Terreur Graphique
Publié le 11/08/2014

NON ! Le chômage n'est pas une fatalité !


Terreur Graphique, Auteur de Bandes Dessinées qui grattent un peu (Rorschach, hypocondrie(s) -six pieds sous terre- La Rupture tranquille - Même Pas Mal- La Musique Actuelle Pour les sourds, Make My Day Punk ! - Vraoum), tumblriste forcené.

Membre de la maison Vide Cocagne, rédacteur en chef de la revue "Alimentation Générale"

la belle vie.

 

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Le 28 août 2014 à 08:41

Travailler tue. Ne pas travailler aussi

La stratégie des dinosaures

Dès qu’on essaye de nous faire croire que des choses saines sont excitantes, il y a anguille sous roche. Comme ces gens qui disent que le travail, c’est la santé. N’importe quoi. C’est totalement idiot. Si c’était le cas, les médecins prescriraient du travail, pas des médicaments.Remettons les pendules à l’heure : le travail est une maladie. On ne s’en aperçoit pas, parce qu’on est payé pour cette maladie. La stratégie est brillante.Regardez les gens dans le métro à six heures du matin, vous verrez sur leur visage que le travail n’est pas une chose saine. Il est moins dangereux d'avoir la grippe ou un zona que de travailler. C'est un virus virulent qui vous pourrit la vie pendant quarante ans.Je pensais à ça après avoir vu un documentaire sur la disparition des dinosaures. C’est fascinant de penser qu’une espèce qu dominait la planète a subitement disparu. Il y a plusieurs théories pour l’expliquer. La principale est celle de la météorite qui s’écrase sur terre et soulève un nuage de poussière qui cache le soleil. Résultat : la faune et la flore s’éteignent.Avouons-le, l’explication est un peu simpliste.J’ai une théorie différente.Selon moi, les dinosaures ont disparu parce qu’ils ont refusé de travailler.Ils avaient atteint un stade de leur évolution où ils allaient accéder à la civilisation. Mais ils aimaient trop leur vie de loisir et de flânerie. Ils aimaient tendre lentement le cou pour manger de jeunes pousses sur les arbres, se rouler dans la boue et se réchauffer au soleil.Alors ils ont refusé de domestiquer le bétail et de développer l’agriculture, de construire des routes et des villages. Ils ont refusé de travailler.Ils se sont laissé mourir pour ne pas évoluer vers la civilisation.Il y a une grande sagesse dans la fin des dinosaures : plutôt que de gâcher sa vie à être utile et productif, pourquoi l'espèce humaine ne mettrait-elle pas en œuvre sa propre disparition ?  

Le 18 février 2014 à 07:27

Après la théorie du genre, des livres pour enfants leur racontent qu'ils n'auront ni travail ni de retraite

Nouveau scandale dans l’Education nationale. Après les livres qui traitaient de la théorie du genre, plusieurs spécialistes ont repéré des ouvrages sensibles pour les enfants. Des ouvrages qui laissent entendre aux enfants qu’ils auront du mal à trouver du travail plus tard et qu’il leur sera difficile, voire impossible, d’obtenir une retraite décente. Reportage. Encore des livres qui s’en prennent à nos enfants. La découverte de ces livres à problèmes pose un réel problème, estime Michel Eckert, le premier à avoir donné l’alerte. « Sous ses allures guillerettes et innocentes, ces livres racontent comment sera le réel de nos enfants dans quelques années » explique-t-il sur son site internet. « Ainsi dans l’un, on y décrit les péripéties d’une oursonne pour trouver du travail à l’usine. Une usine qui est rachetée par le grand méchant loup. Refusant d’être délocalisée au pays du loup, Missy l’ourse se retrouve alors au chômage avant de sombrer dans la dépendance au miel » écrit-il. Le père de famille ajoute qu’il a dû rassurer son fils sur le fait qu’il trouvera bien plus tard du travail sans problème, dans la filiale qu’il veut et au salaire qu’il veut. Car ce père de famille courageux refuse que ses enfants ne se fassent de fausses idées sur leur futur. Dans un autre ouvrage incriminé, « Pas de retraite pour Papy Libellule » une vieille libellule arrivée à la fin de de sa vie souhaite se reposer. Mais hélas, ses bébés libellules sont tous partis, ne donnent plus de nouvelles et Papy Lib’ va devoir continuer à travailler pour subvenir à ses besoins car le Mouvement De L’Étang et du Fleuve estime qu’il n’a pas assez chassé de moustiques durant sa vie. « Mon fils m’a demandé si cela pouvait arriver dans la vraie, je lui ai dit que non, ça n’arrive pas, toutes les grandes personnes ont leur retraite après avoir durement travaillé » précise-t-il. Le gouvernement n’a pas souhaité commenter cette nouvelle liste de livres sensibles mais plusieurs parents d’élèves sont inquiets. « Les enfants sont des êtres fragiles et naïfs, s’ils apprennent ce qui se passe vraiment dans le monde, cela sera sans doute un choc terrible » réaffirme ce père de famille brandissant un autre livre qu’il estime dangereux. Dans cet ouvrage pernicieux, on peut y voir Isa qui joue avec ses frères à être garagiste. Mais celle-ci réalise bientôt qu’elle est moins bien payée que ses autres frères pour le même travail. « Jusqu’où cela va aller, il faut retirer ces livres avant que cela soit trop tard » s’alarment les parents.

