Myriam Revault-d'Allonnes : La crise sans fin #2


La modernité est un concept de crise

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> Premier épisode

On ne parle plus aujourd’hui d’une crise succédant à d’autres crises, mais de « la crise », et qui plus est d’une crise globale qui touche aussi bien la finance que l’éducation, la culture, le couple ou l’environnement. Pour la philosophe Myriam Revault-d’Allonnes, ce constat témoigne d’un véritable renversement : si à l’origine la krisis désignait le moment décisif qui, dans l’évolution d’un processus incertain, permettait d’énoncer un diagnostic et donc une sortie de crise, tout se passe comme si la crise était devenue permanente. Nous n’en voyons pas l’issue : elle est la trame même de notre existence.

Enregistré le 12 avril 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

 
Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Le 8 septembre 2015 à 09:02

Jean-Michel Besnier : "Le transhumanisme n'est pas un progrès, c'est une rupture"

C'est après avoir lu son livre Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette 2009) que nous avons désiré rencontrer le philosophe Jean-Michel Besnier. D'abord spécialiste de Georges Bataille, il s'intéresse vite aux sciences cognitives et à l'intelligence artificielle. Une coopération exaltante avec des chercheurs qui l'amènent à faire la critique des ambitions des transhumanistes, ce mouvement très actif aux USA et fortement financé qui annonce, avec le futurologue Ray Kurzweil, l'homme modifié et l'immortalité pour les prochaines décennies. "Il s'agit d'une prise de pouvoir scientiste sur d'anciennes questions philosophiques, les rapports entre l'âme et le corps par exemple. Les transhumanistes rêvent de réaliser toutes les ambitions de l'espèce humaine. Il ne s'agit pas d'un "progrès de l'esprit humain" au sens où l'entendait Condorcet en 1793. Leur référence est plus à chercher du côté de la Renaissance : ils attendent non pas un progrès, mais une rupture avec tous les modèles précédents. Les renaissants n'annoncent pas un modèle d'humanité qui ferait l'objet des efforts des hommes. Mais une régénérescence, une revitalisation. On n'est pas dans une vision progressiste, on est dans l'attente d'une rupture. Ray Kurzweil lui a donné un nom : la Singularité. L'humanité serait à la veille d'être submergée par quelque chose qui fera rupture." Agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques, Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), où il a créé et dirigé le Master « conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées » de 2001 à 2013 et où il dirige actuellement l’EA 3559 « Rationalités contemporaines ». Il est membre du conseil scientifique de l’IHEST, du Directoire du MURS (Mouvement universel pour la responsabilité scientifique) et de la commission Littérature scientifique et technique du CNL. Parmi ses ouvrages :Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Hachette 2009L'homme simplifié : Le syndrome de la touche étoile, Fayard 2012

Le 19 novembre 2015 à 09:54

Jade Lindgaard : "Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans"

L'état des savoirs sur les changements climatiques La journaliste Jade Lindgaard suit pour Médiapart les négociations climatiques en vue de la COP21. Aujourd'hui, nous dit-elle, les travaux du GIEC offre une synthèse sans précédent sur l'état du climat et des effets sur lui de nos activités économiques. C'est un outil extraordinaire, réunissant les travaux de physiciens, chmistes, météorologues, sociologues, économistes, spécialistes de la faune et de la flore, etc. Il est de plus en plus précis et ses conclusions sont plus alarmantes que jamais. On y voit clairement un lien entre les émissions de CO2 et le dérèglement du climat qu'on peut déjà observer à travers des événements qu'on ne prévoyait que pour dans plusieurs décennies. Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans. Comme il faut beaucoup de connaissances pour apprécier les résultats complexes de ces travaux, un objectif symbolique et politique a été établi autour d'une limite du réchauffement global de l'athmosphère limité à 2°. Il s'agit d'une élévation de température moyenne pour l'ensemble de la planète, qui cache des réalité disparates, avec des régions déjà torrides où il fera 5 voire même 6 degrés de plus. Or certaines régions gagneront à ce réchauffement. En fondant la banquise arctique donne accès à des champs pétrolifères jusqu'alors inaccessibles. Vu de France, 2° ne semblent pas effrayants. Mais d'énormes bouleversements auront lieu, comme l'arrivée du moustique vecteur du chikungunya ou le déplacement des vignobles vers le nord...  

