans les idées, et il est démonstratif. Quel obsédé ! Ça devient pénible. Je te préviens, si tu continues ça, je dirai tout à Jean-Louis. C’est un monsieur très jaloux. Il ne sera pas content. Il te tirera les oreilles, tu auras mal. Alors, ça y est cette fois, il est calmé ? Toujours pas ? C’est qu’il a vraiment les nerfs, l’animal. Pauvre bête. Bon, ça va ! Je t’accorde dix minutes, mais arrête de baver. Allez, dépêche-toi ! Et ce soir, si le Jean-Loulou a des soupçons, toi tu mouftes pas.

Le 6 juillet 2015 à 08:30
Le 2 juin 2015 à 13:16
Le 2 octobre 2010 à 09:54

Les Yippies

Les cracks méconnus du rire de résistance

On n’en entend plus guère parler. Et pourtant, flottant dans leurs pantalons « groovy » découpés dans des drapeaux américains chapardés, les yippies personnifièrent youpitamment, à la puissance mille, tout ce qu’il y eut de plus déraisonnablement libérateur et de plus burlesquement transgressif dans les années 68. En lançant à la mer la bouteille de tequila de « la révolution dans le plaisir sans entraves », le maxbrotheresque yip (Youth International Party) parvint à « foutre une belle merde » dans les rangs des piliers de l’establishment US comme dans ceux des contestataires psycho-rigides rêvant de substituer à l’oppression capitaliste un despotisme bureaucratique éclairé.C’est ainsi que, ne doutant de rien, les guérilleros loufoques yippies, galvanisés par leurs fuck-leaders Abbie Hoffman et Jerry Rubin, préconisèrent et pratiquèrent dans les seventies le sabotage branquignolesque des cérémonies lugubres, le déboussolage des horloges publiques, l’invasion malotrue des plateaux télé en direct life, la diffusion à grande échelle de vrais secrets d’État ou de fausses directives officielles, le déclenchement incongru des dispositifs d’alarme, l’attentat pâtissier à répétition, l’impression de faux diplômes, le coulage à pic bouffon des meetings électoraux, la mise en panique des Bourses à l’aide de fumigènes et d’avalanches de dollars, le travestissement gredin (« Prends l’habit de juges, de pasteurs, de flics, deviens un imposteur ! »), le cisaillage-surprise des cravates dans les endroits huppés ou la propagation de beaux appels au désordre : « La révolution, c’est abolir les programmes et changer les spectateurs en acteurs. »On se doute que quelques faits d’armes tirebouchonnants des turlupins yippies sont passé à l’Histoire.- En 1967, au grand gala des sénateurs libéraux, des galapiats yip yip s’étant fait engager pour renforcer le personnel de la réception entrent dans la salle du festin entièrement nus et servent aux sénateurs en lieu et place des quartiers de tartes aux pommes prévus… des têtes de cochons.- En 1968, des manifestants contre la guerre du Vietnam, chargés rudement par la flicaille et gazés, réussissent 24h plus tard à injecter les gaz lacrymogènes de la répression de la veille dans le système d’aération du Hilton.- En 1970, à différentes reprises, des adeptes du « Do what that wilt ! » camouflent leurs tires en taxis et viennent cueillir à la sortie de leurs hôtels des délégués de congrès de big boss pour « les débarquer de l’autre côté de la frontière de l’État ».- En 1971, le procès du « troublemaker » Abbie Hoffman, auteur du légendaire « Steal this book », est épique. « Quand nous sommes arrivés devant la Cour, le juge portait sa robe de juge, mais nous portions nous aussi des robes de juge. Nous nous sommes levés et lui avons dit : « Vous êtes tout seul, on est plusieurs, vous êtes coupable ! » (…) Nous avons fait de chaque audience un théâtre, un cirque, une école et le champ de bataille d’une lutte à mort. » Un soir, après des débats mouvementés, Abbie Hoffman, sur son 31, flanqué de son pote l’écrivain-cinéaste Norman Mailer et d’une poignée de comparses, vêtus aussi chiquement qu’eux, a surgi dans le club ultra sélect où son juge avait l’habitude de dîner et s’est installé avec sa bande à la table à côté de lui. « On lui a offert un verre. Le juge a demandé au garçon de transporter sa table à l’autre bout de la salle. Nous l’avons poursuivi avec la nôtre. »Et si, comme les tueurs à gags yip yip, nous prenions le pli de « recréer la réalité partout où nous allons en vivant nos désirs » frappadinguement ? Et si, à notre tour, nous devenions d’incontrôlables yippies en faisant voir de toutes les couleurs aux père la trique de toute farine ?Illustration : Abbie Hoffman

