Gertrud
Publié le 12/09/2013

Fait divers n°3


Gertrud [gèrtrouth] n. f. variable

1. Assembleuse de choses. G. aime l'absurde et elle le cherche. 2. TECH. Bricoleuse. Même si la grenouille est trop grosse pour la bouteille, G. la mettra dedans. 3. PHILO. G., c'est la guerre pour ou contre le rude ? 4. ANATO. G. a deux desseins. 5. PSYCHO. Un tsouin peut en cacher un autre. 6. GÉO. Point G.

 

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Le 6 mars 2013 à 08:18

Le problème avec ces matières fécales

Le problème avec ces matières fécales dont on nous rebat gentiment les oreilles depuis qu’un magasin de meuble en kit suédois se les est vu ajouter à la liste des parfums disponibles pour agrémenter ses tartelettes cacaotées, c’est que l’élan euphémisateur à l’origine de cette expression française aux dehors nettement plus haut de gamme que la réalité des éléments de défécation qu’elle désigne semble nous avoir soudainement plongé au coeur d’un monde cotonneux dans lequel nous améliorons désormais  chaque matin la qualité de notre matière bucco-dentaire avant d’avaler en vitesse une matière caféïnée ramassée à des milliers de kilomètres par des matières infantiles en échange d’une dose de matière monétaire suffisamment élevée pour permettre à ladite matière infantile d’être à nouveau apte à récolter la matière convoitée le lendemain et suffisamment faible pour lui assurer un niveau de vie proche de celui d’une matière animale du type rongeur, matière caféïnée donc, vite avalée avant d’enfiler distraitement les matières textiles qui nous protégeront de ces saloperies de matières liquides en provenance de substances nuageuses dont on notera la fâcheuse tendance à envahir régulièrement notre matière céleste mais que voulez-vous, y’a plus de matières saisonnières, et que lessivés par ces considérations de matière climato-philosophique nous nous effondrons le soir dans nos matières moelleuses pour découvrir avec bonheur la matière télévisée divertissante que nous ont concocté de jeunes matières diplomées d’écoles de commerce aux matières financières nettes mensuelles considérables et dont le travail consiste par exemple à  susciter l'intérêt autour du trajet vertical d’une matière humaine à la célébrité discutable arborant fièrement à l'extremité d'un plongeoir un maillot de matière spandex vers un gigantesque orifice rempli de matière aquatique et ce entre deux tranches de matière publicitaire, le tout contribuant allégrement à ramener la différence entre nos matières grises et fécales au plus proche de zéro, mais après tout, comme on dit, chacun sa merde. C’est ça le problème avec ces matières fécales.

Le 3 décembre 2014 à 09:17

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Langue de bois et dérivés.

Tout le monde connaît la langue de bois, mais on ignore ses dérivés. En voici quelques uns : La langue de bois vernis. Essentiellement parlée dans les soirées mondaines, la langue de bois vernis se susurre entre deux coupes de champagne. Elle ne parle que de choses élégantes et futiles, qui sont pourtant essentielles à la survie du luxe. C'est la langue des gens bien nés et particulièrement vernis. Les pauvres n'y ont pas accès. La langue de sous-bois. Un brin gauloise et libidineuse, la langue de sous-bois se pratique aux abords des aires autoroutières et du bois de Boulogne. On la croit fleurie, mais elle dit les choses comme elles sont. Une chatte est une chatte, une pipe est une pipe, nom d'une pipe ! Souvent, la langue de bois se réduit à une série de râles virils et broussailleux pour s'achever en formules de politesse assez conventionnelles : « Merci, Madame. Je vous souhaite une bonne journée. » La langue de bois de chauffage. Langue de nos terroirs bien de chez nous, c'est autour d'un feu de bois et d'une bouteille de gnôle qu'elle s'épanouit vraiment. Elle rassemble aussi bien des chasseurs après une battue que des bobos parisiens venus s'encanailler dans un bled perdu de La Creuse. Les moustaches et la chemise à carreaux en coton gratté s'accommodent bien avec cette langue. La langue de bois-que-je-me-chauffe. Souvent réduite à des apostrophes agressives comme « putain » ou « enculé », la langue de bois-que-je-me-chauffe s'exprime vertement dans les embouteillages et devant un pauvre imbécile qui s'échine à respecter les limitations de vitesse. A noter que « enculé » est souvent associé à « sale pédé ». La langue de bois de cerf. Idiome préféré des chasseurs, il se débite en différentes parties appelées communément « la curée ». Le cerf n'a pas son mot à dire. Les biches et les faons observent le spectacle, interloqués. On offre les parties nobles à ceux qui ont organisé la chasse à courre. Pour les gueux, il reste les sabots. Ça fait toujours classe dans un salon, accroché à côté du berger allemand en tapisserie. La langue en aggloméré de bois. Uniquement parlée dans les magasins Ikea, cette langue résulte d'un mélange audacieux de mots suédois, de chiffres et de pictogrammes expliquant à quoi ressemble un clou et un marteau. C'est une langue lisse comme un plan de travail de cuisine. Attention quand même à ne pas la parler n'importe comment, sinon vous risquez de vous prendre les étagères sur le coin de la gueule. La langue de sciure. Ce qui reste de la langue précédente, quand on a décidé de tout bazarder à la déchetterie pour se meubler en style Louis XV. Recyclable, la langue de sciure se transforme en litière pour chats et lapins nains. La langue de bois de rose. C'est la langue des amoureux un peu gnangnan. Elle se réduit à des mots simples comme « je t'aime », « j'ai envie de toi », « tu es l'amour de ma vie », « je veux bien prendre une douche avec toi ». Avec le temps cependant, elle peut devenir râleuse ou carrément hostile : « Pauvre naze ! Et dire que je t'ai épousé ! » est une de ses formules préférées. La langue de bois de sapin. Pratiquée par les employés des Pompes funèbres, la langue de bois de sapin sent le sapin et l'after-shave bon marché. La gueule de l'emploi est requise pour la parler, le costume un peu long aux manches. C'est une langue qui parle de la mort en termes techniques : « Le défunt mesure combien environ ? » ; « Pour la toilette mortuaire, on met un parfum bio ou pas ? » Pour autant, cela n'interdit de faire un petit geste commercial en direction des familles dans le besoin, à condition qu'elles soient solvables. La langue des bois de justice. Celle-là vous coupe le sifflet en moins de deux. Disparue en France depuis 1981. Certains nostalgiques la parlent encore ; on dit même qu'ils apprécient la tête de veau.

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