Christophe Pellet : Le Garçon girafe

La Piste d'Envol

de Christophe Pellet, mise en scène Anne Théron, avec Liza Blanchard, Marie-Laure Crochant, Jonathan Genet, Baptiste Guiton, Mélodie Richard, Logan De Carvalho compagnie Les Productions Merlin - Anne Théron

Un étrange triptyque qui se déplace en temps et en espace. Portraits de quelques garçons et filles, le tout fait penser à Rimbaud, à Christophe Honoré ou aux années pop. Or, il s’agit bien de notre époque, dans son infinie nostalgie de la perte, inconscience d’une fin annoncée à laquelle les femmes résistent tandis que les hommes sombrent. Cela débute tel un soap opéra, conversations entre jeunes hommes qui ont peur de vieillir et couchaillent sans vrai désir. Et puis tout dérape parce qu’il y a la vie, le besoin d’argent, le besoin d’amour, et ceux qui ne résistent pas à l’épreuve du réel.

Enregistré le 1/10/13 dans la salle Jean Tardieu du Théâtre du Rond-Point

Durée : 1h19:22

Photo © Daisy Body

Avec le soutien de la SACD

Acteurs, troupes, compagnies défendent en public les coups de coeur du Comité de lecture

Les lectures du mardi changent. Après onze ans d’une formule qui a permis de faire entendre une diversité impressionnante de pièces en quête de plateau, place aux textes coups de cœur du Comité de lecture du Rond-Point et aux compagnies qui désirent les monter : pièces défendues par des collectifs, osées par des acteurs désireux de les jouer « en vrai », esquissées via des maquettes en cours de fabrication.
Il ne s’agit plus seulement de donner leur chance à des textes inédits, mais de faire entrer les spectateurs du Rond-Point dans la fabrique du théâtre, de les associer à la découverte d’écrivains d’aujourd’hui et de metteurs en scène pour lesquels nos équipes de programmation ont une véritable curiosité.

Avec le soutien de la SACD, en collaboration avec le Centre National du Théâtre, la Société Suisse des Auteurs, Wallonie-Bruxelles Théâtre / Danse, le Jeune Théâtre National

 

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Christophe Pellet

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Le 22 avril 2017 à 09:26

Christophe Pellet : "J'ai essayé d'inventer un personnage féminin pour aujourd'hui"

Expérience scénique dangereuse, la pièce "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet nous entraîne dans un triangle charnel entre une femme libre et deux hommes perdus. Sous la direction de Stanislas Nordey,Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez dessinent les traits d’une humanité décentrée. Troubles tangibles d’individus fissurés, qui cherchent réparation. Christophe Pellet — Erich von Stroheim est convoqué comme une figure symbolique. Cet être magnifique qu’il fut, flamboyant et à terre, reste profondément moderne. Cinéaste scandaleux à son époque (il mettait en scène ses obsessions, ses désirs), dans la marge comme créateur et comme individu, accepté comme acteur mais  pour des rôles toujours très typés, incompris, perçu comme un pornocrate. Les personnages de la pièce sont eux même dans la marge : l’un par ses activités (il prête et vend son corps), l’autre par sa volonté de disparaître du paysage social (il ne souhaite pas travailler, ni s’intégrer au monde, autrement que dans une fusion amoureuse : il est épris d’absolu). L’un et L’autre seront broyés. Le personnage de la femme s’en sort mieux, car elle connaît les règles, c’est elle même qui les dicte. Mais ce que je voulais explorer c’est comment ces trois personnages s’éteignent les uns et les autres, en une alchimie tragique. Si la pièce est pornographique, c’est que la société qui l’a vu naître est elle-même pornographique. Comme toutes les pièces que j’ai écrites il y a une grande part documentaire – sinon autobiographique – sans cette nécessité je n’écrirais pas. Même si je ne me la suis pas posée en l’écrivant, il est passionnant de se poser la question de la pornographie sur une scène de théâtre. Beaucoup d’autres praticiens de la scène le font, c’est même devenu une sorte de passage obligé. Mais cela, il me semble, passe surtout par les images scéniques, le corps des acteurs, les actes, voire les vidéos – la projection  –, et pas tant que cela dans les situations et les mots, même s’il y a quelques tentatives (les adaptations  de Sade, auxquelles Stanislas Nordey a participé). La scène finalement rejoint en ce domaine particulier les représentations du cinéma et du flux sur le net : même si au théâtre le scandale est plus grand. Mais en dehors de ce scandale immédiat et direct, il n’y a pas vraiment de fable, ni peut-être même de sens. D’un côté, la représentation théâtrale offre une stylisation, une dimension formelle et distancée, de l’autre, les écrans  proposent une matière brute et interchangeable. Même si au théâtre on voit bien la volonté de démontrer une forme d’aliénation, ce qui n’existe pas la plupart du temps dans la pornographie diffusée. Il y a aussi le désir de montrer un peu crânement et vainement qu’un acte pornographique sur scène est autant possible que sur le net. Mais au bout du compte c’est la même vacuité ; l’acte lui-même se désincarne, faute de mots, ou tout simplement parce que le sens de cette agitation échappe. Un auteur peut alors tenter de prendre le  relai, et questionner cet acte via la fable. Cependant la pornographie n’est pas le sujet central de la pièce : le sujet c’est l’émancipation difficile de trois êtres. Et le sujet, avant tout, c’est moi-même. Sans aucune  réflexion sociologique, politique, ou philosophique, tout simplement parce qu’en écrivant ce texte, je n’avais pas de recul, j’étais en état de stress. Et qu’une fois publié (très vite, dans la foulée, comme pour m’en débarrasser), je n’y suis pas revenu pour en accentuer telle et telle dimension réflexive. S’il apparaît une  dimension pornographique dans le corps de ce texte, c’est qu’elle est dans mon corps à moi, parce que les textes que j’écris et mon corps ne font qu’un. > en partenariat avec theatre-contemporain.net

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