Gilles Boulan
Publié le 09/10/2013

La chair dodue du dodo


Histoires d'os 45

Oiseau emblématique de l'Ile Maurice, le dronde, plus connu sous le nom de dodo, est sans conteste un des tous derniers fossiles recensés puisqu'il n'a disparu que depuis trois cents ans, victime d'une chasse intensive. En effet, lent et lourd, incapable de voler, l'oiseau apparenté à un pigeon africain constituait une proie facile pour les appétits insulaires.

Jusqu'à une époque très récente, on ne connaissait le dodo que grâce à de rarissimes squelettes et surtout grâce à des illustrations de voyageurs et de naturalistes. Lesquelles le représentaient toujours comme une grasse volaille exotique dont le poids pouvait dépasser la vingtaine de kilos.

Une étude effectuée sur une collection d'ossements retrouvés à Elbeuf permet de corriger cette vision abusive de l'oiseau mauricien. Il aurait été beaucoup plus svelte et plus léger que l'on ne l'a décrit jusqu'alors. Contrairement à une imagerie basée sur des individus captifs -et donc plus ou moins engrossés- le dodo n'était vraiment pas dodu et ne dépassait guère vingt livres.

Ces conclusions inattendues remettent fortement en question la valeur nutritive d'un gibier qui, aux yeux de ses consommateurs, se caractérisait surtout par une chair abondante mais coriace, sans réelle saveur. C'est du moins ce que semblaient prétendre les marins hollandais qui l'avaient découvert en 1598 et l'avaient préalablement décrit sous le terme de walgvogel qui signifie littéralement : oiseau peu ragoûtant.

 

Né en 1950 à Deauville, Gilles Boulan vit, travaille et écrit à Caen et dans sa région. Passionné par les sciences de la nature, il effectue d’abord des études supérieures scientifiques (doctorat de paléontologie des vertébrés ) avant de consacrer l’essentiel de ses activités à l’écriture et au théâtre. 

Il est l’auteur et l’adaptateur de nombreux textes pour le théâtre dont la plupart ont été portés à la scène ou édités (en particulier chez Lansman) 

Depuis l’été 95, il anime avec René Paréja et la compagnie Nord Ouest Théâtre, le projet de La Famille Magnifique, théâtre itinérant sur un camion pour lequel il écrit plus d’une trentaine de courtes pièces. Nombreuses représentations sur l’ensemble de la Normandie, dans plusieurs régions de France ainsi qu’en Belgique, en Angleterre, en Tunisie, au Quebec et en Algérie.

Collaborateur régulier du Panta Théâtre à Caen, il y organise des soirées lectures et des rencontres avec des écrivains de théâtre. Il y anime également le Comité de lecture et le Prix Godot des lycéens et des collégiens en partenariat avec le Rectorat de Caen

Cinq de ses pièces ont fait l’objet d’une création radiophonique sur France Culture notamment dans le cadre du Nouveau Repertoire Dramatique de Lucien Attoun.

 

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Le 30 juillet 2015 à 09:17

Poule de luxe

Pubologie pour tous

Dans chaque foyer, il y a un RDA. Rien à voir avec la République Démocratique Allemande, même si dans certaines familles l’ambiance n’est pas franchement plus folichonne et qu’on aurait bien besoin d’un mur pour ne pas se taper sur la gueule. Non, de nos jours, ironie de l’Histoire, le RDA, c’est le Responsable Des Achats. Celui qui fait les courses quoi. En d’autres termes, la ménagère de moins de 50 ans. En d’autres termes Bobonne. Donc, se dit le publicitaire, il faut parler à Bobonne : celle qui repasse en regardant Plus Belle La Vie, un fichu imbibé d’huile de friture sur ses cheveux bicolores (sa dernière coloration date de 6 mois et elle n’a pas eu le temps de refaire les racines). Bobonne est un peu concon, alors Bobonne, quand elle fait les courses, elle choisit du poulet pas cher. Qu’est-ce qu’elle est terre-à-terre, Bobonne, c’est terrible ça, pas une once de folie consommatrice dans les habitudes d’achat de Bobonne. Sous prétexte que c’est difficile de vivre à 5 sur le SMIC de Monsieur, non mais on en entend de belles. Bref, il faut vendre du poulet cher à Bobonne qui achète des marques distributeur et porte ses culottes 3 jours pour économiser l’eau et la lessive. Comment faire ? C’est simple : il faut la faire rêver, Bobonne. L’emmener loin, lui permettre de s’évader de sa triste vie. Lui parler de choses qui la concernent en tant que femme. C’est donc tout naturellement qu’on en arrive à lui parler de sac à main. On lui dit, Bobonne, vas-y, fais-toi plaisir, pour une fois, tu peux : offre-toi un poulet Schmilbluc. C’est un peu plus cher (si peu) mais tu le mérites. Je dirais même, tu le vaux bien.

