Loge d'artiste
Publié le 24/10/2013

Scali Delpeyrat dans sa loge


Scènes de la vie d'acteur

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Que fait un acteur dans sa loge ? Hé bien il devient lentement son personnage. Le comédien Scali Delpeyrat répète son texte en boucle pour se métamorphoser peu à peu en Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française. Qui a écrit ses mémoires d'acteur. Bref le comédien se dissocie sous nos yeux, dans le secret de sa loge. Simplement ici c'est un peu plus compliqué que d'habitude : un comédien qui joue un autre comédien, c'est uu peu prendre le risque de se diviser en deux pour de bon...

Vous voici assis de l'autre côté du miroir dans la loge de la comédienne ou de l'acteur juste avant son entrée en scène, ou alors il vient de prendre sa douche après avoir joué. La porte refermée, c'est le moment des confidences, des aveux et des petites cérémonies secrètes.

 

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La Revue de presse théâtre, cadeau du "Spectateur de Belleville"

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Voilà une attitude qu'on aime bien à ventscontraires : vous avez la chance d'avoir un boulot où convergent des infos qu'il serait aimable de partager, eh bien vous y allez, vous prenez le temps de passer le meilleur à tous, via le réseau. C'est ce que fait justement le "Spectateur de Belleville", auteur anonyme de La Revue de presse théâtre. Comme il vous le dit lui même sur sa page d'accueil, il vous offre "une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement". Merci Spectateur de Belleville, elle est très bien faite, je l'utilise tous les jours. Vous aimez le spectacle vivant et seriez bien content d'avoir une synthèse plurielle et pointue de ce qui s'y vit et joue, en France et au-delà ? Allez y jeter un œil. Ce Scoop.it! alimenté par le laconique Bellevillois pourrait bien être l'adresse qui vous manquait. J'écris laconique, car si on trouve tous les articles des journaux auxquels on n'est pas forcément abonné, rien sur l'auteur sinon cette signature aux antipodes de la blogorrhée généralisée qui caractérise notre époque : "LE SEUL BLOG THEATRAL DANS LEQUEL SON AUTEUR N'A PAS ECRIT UNE SEULE LIGNE."  Nul selfie n'illustre sa page d'accueil, notre gentil corbeau s'est malicieusement choisi pour avatar un trompe-l'œil peint en 1874 par l'Espagnol Pere Borrell del Caso et intitulé Escapando de la critica (Echapper à la critique) : un jeune garçon effayé s'enfuit hors du cadre où il était enfermé, comme s'il ne pouvait supporter la violence cuisante d'un regard critique — clin d'œil confraternel aux artistes puisque Alain Neddam, car il s'agit de lui, est un homme transversal qui aura expérimenté tous les leviers du spectacle vivant : il a codirigé des théâtres et des écoles de théâtre, enseigné le métier d'acteur, assisté les plus grands metteurs en scène et chorégraphes, mis en scène, écrit sur le théâtre, et  aujourd'hui il court tous les soirs au spectacle pour le ministère dont il a rejoint la flottille d'inspecteurs patentés. Un homme, bref, pétri de l'esprit du service public qui, lorsque revenu tard la nuit au flanc de son quartier pentu, veille encore un peu à la lueur de son ordinateur pour nous envoyer les bonnes infos du jour. > La Revue de presse théâtre  

Le 23 mars 2018 à 12:35

Anne Kessler, faut-il hacher les auteurs ?

