Gertrud
Publié le 10/10/2013

Fait divers n°5


Gertrud [gèrtrouth] n. f. variable

1. Assembleuse de choses. G. aime l'absurde et elle le cherche. 2. TECH. Bricoleuse. Même si la grenouille est trop grosse pour la bouteille, G. la mettra dedans. 3. PHILO. G., c'est la guerre pour ou contre le rude ? 4. ANATO. G. a deux desseins. 5. PSYCHO. Un tsouin peut en cacher un autre. 6. GÉO. Point G.

 

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Le 19 avril 2011 à 17:45

ventscontraires : le reality show

Proposition faite à la rédaction

Chère Madame, Cher Monsieur,   Je suis un fidèle lecteur de ventscontraires.net. J’aime beaucoup l’esprit qui règne dans cette revue en ligne. Je me permets cependant de vous faire quelques suggestions visant à l’améliorer encore, et surtout à la rendre accessible au plus grand nombre. Tout d’abord, peut-être pourriez-vous recruter des chroniqueurs en organisant, à Paris et en province, des auditions que vous filmeriez. Bien sûr, il vous faudra faire montre de cruauté quelquefois, afin de satisfaire le public. (Arrangez-vous pour que soient mis en valeur les candidats les plus émouvants, la jeune orpheline à la beauté stellaire et au talent fou, rebelle comme une louve, ou le jeune beur, ex-taulard repenti aux accents rimbaldiens, par exemple.) Puis enfermez-les dans une demeure en banlieue, sans contact avec l’extérieur, avec des caméras dans chaque pièce. Une fois par semaine, faites-les passer à la télévision à une heure de grande écoute, et surtout, faites voter les téléspectateurs par le biais de numéros surtaxés. Afin de moderniser légèrement votre nom tout en gardant l’esprit « venteux », je vous propose d’appeler l’émission « Windy », ce qui vous permettrait d’être sponsorisé par une célèbre marque de laque, parce que vous le valez bien. Ainsi non seulement vous atteindrez un vaste public, mais vous réaliserez une intéressante opération financière. Restant à votre disposition pour toute précision supplémentaire, je vous prie de croire, chère Madame, cher Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Le 3 février 2014 à 11:57

Georges Eekhoud (1853-1927)

