Laurent Petit : Introduction à la psychanalyse urbaine #15


Du Grand Cergy au Très Grand Paris

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> Premier épisode

L’Agence nationale de psychanalyse urbaine (ANPU) couche les villes sur le divan, détecte leurs névroses, apporte des solutions thérapeutiques. Discipline pertinente diront les uns, discipline abracadabrante diront les autres, discipline hallucinante diront ceux qui encore aujourd'hui ne s'en sont pas tout à fait remis. « En psychanalyse classique, on aura tendance à parler de “ça”, de “moi” et de “surmoi”, alors qu’en psychanalyse urbaine, on est plus sur du “ça”, du “toit” et de “surtoit” », précise Laurent Petit, fondateur de cette nouvelle pratique. Après s’être attaqué à l’inconscient de Hénin-Beaumont, Rennes, St-Nazaire, Angers, Aix-en-Provence, Marseille, Alger, il vient au Rond-Point nous introduire à cette thérapeutique désopilante et salutaire. Une étape de plus dans son projet global de world analysis – car Laurent Petit caresse le désir abracadabrant de guérir le monde entier.


Enregistré le 21 février 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Le 10 novembre 2015 à 10:19

Golgota Picnic : une pièce de théâtre en correctionnelle

Récit d'un procès, lestroiscoups.fr

J.-M. Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » J.-M. Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » Jean-Michel Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » "On se souvient de l’affaire Golgota Picnic, de l’effroyable mobilisation contre le Théâtre du Rond-Point à coup de menaces de mort, de manifestations et d’actions coup-de-poing pendant les 9 représentations de la pièce de Rodrigo García. C’était au mois de novembre 2011 ; le procès, lui, se tenait vendredi 30 octobre." Ainsi commence le très détaillé compte rendu du procès en correctionnelle intenté par l'A.G.R.I.F contre le Théâtre du Rond-Point et les éditions Les Solitaires intempestifs, le 30 octobre dernier, quatre ans après les faits. Prise de note pointue par Lise Facchin et crobards noirs et blancs stylés de Frédéric Chaume, les envoyés spéciaux de la revue théâtrale lestroiscoups.fr  – bref si vous désirez en savoir plus, allez voir l'article complet ici. En attendant, quelques instants croqués et leurs verbatim ci-dessous : Maître Richard : « Oui, Rodrigo García provoque ! Bien sûr qu’il provoque ! Comme tous les artistes, qu’est-ce qu’une œuvre qui ne provoque pas ? (...) Quant à la prétendue unanimité de l’opinion des chrétiens sur ce spectacle, en tant que catholique, je ne me reconnais pas et ne me reconnaîtrais jamais dans l’A.G.R.I.F. » Maître Triomphe : « L’auteur peut dire ce qu’il veut, le titre parle pour lui : Golgota Picnic, c’est la crucifixion du Golgotha qui est le thème. » Mme le procureur : « L’avocat de la partie civile nous a posé la question de savoir quel était l’intérêt de cette pièce pour le débat public. Mais la question n’est pas là. La question est de savoir si la communauté chrétienne est délibérément visée par les propos incriminés, et je n’en suis pas convaincue. (...) Le parquet considère que la plainte de l’A.G.R.I.F. n’est pas caractérisée (…) et demande donc la relaxe. »

