Gertrud
Publié le 10/10/2013

Fait divers n°5


Gertrud [gèrtrouth] n. f. variable

1. Assembleuse de choses. G. aime l'absurde et elle le cherche. 2. TECH. Bricoleuse. Même si la grenouille est trop grosse pour la bouteille, G. la mettra dedans. 3. PHILO. G., c'est la guerre pour ou contre le rude ? 4. ANATO. G. a deux desseins. 5. PSYCHO. Un tsouin peut en cacher un autre. 6. GÉO. Point G.

 

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Le 14 mai 2012 à 08:41
Le 27 mai 2012 à 08:29

La présentatrice du journal télévisé

La présentatrice du journal télévisé Quoi ! Vous pensiez que j’irai m’embarquer sur l’autre bord ? Vous rigolez ! Je veux bien croire que dans la vie d’artiste on n’est jamais trop aidé. Mais tout de même la main secourable, je la préfère plus lisse. Bien-sûr, je n’ai rien contre des grecs en toge exposant leurs pensées turgescentes à des esprits ouverts si c’est leur goût. Moi, je préfère ne pas être trop aidé. Je me débrouille tout seul avec ma copine.  Et puis, je suis fidèle. Je change jamais de chaîne. Surtout le midi. C’est comme une messe. Seulement là, y’a pas de curé. Mais une présentatrice qui rigole parfois, surtout quand c’est pas drôle.  En mangeant je suis le journal télévisé. Le journal télévisé c’est bien pour se divertir. Quotidiennement. Toujours sur la même chaîne. Je suis passionné par cette chaîne publique et ça remonte à longtemps. Longtemps. Bien avant le sergent et même Socrate. Et surtout, le midi, avec la présentatrice et son humour, son humour qui me surprend. Après tout, chacun  peut trouver à rire dans un journal où des soldats urinent sur des cadavres pendant que des banquiers ruinent des pays. Et puis, cette femme, c’est une professionnelle. Comme une mère attentionnée bordant son enfant endormi, elle lit son prompteur sans bafouiller pour des parents repus. D’ailleurs, tout se lit dans ses yeux. Pour expliquer les mesures du gouvernement, elle fronce les sourcils.  L’info est grave. Il faut comprendre. Pour le reste, vous pouvez sourire ou presque. Et puis, vous faîtes ce que vous voulez. C’est votre édition après tout. C’est pas moi qui le dis. C’est elle, la présentatrice. « Bienvenue dans votre édition du treize heures ! » qu’elle annonce au début du journal. C’est sans conteste vous les journalistes ménagères de moins de cinquante ans qui avez décidé de montrer des clientes en soutien-gorge et en culotte faisant les soldes dans un magasin de vêtements au moment où une agence de notation sanctionne d’une mauvaise note la France avec sa dette et les français qui sont de mauvais acheteurs !  J’avoue que c’est flatteur pour vous, cerveaux disponibles au message publicitaire, qui prenez Clavier pour De Funès, Montagné pour Ray Charles et Sarkozy pour Napoléon. Vous voilà les rédacteurs bénévoles d’un journal payé par votre redevance. On arrête pas le progrès ! D’ailleurs, l’édition finit toujours aussi bien qu’elle a commencé. Dans un moment de promotion strictement journalistique, la présentatrice parle avec son invité. Je me souviens de Jean-Paul Guerlain.  Pour qualifier son travail acharné à la recherche du parfum idéal, il a déclaré : « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours travaillé, mais enfin… » Et la présentatrice, vous devinez sa réaction ?  Elle  a pouffé. C’est une femme  qui a un drôle d’humour.

Le 26 juillet 2014 à 08:28

C'est pas du boulot!

Les p'tits boulots du Professeur Pascal.

J’aimerais être policier : pour mettre des PV à tous les cons qui ne savent pas qui est Marcel Proust. J’aimerais être écrivain à succès, sauf que Marc Lévy écrit plus mal que moi. J’aimerais être infirmière, rien que pour passer une blouse bien propre sur mon corps dénudé et velu. J’aimerais être coiffeur pour les plus de cinquante ans : la calvitie a déjà fait la moitié du travail. J’aimerais être peintre en bâtiment : j’aime tout ce qui a des poils, les chiens, les chats, les pinceaux.  J’aimerais être armurier, spécialiste des pistolets à eau. J’aimerais tenir un restaurant finnois. Je serais le roi du steak de renne. J’aimerais être un artiste, mais le titre est déjà pris. J’aimerais être chanteur de rock comme Johnny : on verrait ma tronche sur les T-shirts des retraités. J’aimerais être prêtre ou pasteur : on ne travaille que le dimanche. J’aimerais être guérisseur. Grâce à mon pouvoir extraordinaire, je soignerais les femmes seules par l’imposition des mains (entre autres). J’aimerais être maître-chien. A moi aussi, on mettrait une muselière. J’aimerais être dictateur chez les poissons, petit père des poulpes. J’aimerais être dictateur dans une orangeraie, petit père des pulpes. J’aimerais inventer des jeux de société pour hommes seuls. Mais il y a déjà le solitaire et les plaisirs qui vont avec. J’aimerais être chercheur d’or dans une bijouterie ; c’est plus facile. J’aimerais être conseiller d’orientation. Je guiderais mes élèves vers des voies d’avenir : analyste financier, marchand de Prozac, employé à Pôle Emploi. Bref, j’aimerais faire quelque chose de ma vie. Si vous avez une idée, merci de me contacter rapidement. Gens sérieux et travailleurs s’abstenir !

