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Publié le 20/06/2010
 
Martin Page
Chroniqueur
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Mieux connaître les maladies pour mieux connaître le monde.
L'éducation devrait d’abord consister en une éducation aux maladies. Rien n'est plus important que la maladie. Les virus et les bactéries sont nos animaux domestiques, les colocataires de nos corps. Mieux que ça : ce sont les premiers êtres que nous rencontrons. Ils nous accueillent dès la naissance. Quand nos parents nous prennent dans leurs mains au sortir du ventre, ce sont des bactéries qui nous font la fête et se jettent sur nous.
Apprenons à nous connaître. Faisons les présentations. Essayons de trouver un terrain d'entente. Peut être alors que nos rapports ne seront plus aussi conflictuels.
Les maladies devraient être une matière à l'école comme les mathématiques et la géographie. On étudierait leur histoire et leur action. On mettrait tout en oeuvre pour vivre en bon voisinage.
Et puis nous rapprocher des maladies nous aiderait à comprendre la société humaine. Il n’y a pas meilleur indicateur social : elles nous renseignent sur les inégalités de revenus, sur la répartition des richesses d'un pays, son hygiène, son rapport au corps, à la nourriture. Apprendre à connaître les maladies c’est apprendre à nous connaître nous-mêmes.
Les maladies sont la base de la société. Rien n’est plus important. Elles nous accompagnent à tous âges. Rhume, acné, grippe, infarctus, allergies. Je les soupçonne d’être notre copilote. Elles nous guident et nous cadrent.
Surtout en considérant les maladies on comprendrait que nous sommes nous-mêmes une maladie. Alors on ne s’étonnerait plus des dégâts que nous faisons à notre planète, des tragédies que nous nous infligeons à nous-mêmes. A partir de là, à partir de ce diagnostic, il sera enfin possible non pas de changer, mais d’inventer des ruses qui atténueront nos effets les plus délétères sans pour autant nous soigner complètement. Car nous guérir, ce serait nous éradiquer.
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Les soins, c'est pour les malades ; parlons plutôt de "care"

Bien que n’étant pas particulièrement conservateur, j’ai tendance à me méfier des mots nouveaux. Non pas que je sois systématiquement contre, mais face à un néologisme, mon premier réflexe est de me demander « Pourquoi ne l’a-t-on pas inventé avant ? » la seconde étant « Pourquoi apparaît-il maintenant ? ». Ces questions, je me les pose aujourd’hui au sujet d’un mot à la mode, venu tout droit d’outre-Manche, voire d’outre-Atlantique. Le mot "care" – à prononcer "kèire". La société de consommation s’essouffle. J’étais heureux, je me disais que par manque de matières premières et par souci de l’environnement, nous allions devoir changer, c’était une grave erreur. Quand il n’y aura plus rien à consommer, on va se vendre du care. Tout le monde sera concerné. Au même titre qu’on a tous besoin d’un téléphone portable, d’une TV écran plat, et du dernier iPod ; on aura tous besoin de care. Personnellement, j’aurais préféré, plutôt que de remplacer un besoin par un autre, qu'on se dirige vers plus d’autonomie, plus d’indépendance. Je suis un anti-care.
Cours d'espagnol

- Allez, répète après-moi : el relojero vende relojes en la relojeria
- El relorero…
- Enfin, fais attention à la jota : el relojero vende relojes en la relojeria
- El relorero vende relores…
- Non, écoute bien : el relojero vende relojes… 
- El relorejo… 
- Mais enfin, fais un effort : el relojero vende relojes… 
- Rhâââ le relou, j’en ai ras les rouleaux !
- Voilà, on y arrive !
Ami du diable, frère du scandale,

fierté des faibles, trappe à bêtises, tueur de chagrin, terreur du juge, repousse raison, feu de l’émeute, sursaut de l’âme, bourreau des cons, jour dans la nuit, trace d’enfance, bonheur frivole, plaisir infâme, contrepoison, brûleur d’ennui, cri de détresse, secoueur de viande, fête de soi, libre en éclats, nous saluons le Rire.

Bonne résolution

« C’est la première et la dernière fois que je me suicide. »  
 

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