François Metral
Publié le 21/09/2013

Carte postale de mon balcon


(Haïku de fin d'été)

Dix milles idées

Une vie de papillon

Un jour seulement

François Metral,
Entre deux âges, très exactement entre 41 et 43 ans, ma dernière grande fierté personnelle en terme d'écriture est d'avoir été publié dans le "Mouna frères" il y a plus d'un quart de siècle. Etonnant, non ? Pour me définir, je pourrais lister les écrivains, les peintres, les musiciens, les chanteurs, les cuisiniers (car je suis cuisinier. De collectivité certes mais cuisinier tout de même... chef en plus... merde!), les dessinateurs, tous les gens que j'aime et qui ont fait de moi ce que je suis, mais la liste ne pourrait être exhaustive...
 

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François Metral

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La mouette rieuse

La chroicocephalus ridibundus, plus connue sous l’appellation de mouette rieuse tire son nom de ses cris éraillés, sortes de hennissements à timbre ricanant.   La Mouette rieuse fréquente les lacs, les plages en été, les étangs côtiers et certaines boîtes de nuit du marais poitevin.   La mouette rieuse possède une bonne vue, une bonne ouïe, mais un nom difficile à porter. Native d’un milieu social modeste et issue de la migration, la mouette rieuse appartient à la famille des Laridés, qui lui vaut encore quelques noms d’oiseaux face auxquels elle n’a de cesse de gwêler.   Les relations qui unissent les mouettes rieuses au sein d'un même groupe sont complexes, la mouette rieuse est profondément alcoolique de même qu’il existe des couples homosexuels mâles chez la mouette, qui d’après les dernières études éthologiques concerneraient vingt pour cent d’entre eux.   On relève alors chez ces derniers les mêmes comportements de cour habituellement observés dans les couples hétérosexuels. Les deux mâles construisent un nid ensemble et s’acquittent conjointement de la taxe foncière au même titre que n’importe quel autre couple de mouette rieuse.   Lorsqu’arrive la saison de reproduction, soit à peu près à chaque dernière pluie, il arrive que certains parents abandonnent leurs œufs. Une aubaine pour les couples homosexuels qui vont alors les couver sous leurs ailes et porter toute leur attention pour le bien du petit à naître. Sans le savoir, ce petit dernier connaîtra une vie bien plus heureuse et épanouie auprès de ses pairs plutôt qu’auprès de ses véritables parents, qui sitôt leur coup tiré et complètement éméchés se prenaient déjà le bec le long de la rade de Brest.   Il fut un temps où les petites mouettes rieuses élevées par des parents mouettes du même sexe eurent à subir quelques moqueries dans les bassins de récréation. Moqueries propres à la mouette rieuse, comme le furent à une autre époque celles à l’encontre des mouettes rieuses nées de parents qui n’étaient pas mariés ou un peu plus tard encore à l’encontre des mouettes rieuses élevées par des parents divorcés. C’est dire si la vie d’une mouette rieuse n’a pas toujours été aussi rose que celle de ses cousins flamands.   Malgré la pluie, ce temps là est révolu. La mouette rieuse se moque aujourd’hui davantage d’autrui à commencer par ces bipèdes qui s’agitent actuellement en dessous de leurs têtes, suffisamment bêtes pour penser que l’homosexualité est contre nature et plus dangereuse encore pour l’humanité que la fabrication d’armes de guerre.

Le 24 décembre 2012 à 08:18

Sortie de contexte

Je commençais ma carrière de future députée, j'apprenais à manier la rhétorique, à détourner les sujets, à affûter la langue de bois, à noyer le poisson, utilisant parfois des éléments de langage, usant grossièrement de mauvaise foi et d'éhontés mensonges tout en accumulant d'infidèles followers. Bref, je suivais mon petit bonhomme de chemin politique quand soudain, le dérapage : la sortie de contexte ! Quelqu'un me prit à partie, me postillonna dans le nez : - q'vous foutez là ? - vous voyez, je creuse mon sillon ... - C'est pas vot' sillon ! - j'ai juste glissé ! - Vous êtes dans mon contexte à moi !! - Ben je vais retourner dans le mien, alors. C'est par où ? - Trop facile ! Vous sortez de votre contexte et après vous prenez l'air con ! "Ah, j'savais pas, c'est comment qu'on fait pour revenir" ? Pathétique !? - OK, m'énervé-je. Je fais quoi là ? - Rien. Quand t'es sortie, t'es sortie. Terminé. - C'est pas la mort... - C'est juste astigmatisant ! Ça peut être estrêment négatif ! R'gardez les autres politicards ! Z'aiment pas que ça leur arrive ! Perdent des points parfois ! Des élections ! Alors dégagez, hop ! Allez, bien le bonjour ! Je m'éloignais quand je l'entendis hurler : - Et la parenthèse, c'est qui qui va la fermer ? - Vous savez quoi ? haussé-je le ton, je vous tacle et vous retacle et bien profond en plus. Au plaisir, cher ami ! Je claquai la parenthèse avec fracas, quelques guillemets se brisèrent, et retournai hashtaguer dans le timeline des twittos anonymes. Non mais !