Le 28 décembre 2012 à 10:43
Le 28 janvier 2011 à 12:53

A la fin de l'envoi, Destouches

Sortons-les tous du Panthéon, et plus vite que ça, s'il vous plaît !

« Ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde. » Louis-Ferdinand Céline. Louis-Ferdinand Céline n’est pas digne d’être « célébré ». Point. La République a tranché par la voix outrée de son Ministre de la Culture qui vient de découvrir – redécouvrir ? apparemment, ce n’était pas évident à la première lecture – que l’homme avait des pensées abjectes et l’écrivain commis des écrits ignobles.  Cette même République dont le Ministre de l’Intérieur a été condamné pour injure raciale ; cette même République qui reconduit les Roms à la frontière ; cette même République qui dit quoi faire et que penser, que lire et ne pas lire, juge du Bien et du Mal, impose du politiquement correct quand elle a elle-même une morale plus que douteuse, pour user d’un euphémisme ; cette République-là juge et retranche. Dans la précipitation, quoi qu’elle s’en défende : Frédéric Mitterrand a lui-même préfacé le fameux recueil de célébrations de sa plus belle plume, et donc autorisé par là son impression en 10 000 exemplaires avant de se dédire et de retirer précipitamment les fameux 10 000 recueils embarrassants. J’imagine avec délectation les employés zélés du Ministère qui auraient passé leur week-end, correcteur à la main, effaçant consciencieusement le nom de Céline de la liste des célébrés, le tout 10 000 fois consécutives, ça en fait des litres de Tipp-ex ! En vrai, ce ne doit pas être comme ça que ça se passe : le recueil au pilon, Céline avec, pouf-pouf, on respire et on recommence. On s'en est donné à cœur joie cette semaine : pourquoi ne pas virer Gide, prix Nobel de Littérature, pour ses relations pernicieuses avec des mineurs ? Bossuet, pour avoir approuvé sans réserve la révocation de l’Edit de Nantes ? Rousseau pour avoir lâchement abandonné ses enfants et parallèlement écrit un ouvrage sur l’éducation, L’Emile ? Voltaire, pour avoir bénéficié de manière sonnante et trébuchante du commerce triangulaire et partant de l’esclavage ? Proust, pour son homosexualité ? Et ce malgré le bon mot du Président : "On peut aimer Céline sans être antisémite, comme on peut aimer Proust sans être homosexuel !" Au passage, comparer l’antisémitisme abject, je persiste et signe, de Céline et les mœurs de Proust, revient à établir les deux comme des crimes, tout au moins des « déviances », non ? En voilà une image intéressante de l’homosexualité. Je propose qu’on éjecte également Hugo pour sa vie de débauché, sa maîtresse affichée, sans parler des autres, son royalisme de débutant, son admiration pour Bonaparte malgré la Berezina des campagnes napoléoniennes. Sortons-les tous du Panthéon, et plus vite que ça, s’il vous plaît. Qu’on nous laisse lire tranquillement Martine à la plage, et les veaux du Général seront bien gardés.

Le 27 avril 2011 à 15:13

Restons soudés

(Comme titre, j'avais aussi "caustique dans les prés")

On m'a dit « Pas mal, ta première chronique, mais la prochaine fois, il faudrait être plus caustique. » « Super », j'ai répondu, parce que j'ai des lettres. Avant de faire une semaine d'angoisse de la page blanche aiguë (j'ai essayé d'écrire en vert sur fond mauve, ça n'a pas aidé et j'ai eu un peu mal au coeur). Parce que pour un Suisse (je suis suisse, je ne sais pas si j'en avais parlé), ce n'est pas si évident d'être caustique, à cause de la neutralité, du calvinisme et des erreurs de traduction. En France, c'est beaucoup plus facile : on te refile une chronique et hop, tu parles de politique, tu balances tes vannes caustiques avec la verve d'un chacal et la faconde d'un narval, « Nicolas Sarkozy est petit », « Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen, qui est borgne », « Nicolas Hulot a présenté Ushuaia, comme le savon », c'est drôle, c'est efficace et avec un peu de chance, tu te fais renvoyer ou insulter par un autre chroniqueur et là, c'est le succès garanti. En Suisse, c'est plus compliqué, parce qu'avec la présidence tournante (oui, oui, comme le ping-pong), personne ne sait jamais trop qui est le Chef d'état. Le temps qu'on fasse une blague sur sa taille, ses dents ou ses cheveux (nous aussi, on a de fins analystes de la chose publique, tu crois quoi?), il a déjà cédé sa place. Et puis de toutes façons, le caustique, j'y touche pas trop, à cause de mon hypocondrie.

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