Le 12 octobre 2015 à 08:40

Football

En français  "foutbaule" ou "foute". Sport de ballon joué essentiellement avec les pieds qui oppose deux équipes de joueurs en short dont le but est d'en marquer. La simplicité des règles du football, doublée du fait que les inventeurs de ce sport ont eu l'excellente idée de donner des maillots de couleurs différentes à chacune des deux équipes qui s'affrontent pour qu'il soit impossible de les confondre, a permis à la presque totalité des humains de comprendre globalement ce sport devenu en moins de cent ans le plus populaire de la planète. Certains y voient un formidable progrès du vivre ensemble de l'humanité, d'une fraternité mondiale d'émotions partagées, d'autres considèrent que cet engouement planétaire pour ces vingt-deux individus qui se disputent un ballon sur l'herbe est un signe alarmant du rétrécissement du cerveau humain qui pourrait expliquer, entre autres, les élections d'Hugo Chavez, de Georges W. Bush ou le bon score de Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2012. Beaucoup ont dit ou écrit que le succès phénoménal du football s'expliquait par le fait qu'il remplaçait peu ou prou la guerre dont les hommes ne peuvent se passer. Il est vrai que, lorsque deux pays se livrent bataille à coups de tanks et d'avions de chasse, il est rare qu'en plus ils jouent au football entre eux. Il est également vrai qu'en temps de paix la seule possibilité d'exprimer sa haine pour l'Allemagne ou l'Angleterre est de leur coller un terrassant 4-0 qui les humiliera beaucoup plus que l'invasion de leur pays par les plus alertes de nos divisions aéroportées. Par ailleurs, on remarquera que le vocabulaire guerrier est souvent identique à celui du football : attaquant, défenseur, tir, division, capitaine, blessé, etc., sans oublier les hymnes nationaux qui sont joués avant chaque rencontre internationale, pour rappeler à ces valeureux soldats à chaussures à crampons que le sort de leur patrie est dans leurs pieds. De plus — est-ce une coïncidence ? —, l'on ne peut ignorer que le succès grandissant du football féminin va de pair avec l'augmentation du nombre de femmes qui s'engagent dans l'armée. Ces hypothèses peuvent être validées ou combattues, ce qui par contre ne peut être contesté, c'est la place despotique qu'occupe le football dans les médias. Je ne parle pas ici de la retransmission des matchs qui ne se répand à la radio ou à la télévision qu'à la juste proportion de la passion qu'ils déclenchent auprès du public, je veux évoquer les interminables commentaires, interviews, analyses (de plus en plus psychologiques, voire philosophiques!) de joueurs, entraîneurs, supporters, présidents de clubs, etc. Nos ondes sont envahies jour et nuit de : "Le groupe est très solide", "Je sais que quand les défendeurs défendent et que les attaquants attaquent, on est sur le bon chemin", "Le foot, ah! c'est un peu comme la vie, rien n'est jamais gagné", "Ma devise : respecter l'équipe d'en face", "Nous avons perdu, mais le collectif a gagné", "Pourquoi Kractucovic a occupé pendant tout le match le couloir droit alors que c'est un gaucher. Pourquoi?!", "On est passés très près de la correctionnelle mais on s'est repris, on les voulait plus que tout, ces trois points", "Je ne dirais pas que c'est une punition, je dirais qu'on a eu ce qu'on mérite", "On a tout donné et ça n'a pas suffi", "Ce sera avant tout un défi physique", "On a le sentiment qu'ils vous ont pris à la gorge dès le début", "C'est surtout pour ma famille que j'ai marqué ce but", "Ils ont été plus forts, c'est tout", "Pardon, je vous coupe, mais je suis à côté d'Ahmed Sarzi", "Rien à dire, dans l'ensemble, rien à dire", "Ils ont fait la fête toute la nuit sur la grand place de la ville où plus de cent mille supporters en délire les attendaient", "Vous savez, un joueur, c'est bien sûr un sportif, mais, on l'oublie trop souvent, c'est surtout un homme"... Le bombardement de niaiseries proférées sur un ton de cause nationale que nous subissons quotidiennement à travers les médias est une pollution infiniment plus néfaste pour notre santé mentale que n'importe quelle fissure dans une centrale nucléaire... Nous sommes dangereusement irradiés par le commentaire sportif. Et ne parlons pas des obsèques réservées au moindre commentateur de football : le deuil est national ! Celles de Victor Hugo, à côté, ont été de la "roupie de sansonnet". Le béton des stades prolifère, les meutes de supporters enflent, les matchs contenus autrefois le temps d'un week-end envehissent la semaine. Les conversations sans football disparaissent les unes après les autres, les riches s'achètent des équipes, les pauvres tapent dans des boîtes de conserve pour marquer des buts, c'est la fin... Mon Dieu ! Mon Dieu ! Vivement que l'Iran nous déclare la guerre ! Les Mots que j'aime et quelques autres, Points 2013