Anne Kessler joue et dirige Coupes sombres, de Guy Zilberstein, comme une reconstitution. L'auteur va-t-il se laisser amputer par sa metteur en scène ? Pièce en abîme et en délicatesse sur le temps secret des répétitions. Rond-Point — Anne Kessler, comment comptez-vous raconter cette histoire de coupes ? Anne Kessler — Coupes sombres me permet de donner au spectateur l’occasion d’assister à un moment privilégié, généralement masqué, intime, qui se déroule dans l’envers du décor : la préparation du spectacle. Alors que le quatrième mur du théâtre est toujours debout, pendant les répétitions, les acteurs se parlent entre eux, au plus proche d’eux-mêmes et on ne perd pas une syllabe alors que dès qu’ils se mettent à jouer, ils parlent plus fort et pourtant, paradoxalement, on perd des mots. Voilà ce que j’essaie de reconstituer : ces instants intimes où l’on est au cœur des humains, et là, rien ne nous échappe. Et puis, cette confrontation entre le metteur en scène et l’auteur avant la représentation, c’est bien entendu une manière d’exprimer les interrogations d’un metteur en scène sur un texte. Ce qui est amusant ici, c’est que l’auteur est l’avocat de sa propre cause. Il est vivant.   Quelle est votre priorité, en tant que metteuse en scène ? Anne Kessler — Arriver à faire passer un discours théorique dans le contexte d’un affrontement spontané entre une metteuse en scène et un auteur. De restituer la proximité de l’acteur avec son personnage. Il y a, dans ce texte, une autorité particulière qui défend la notion d’une identité nouvelle, celle du témoin qui se substitue à celle du spectateur. Ma priorité est de faire entendre et reconnaître cette notion.   Le premier axe de votre travail ? Anne Kessler — Encore une fois, c’est trouver la vérité de la reconstitution de cet instant, avec sa violence, son absurdité, son émotion... Il faut que le fond et la forme se rejoignent. C’est une vraie rencontre entre deux êtres passionnés. Et puis, installer le témoin à l’exacte place où il doit se situer : témoin. Ni voyeur, ni spectateur.   Interview texte Pierre Notte Propos vidéo recueillis par Jean-Daniel Magnin    

Le 23 décembre 2010 à 12:00

Viktor Orbán plus rapide que "Poutluscozy"

Carte postale de Hongrie

Comment devenir Poutine en son pays quand aucun pétrole ne coule en Hongrie ? Comment régner tel un Berlusconi radieux sur l'ensemble des médias nationaux, Internet compris ? Légiférer dix fois plus vite que l'hyperprésident français ? Lancer la plus grande chasse aux sorcières depuis la chute du Mur et caser ses lieutenants à tous les étages du système ? Après son élection raz de marée en avril dernier, Viktor Orbán va si vite qu'il a laissé tout le monde sur le carreau : opposition, opinion publique, presse, chancelleries, Bruxelles... En huit petits mois seulement, le nouveau Premier ministre est en passe de devenir un autocrate exerçant un pouvoir absolu sur la Hongrie — en toute légalité. Fort de son emprise sur le Parlement à Budapest (sa machine de guerre, le Fidesz, y tient deux tiers des sièges), il a pu modifier à répétition la Constitution, pomper dans le gisement des retraites privées, faire placarder son credo nationaliste dans tous les établissements publics du pays, distribuer des passeports aux minorités hongroises des pays voisins, savonner le pouvoir de la Haute cour de justice, nommer un champion d'escrime à la présidence de la République et, par exemple, un ancien Hell's Angel des "Motard Goy" à la tête de Radio Petöfi, la meilleure station musicale du pays.Sur Radio Kossuth, le France Inter magyar, un journaliste a eu le courage de faire une minute de silence à l'antenne après avoir annoncé la création d'une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH) contrôlée majoritairement par le Fidesz d'Orbán : tous les médias, publics comme privés, devront corriger des informations jugées erronées par la NMHH, sous peine de très lourdes amendes «pour manque d’objectivité politique». Depuis son acte héroïque, on n'entend plus guère le brave homme sur les ondes de Radio Kossuth, il doit être en train de songer à une reconversion radicale.Maigres protestations : plusieurs journaux sont parus mardi dernier avec une première page vide – mais la manifestation qui a suivi n'a rassemblé que 1500 personnes. Les Hongrois sont fatigués de la politique, et Viktor en profite pour courir sur d'autres dossiers. Par exemple l'éviction du metteur en scène Robert Alföldi de la direction du Théâtre National, après qu'un parti d'extrême droite ouvertement anti-rom et anti-juif a réclamé sa tête parce qu'il était "une pédale, un pervers, un Juif indigne du théâtre national" (> pétition internationale de soutien).Ah oui, encore une chose : la Hongrie prend la présidence tournante de l'UE au 1er janvier. Viktor sera au centre de la photo. Bonne et heureuse année en Europe !

