Philippe Mouchès
Publié le 19/12/2014

Après quelques verres...


on pouvait être sûr qu'il finissait par danser le sirtaki à poil sur la table

Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 26 avril 2010 à 14:28

« Dans la crise, c'est l'heure des personnes qui ont du caractère, pas des fromages pasteurisés ou des poissons lyophilisés»

Jean-Luc Mélenchon, Libération, lundi 12 avril 2010

Cet homme « de caractère » n’est pas du style à péter dans la soie, mais du genre à chier sur la bruyère si telle est sa bonne envie. Avec lui c’est fromage qui pue et poisson qui sent, autrement dit un poète de résistance qui fait rimer anti-hygiénisme et anti-américanisme. Dans le « corps traditionnel français », Jean-Luc Mélenchon est de ceux qui font don de leur énergie vitale au destin national. Face à la tourmente, il ne faut pas plus avoir la cervelle que la couille molle. Ames sensibles s’abstenir, la main doit être ferme pour tenir le cap, botter les fesses des pleutres, et poursuivre l’ennemi jusque dans les chiottes. Toute une légende, rien qu’un jeu peut-être quand l’on connaît son sens inné de la provocation pour remplir les meetings à défaut d’avoir les urnes pleines. Le bouc sait pourtant se faire agneau quand il s’agit d’aller brouter dans la cour des grands. Le voici chez Apathie faisant étalage de chiffres sur les retraites, le voilà dans « Voici »  en saint (Patrick?) Sébastien que « les médias ont voulu détruire » par leurs flèches.Il avait pourtant promis de ne plus parler aux « Talibans professionnels » depuis qu’un étudiant en journalisme avait osé le titiller. Mais comme Obama, Sarkozy ou Karzaï, Mélenchon sait, quand il le faut, trouver de « bons Talibans ».

Le 29 janvier 2011 à 12:07

Les aventures foraines du géant Theutobochus

Histoires d'os 7

Theutobochus, roi des Theutons et des Cimbres, défait en 105 avant JC par les légions romaines de Marius, devait être un homme de grande taille. Sa légende en fit un géant. Sa tombe supposée et ce qui devait passer pour sa dépouille mortelle avaient été retrouvés dans une sablonnière près de Romans. Un squelette de plus de 27 pieds et dont une seule de ses molaires pesait environ 11 livres ! Il n'en fallait pas davantage pour susciter la curiosité des foules. Cette curiosité, tout à fait légitime, un chirurgien barbier du nom de Pierre Mazurier eut l'idée de l'exploiter. C'est ainsi que le squelette du guerrier Cimbre devint une attraction foraine, promenée et exposée aux quatre coins du royaume, jusqu'en Angleterre et en Flandres.   A l'initiative de Louis XIII, il fit même un séjour au château de Fontainebleau où il connut l'insigne privilège de pouvoir reposer, en tout bien tout honneur, dans la chambre de la reine mère, Marie de Médicis. Après cette prestigieuse résidence à la cour, le géant Cimbre poursuivit avec succès sa tournée. Elle devait s'achever dans un théâtre de Bordeaux où il fut oublié, relégué au second plan par une nouvelle attraction : le triomphe d'un jeune comédien nommé Molière, géant d'une toute autre nature. Et ses restes demeurent deux siècles dans les sous-sols du théâtre avant d'être retrouvés et scientifiquement reconnus comme ceux d'un proboscidien fossile - une espèce de mammouth, le Deinotherium giganteus (voir illustration). A défaut d'avoir été un géant, Theutobochus se consolera d'avoir été un Mastodonte.  

Le 19 décembre 2011 à 08:36
Le 30 mars 2013 à 09:47
Le 2 novembre 2015 à 08:20
Le 16 mai 2012 à 08:55

L'Anachronique : Le mythe (épisode 2)

> épisode précédent Une heure plus tard, le bruit d’une explosion m’a fait sursauter ; le cœur battant, j’ai couru en direction de la maison de mon voisin ; j'ai passé sa porte sans frapper et là, je me suis trouvé nez à nez devant la vieille, la femme du vieux. Elle était assise sur un fauteuil en cuir avec une aiguille dans une main et un morceau en tissu dans l’autre. Sur le coup, j’ai cru qu’elle confectionnait des poupées pour l’UNICEF. Alors, la vieille m’a transpercé avec toute la puissance de ses yeux vitreux, comme si elle avait pu saisir le fond de ma pensée. Paisiblement, elle m'a expliqué qu’elle se détendait avant de recoudre son époux. De fil en aiguille, nous avons papoté et elle m’a parlé du mythe égyptien d’Osiris tué par son frère, Seth. Elle m’a raconté qu'Isis récupéra tous les morceaux, éparpillés par Seth en colère, du cadavre de son mari. Ainsi, Osiris fut ressuscité par Isis avec l’aide d’Anubis, de Nephtys et les connaissances de Thot. Aussitôt, je lui ai répondu que je ne voyais pas le rapport entre Osiris, l’explosion et son mari. Elle m’a indiqué un coin de son salon où les pièces de chair d’un corps humain — celui du vieux dont j’ai reconnu la tête et les jambes — attendaient d’être recousues par ses habiles mains. Ensuite, elle m’a précisé que le vieux s’était fait mettre en pièces en sautant sur une de ses bonbonnes de gaz, qu’il avait encore perdu une bataille dans sa guerre contre les petits gris — ce peuple rusé d’intraterrestres. Plein de toutes ses informations, j’ai quitté la vieille avec la trouille au ventre et la nausée au cœur…

