Xavier Denamur : A table citoyens ! #6


En France, la fiscalité favorise la malbouffe

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> Premier épisode

Souvent privé de parole et de repas lorsqu’il était enfant, le «rest’orateur» Xavier Denamur s’est bien rattrapé en ouvrant plusieurs tavernes et estaminets fameux dans le Marais – lieux de résistance contre la morosité citoyenne et la malbouffe, à l’image du café Procope où artistes et intellectuels se rassemblaient avant la Révolution. Patron multiple, agitateur hyperactif, Denamur ne tient pas en place, bombarde hémicycles et représentants politiques de courriers et participe activement à la préservation du goût et du terroir ou à la défense d'une meilleure justice fiscale et sociale sur les chaînes tv. Il vient se mettre à table au Rond-Point. Avec lui nos estomacs vont refaire le monde. Amenez pics et fourchettes.

Enregistré le 18 avril 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Le 3 juin 2015 à 11:01

Deux ou trois choses que je sais d'elles

Avant d’entrer dans le vif du sujet que j’ai choisi pour ce mois, les crottes de chien, je voudrais m’excuser auprès du lecteur, surtout si c’est un chien. J’ai dû l’écrire en une nuit, je n’ai pas eu le temps de me replonger dans le moindre ouvrage faisant autorité  (je puiserai néanmoins dans la thèse de troisième cycle de M. Virgile Lespinasse, Rapports sophro-psychologiques hommes-chiens en milieu urbain), je n’ai enfin pas eu l’occasion non plus, un lumbago m’ayant immobilisé à la maison, de marcher dans une crotte de chien depuis près de trois jours. Mon érudition déjà hélas relativement ancienne ne sera guère compensée par la qualité médiocre d’un style que je n’aurai pas le temps, je le crains, de retravailler. Ceci posé, et sans vouloir me vanter, je ne suis pas totalement incompétent : pour paraphraser Térence dans son Heautontimoroumenos (I ; 1, vers 77) : « Parisianis sum : nihil dejectioni canis a me alienum puto », (i.e. « Je suis parisien : rien de ce qui touche aux déjections canines ne m’est étranger »). Né dans notre belle capitale, c’est dès mon plus jeune âge que j’ai pu marcher dans ma première crotte de chien (je n’en tire pas gloire, mes parents m’ayant d’ailleurs longuement préparé à cette expérience en y faisant passer plusieurs fois les roulettes de ma poussette). « Un peu de crotte rapproche de la nature, beaucoup en éloigne » souligne avec élégance Virgile Lespinasse. Avec les années et les glissades, j’ai appris à mieux apprécier les consistances, les saveurs, les couleurs, les odeurs. Certes, les chiens naissent libres et égaux, mais j’ai su peu à peu distinguer l’animal nourri de manière équilibrée de celui soumis à un régime par trop lipidique. Le chien n’a pas choisi son maître, et, pour son malheur, il ne choisit pas sa crotte non plus. Comme l’écrit justement Virgile Lespinasse, « Si crotter est le propre du chien, la crotte de chien est le propre du maître. » Et nombreuses sont les opportunités d’approfondir ses connaissances sur nos 2400 kilomètres de trottoirs parisiens. Je sais ce qu’on va me dire. La situation serait améliorée. Une politique urbaine mêlant pédagogie et sanction aurait fait bouger les comportements. Mais les faits sont têtus et les crottes tenaces. Pour citer notre ami Lespinasse, « Plus j’étudie les maîtres, plus que j’ai l’impression que ce sont les chiens qui les sortent. » Il existe néanmoins, techniquement, une limite à la crotte de chien, car aucune n’est plus grosse que le chien lui-même. « Un chien, c’est d’abord un animal plus gros que sa crotte » écrit joliment sur cette question le chercheur que vous savez. Comment savoir que l’on se trouve face à une crotte de chien, et non devant une crotte de renard, ou de chat, ou d’homme ? Question à la réponse difficile. Saussure aurait dit (à peu près) que la crotte de chien ne se distinguait pas de la crotte de loup tant que n’existait pas le mot chien. C’est possible. Pour ma part, je m’y connais trop peu en crottes de loup pour discuter les affirmations du fondateur de la linguistique moderne. En revanche, je suis d’accord avec lui lorsqu’il écrit (je cite de mémoire, comme trop souvent), « le mot crotte ne pue pas ». Pour ne pas conclure (conclure est toujours une erreur), j’ai glané ici et là quelques informations étonnantes que je vous livre en vrac. Saviez-vous que la crotte de chien, carbonisée, chez les pygmées, servait à cautériser les scarifications des enfants ? Que nos amis québécois disent «  geler comme une crotte de chien » pour dire « avoir très froid » (j’ignore en revanche pourquoi on dit toujours « nos amis québécois ») ? Savez-vous ce que signifient les signes suivants : ………….O. [C’est, vu d’en haut, un type en sombrero qui avance dans la neige après avoir marché dans une crotte de chien]. Je l’aime bien parce qu’il faut revenir en arrière, et c’est toujours bien de devoir revenir en arrière. J’ai écrit ce texte du pied gauche. Mais si vous l’avez lu du même pied, sachez que cela porte bonheur.

Le 21 mai 2015 à 09:49

Estomac délicat, en pauvre, se dit gésier

Une amie de Madame Riche prétend que les pauvres ne sont pas faits comme nous. Elle pense que leur organisme est plus rudimentaire et moins sophistiqué que celui des riches. Comme il est plus simple, il est plus résistant. Pour cette raison, on peut confier au pauvre les travaux les pus pénibles. Elle pense que le pauvre est réduit au strict minimum. Il n'a ni rate, ni pancréas, ni vésicule biliaire, organes de luxe un peu superflus, dont il n'a pas l'usage. Il a seulement un foie et un estomac. Elle sait qu'il a un foie parce qu'il a souvent une cirrhose du foie. Au lieu d'avoir un estomac délicat, tapissé de fines membranes et irrigué de sucs gastriques, comme le sien, le pauvre a simplement un gésier, sorte de petit broyeur capable de digérer n'importe quoi, même des cailloux. La preuve, il manque n'importe quoi et n'en meurt pas. Au lieu d'avoir deux intestins comme le riche, le pauvre n'en aurait qu'un, ni grêle, ni gros, un moyen. Ce qui expliquerait que Madame Riche a des flatulences alors que Madame Pauvre pète. Pour faire ses besoins, au lieu d'avoir comme le riche, deux trous, l'un pour les liquides, l'autre pour les solides, elle pense que le pauvre n'en aurait qu'un, pour tout, comme les oiseaux. Elle sait que le pauvre a des poumons. Ils ne sont pas roses comme ceux des riches, ils sont noirs comme ses idées. Dernièrement, elle a découvert que le pauvre a seulement une moelle épinière et pas de cerveau. Elle l'a confié récemment à Madame Riche : « Sérieusement, croyez-vous que s'il avait un cerveau, il serait pauvre ? » Les Mots des riches, les mots des pauvres, Le Livre de Poche

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