Le 3 juin 2012 à 09:04

La rayure et le grain de sable

Daniel Buren est un créateur estimable, qui incarne depuis des années et dans le monde entier, la figure de l’artiste géomètre et bâtisseur : objectif, pragmatique, sourd aux voix des émotions et de l’inconscient. Il arrive cependant que la belle apparence se fissure, et c’est le cas en ce moment où l’on entend Buren (notamment dans les dernières secondes de l’émission d'Arte 28 minutes du 10 mai 2012) asséner, avec l’aplomb d’un maçon, que la longueur des cartes bleues coïncide exactement avec la fameuse unité de mesure qui gouverne son travail depuis près d'un demi-siècle, soit 8,7 cm. Or non seulement cela est une impardonnable erreur de mesure, (chacun pouvant le vérifier, les cartes bleues ont une longueur de 8,56 cm : standard défini par la norme ISO 7810/ID-1 !) mais c’est surtout une grave faute de goût ! En effet, en soulignant une possible coïncidence entre une mesure dont on veut bien lui laisser la propriété, et celle qui se rencontre dans les poches d’une bonne moitié de nos contemporains, il réagit un peu comme le petit enfant qui s’émerveille d’être né le même jour que son idole, ou comme cet homme qui croyant aux astres, lit dans l’immensité cosmique un signe à lui seul adressé. Or Buren n’est ni un enfant, ni un crédule, et loin de lui, au contraire, la naïveté ou l’idéalisme.   Alors, que penser de cet écart, de cette approximation ? Qu’il serait devenu naïf ou crédule en vieillissant et perdrait de surcroît sa légendaire exactitude (N’oublions pas que cet homme aima tant la géométrie qu’il daigna se préoccuper du sort de quelques pauvres carrés Hermès…) ? Ou bien, à l’inverse, qu’il serait en train de lancer une opération visant à réclamer des royalties sur toutes les cartes bleues éditées (Mais alors ne risque-t-on pas de voir surgir le fantôme d’Yves Klein, ou au pire ses ayants droit, invoquant la propriété morale du bleu des susdites cartes) ?   Dans tous les cas, l’écart de 1,4 mm infligé à la vérité par Buren claque comme un avertissement : « Ne foutons plus les pieds à proximité des colonnes, arches, parasols, murs et autres empilements calculés par un individu qui s’accommode d’une telle marge d’erreur » : TOUT POURRAIT S’ECROULER !

Le 27 juillet 2011 à 09:12

« Nous ce qu'on a envie c'est que Sarkozy y soit giclé »

Philippe Poutou, candidat investi par le NPA à la présidentielle, Europe.fr, mardi 26 juillet 2011.

Foin des scrupules de classe ! Le préposé à la succession du facteur Besancenot est certes un ouvrier syndiqué de chez Ford dont il serait socialement incorrect de moquer la syntaxe, mais depuis que le président de la République en exercice martyrise une langue française ayant pourtant chez nous valeur constitutionnelle, il est permis de souligner que, d’emblée, la nouvelle figure du trotskysme présidentiel prend rang parmi les bonnets d’âne du débat politique national. Une catégorie transpartisane en pleine croissance. Le niveau monte assurent des sociologues de l’Education, mais pas uniformément. Le camarade Poutou a le pronom qui fait gicler la conjonction, et la voix passive qui couvre la voix active, en ce sens il tiendrait aisément la jambe à un  Nicolas Sarkozy dont les propos improvisés – ou les discours lus trop vite – sont truffés de phrases mal embouties. Un débat d’entre deux tours les réunissant à l’horizon 2012, aurait des côtés pittoresques. À coups de « c’est quoi que vous aurez fait à ma place ? » et de « c’est facile de causer ce qu’on sait pas », ou encore de « marre que c’est toujours les mêmes qui se la rincent », le débat public tutoierait des sommets. Bien sûr un Jean-Marie Le Pen usait d’un subjonctif impeccable à des fins détestables, ce qui suggèrerait que conjugaison n’est pas raison. Mais ce n’est pas une raison non plus pour pousser la grammaire dans les orties.

Le 3 juillet 2013 à 10:31

L'homme augmenté

Les progrès du futur #4

Oscar Pistorius fut un pionnier : ce fut le premier homme à devenir plus performant grâce à des prothèses. Malgré ses déboires avec la justice, il ouvrit une voie dans laquelle beaucoup d’autres s’engouffrèrent bientôt. En particulier, la miniaturisation aidant, dès les années 2030 tout le monde avait le phone greffé à l’oreille, au sens propre du terme. Là encore, la sonde cérébrale était bien pratique pour fouiller rapidement son carnet d’adresse.   D’autres furent plus créatifs : prenant modèle sur les requins, les adeptes de hockey subaquatique se firent greffer un ruban électrosensible sur les flancs, afin de mieux percevoir les impulsions électriques dans les muscles de leurs adversaires. Cette innovation, conjuguée à l’invention des branchies amovibles, rendit ce sport beaucoup plus populaire, au point d’en faire une discipline olympique. Malheureusement, le monopalme mécanique, très spectaculaire, fut interdit par les pisse-froid du comité olympique par peur des accidents.   Pendant ce temps les amputations volontaires se multipliaient. De tristes sires se désolaient, déclarant qu’on crachait à la face de Mère Nature et que s’ouvrait l’ère des monstres. Ce à quoi les prothètes, menés par le philosophe Bernabé Fakebum, rétorquaient que l’homme étaient prothésé depuis son premier outil. Et ils inventaient de nouveaux dispositifs ludico-sexuels inspirés des céphalopodes.

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