André Stas
Publié le 11/09/2013

A l'eau de rose


Né à Rocourt, le 19 novembre 1949, licencié en Philo & Lettres - Philologie romane (ULG) mais autodidacte pour les arts plastiques. En sus : Régent de la Chaire de travaux paratiques d'Aliénation mentale au Collège de 'Pataphysique, Grand Fécial Consort de l'Ordre de la Grande Gidouille, Co-Recteur de l'Institut Limbourgeois des Hautes Études Pataphysiques, âme de l'Institut Itinérant des Petites et Moyennes Études Pataphysiques, Chevalier de la Confrérie du Taste-Fesses, membre de l'Académie Zygomatique, Grand Épistolier de la Confrérie de la Chouffe, compagnon de la Confrérie du Carpophore, Grand Dipsomane de l'Empire Impérial et moteur de la Stas Academy.

Rencontre le 'Patafoulipien André Blavier à la fin des années 60, qui l'initie à la 'Pataphysique et lui fait découvrir l'univers surréaliste. Fréquente ainsi Mesens, Scutenaire, Mariën, Gutt et sa bande et opte pour le collage comme moyen d'expression privilégié. Cette technique, qu'il affectionne, lui a permis d'exposer régulièrement ses images ravageuses, seul  ou en groupe. Au fil des ans, tantôt a illustré Lewis Carroll (le monde d'Alice), tantôt détourné des timbres-poste (Pour les timbrés et les affranchies), saccagé les œuvres d'art du passé (Gueules de cons), rendu sa liberté au vocabulaire (Ce qui se passe, ce sont des mots), perturbé l'univers des livres et des icones (Bibliothèques à classer - Tintinoclasties) ou encore exploré le champ de la photographie (Photographies imaginaires - 1984 : Polaroïd is watching you). A mené aussi différentes expériences de peinture collective (Frais d'Orifices - Po$t-Zozo$).

Écrit des préfaces d'expositions pour ses nombreux amis peintres, illustre moult livres, publie des recueils d'aphorismes (Grenailles errantes, illustré par Erro, l'Embrouillamaxi, illustré par Topor, les Radis artificiels, illustré par Ollivero, Battu hors des sentiers, illustré par lui-même), une fable (le grand Karmaval), des lectures paniques (les Cent Nouvelles pas neuves), une anthologie bouffe (24 Heures dûment), un roman (Entre les poires et les faux mages) Une réécriture d’Ubu roi sans e (Ubu roi ou la disparition du tyran polonais), un centon (Les nègres du Kilimandjaro)  , s'intéresse aux arts naïf et brut, aux fous littéraires et autres hétéroclites, à la presse en lutte (tient la chronique littéraire dans le journal C4), s'active comme verbicruciste, commissaire d'expositions, critique littéraire et artistique, illustrateur, peintre, mycophile, hédoniste, ...

Fidèle à Claudel ("le Porc") : "N'applique pas à la vérité l'œil seul, mais tout cela sans réserve qui est toi-même", ou plutôt à Daumal ("Liberté sans espoir") : "La seule délivrance est de se donner soi-même tout entier dans chaque action, au lieu de faire semblant de consentir à être homme."

 

