Philippe Mouchès
Publié le 11/04/2014

Fontainebleau +7


Cherchant un équivalent pictural de la fameuse méthode S+7 de l'Oulipo, j'ai imaginé ce que peuvent devenir quelques tableaux célèbres 7 secondes après...

Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 11 janvier 2011 à 08:00

Au secours les mots : Alice de Poncheville défend le mot "transparence"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici."Il faut accroître la transparence des politiques financières et monétaires." Rapport FMI 29 septembre 2010.Un peu comme avec un de mes amis qui a le sens inverse de l’orientation — il faut aller à gauche quand il tourne spontanément à droite —, je sais qu’un homme politique ou qu’une organisation qui parle de transparence a toujours quelque chose à cacher. Le mot transparence a la puissance des formules magiques. Entendez-le prononcé et la volonté d’aller vérifier par vous-même s’évanouit."Tout est transparent dans notre organisation, nos évaluations, notre stratégie, notre management. Nous sommes des êtres de verre, pas fragiles pour autant, car par l’augmentation de notre masse, nous créons de la solidité. Faites-nous confiance." Mais les employés sont fabriqués dans une silice de moins bonne qualité, ils s’effritent, se fendillent, se jettent par les fenêtres et se fracassent sur le sol en mille morceaux. "Nos comptes sont clairs, venez y mettre votre nez." Mais le nez s’écrase contre la vitre de l’immeuble moderne derrière laquelle s’active le grand corps complexe de l’entreprise ou du pouvoir.Rien n’est transparent. Une analyse ne rend pas le patient transparent. L’amour ne rend pas l’amoureux transparent, même s’il peut le rendre lumineux. La création n’est pas transparente, même si elle peut être limpide. La sexualité n’est pas transparente, même pratiquée en pleine lumière. Le mot transparence, utilisé comme il l’est aujourd’hui, m’évoque la pornographie. Comme si en montrant ce qui entre dans les corps, de très près, on pouvait voir autre chose que la mort sinistre de l’imaginaire et de la liberté.Je pense au travail de la femme qui s’extasie devant la transparence de ses vitres pour laquelle elle s’est donnée tant de peine. Au raisonnement alambiqué et pourtant si transparent de mon petit garçon quand il veut obtenir quelque chose de moi. A l’écrivain qui cherche à rendre compte d’une sensation et qui hésite entre les mots éblouissement et transparence qui paraissent opposés. Il choisira les deux, militant pour l’oxymore qui est, au fond, la figure qu’il préfère. La transparence est fragile comme les images qu’elle fait naître. Et je regarde, fascinée, la transparence de ces grains de raisins aperçus sur la toile d’un maître obscur, au détour des pages feuilletées d’un magazine, un soir où tout est beau et sombre.  Alice de Poncheville a été comédienne, elle est devenue réalisatrice de films courts. Elle écrit aussi des romans pour la jeunesse (Ed. de l'Olivier) et son seul livre pour les adultes est un recueil de nouvelles, La Martre, est paru aux éditions de l'Olivier. Elle pratique également la menuiserie.

Le 10 août 2012 à 09:07

Racolage. De la Suisse, naturellement.

« Plus racoleur, ton prochain texte », m'a susurré une sculpturale rousse, alors que j'étais occupé à gagner de l'argent sans rien faire. Avant de s'éclipser pour son prochain rendez-vous, l'assemblée générale ordinaire du Complot Mondial dont elle était, semble-t-il, trésorière (à l'ordre du jour ils avaient : l'affaire DSK, le choix du vainqueur de la prochaine coupe du monde de foot et l'organisation de leur super loto annuel), elle a ajouté, mutine : « Et si tu es sage, je te promets une belle récompense... » Facile, me dis-je. La recette, tout le monde la connaît : Un peu de sexe, un peu d'argent, un peu de violence gratuite, un peu de bébés animaux, un peu de dendrochronologie. Oui mais dans l'art de bien racoler, je le confesse, le difficile est de bien savoir jouer des fesses : on ne tortille pas son popotin de la même manière pour un blogueur, un Facebookien, un lecteur de Vents contraires. Sur Twitter, par exemple, en moins de 24 heures, le trending topic (topic trendant, ndt) du moment est passé de petit bateau à philo et de santé service à Bill Kaulitz (mais si, le chanteur de Tokio Hotel)(mais si, ils étaient allemands, ils chantaient, ils avaient des cheveux). Décontenancé, j'ai décidé de décevoir ma mystérieuse indic : « Désolé, mais le racolage, c'est pas mon genre, en Suisse, nous sommes tous honnêtes et modestes comme notre chef, Roger Federer. » « Mais tant mieux ! », me répondit-elle alors, « c'était un test pour éprouver ta morale. Voici ta récompense : clique ici pour savoir qui consulte le plus ton profil Facebook. Cela marche vraiment. »

Le 16 décembre 2012 à 09:31

Venez nombreux ! OK, mais comment qu'on fait ?

Drôle d'expression ! Qu'on m'incite à venir habillée, nue, maquillée, repue, en couple, en métro, pas trop tard, vite, à petits pas, les mains vides, à la bonne franquette, sans rien préparer, OK. Tout ça, je sais faire. Je suis parfois venue sans qu'on m'attende, venue avec armes et bagages ou venue comme ça, oui, comme ça, c'est gonflé mais je l'ai fait. Je suis venue la gueule enfarinée, ce qui est le plus sûr moyen de repartir la queue entre les jambes. Je suis venue te dire que je m'en vais, parfaitement, il n'y avait pas de SMS ni de tweet à l'époque. Puis je suis venue à maturité, très récemment. Venir en rang(s) serré(s), ça devient limite car ça présuppose la formation d'un groupe pour réussir le truc, or je déteste me balader en troupeau. Reste le "venez nombreux", fréquemment entendu à la télé pour des promos et autres événements exceptionnels. J'ai bien essayé, une fois. Je me suis dit : viens nombreuse, viens nombreuse, postée devant la glace pour voir si je devenais nombreuse. Mais que pouic. Je demeurais seule et unique. Je ne suis donc pas venue et d'ailleurs, tout le monde a fait comme moi : on n'est pas venus nombreux, ce fut un flop total.   Mais que ceci ne vous empêche pas de venir nombreux mercredi 19 au théâtre du Rond-Point, de 19 à 20h. 30 : C'est le lancement festif du livre "Vents Contraires" dans lequel j'ai l'heur d'apparaître aux côtés de grosses célébrités et de gros niqueurs qui seront forcément venus nombreux. Ils savent, eux.

Le 26 novembre 2013 à 09:08
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