Le 6 août 2011 à 11:55

Pourquoi les agences de notation conservent sa note AAA+ à la France

Alors que Standard and Poor's dégrade la note de la dette américaine

ventscontraires.net s’est procuré la copie d’une circulaire du ministère de l’Agriculture adressée à la charcuterie Befalon & fils de Vire, à partir de laquelle on peut déduire que Bercy a lancé un vaste plan de mobilisation des éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, pour augmenter de manière drastique la qualité et la quantité d’andouillettes produite ces douze derniers mois. Entre juillet 2010 et juillet 2011, la France est passée d’une production de 18 257 tonnes d’andouillettes dont la note moyenne est AAA à 43.943 tonnes d’andouillettes avec un pourcentage AAAAAA (la note maximale) en augmentation de 48%. Résultat dû au sens civique des éleveurs de porcs et charcutiers, heureux de quitter leur image d'empoisonneur au nitrate des nappes phréatiques. Leur enthousiasme  a explosé les projections les plus optimistes du ministère de l’Economie, qui tablait sur 29.000 tonnes d’andouillettes AAAA en douze mois. Cet excédent a permis à la France d’augmenter sa production de A, de AA, de AAA, de AAAA et de AAAAA dans des proportions sans précédent. Bercy a su ainsi maintenir sa position AAA+ chez les trois principales agences de notation, et mieux que ça, puisqu’elle va pouvoir exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays latins membres de l’UE en leur versant les milliards d’Euros votés récemment en nature – sous forme d’andouillettes. Pour d’autres raisons, essentiellement linguistiques, la Pologne qui souffre dans sa langue nationale d’un manque congénital de voyelles (problème signalé pour la première fois par Roland Topor), s’est montrée également intéressée.

Le 25 juin 2010 à 16:07

Les Festivals recommandés par ventscontraires.net

Tout ceci est absolument véridique

Si, ayant suivi l'avis de Jean-Loup Chiflet, vous passez l'été replié loin des festivals et que soudain la démangeaison culturelle vous reprenait, voici un florilège de festivals triés sur le volet par la rédaction de ventscontraires.net :Enghien a son festival de la carte postale. Rouen le festival de la Brouette. Louiseville celui de la Galette. Les journées de la Harpe sont à Arles. Le festival de la Photo de Montagne est à Pralognan. Le festival de la Voix au Pays de Dieulefit. Le festival de la Parole de Dieu au Parc des Expositions de Caen. Le festival national des Robots à Mantes-la-Jolie. Et celui des Fées à Saint-Pierre-en-Vaux. Il y a festival de la 111ème Rosière de Pessac. Il y a le festival de la caricature « Les Humouroïdes » à Corcoué sur Logne. Tauxigny a le festival de la Contemplation. Condom a le festival de Bandas. Le Val d’Argent celui de la Soupe. Sans oublier le festival international de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.Sainte Enimie en Lozère a la BD médiévale et pseudo-médiévale. L'Université Nice Sophia Antipolis a le festival de la Quatrième dimension. Paris a son festival du Thé. L’île de Groix le festival international du Film insulaire. Le festival du Mot est à la Charité sur Loire. Les Globe-trotters à Massy. Les Jeunes Auteurs à Saint Geoirs. Le festival des Carnets à Brest. Et si rien de tout cela ne vous attire, ou si vous ne n'avez pas le cœur de sortir du bled où vous avez votre tanière, pourquoi ne pas y lancer vous-même votre propre festival ? Besoin d'une idée ? Lancez le festival le plus bref de France et du monde – il ne durerait que quelques minutes ou secondes – nommez-le "festival du B.R.E.F." (Brèves Rencontres sur l’Expression Fragmentaire), appelez sans attendre le maire du coin...