Le 7 juin 2010 à 15:19

« Il va nettement mieux que s'il allait plus mal, mais nettement moins bien que s'il allait mieux »

Raymond Domenech, conférence de presse à Saint-Pierre (Réunion), jeudi 3 juin 2010

Eric Cantona l’avait catalogué plus mauvais entraîneur de football depuis Louis XVI, le sélectionneur de l’équipe de France serait plutôt parmi ceux à avoir approché au plus près ce « degré zéro » de l’expression qui fascinait tant Barthes (le sémiologue pas le gardien de but).Raymond Domenech évoquait le mollet gauche de William Gallas, l’Histoire retiendra une formule faisant miroiter à son auteur des opportunités infinies de reconversion dans le porte-parolat. Qui d’autre que lui serait plus à même de commenter une hausse du taux de chômage, une prévision de croissance pour 2010, une baisse de popularité de l’Exécutif, l’état de l’endettement public, la situation du PS après les européennes, le nombre d’adhérents de l’UMP ou d’électeurs du NPA, voire même l’air du temps si une question lui était posée à ce sujet ? C’est moins pire que ce à quoi on s’attendait, mais c’est quand même mieux que ce qu’on craignait : un tel balancement est le sésame absolu pour embrouiller l’interlocuteur et soulager l’employeur.On va se l’arracher Domenech. Il offre par surcroît un profil intéressant de paratonnerre des foudres populaires, comme aujourd’hui face à des joueurs opérant dans la cour des glands et des dirigeants du football qui l’ont gardé parce que, justement, avec lui ça ne peut pas être pire.

Le 29 janvier 2012 à 08:52

James Castle, artiste sourd muet et sans doute autiste

à la Galerie Karsten Greve jusqu'au 17 mars 2012

James Castle est né une année avant la fin du XIXe siècle. Il n'a jamais su parler, lire, écrire, signer ou lire sur les lèvres. Il a vécu avec ses parents dans l'Idaho, USA. Son père fermier tenait aussi le bureau de poste dans le village. James Castle y récupérait emballages, cartons et brochures publicitaires pour les utiliser comme du papier à dessin. Il préparait sa palette en mélangeant de la suie, du papier crépon et de la salive, et dessinait à l'aide d'une baguette de bois taillée ou d'un carton souple roulé. Il a dessiné les bâtiments dans la campagne, les maisons, les granges et les clôtures. Ses maisons et ses intérieurs avec poële à charbon ou cheminée ont la précision fantômatique de ces images qui restent un instant imprimées au fond de la rétine. On ne sait comment il s'y est pris mais s'il le veut il maîtrise parfaitement la perspective. Les êtres humains, lorsqu'il les fait entrer dans ses dessins, ont l'air posés les uns à côté des autres, encapsulés par une chrysalide. Peut-être est-ce ainsi qu'il se percevait lui-même. Il recopiait fasciné les lettres de l'alphabet et les chiffres, réalisait des livres, des sculptures ou des collages avec tout ce qu'il pouvait récupérer. Son travail a été reconnu une quinzaine d'années avant sa mort en 1977 et il a pu ainsi assister à sa première exposition personnelle au Musée de Boise, dans l'Idaho. C'est depuis 2009 qu'on a redécouvert son travail. Courez à la galerie Karsten Greve, 5 rue Debeylleyme dans le Marais à Paris, une partie de son œuvre y est rassemblée jusqu'au 17 mars 2012.

Le 7 mai 2011 à 08:20

Tout conte fée...

Ouf c'est fini! En attendant le mariage du second, de Harry, on a fait le plein d'images rose bonbon digne d'une tenue de Barbara Cartland.  Le monde entier s'est régalé et nous, on n'a pas boudé notre plaisir!  Nous les français, nous savons être "cul cul la praline". Ringards aussi. Certains disent que c'est à cause du port du survêtement de blaireau le week-end. Je suis dubitative.   Bref...La monarchie rosbif avec son faste glacial, le visage de cire de la reine et les deux tourtereaux pas encore rassis font rêver d'accord, mais nous aussi, nous ne sommes pas en reste, nous sommes témoins de belles histoires d'amour désintéressées.  Mamour et Bécassine, dit aussi Johnny et Laetitia enfin...quand ils veulent bien délaisser leur villa de rêve de Los Angeles pour venir prendre un paquet d'oseille qu'ils vont illico dépenser aux Etats-Unis. Et puis...il y a Nicolas et Carla (en plus ça rime!).Quand on veut se donner la peine de soulever le voile, les histoires d'amour sont moins "glamour" qu'on voudrait nous le faire croire. Elles ont souvent les cheveux gras, sont négligées sous les bras et je ne vous parle même pas des petites culottes...que voulez-vous les contes de fées n'existent pas! L'immaculée Blanche-Neige est en fait une grosse cochonne qui après s'être tapé tous les nains, les a envoyés au turbin. Nympho et vénale ! Et le virginal Petit Chaperon Rouge ? Pas mieux ! Une lolita perverse et gérontophile. Le chat botté ? Un sexe (pas très défini) à pattes...une paire de cuissardes en latex, avec en haut des cuisses un chat tout épilé! J'allais oublier la Belle au Bois Dormant qui n'en fini pas de roupiller...une piquousée à l'héro qui baigne dans son vomi oui! Et on en fait une belle endormie !! Je vous laisse imaginer la réalité du tout jeune couple royal...pourquoi voulez-vous qu'il soit l'exception qui confirme la règle ?