Le 30 septembre 2015 à 09:00
Le 2 janvier 2014 à 10:01

Chère National Security Agency

Merci de lire tous nos messages

Chère NSA Tu entends comme la presse mondiale joue les effarouchées en "découvrant" tout d'un coup ce qui est connu depuis bien longtemps : tu nous aimes. Tu collectionnes  dans tes serveurs enterrés dans des cavernes tous nos mouvements sur google, nos comptes facebook ou skype, tu as décidé de devenir le dépôt légal de nos conversations téléphoniques, de nos échanges mails et de nos balades Internet. Tu rapatries dans tes chers USA chaque mouvement de nos cartes bancaires alors qu'ici nous sommes incapables de tenir des comptes sérieux. Et tu les conserveras jusqu'à la fin des temps. For ever. Alors, puisque toi tu nous écoutes, je voulais te demander pour lundi : est-ce que tu pourrais envoyer un drone sur l'horloge atomique de Darmstadt - c'est sur elle que se coordonnent nos montres et réveils en Europe ? Car vois-tu j'ai pas mal fait la fête ce week-end et je me sens pas trop de me lever aux aurores demain matin. Thank you et bon courage! Fleur Ho PS : pour être sûre que tu t'intéresses à mon message parmi les milliards que tu reçois ce matin, je te mets quelques mots que tu aimes qui je l'espère alerteront tes vaillants robots : wikileaks, julian assange, bradley manning, glenn greenwald, edward snowden, wikileaks, julian assange, bradley manning, glenn greenwald, edward snowden, wikileaks, julian assange, bradley manning, glenn greenwald, edward snowden, wikileaks, julian assange, bradley manning, glenn greenwald, edward snowden

Le 13 septembre 2015 à 08:40
Le 7 juillet 2015 à 08:00

Manque de motivation, la 1ere réunion des associations de procrastinateurs de France n'aura pas lieu

STRASBOURG – Constat d’échec pour les associations de procrastinateurs français qui n’ont pas réussi à se réunir hier lors de leur premier congrès. Un échec que le premier secrétaire élu par défaut met sur le compte d’un profond manque de motivation des adhérents. Reportage. Un congrès encore repoussé Les mines étaient défaites hier soir lors de l’annonce de l’annulation du premier congrès des procrastinateurs français. Un congrès pourtant programmé de longue date et qui devait enfin voir réunis tous les Français qui s’estiment victimes de ce mal mal connu et tabou de la société, la procrastination . Comment expliquer un tel échec ? Pour notre envoyée spéciale Constance Deplanque, il y a plusieurs facteurs. « Ils ont pris trop de temps à envoyer les cartons d’invitation. Quand ils se sont décidés, la date était passée depuis quinze jours, cela ne servait donc à rien. Il n’y avait plus qu’à annuler le congrès » explique-t-elle. Ce manque de préparation ne doit pas masquer d’autres erreurs patentes de l’organisation. Toujours selon notre reporter, les inscrits n’ont pas non plus renvoyé les questionnaires de diagnostic et d’inscription à l’association à temps. « Certains l’ont pourtant envoyé mais parfois le questionnaire était non rempli ou non affranchi ». En outre, il apparaît que le bureau national des procrastinateurs n’avait pas réussi à trouver un accord sur le thème central du congrès. Il semblerait aussi qu’aucun des membres du bureau et des suppléants n’ait réussi à se rendre disponible, «Un facteur qui pose un gros problème d’organisation et qui met aussi en jeu l’existence même de l’association » pour reprendre les mots de notre envoyée spéciale. Malgré cet échec, le secrétaire général préfère se donner du temps. « Nous allons nous donner du temps. Bien sûr, on regrette le manque de motivation de nos inscrits, on comptait sur eux pour enfin se faire reconnaître, sortir de l’anonymat. Pour ma part, j’estime que dans ce cas, c’est une forme de démission collective, mais nous ne baissons pas les bras, nous allons nous remettre au travail, quand? Je ne sais pas, je vais y réfléchir. Peut-être demain ou après-demain. ». Une nouvelle date pourrait ainsi être proposée dans les prochains jours si le bureau national trouve le temps de se réunir. Le Gorafi

Le 20 octobre 2014 à 08:55
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