Le 15 avril 2014 à 09:24

Drogue : ces toxicomanes qui délaissent le crack pour Game of Thrones

C’est une information publiée à l’occasion d’une enquête sur la dépendance dans le magazine Sciences et Avenir. Selon une étude menée par l’INSERM, de plus en plus de personnes ayant recours au crack ou cocaïne purifiée, seraient en train d’abandonner leurs vieilles pratiques pour se rediriger vers une nouvelle drogue, plus audiovisuelle. Science. 3 à 4 fois plus fort Dans ce papier de vulgarisation scientifique, Michel Roucoupe, toxicologue entre la France et la Suisse, fait part de ses récentes découvertes : « Un épisode de Game of Thrones active 3 à 4 fois plus forts le système de récompense et de dépendance du corps humain qu’avec une pipe à crack pleine à craquer si je puis-je dire. » explique le professeur Roucoupe qui enseigne entre autres la chimie au lycée Steve Urkel de Neuilly-Plaisance. Cette découverte scientifique, Pascale Juquet l’a déjà faite de manière moins formelle sur le terrain, à l’association d’aide aux toxicomanes qu’elle gère dans le quartier de Stalingrad à Paris : « Si on voulait résumer, dans la tête des crackeurs, les retournements à répétition, les personnages variés et les intrigues au long court provoquent plus d’excitation sur leur cerveau qu’une brique de 2 kilos de crack. » Jean a 53 ans. Actuellement professeur émérite au Collège de France, la nuit il sort régulièrement dans la rue pour se droguer. Lui aussi raconte la « révolution Game of Thrones » comme il l’appelle si bien : « Ça fait 7 ans que je prends du crack et ça fait un bout de temps que je sens quasiment plus rien quand j’en fume. Par contre quand la bande-annonce de la saison 4 de Game of Thrones a été rendue publique, là ça m’a complètement rendu fou. J’en voulais plus. Faut dire aussi que la saison 3 s’est terminée en apothéose. » Pour les toxicomanes, cette drogue de substitution semble tout de même représenter une solution passagère même si quelques effets secondaires sont toutefois à déplorer comme le précise Pascale Juquet : « Pour les accros à GOT, il y a une prise de poids évidente à force de rester assis devant son écran. Sans parler des discussions interminables sur l’intrigue ou des débats stériles sur qui de Jon Snow ou de Tyrion Lannister est le plus sexy. Mais ça reste tout de même acceptable par rapport aux ravages physiques et psychologiques provoqués par le crack. »  conclut la responsable associative. Des coffrets blu-ray distribués dans les endroits clés Bien que tout ne soit pas rose, à commencer par un sentiment de dépendance accrue, les organisations en charge d’aider les toxicomanes incitent de plus en plus les accros au crack à jeter leurs pipes et leurs cailloux. Certaines associations, pour sensibiliser les esprits, se mettent même à distribuer des coffrets des trois premières saisons dans les squats, les parcs ou les Flunch où les drogués ont l’habitude de se rassembler.