Les Cracks méconnus du rire de résistance

Il n’arrive pas tous les jours qu’un imposant poète national (en l’occurrence belge) tapissé d’honneurs et dont les vers coulés dans « une langue comme faite de métal et d’émail » (Camille Lemonnier) sont étudiés dans les écoles soit par ailleurs un abîme de sédition filant les fumerons aux « élus des coffres-forts et de la bêtise moutonnière ». Le dégoût de Georges Eekhoud pour les prosternements se dénonce à l’École militaire où son tuteur l’a placé. Le jeune maroufle envoie à dache la caserne, dilapide son maigrelet héritage paternel dans les caboulots du port d’Anvers et, après avoir été un temps aide-correcteur, se lance dans le journalisme de combat contre les « hauts messieurs du pouvoir » « jouant à la hausse et à la baisse de la chair prolétaire » dans, notamment, les cahiers de La Jeune Belgique et du Coq rouge. C’est ainsi que dans un style « à la fois rogue et caressant, acide et balsamique », relève le critique littéraire Pierre Broodcoorens, avec « une verdeur savoureuse et primesautière », avec encore la truculence de palette des vieux maîtres flamands et le vocabulaire « trouble-bourgeois » brûlant le papier du Charles de Coster de La Légende de Tijl Uilenspiegel, Georges Eekhoud part magnifiquement à l’attaque. Ses cibles de prédilection : « les bonzes de la finance et du négoce », « les députés tatillons, moulins à paroles », les armateurs, les vieilles ganaches militaires nous enrôlant de force, les argousins et les pandores, « le lâche troupeau diocésain » (« Ce sont les religions bibliques qui veulent que la terre nous ait enfantés pour l’abstinence et la douleur. Imposture ! L’exécrable créateur que celui qui se complairait en la torture de ses créatures ! ») ou à « l’ignoble engeance des gens repus » (« Ha ! Je suis horriblement fatigué des faussetés, de la bégueulerie, des coups fourrés du monde d’en haut. Foin de leur art et de leur littérature qui mentent autant que leur religion, leur honneur et leur morale. » La rebiffe de l’écrivain contre toutes les espèces de « résignation cagnarde » se poursuit dans ses puissants romans et ses contes du terroir « bavant la vie et le sang » (Rémy de Gourmont). Eekhoud veille en effet à ce que les « pauvres soukelaires » qui peuplent ses récits ne soient jamais des fronts baissés ni des mains jointes mais bien des « damnés ribauds » qu’il ne fait pas bon hérisser. Comme l’avance l’historien Hubert Juin, « ce qui requiert Georges Eekhoud, ce n’est pas la classe laborieuse, c’est la classe dangereuse ». Le Cycle patibulaire publié par Kistemaeckers en 1882 « marque rouge, spécifie Émile Verhaeren. En une suite de nouvelles, tous les misérables du bois et de la plaine, du taillis et de la dune apparaissent : voleurs, canailles, pervers, meurtriers, brigands, rôdeurs, assassins, soudainement grands par l’idée qu’ils ont de leur révolte ». Jusqu’aux ratamoelles dans ses écrits, « l’indécent libertaire », ainsi que le surnommait le plumitif Léon Balzagette, est du côté de ses gueux. Du côté de ses loups de mer et de ses dockers à cran (Burch Mitsu, 1902). Du côté de ses pacants en groume (Kees Doorik, 1883). Du côté de ses déserteurs et de ses tard-venus (Les Fusillés de Malines, 1891). Du côté de ses pétroleuses farouches (La Faneuse d’amour, 1888). Du côté de ses ruffians pinteurs. Du côté de ses parpaillots (Les Libertins d’Anvers, 1912, qui conte l’histoire des voluptueux hérétiques loïstes). Du côté de ses runners, « écumeurs de rivières, squales d’eau douce tenant de véritables sabbats, ruminant des pilleries, liant des parties de maraude, se proposant de brutales gageures ». Du côté de ses « ratés du travail » (Le Buisson des mendiants, 1927). Du côté de ses « voyous de velours » et de ses mauvaises herbes faubouriennes : « C’en est fait… Si l’ordre et la règle me condamnent sans rémission, je m’enrôle au service de la fantaisie et du bon plaisir : je passe à l’armée des francs vauriens et des insoumis. » Mais, en fin de compte, ce qu’on pardonnera le moins à Georges Eekhoud, c’est qu’il monte au créneau pour les réprouvés sexuels. Son Escal-Vigor (1899) fait scandale. La censure russe frappe le livre d’anathèmes et le poète est déféré devant la Cour d’assises de la Flandre occidentale qui l’accuse d’avoir donné pour lors ses lettres de noblesse à… l’uranisme.