Le 5 mars 2015 à 14:06

Rodrigo García : "Les gens ont besoin de petites prisons où ils se sentent en sécurité"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García alors qu'il vient caler les derniers préparatifs de son spectacle Daisy au Rond-Point. 1er épisode : son art poétique. Jean-Daniel Magnin – La poésie est devenue minoritaire en Europe occidentale au début du XXe siècle. Et cependant tes écrits pour le théâtre ressortent de la poésie.Rodrigo García – Je suis d'accord avec Joseph Beuys quand il dit que tout le monde peut être un artiste. Je pense que tout homme, toute femme peut être un poète, peut-être pas en écrivant des livres, mais en vivant une vie avec une capacité poétique et avec liberté. Le problème est celui de la liberté. Il y a beaucoup trop de normes dans l'Europe occidentale que tu évoques trop de règles que curieusement, nous autres citoyens acceptons bien, c'est extraordinaire ! Moi, quand j'étais jeune, adolescent, inquiet et révolté, les règles de conduite ne me plaisaient pas, elles m'apparaissaient comme quelque chose d'orthopédique, d'externe.Aujourd'hui c'est étrange, je vois les jeunes qui réclament des règles de conduite restrictives, comme si les gens avaient besoin de petites prisons dans lesquelles ils se sentent en sécurité, c'est extraordinaire de se sentir en sécurité dans une prison ! C'est ce qui me vient en tête quand tu poses cette question alors qu'est-ce que je peux faire, moi, au théâtre, comme auteur ou comme directeur de théâtre ? Montrer des moments de liberté extrêmes, incorrects, pour inciter le public à se demander : comment est-il possible, alors que ces gens font ces choses sur scène, que moi, je n'en sois pas capable dans ma vie quotidienne ? C'est notre intention lorsqu'on propose une œuvre théâtrale, quand j'écris... – Avec toi, comment a démarré la maladie d'écrire ?– Je n'avais pas de vocation littéraire à l'adolescence. J'avais une vocation philosophique. Toutes mes lectures d'adolescent étaient de la philosophie et je suis arrivé à la littérature beaucoup plus tard, vers 18 ou 19 ans. Platon, Sénèque, Aristote, Schopenhauer ont beaucoup plus retenu mon attention que Musil, Cervantes, Joyce. Je n'avais pas de vocation littéraire, ni même de désir d'écrire, mais maintenant oui ! Aujourd'hui je ne peux pas ne pas écrire, j'ai besoin d'écrire.Je me souviens, j'avais des amis à Buenos Aires en Argentine, j'avais 18 ans, ils avaient un fanzine, une revue underground, photocopiée. La première chose que j'ai écrite était une espèce de manifeste contre le Christ ! Tu te rends compte, avant Golgota Picnic qui s'est joué Rond-Point, la première chose que j'ai écrite était un manifeste contre la religion, très naïf, très mal écrit, stupide, complètement stupide, un peu influencé – parce qu'à ce moment-là, je lisais le Marquis de Sade, un peu influencé par le Marquis de Sade et vraiment stupide. C'est la première chose que j'ai écrite.Plus tard, j'ai commencé à écrire du théâtre par hasard, quand je suis arrivé en Espagne. Je voulais être metteur en scène mais je ne trouvais pas de subventions pour mes propres mises en scène. Il y a eu un concours littéraire et je me suis mis à écrire un texte qui n'était qu'une copie, un plagiat de Heiner Müller. A ce moment-là, je regardais beaucoup Heiner Müller, j'avais 21 ans. Je me suis mis à écrire et j'écrivais à la manière de Heiner Müller, mais mal ! – En lisant tes différentes pièces, j'ai l'impression de lire une seule saga...– Quand les gens me disent : "Cette pièce que tu as écrite me plaît moins ou plus que la précédente", je ne comprends pas de quoi ils parlent parce que l'œuvre d'un créateur est un tout. Sur la durée de ta vie, tu développes un travail, je ne crois pas qu'il y ait le meilleur ou le pire... il y a une réalité concrète c'est que tu vieillis, il t'arrive des choses, tu peux avoir plus de connaissances, tu peux devenir moins courageux ou alors plus courageux parce que tu n'as plus rien à perdre. Ça dépend des individus mais il peut se passer beaucoup de choses. L'œuvre forme un tout parce que c'est l'histoire d'une même personne.Après il y a une question, pour moi au moins, liée à la spécificité du métier d'écrivain, c'est celle du style. J'ai dû travailler beaucoup pour trouver un style.Dans mes premières pièces, j'avais un style très flou et petit à petit, j'ai cherché mon style. Quand je parle de style, je parle d'une manière personnelle de s'exprimer. C'est un travail très agréable parce que tu dois rester enfermé chez toi toute la journée, à écrire écrire, écrire, ré-écrire pour trouver la forme. C'est un travail qui m'enchante.En général, quand je travaille sur une pièce, je l'écris, en même temps que je la répète. Je commence à écrire à 9 heures du matin et quand arrive 17 heures et que je dois partir à la répétition, je ne veux pas y aller, je veux rester à écrire à la maison parce que je suis coincé dans un problème formel qu'il faut résoudre. C'est comme un jeu d'échecs, un jeu qu'il faut résoudre. Et j'aime ça. – Tu écris pour être encore plus près de toi ou pour devenir un autre ? Je pense au Poème de l'enfance de Peter Handke : "Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?"– C'est curieux, je n'ai jamais parlé de Peter Handke, mais Handke est pour moi une authentique référence. C'est aussi pour moi un type dangereux, il a une manière de penser et de s'exprimer qui est contagieuse, qui me contamine... Ça fait un moment que je me dis qu'il faut que j'en reste éloigné. Pareil quand je lis Thomas Bernhardt ou Louis-Fernand Céline, je me dis qu'il faut que je reste éloigné de ces types, parce que si je continue à les lire, je ne pourrai plus rien écrire. Je dois donc essayer de les oublier. Je ne parlerais pas d'admiration, mais plutôt d'une correspondance vitale que je ressens à leur égard. Traduit de l'espagnol par Vincent Lecoq

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