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Le 3 juin 2013 à 10:08

Jimmy Gladiator

Les cracks méconnus du rire de résistance

Imaginez la tête de François Mitterrand quand il a reçu le 22 juin 1981 l’ensemble de propositions de lois suivant qui n’avait rien d’un canular à la Allais ou à la Blanche-Dac. C’est très-très sérieusement que la rédaction de Camouflage invitait les socialos à être logiques envers eux-mêmes en votant à bras levé sans lanterner dans l’Aquarium. L’amnistie générale pour tous les prisonniers. La suppression du casier judiciaire. La démolition des QHS. La suppression des placements d’office et « volontaires » (i.e. familial) en hôpital psychiatrique. La dissolution de la Sécurité militaire, des Renseignements généraux, de la DST, du SDECE. La destruction de leurs fichiers. La dissolution de la Légion étrangère, des CRS. L’amnistie totale pour les insoumis, l’annulation de toute nouvelle feuille de route les concernant. L’abolition des lois « anti-casseurs » et réprimant l’affichage « sauvage ». La disparition des possibilités d’extrader ou d’expulser un « étranger ». La suppression de la carte nationale d’identité. La suppression du délit de « racolage ». L’interdiction des abus de puissance paternelle que sont, par exemple, le baptême ou la circoncision. Le maintien dans les lieux des locataires qui cessent de payer leurs loyers. La reconnaissance d’un statut de locataire à titre gratuit aux résidents des foyers et aux squatters. L’abaissement de l’âge de la majorité à 15 ans, avec émancipation automatique à 12 ans. La possibilité aux sans-travail de refuser, sans aucune limitation, les emplois proposés. La suppression de la notion de « délit de presse ». L’interdiction de toute censure. Un programme minimum avec lequel, en l’adaptant, bien sûr, aux temps présents, il faudrait littéralement bombarder à tout bout de champ les élus socialistes d’aujourd’hui qui le trouveraient partout sur leur chemin, dans leurs assiettes, dans leurs toilettes, sous leurs couettes.   Le fricasseur de ces projets de loi roboratifs, c’est le « lépreux de la littérature » irrécupéré[1] Jimmy Gladiator qui, entre 1974 et 1996, fut l’âme damnée d’une ribambelle de petits canards tirebouchonnants ultra-radicaux fichtrement inspirés et désespérants pour « les larves résignées à n’être que ce qu’on leur dit d’être » (La Crécelle noire, Le Mélog, Incendie de forêt, Camouflage, Hôtel Ouistiti, Nevermore, Tomahawk et Cie). Aux confluents du surréalisme de combat de la première heure qui prescrivait de se vivre comme « menace permanente » et du ravacholisme gouailleur (« rions dangereusement », lit-on dans leur périodique Le Mélog), Gladiator et sa bande de guillerets galapiats[2] n’ont jamais cessé de filer des trempes aux « intégristes du paraître moderne », c’est-à-dire aux « poseurs, embrouilleurs, imposteurs, têtes creuses, faux frères et autres limes sourdes » ramenant partout leur fraise. « Seuls et farouches », « n’ayant plus le temps d’être tolérants » envers l’intolérance ordinaire, joignant la parole flagellante (« Nous conchions les culs-à-fric et les pines-à-salon » ; « Nous pissons sur les professionnels de la critique, bigleux et sourdingues ») aux gestes « outlaws » contre « la nouvelle franc-matonnerie », ils ont été de tous les mauvais coups justiciers. Ils lapident à coups de fruits blets les « pohètes sans honneur » accourus au raout chiraquien du Festival de la ville de Paris. Ils crachent publiquement sur tous les étiquetages (« Merde aux races ! » « Je suis breton, kanak, aztèque, kabyle, thaï, balinais, tchèque, manouche, juif, égyptien, persan, wolof, tamoul, cherokee, magyar, tout cela à la fois, quand ça me chante et que j’y prends plaisir. »« Brûlez vos états-civils ! » « Changeons de langues et de patries comme de chemises »). Ils se rallient aux révoltes corsées, de Wounded Knee à Soweto, des grévistes sauvages de Longwy aux GARI engeôlés, de Nina Hagen à Roger Knobelspiess. Ils ensanglantent à la peinture rouge la station de métro Argentine en référence aux répressions du moment. Ils rappellent par des communiqués, lors d’une visite papale en France, que « les querelles théologiques ne devraient se résoudre que sur le sable des arènes et dans la gueule des fauves ». Ils font sauter, armés de pieds-de-biche, les plaques de rue « ignominieuses » qu’ils rebaptisent friponnement. C’est ainsi que le 8 septembre 1979, à 19h40, les turlupins ont « solennellement chassé le nom d’Ordener, général, du 18e arrondissement de Paris pour y substituer celui de Jules Bonnot, anarchiste, qui, le 21 décembre 1911, avec quelques amis et en cette même rue, avait autoréduit la sacoche d’un encaisseur de la Société générale ». Et que, dans la foulée, l’avenue de la Grande Armée s’est transmutée en avenue de la Colonne Durruti, la rue des Martyrs en rue du Repos des Lions, la rue de la Banque en rue Bonnie & Clyde, la rue Lafayette en rue Nadja, la place de la Bastille en place Sade. De nos jours encore, les chenapans ne se contentent pas de demi-démesures, leur philosophie étant remarquablement condensée dans une formule du brûlot Surréalistes, nous ? Ah la la… (1981) : « Il nous faut de l’enthousiasme, de la passion, de la volupté, de l’ivresse joyeuse. »   À lire impérativement : Tapis franc et autres cadeaux provos de Jimmy Gladiator (éd. Rafael de Surtis). [1] « Il n’y a que les crapules qui changent d’avis », proclame-t-il crânement. [2] Parmi ses fers de lance : le désaltère ego de Jimmy, Jehan Van Langenhoven, le pataphysicien Stéphane Mahieu, le « rigolo » de Canal+ Albert Algoud.