Le 20 août 2013 à 09:33

Summerhall, centre d'art éléphantesque

Carte postale d'Edimbourg

Depuis plus d'un siècle, les étudiants y ont disséqué éléphants, chimpanzés, vaches et canards. Et lorsque l'école vétérinaire d'Edimbourg s'est transportée dans un édifice plus moderne, on s'attendait que l'immense bâtisse de briques et de verre devienne une arcade commerciale chic, avec boutiques et restaurants... Eh bien non, le lieu restera une école vétérinaire, a annoncé Robert McDowell, après l'avoir payé cash au nez et à la barbe des promoteurs immobiliers. Et en effet Summerhal est restée une école vétérinaire. Mais pour artistes. La métamorphose s'est achevée cet été, lors du dernier festival d'Edimbourg : dans les 500 salles que compte ce centre d'art à nul autre pareil, vous trouverez une douzaine de galeries, des scènes pour les concerts, une dizaine d'espaces réservés au théâtre, une bibliothèque, plusieurs collections d'art contemporain, un nombre infini de lieux de lecture, de rencontres, de projections ou d'ateliers d'artistes, une revue d'art, des restaurants bien sûr... et bientôt une crèche. Partout dans l'infini rhizome de couloirs, escaliers en colimaçon, salles de cours conservées jalousement dans leur état premier, des artistes s'installent et expérimentent les joies de l'interdisciplinarité chère à McDowell. Mais sans toucher aux squelettes d'animaux ou aux planches anatomiques préservés de ci de là dans l'ancienne école. "Si c'était un projet culturel du gouvernement, ils l'auraient habillé comme ils imaginent qu'une galerie se doit d'être. Nous voulons conserver le caractère de cet endroit. Ça reste une école vétérinaire." A la fois consultant financer, artiste et ancien assistant de Joseph Beuys, l'espiègle Robert McDowell est bien décidé à s'amuser en grand et réinvente la figure du mécène en soutenant la marge plutôt que les arts officiels. Afin de contrer l'hégémonie du stand up omniprésent durant le Festival d'Edimbourg, son équipe invite une kyrielle de performers européens parmi les plus déjantés à venir s'exprimer dans leur propre langue. A mi chemin entre off et le in, prolongeant toute l'année l'esprit du festival dans la capitale écossaise, Summerhall a choisi aussi de faire le contraire quant à sa communication : "Notre stratégie est de ne rien dire sur ce que nous faisons. Nous voulons que les gens le découvrent par eux-même, se sentent privilégiés de le connaître..." Bref, ne cherchez pas plus loin : c'est à Summerhall qu'il faut se rendre en ce moment ! > voir aussi http://www.summerhall.tv/

Le 11 novembre 2011 à 08:27

Chimiethomanes

Pubologie pour tous

Le travail d’une agence de publicité, en somme, c’est de remplir les objectifs de ses clients, les marques. Souvent, l’objectif du client - disons que le client s’appelle Bliblop - c’est « faire de Bliblop la marque préférée des Français ». C’est un peu compliqué, vu qu’en général il n’y a qu’une seule marque préférée des français, mais il faut savoir se fixer des défis après tout. Bon. Là ça a probablement été un peu différent. Le client a dû faire la liste de ses qualités et de ses défauts, et réaliser que 1. « nous avons de l’argent » ne compensait pas très bien 2. « nous avons inventé le Zyklon B » et 3. « nous cultivons des patates OGM». Avec modestie, il a donc décidé de procéder par étapes, et la première étape s’est avérée être « faire aimer la chimie aux Français ». Quand on est l’agence de publicité de ce genre de client et que l’on reçoit ce genre de brief, il faut être inspiré. Parce que l’on a davantage envie de profiter du 1. que du 2. Seulement voilà, on réalise assez vite qu’on ne va pas vraiment pouvoir dire des choses vraies (« on fait des trucs pas très bons pour l’environnement, mais on a mis beaucoup de sous dans cette campagne pour que vous nous aimiez bien »). Alors il faut trouver des choses pas vraiment vraies qui pourraient faire l’affaire (« la chimie, c’est plutôt cool en fait »). Mais ça ne marche toujours pas, alors on cherche un truc qui n’a rien à voir. Et des trucs qui n’ont rien à voir avec l’industrie chimique, il y en a pas mal. Il y a l’amour par exemple, les enfants aussi (notamment les enfants asiatiques), les toboggans ou les fleurs. Il y a Philippe Risoli aussi, mais il n’était pas dispo.