Le 5 mai 2014 à 09:46

Famille recomposée

– Le week-end, tu vas chez ton schtroumpf ou chez ta schtroumpf ? – Ça dépend. Le plus souvent je vais chez mon schtroumpf, mais je vais chez ma schtroumpf aussi, seulement c’est plus petit – C’est plus loin aussi ? – Mais je peux aussi bien aller chez le schtroumpf de mon schtroumpf. C’est là que je vais le plus souvent en fait. Il a une grande baraque. – C’est vrai que ton schtroumpf a un nouveau schtroumpf. J’avais oublié. Ca fait longtemps qu’ils sont ensemble ? – Assez. – Et tu t’entends bien avec le schtroumpf de ton schtroumpf ? – Pas vraiment. – Tu t’entends mieux avec le schtroumpf de ta schtroumpf ? – Pas vraiment non plus. J’aimais mieux quand mon schtroumpf était avec ma schtroumpf. – C’était plus simple. – Pas vraiment parce que je n’étais pas certain que mon schtroumpf était vraiment mon schtroumpf, si tu vois ce que je veux dire. J’ai eu des doutes dès le début. – Mais tu es le schtroumpf de ta schtroumpf au moins ? – En principe. – Pourquoi « en principe » ? – Parce que je sais qu’il y a une schtroumpf porteuse dans ma schtroumpf. – Mais alors, dans ce cas, même si tout le monde croit qu’elle est ta demie schtroumpf, la Schtroumpfette n’est peut-être que ta quart de schtroumpf ? – C’est possible. Il faudrait vérifier auprès du schtroumpf de mon schtroumpf. Il doit le savoir, mais il n’en parle jamais. – Tu t’entends bien avec lui pourtant… – C’est un bon schtroumpf, mais je préfère mon vrai schtroumpf. Tout ce monde autour de son schtroumpf fait beaucoup trop de bruit. Il ne faut pas oublier qu’il a cinq schtroumpfs de son côté. – Tu as ta chambre à toi, au moins ? – J’en ai six. Bien équipées. Une dans chaque maison. – Tu partages avec ta demie schtroumpf ? – Ou avec un de mes schtroumpfs, ça dépend. – Et ça se passe bien ? – Oh oui. Ce qui est dur c’est quand mon schtroumpf s’allume avec le schtroumpf de mon schtroumpf. Ils ont du mal à se supporter. – Mais c’est pourtant son schtroumpf ! – Justement ! Ca serait trop simple. Si tu crois que les schtroumpfs s’entendent simplement parce qu’ils ont le même schtroumpf, tu rêves ! Il n’y a pas pire schtroumpf que le schtroumpf légitime. Je ne peux pas supporter le petit schtroumpf à son schtroumpf, par exemple. « Mon petit schtroumpf » par-ci, « mon schtroumpfinet » par là… Et c’est pourtant le plus gentil ! Ma demie-Schtroumpf l’adore ce schtroumpfion. – Mais toi au milieu de tout ça, tu te sens comment ? Extérieurement, ça a l’air très compliqué, mais intérieurement ? – Je me sens schtroumpf.

Le 24 janvier 2018 à 11:27

Pascal Blanchard : Pourquoi la France est incapable d'avoir un Musée de la colonisation ?

Un passé qui ne passe pas ! En 2012, nous étions quelques-uns dans Libération à imaginer la nécessité d'un espace muséal sur le passé colonial en France. L'histoire coloniale est encore un enjeu politique du présent. La manière de lire ce passé, d'écrire cette histoire, de la faire entrer au musée est devenu un enjeu symbolique et identitaire fondateur. Depuis trois ans, le paysage muséographique est en mouvement, à travers l'inauguration du Mémorial ACTe en Guadeloupe, avec celle du Mémorial de l'abolition de l'esclavage à Nantes. Dans le même temps, un tel projet sur l'île de La Réunion a été stoppé suite à un changement politique au niveau régional, ainsi que le projet du Musée de l'Histoire de la France et de l'Algérie par la nouvelle municipalité de Montpellier. On le voit, le combat qui s'engage ne sera pas seulement celui de la transmission de l'histoire coloniale et son entrée au musée, mais bien de savoir si la manipulation du passé doit servir les politiques identitaires du présent. > visite de l'exposition commentée par Pascal Blanchard en seconde partie du podcast de la conférence Historien, spécialiste du « fait colonial » et d’Histoire des immigrations en France, chercheur associé au CNRS au Laboratoire Communication et Politique, Pascal Blanchard est co-directeur du Groupe de recherche Achac (colonisation, immigration, post-colonialisme) et membre du conseil scientifique de la Fondation Lilian Thuram – Éducation contre le racisme. Il a été le co-commissaire scientifique de l’exposition Exhibitions. L’Invention du Sauvage présentée au Musée du quai Branly (2011-2012), vient d’inaugurer l’exposition Zoos humains. L’Invention du Sauvage à la Cité Miroir de Liège. Il a co-dirigé de nombreux ouvrages, notamment Zoos humains et exhibitions coloniales. 150 ans d’invention de l’autre (La Découverte, 2011), La France Noire. Trois siècles de présences des Afriques, des Caraïbes, de l’Océan Indien et d’Océanie (La Découverte, 2012), Vers la guerre des identités ? (La Découverte, 2015) ainsi que le catalogue de l’exposition, Exhibitions. L’Invention du Sauvage, avec Gilles Boetsch et Nanette Snoep (Actes Sud). Il a co-réalisé entre autres les séries télévisuelles Noirs de France ; Paris couleurs ; Frères d’armes et Champions de France. Il a co-dirigé plusieurs éditions dont les ouvrages de La Fracture coloniale (2005) ; le coffret Un siècle d’immigration des Suds en France (2010) et, avec Sandrine Lemaire, Nicolas Bancel, Éric Deroo, Gilles Boetsch : Zoos Humains. De la Vénus hottentote aux reality shows (La Découverte 2002).  Enregistré le 8 février 2017 pendant le festival "Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français"Programmation du festival : Jean-Daniel MagninCaptation vidéo : Larissa Pignatari, Léo Scalco