Le 10 mai 2011 à 11:30
Le 1 août 2013 à 08:08

Belge comme le jour

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la Suisse. Et ça tombe drôlement bien, puisqu'on m'a demandé : « plus belge, ta prochaine chronique ». Or, quand on y réfléchit bien, Suisses, Belges, tout ça, c'est un peu pareil. Ils ont des Flamands, nous avons des Suisses allemands, la langue est à peine différente et le pouvoir de nuisance est à peu près le même. Ils se débrouillent sans gouvernement, nous en avons un parce que c'est bien pratique pour dire que tout ça, c'est de sa faute, mais personne ne sait tellement qui est dedans. Ils ont un roi, nous avons trois cartes à l'as mit stöck et des combats de reines. Ils ont une équipe de foot surnommée les « Diables Rouges » mais qui est environ aussi diabolique qu'un best of de Kiss, notre équipe joue aussi en rouge. Ils ont Jacques Brel, nous avons Henri Dès. Ils ont des frites, on a des röstis. Ils ont réinventé la bande dessinée, nous avons Yakari. Ils disent 70, comme nous, alors que les Français disent 70, ce qui est parfaitement ridicule, tout le monde en conviendra. Personne n'a jamais très bien compris la Belgique, pareil pour la Suisse. C'est pourquoi je nourris secrètement un dessein politique ambitieux mais réaliste : la fusion de la Wallonie avec la Romandie, réunies sous la bannière de la République monarchique et patatière de Wallomandie. Dont je ne peux vous parler, puisque c'est un projet secret. Du coup, pour mener à bien ma mission, une chronique « plus belge », je vais me contenter de vous raconter des carabistouilles, alleïe, une fois.

Le 21 juillet 2010 à 08:53

Un maxi best of Proust s'il vous plaît !

Alors qu’hier soir, je franchissais gaiement le pas de ma porte dans le sens du retour, ma femme que j’aime bien et qui s’était approchée pour m’embrasser machinalement fut prise, à deux ou trois décimètres de ma personne, d’un vif mouvement de recul : « Ah mais… mais quelle horreur ! Tu pues la friture … ». Et bien oui chère femme que j’aime bien, j’ai lu Proust et maintenant je « pue » la friture, et alors ? Aurait-il été préférable que je rentre de ma journée de lecture parfumé de cuir et de tabac à pipe ? Aurait-ce été plus classe, plus raccord ? Moi, j’aime Proust et j’aime le Mac Do, et plus encore, j’aime lire Proust au Mac Do… Et Proust, c’est long ! Chère femme, chers tous, pourrais-je vivre un jour ma singularité en toute liberté, ou finirai-je ma vie seul, redoutant la mort qui me plongera dans l’enfer des monstrueux lecteurs, condamné pour l’éternité à me gaver d’interminables sandwichs de papier en cherchant en vain du regard quelques éclats littéraires sur les faces rugueuses de steaks hachés synthétiques ? Hermétique à ma soudaine désespérance, ma femme qui m’aime bien mais qui n’y connaît pas grand chose rayon bouquins, m’invita à aller terminer ma lecture sous la douche. Proust n’étant selon moi guère un auteur pour la douche, ce fut donc à poil en route pour la salle de bain que j’attrapai fièrement dans le couloir un recueil de poèmes de Paul Valery. J’aime lire Paul Valery sous la douche. Profondément, La Régie

Le 13 mars 2011 à 20:35

Les secrets de Jean Piero

Ventscontraires.net vous ouvre les coulisses de ses "Pièces Montées", diffusées dans le journal 3D sur France Inter