Le 3 juin 2012 à 09:02

Silence, les joueurs sont prêts

Une virgule en terre battue, par arpenteur, out depuis 1971

Roland Garros n’est pas n’importe quel aviateur mort : il a été champion interscolaire de cyclisme en 1906. C’est dire combien il était doué, puisqu’à cette époque le dopage n’existait pas. Raison pour laquelle, sans doute, on a baptisé un stade de tennis parisien à son nom. A moins que ce ne soit une conséquence du goût hexagonal prononcé de donner aux choses le nom de personnes mortes : une Poubelle, la Bibliothèque François Mitterrand, la Place du Général de Gaulle, le Boulevard Voltaire, le Vestiaire Zinédine Zidane, ou autres Ecole de Journalisme Jean-Pierre Pernaud… Dans le stade Roland Garros, des gens en short se passent une petite balle jaune, mais personne ne veux la garder, car « c’est trop non, fallait pas, vraiment… », et ce pendant des heures en disant « tenez », « mais non, tenez » d’où l’origine du nom de ce sport (si, si). A Paris, cette inhabituelle et pour le moins étrange politesse, n’est pas sans fasciner les foules, peu coutumières d’une telle prévoyance envers son prochain. Alors les parisiens, après s’être bousculés dans le métro et insultés dans la file d’attente, s’installent autour des joueurs, et les regardent avec admiration, dans un silence religieux en secouant la tête de gauche à droite, et de droite à gauche pour les plus audacieux. Arbitre compris. Un tel succès ne pouvait laisser indifférent les médias, et par conséquent les sponsors. Les joueurs, flairant la bonne affaire, se sont mis à rivaliser d’adresse et de politesse, se renvoyant la balle à qui mieux-mieux, jusqu’à ce que l’un abandonne en serrant la main gluante de sueur de l’autre. Le gagnant s’excuse alors d’avoir gagné, pleure de désolation et loue le talent de son adversaire, qui promet de perdre encore plus élégamment la prochaine fois, devant un public époustouflé. Pour les récompenser d’une telle leçon d’humilité, les organisateurs et les sponsors offrent au vainqueur un gros chèque avec plein de zéros, et celui-ci dit merci. On donne presque le même chèque au perdant, question de fair-play. Et celui-ci dit merci aussi. Puis les joueurs s’en vont ensemble, bras dessus-dessous, en riant. Pour résumer, le tennis est un sport de racket, où il faut éviter les coups de filet… Contrairement au cyclisme qui est un sport de pédale qui fait mal au cul… Mais ça c’est pour le mois de juillet…

Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 6 juillet 2013 à 10:35

Elisabeth Cotten, clochard céleste

Portrait 42

Tu connais l'histoire de cette chanson ? Écoute ce que la voix raconte sans le dire. Il y a cette petite fille. Elle a dans les douze ans. Elle est gauchère et vient de s'acheter sa première guitare grâce à l'argent des ménages qu'elle fait avec sa mère. Elle apprend toute seule, à l'envers. Le week-end elle chante à l'église. Elle habite à Carrboro, en Caroline du Nord, près de la voies ferrée. La nuit elle entend les trains de marchandise qui roulent vers l'inconnu en hachant l'obscurité. C'est ainsi qu'elle compose cette petite comptine lancinante, Freight Train, Freight train going so fast... C'est doux et sombre. La petite Libba comme on l'appelle y parle déjà de sa mort. When I'm dead and in my grave / No more good times here I'll crave / Place the stones at my head and feet / And tell them I've gone to sleep. Les années passent. Les trains de marchandises continuent à déchirer l'horizon. Elle reste là. Se marie à quinze ans. A des enfants. Travaille comme femme de ménage. Elle arrête plus ou moins de chanter. Presque vingt ans plus tard elle devient la bonne de Mike Seegers. Famille de musiciens. Il a trois enfants à qui elle chante ses chansons le soir pour les endormir. Il l'enregistre en 1958, la fait connaitre, passer à la télé. La vague folk des années soixante lui permet de finalement s'acheter une maison à Syracuse. Elle y enregistre un dernier album dans lequel elle chante avec son petit fils. Le train numéro neuf ne roule plus depuis longtemps.

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