Le 13 mars 2012 à 08:24

De qui se moque-t-on ?

9. L'eau

L’eau, j’ose espérer que nul ne va venir me chanter qu’elle nous lave et nous désaltère ! Attention : celui qui s’y risquerait pourrait bien recevoir sur la tête le contenu du seau que je garde en réserve pour aider mon chien à se retirer de ma chienne lorsqu’ils se retrouvent collés cul à cul comme deux gendarmes (et je ne parle évidemment pas des punaises rouge et noire de nos jardins mais bien des gardiens de l’ordre, quand le binôme se partage la surveillance du territoire – chacun un hémisphère), car, oui, je veux bien l’admettre, l’eau peut rendre quelques services – splatch !, et voici Pompon sorti de Bigoudi.       Mais il ne manquerait plus que celle-ci ne nous soit jamais d’aucune utilité ! Songez qu’elle inonde abusivement les deux tiers de ce globe terraqué – en sorte que l’homme a quelques excuses s’il patauge ainsi depuis que le monde est ce marécage. Non contente de lâcher sur nous ses hallebardes puis de ruisseler dans notre cou par le défaut de notre armure pour nous refiler son rhume, l’eau entrerait encore pour les deux tiers dans la constitution du tissu même de notre corps – et voici deux autres tiers submergés ! –, s’il faut en croire du moins les anatomistes qui devaient être sérieusement imbibés en effet lorsqu’ils se sont livrés à ces observations ; leurs épouses auront apprécié, je suppose, de se voir ainsi traitées publiquement de serpillières. C’est élégant !       Désolé, moi je ne suis pas si poreux ; hermétiquement poète, et si mon cœur est sec, Finette, Agathe et Suzie s’y trouvent à l’abri des averses.       Mais quoi ! Et s’ils avaient raison, pourtant, tous ces scientifiques hydrophiles ? Les deux tiers du globe et les deux tiers du corps entièrement aqueux ! Où vivre donc, et comment, sans sombrer inéluctablement ? Serions-nous des poulpes, des poissons, ces créatures absurdes qui grouillent dans les abysses et dispersent leur frai dans les courants ? Ne sommes-nous pas plutôt de robustes gaillards, solidement charpentés autour d’une poutre maîtresse érigée par le désir même ?       Or donc, que faire, mes amis, une fois de plus, que faire ? Rien de plus que cela : crachons, pleurons, pissons vers les cieux bruns, très haut et très loin, vidons-nous de toute cette eau, puis, cela fait, accroupis, à genoux, sans faiblir, épongeons ! Alors, lestés d’une évidence nouvelle, sauvés de ce perpétuel naufrage, nous reprendrons pied sur la terre ferme, nous lèverons en cheminant de légers nuages de poussière et de cendre ; et, sans craindre désormais de maculer leur velours d’horribles auréoles, nous jouirons voluptueusement de la douceur des choses.

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