Le 30 octobre 2014 à 08:17

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Mon fils a toujours le nez dans les étoiles, est-ce grave ?

OUI. Si votre fils a perpétuellement le nez dans les étoiles, je m’inquiéterai pour son avenir et je prendrai conseil auprès d’un psychologue. Je suppose qu’il s’agit d’un ado. Je suppose aussi qu’il se pose beaucoup de questions sur l’univers, Dieu, les soucoupes volantes, toutes ces questions inutiles qui l’empêcheront plus tard de devenir un bon consommateur, un homme heureux, un adepte du sport, un amateur de belles voitures et de Prozac. Quand on se pose des questions, c’est bien connu, on passe à côté de l’essentiel : on n’a plus envie de jouer à la console ou de taper dans un ballon de foot. On devient rêveur. On est dans la Lune. On se voit déjà sur Mars en train de tutoyer les martiens au comptoir d’un bistrot. Là, il y a danger. Il est temps de revenir sur Terre et de songer à l’avenir. Avoir un bon métier, c’est important, même si au final on devient maître-chien à Leader-Price, parce qu’on n’a rien trouvé d’autre après cinq ans d’études en sociologie. Pour en revenir à votre fils, je m’inquiéterai aussi pour sa sexualité. Les étoiles, c’est bien joli, mais les filles s’en foutent pas mal quand il s’agit de les draguer. Personnellement, la seule fois où j’ai dit à une fille que j’avais un beau télescope, elle n’a pas du tout compris de quoi je parlais. A présent, je dis les choses comme elles sont et ça va beaucoup mieux. Bref, il serait peut-être mieux pour votre fils qu’il mette son nez dans les jupes des filles ; cela le détournerait de toutes ces mauvaises questions sur l’origine de l’univers, les trous noirs, les trous normands, la vitesse de la lumière sur autoroute, etc. Et s’il persiste, confisquez-lui son télescope ! Abonnez-le à Play-boy.

Le 15 octobre 2010 à 08:00

Au secours les mots : Thierry Illouz défend le mot "cité"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Les enjeux du langage dépassent largement la constatation objective d’une évolution, d’un simple glissement sémantique, ainsi ils incorporent tous les mécanismes de la désignation, de la stigmatisation de la disqualification.J’aimerais prendre pour exemple le mot magnifique de "cité". Son sens premier que je découvrais avec passion dans mes livres d’histoire est celui de la réunion, de ce tout qui englobe, qui tisse entre les gens un lien de coïncidence, non seulement géographique mais aussi moral et politique. La cité c’est le lieu où s’accomplit et s’épanouit l’idéal démocratique, c’est le lieu de la parole commune, de la parole entendue.
 Et pourtant par une forme d’intention sociale, médiatique ou politique le mot s’est chargé d’une connotation, d’un poids, d’un sens qui non seulement diffèrent de son sens premier mais en véhiculent littéralement le contraire. Etre un jeune des cités, c’est en effet porter le poids d’une rupture d’avec le groupe, d’une mise hors du collectif, une relégation, une défiance, un rejet.Habiter les cités ne signifie plus en rien aujourd’hui participer de la démocratie d’un espace commun structuré et attentif aux attentes de ses acteurs mais simplement vivre dans de vastes ensembles architecturaux où sont parquées ce que l’on peut appeler sans risquer d’être contredit "les classes dominées".Que ce terme noble, exigeant, philosophique depuis la Grèce antique soit devenu le symbole de ce mépris de cette distance dans tous les sens du terme mérite l’examen, ne pensez-vous pas ?Et peut-être surtout parce que le reproche permanent adressé aux habitants des « cités » consiste, on se pince pour le croire, dans l’absence de sens "citoyen", de sens "civique" tandis que ces populations comparaissent dans les tribunaux comme à la une des journaux au titre de toutes les "incivilités".Il faut commencer par s’occuper des mots, je le crois, ce sont les indicateurs et les indices de tous les mauvais virages et ce sont aussi souvent les protections, les parapets, les remparts.Je voudrais si j’en avais seul le pouvoir remettre le mot "cité" sur son pied, d’égalité s’entend, de respect, de considération, c’est cela la cité que je veux, la vraie et dont je fais partie.Le sort des mots est parfois un combat et sur ce terrain comme sur bien d’autres, comme le disait Brecht : "Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite."  Thierry Illouz est avocat et écrivain. Le 20 octobre 2010 à 19h30, il plaidera pour la défense des monstres dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point. (voir lien ci-dessous)