Le 24 décembre 2014 à 10:05

Marie Nimier : "Si je pouvais éradiquer Noël du calendrier..."

Chez ces gens-là, Noël revient tous les ans. Le fils porte sa belle chemise. Ses fiancées, d’année en année, se ressemblent, paupières hautes, lèvres tombantes. Elles s’appellent Catherine, Patricia ou peu importe. Tel est le point de départ de Noël revient tous les ans, la dernière pièce de Marie Nimier créée au Rond-Point par Karelle Prugnaud. Pierre Notte – Noël, c’est une fête de famille ? Ou une défaite ?Marie Nimier – Certaines années, si je pouvais éradiquer Noël du calendrier, ce serait un grand soulagement. Et pourtant, j’aimais tellement ça quand j’étais petite... Aujourd’hui, dès que les décorations pointent leur nez, une angoisse sourde m’envahit. Alors, je répondrais fête ET défaite. Bûche et embûche. Joie et calvaire, dans un même mot, comme les deux points du tréma sur le « e » de Noël. Voilà un endroit intéressant pour l’écriture, entre ces deux points, comme entre deux aimants qui s’attirent ou se repoussent.– Où est passé le père ? Le patriarche ? Le Père Noël ?– Mon père à moi (celui de Noël, pas l’autre) est un des acteurs bienveillants de la grande parade. Il voit le monde d’en-haut, comme une bonne fée à barbe plutôt qu’un gros livreur rutilant. Il essaie de comprendre, il pose des questions, mais comme il ne sait rien refuser, il pose aussi avec les spectateurs afin que l’on garde un bon souvenir de lui. Il trouve les humains bien compliqués. Dans la mise en scène de Karelle, il est interprété par l’acteur qui joue le fils (Pierre Grammont). Comme lui, il fait tout pour étouffer le souvenir des morts sous le coussin doré de son traîneau. Ou l’asphyxier dans un sac en plastique rose, de ceux qui attendent sous le sapin. – Pourquoi avoir choisi de mettre en scène huit réveillons successifs, plutôt qu’un seul bien ficelé ?– Un bon gros réveillon, façon chapon ? Façon bûche crémeuse et foie engraissé ? Rebondir d’un réveillon à l’autre me semblait plus digeste. Et finalement plus lourd de sens à cause de la répétition. Tout semble s’être arrêté depuis la disparition de la sœur, et pourtant tout continue. Les mêmes blagues, la même chanson, pour cacher le même drame. Année après année, on en rajoute une couche, pour insonoriser les souvenirs. Les anesthésier. On sait ce que deviendra le bébé dodu allongé dans la crèche, dit le Père Noël, un corps très maigre cloué sur une croix, on le sait... et pourtant, on fait comme si, on fait la fête. On y croit, on fait semblant d’y croire. On se promet de faire des efforts. Et on fait des efforts. Ce n’est pas la volonté d’apaisement qui compte : c’est la magie. – Vous avez écrit le rôle de la mère pour Marie-Christine Orry ?– Il existait une version très courte de ce texte, mise en espace par Anne-Laure Liégeois (merci Anne-Laure !) au Festival de Hérisson, c’est là que j’ai rencontré la comédienne Marie-Christine Orry. Sa façon d’habiter le personnage de la mère m’a donné envie de poursuivre le travail. J’avais envie d’écrire pour sa voix, son corps, sa drôlerie, ses larmes rentrées. Sa capacité à dire une chose, cash, et son contraire, dans une même phrase, un même mouvement. Elle forme avec son fils au sourire rectangulaire un couple étrange, il y a une vraie tendresse qui circule entre eux, beaucoup d’émotion. Quant aux amies successives du fils (toutes interprétées par Félicité Chaton), elles ont dû batailler pour trouver leur place, et finalement devenir LA fille qui représente toutes les filles, celle qui parle pour moi, pour nous toutes. De la pièce rapportée à la pièce manquante en passant par la pièce montée et la pièce d’artillerie, elle est l’électron libre de l’histoire. Avec elle, on peut s’attendre à tout. – Karelle Prugnaud et Marie Nimier, guirlande et bolduc ?– Quand l’une arrive au théâtre (le bruit de ses hauts talons sur l’asphalte) l’autre n’est pas loin (le chuchotement de ses semelles crêpe). Nous travaillons ensemble depuis huit ans. Huit Noël ! Notre première collaboration, dans la Halle aux poissons du Havre, s’intitulait Pour en finir avec Blanche Neige déjà une référence aux héros de notre enfance. J’aime en elle son côté performeuse de choc. Son engagement. Sa sensibilité extrême. Ses visions. Avec Noël revient tous les ans, elle révèle pour la première fois une autre facette de son talent. Moins démonstrative, sans doute, plus intime, proche de mes mots, comme si elle poursuivait l’enquête avec des outils différents. – Pourquoi écrire du théâtre, quand on sait écrire des romans ? À quoi ça sert ?– Pour être plus vivant. Ou vivante. Chercher avec d’autres. Écrire des textes qui prennent sens avec la complicité d’une équipe. Pour faire parler le silence. Les corps, et pas seulement les mots. Pour prendre des risques... et les partager. Une sorte de « Debout les morts ! » qui, chaque soir, se remet en jeu. En comparaison, le travail du roman paraît bien plan-plan. Bien solitaire.Photo Franck David