Jean Piero n’est pas vraiment journaliste, il vient de l’univers du spectacle, par la chanson, et de celui des arts plastiques. Pourtant, on pourrait s’y tromper, puisqu’il se balade avec un micro en posant des questions, autour d’une thématique imposée chaque dimanche par Stéphane Paoli pour son émission en direct du Rond-Point. Le résultat radiophonique (ses "Pièces Montées" dont vous pouvez entendre quelques pastilles sur ventscontraires.net), c’est un joyeux mélange de voix, d’idées folles et de vérités aussi. Et évidemment, lorsqu’on est auditeur, on se demande quel est son secret de fabrication… D’abord, il lui faut trouver un lieu, le plus silencieux possible, pour des raisons techniques évidentes. Donc il fuit les bistrots, qui sont aujourd’hui pollués par les musiques d’ambiance (ça l’énerve) et leur préfère les jardins publics, les galeries, les beaux magasins. Il faut que les gens y soient prédisposés à la beauté.Ensuite, il choisit ses voix à leur air disponible, et les aborde avec le matériel d’enregistrement le plus discret possible. Lorsque toutes ces conditions idéales sont réunies, il peut poser ses questions, dans un ordre bien précis. A écouter Jean Piero, tout est dans la question, longuement pensée. Après, il faut laisser faire : "Si on fait confiance aux gens, on a souvent des bonnes surprises. Chacun a de la poésie en soi, on est tous, quand on le veut, de grands producteurs de surréalisme, ne serait-ce que dans nos rêves." La psychanalyse, d’ailleurs, n’est pas bien loin… "J’écoute la signification des mots et je rebondis. C’est de l’interprétation libre : en suivant le sens des mots, on peut aller dans des endroits totalement inattendus." Alors, pas de trucage ? "Parfois, quand on trouve un bon mot avec quelqu’un, je le lui fais répéter. C’est une écriture commune, où tout est permis". Il peut aussi organiser des dialogues entre des personnes qui ne se sont pas vues. Ça, c’est le boulot de montage, lors duquel il travaille aussi le rythme, l'équilibre, les respirations, bref, tout ce qu'on attend dans son poste et qui a l'air de couler de source… Jean Piero a un site, on peut y entendre ses séries radiophoniques des années précédentes, écouter ses photos et y voir ses images : jpiero.com. Et entendre sur ventscontraires.net quelques-unes de ses pièces montées.(image Jean Piero)

Le 8 mai 2011 à 18:25

Jan Bucquoy

Les cracks méconnus du rire de résistance

Le turbulent conservateur du musée du slip (à présent itinérant) n’a jamais cessé de semer loufoquement le trouble en Belgique. On sait que chaque 21 mai, depuis 2005, brandissant un drapeau noir, le pendard prend réellement d’assaut le Palais royal de Bruxelles en enjambant acrobatiquement les barrages policiers dressés devant lui jusqu’à ce qu’il soit arraisonné, menotté et bouclé. Objectif du larron : convier les sans-logis à venir squatter les somptueux appartements inoccupés du roi Albert II et déclencher une insurrection ludique visant à métamorphoser les élections en une gigantesque loterie grâce à laquelle toutes les fonctions publiques, y compris les plus hautes, seraient désormais désignées par le hasard et pourraient dès lors être occupées quelque temps par votre poissonnier ou votre belle-sœur.Mais Jan Bucquoy ne s’en tient pas à sa tentative de coup d’état annuelle. Ses happenings burlesques transgressifs ne se comptent plus.•    Il a un jour convoqué le roi Baudouin par voie d’affiches à venir se faire décapiter sur la Grand Place de Bruxelles. Le souverain se faisant attendre au moment dit, le turlupin a coupé la tête de l’un de ses bustes avec une hache de bourreau vénitien avant d’être enseveli sous les gardiens de la paix.•    Il a brûlé en 1971, au grand dam de la presse culturelle, une gouache de Magritte valant 7 500 euros et en a collé les cendres sur une toile de façon à créer une nouvelle œuvre : « Les Cendres de Magritte ».•    Il a sorti en bédé une « Vie sexuelle de Tintin » qui lui a valu bien des désagréments. Les héritiers d’Hergé lui ont toutefois lâché la grappe dès qu’ils ont appris qu’il disposait de documents épicés sur l’antisémitisme de l’auteur de « Tintin au Congo ».•    Lors d’une de ses expos de collages sulfureux, au Cirque divers de Liège en l’occurrence, il a reçu la visite du parquet de la ville qui a saisi l’ensemble des œuvres montrées pour « outrage à la famille royale » et « insultes envers des chefs d’états étrangers ». Le lendemain, Bucquoy a exposé dans la même galerie des photocopies géantes de ses travaux confisqués. Nouvelle saisie du parquet. Une dizaine de mois plus tard, venant récupérer ses biens au palais de justice de Liège, le sacripant a redéployé les matériaux saisis devant l’austère bâtiment en offrant du champagne et des petits fours aux passants effarés.Les autres frasques « spitantes » du réalisateur-agitateur des 7 épisodes filmiques de « La Vie sexuelle des Belges » sont retracées gloupitamment dans « La Vie est belge » (éd. Michalon) et « Jan Bucquoy illustrated » (disponible aux Belles Lettres).

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