Le 10 février 2015 à 09:47
Le 3 mars 2011 à 08:07

Didier de Chousy

Les cracks méconnus du rire de résistance

« — Cette histoire n’est même pas vraisemblable, me disait un de mes amis, à qui je venais de la raconter, tous les personnages y sont fous.—  C’est justement cela qui me donne à croire qu’elle est vraie, lui répondis-je avec mon bon sens des meilleurs jours. » (Ignis)On ne sait rien rien rien rien sur lui, quand il a vu le jour, quand il a tourné le coin, ce qu’il a fait dans la vie, ce qu’il a vécu dans les faits. Hormis qu’il aurait été à la fois un vrai comte et un receveur des finances patenté, et qu’il aurait compté parmi ses mauvaises fréquentations Villiers de l’Isle-Adam, Charles Cros et quelques piliers du club des Hydropathes. La seule donnée sûre, certaine et canon qu’on ait, c’est que Didier de Chousy a frigoussé en 1883 un ébesillant chef-d’œuvre du rire corrosif complètement pété du casque, Ignis*, étrangement ignoré toujours aujourd’hui, y compris par les fans de science-fiction et d’utopies bien dévissées.L’auteur y préconise fort méthodiquement un régime politico-social de rêve : la pantopantarchie, à savoir le règne féerico-loufoque de tous sur tout. « Chaque citoyen en naissant trouve une couronne dans son berceau et, arrivé en âge de manier un sceptre, exerce le pouvoir absolu, sans autre limite que l’absolu pouvoir de son voisin. L’autorité si nécessaire et la liberté plus précieuse se trouvent donc exactement pondérées. Ce mode de gouvernement a été mal jugé par des personnes qui n’ont pas compris que, si une pareille forme de houlette ne pouvait pas suffire aux anciens rois, pasteurs de peuples pauvres, souffrants, enclins à la révolte, elle convenait à un peuple millionnaire et heureux, assez heureux et assez riche pour que le plus avide soit rassasié dans un état social arrivé à l’égalité vraie, à l’égalité obtenue sans abaisser les sommets et sans faucher les hautes tiges, à l’égalité sur les cimes, par l’accession de toutes les tiges à la lumière, de toutes les têtes à la couronne, par l’élévation de tout un peuple sur un trône assez solide et assez large pour l’asseoir. »Ce qui permet techniquement à chaque habitant d’Industria City d’être, dans un même temps, millionnaire et roi, c’est la conquête géothermale collective du Feu central, une « force soumise » libérant plus d’un million de chevaux-vapeur par jour et affranchissant, du coup-même, tout le monde « du travail et de la peine, de la sueur, des larmes. »L’autre base de la révolution pantopantarchique, c’est la relève totale du prolétariat par les hommes-machines ou Atmophytes, « une race d’animaux mécaniques assez forts pour nous servir, assez bêtes pour nous aimer (…) ne s’arrêtant que sur l’ordre de leurs manomètres pour aller boire aux fontaines publiques qui leur versent l’air comprimé, l’électricité ou la vapeur, c’est-à-dire la force et la vie. » Une « population d’automates » « conversant entre eux par un coassement guttural » assez semblable à celle qu’imaginera très sérieusement, pour sa part, Oscar Wilde, huit ans plus tard, dans son manifeste anarchiste contre le travail L’Âme de l’homme sous le socialisme** .Dans « la civilisation merveilleuse » détaillée par Didier de Chousy, les saisons et les climats seront réglés par des robinets à vapeur. La flore sera « redessinée, recoloriée, refaite par d’incomparables chimistes ». « La faune sera remaniée » par des croisements habiles et des greffes bizarres. « Des merles blancs seront rendus jaune par une infusion de bile. Des serins seront voués au bleu par une nourriture à base de poivre. Et, « pour répondre à des problèmes plus élevés », seront mis au point pour la promenade et pour la chasse des « Horse-Dogs », soit des « chevaux-chiens » relevant aussi bien du chien de selle que du cheval d’arrêt. Les malades seront guéris grâce à « l’homéochromopathie ». Les hypocondriaques retrouveront « la gaieté dans des cabanons en verre noir dépoli. Les intelligences tardives ou anémiques, les gâteux et les idiots se développeront à miracle placés au soleil, les yeux grands ouverts, sous des cloches à melon : méthode imitée de la nature, qui a fait l’œil en forme de globe ou de lentille afin que les rayons solaires s’y concentrent et activent la maturation du cerveau. » Quant à l’éclairage des villes, il sera assuré par une « glu héliovorace » qui captera les rayons du soleil, en vertu de quoi « la ville entière, ses habitants, leurs vêtements de nuit et d’hiver seront enduits de soleil et rendus éclatants et chauds ». Alors que « l’éclairage de la campagne sera obtenu, sans dépense, avec le concours des vers luisants du pays dont une bonne sélection et des croisements habiles accroîtront la taille et développeront l’aptitude photogénique. » « Quel décor que seront ces champs inondés de feu, cette ville suant le soleil, ces rues parquetées de rayons, peuplées d’une foule étincelante, aux habits resplendissants, où chaque passant sera une lueur, un éclat, un scintillement, une flamme de feu de joie, un animalcule de la phosphorescence ».L’humanité dès lors « n’aura plus qu’à se laisser vivre au milieu des luxuriances édéniques du nouveau monde qu’elle aura créé ».* Réédité en 2008 par Terre de brume.** Cf. Les Oeuvres de Wilde en Pléiade ou en Pochothèque.

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