Le 30 août 2011 à 10:00

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux

Entretien avec Jean-Michel Ribes #1

"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe". Quand vous tourniez Palace ou Merci Bernard, le mot d’ordre était : « Tout, sauf l’actualité ! ». Et jusqu’ici, on vous trouvait plutôt du côté de l’absurde, rarement vers la satire… C’est vrai que jusqu’ici, ma manière de me moquer du monde ou des étouffements de la société passait par l’absurde ou le non-sens. A l’ombre des dadaïstes, je m’efforçais de dynamiter l’esprit de sérieux à sa racine. René l’énervé s’approche beaucoup plus d’une réalité visible. Cela vient du fait que depuis plusieurs années, je ressens un malaise face à la gouvernance de notre pays et de la politique en général. Avant que cela ne se termine en aigreur, j’ai préféré tenter de le transformer en farce joyeuse. Un rire de résistance en chansons. De plus, j’ai une passion pour l’opéra bouffe où l’entrain et la légèreté emportent tout.   À la lecture du titre, René l’énervé, c’est au chef de l’État que l’on pense. Est-ce qu’on se trompe ? On doit plutôt penser à l’univers politique dans son ensemble, qui a été coloré par Nicolas Sarkozy. Car la force du Président de la République est d’avoir non seulement bouleversé la façon de faire de la politique, mais d’avoir transformé aussi son opposition, et toute la classe politique ! Le Sarkozysme, ce n’est pas uniquement Nicolas Sarkozy. C’est une sorte de contagion de lui-même qui envahit l’ensemble des politiques. Une mise en coma agité de la société ! C’est la raison pour laquelle cet opéra bouffe met en scène aussi bien un conseiller nommé Hurtzfuller qui aime les Arabes quand ils ressemblent aux habitants du Cantal, un ministre des hautes frontières, un autre de la prise de sang, mais aussi les opposantes Ginette et Gaufrette, des philosophes nouveaux, as du cerveau s’il en est ! Des écolos bio bio et encore bio, et bien sûr le parti montant des « Cons de la Nation »… C’est une galopade rigolote qui traverse le barnum politique en perpétuelle parade.   Propos recueillis par Pierre Notte

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