Le 25 juin 2011 à 06:40

# 4 - Yesterday - Kay Pop remix - The Beatles - Count Basie VS Booka Shade

Seoul Juke Box

Yesterday, sort en 1965 sur l’album « Help » des Beatles et va devenir la chanson la plus reprise avec plus de 3000 versions et la plus diffusée par les radios du monde. Cet été 1965, le monde est une promesse d’avenir radieux, de jeunes étudiants amoureux se baignent dans le fleuve Han et prennent le soleil en écoutant Yesterday sur un transistor ramené des USA par les GI’s de la base. Cette même année, 3 ans avant 1968, le sociologue américain Seymour Lipset publie une thèse expliquant que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants serait  propice à la contestation et à un changement de monde. Au même moment Che Guevara se rend en Corée du Nord et, faisant peu cas de la famine et la torture, déclare que « ce pays est un modèle révolutionnaire auquel Cuba devrait aspirer ». Séoul est à peine plus grand que Bordeaux, la partie sud du fleuve est une campagne marécageuse infestée de moustiques et personne ici ne boit du vin. Et les Beatles chantaient, un truc qui colle encore au cœur, au corps et au slip  : Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loinAujourd'hui, on dirait qu'ils sont là dans le but de resterOh, je crois en hierSoudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étaisIl y a une ombre suspendue au-dessus de moiOh, hier est venu soudainement Aujourd’hui on ne se baigne plus dans les eaux sombres et lourdes du fleuve Han. Seul le monstre de « The Host » y montre le bout de sa queue. La base et les Gi’s sont toujours là après le Vietnam, l’Irak, L’Afghanistan. Des millions de Nord Coréens souffrent encore de la torture et de la famine. Les jeunes étudiants manifestent contre le prix des inscriptions à l’université mais ne veulent surtout pas changer le monde. Des milliers de jeunes nantis branchés sud coréens portent des T shirt  avec le visage du Che et surconsomment leur vie en plastoc tandis que leurs pères se rejoignent au Cigar Club pour fumer de gros cubains. Les quartiers ultra modernes du sud du fleuve Han sont dix fois plus grands que Bordeaux. Les moustiques prennent l’ascenseur et se hissent jusqu’au 63ème étage de la tour et viennent sucer le sang sucré de l’élite qui déguste des grands crus de 1965 et réclame au dee-jay Kay d’Orsay dans une nostalgie chic et vintage de jouer le dernier remix de Yesterday, 3001ème version d’un 21ème siècle radieux actif.    (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 22 février 2013 à 08:26

Prendre un billet de parterre

Expression issue d'un jeu de mots : parterre / par terre ; tomber, ramasser une gamelle ou une gadiche. La grande crainte des auteurs – contemporains - , des metteurs en scène comme des comédiens, c'est la chute, le flop, le four, le bide. On dit chuter, faire flop ou faire four, prendre un bide.   Mais il ne s'agit pas seulement d'un jeu sur les mots. Le public fréquentant le parterre fut, longtemps, particulièrement redouté. Le parterre correspondait à l'orchestre d'aujourd'hui. Ce public est turbulent ; d'autant plus que, de 1546 à 1782, il est debout. On parle du parterre debout. Ce qui s'explique par le fait que, dans les jeux de paume, premiers lieux fixs des troupes jusque-là itinérantes, les spectateurs entraient par une seule porte, placée au fond de la salle, remplissant ainsi, à mesure, un espace sans fauteuils. Il faudra attendre 1782 pour voir un parterre assis.   Le parterre debout est prêt pour la bagarre ; d'autant plus qu'il n'existe pas de vestiaire – le dépôt de cannes n'a été institué qu'en 1817 – et que l'épée au côté comme la canne à la main incitent à des réparties immédiates et, parfois, violentes.   Mais, la plupart du temps, les réparties du plaisant du parterre demeurent verbales. Un exemple suffira à en donner le ton. La comédienne Adrienne Lecouvreur (169-1730) avait pour partenaire un certain Pierre Tronchon de Beaubourg, bon comédien, mais pas gâté par la nature, ni par son nom. Quand elle a cette réplique : - Seigneur, vous changez de visage ! un plaisant du parterre n'hésite pas à répondre : Laissez le faire !

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