Le 24 juin 2010 à 16:07

Della Monna Lisa al Cavaliere della Notte

Réponse aux textos de Pierre Notte à Mona Lisa

Treize messages reçus.  Archivés. Tredici piccoli testi en mémoire dans ma petite boîte noire. Treize, nombre étoilé au ciel mathématique, mon chevalier de la nuit.Pourquoi répondre ? Si tu m’avais vraiment regardée, tu aurais vu ce que cachaient mes mains abandonnées sur mon giron. Si tu m’avais observée, tandis que d’un coup de pouce tu expédiais tes messages, tu aurais vu s’abaisser mon regard, s’entrouvrir discrètement mes doigts. A chacune des treize fois, tu aurais perçu le frisson sur ma peau à l’apparition de ton nom. Tu aurais vu se creuser mes fossettes et se fendre mes yeux. « Regardez ! Elle sourit ! », s'extasiaient les convenus. « C’est moi qu’elle regarde ! », clamaient les vaniteux. Non je ne répondais pas. Je cherchais par-delà le troupeau moutonnant ta silhouette fébrile. T’apercevais me regardant mais ne me voyant pas. D’ailleurs tu étais souvent en compagnie. Gérard Philipe, Catherine Deneuve, des journalistes, deux petites dames du Nord… Rarement seul.Alors… Garce ? Non ! Juste une ragazza comme une autre, un peu sage, un peu folle, un tantinet perverse. Tu m’en veux, n’est-ce pas, d’avoir publié mon courrier intime, et toi seulement en page 117, entre Valmont et Sibleyras ! Tu ne supportes pas d’être un parmi d’autres ! Petit garçon… Mais si j’avais répondu, je n’aurais plus reçu ton désarroi, tes impatiences, tes menaces et tes serments ! Nous nous serions perdus à parler pour ne rien dire que des banalités.Pourtant, je romps l’omerta aujourd’hui. Parce que j’ai peur. Oui, moi, la Gioconda ! Peur qu’un jour tu ne te lasses, ne te taises à ton tour. Peur de ne plus sentir vibrer tes mots et que meure à jamais mon envie de sourire quand je pense à toi.> voir Pierre Notte "Textos restés à ce jour sans réponse à madame Lisa" 

Le 9 octobre 2011 à 10:12

Lettre de motivation

Cher Monsieur Rond-Point, J’ai eu vent du fait que vous cherchiez de nouveaux chroniqueurs. En cette période où l’emploi joue la fille de l’air, j’avoue que tant d’audace m’a coupé le souffle. J’ai certes longuement hésité avant de tenter ma chance, puisque votre brève annonce souffle tant le chaud que le froid. Néanmoins, au gré de ma vie professionnelle, j’ai acquis des compétences que je crois pouvoir être profitables à votre entreprise. J’ai travaillé longuement en centre aéré, puis j’ai financé mes études en ventilant des com(ptes) au Carrefour de la rue Mistral, où j’ai acquis une bonne expérience des ronds-points. Par la suite, j’ai renoncé à être agent de circulation, et je suis devenu souffleur dans un théâtre où le directeur brassait de l’air. Actuellement je tourne en rond, dans un emploi qui me gonfle, avec un patron qui me les brise. Dans ces circonstances, votre annonce ne pouvait que m’intéresser. J’y vois l’occasion de donner à ma carrière un deuxième souffle, en participant à un projet éolien durable. Je suis persuadé que l’éclectisme de mes expériences éparpillées aux quatre vents est conforme à l’esprit de votre entreprise, et que nous pourrions produire ensemble à la fois contre-vents et marrées. Vous me direz que je ne manque pas d’air de vous proposer ainsi mes services, et vous aurez raison, puisqu’il m’arrive trop souvent de faire des vents plus haut que mon c… En espérant toutefois ne pas en prendre un, je vous adresse, Monsieur Rond-Point, mes haletantes salutations.

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