Et si au lieu de polluer nos journaux avec la liste interminable des festivals estivaux (non ce n’est pas une contrepèterie !) on nous proposait plutôt quelques endroits privilégiés, mer ou montagne, peu importe, où l’on serait assurés d’échapper à ces manifestations pseudo-culturelles. Vous m’avez compris : je rêve d’un coin tranquille sans festival. Plus aucun petit village, en effet, sans son festival barroco-écolo-spéléo-musico-théâtro-sexo-éducato-pseudo-excetero. Sus au festival Hard Rock qui me rendra un peu plus sourd, au Festival de la Jeunesse qui me fera regretter la mienne, au Festival du Blues qui me le filera aux festivals de musique, hip-hop, sacrée, ancienne, free, jazz, électro, de piano, d’orgue, de violon, de cornemuse et de ukulélé. Tous se liguent contre moi pour me forcer à apprendre à faire des confitures ou du cerf-volant, à danser le tango ou la carmagnole, à m’initier au chinois, au ping-pong, à l’origami, au shiatsu, à la pelote basque ou au cornet à piston. Foutez-moi la paix ! En vacances, moi, j’ai envie de silence et de ne rien faire. Monsieur Hulot ! Reviens ! Ils sont devenus fous.
Tous les ans depuis l’élection de notre très cher président Zébulon 1er, le mouvement de résistance ludique « Les 1000 colombes », appelle au pèlerinage des insatisfaits, au Solutré des utopistes ! Ce mouvement de résistance ludique est né le 6 mai 2007 à 23h17, suite à l'apparition de l'icône des Japonais, Mireille Mathieu, sur scène lors du raout "musical" de la droite décomplexée place de Concorde. Pour fêter l'élection de Zébulon 1er, elle lâchait son tube "Mille Colombes" a capella. Une page de l'Histoire de France se dessinait sous nos yeux. Du jamais vu ! De l'inimaginable ! Même l'humoriste le plus doué de sa génération n'aurait jamais pu imaginer un tel moment. Au-delà du kitchissime et du pathétique réunis, nous étions en train d'assister à un moment surréaliste. Trop c'est trop ! Certes il faut s'incliner devant le suffrage universel – au risque d'avoir mal – mais la démocratie a des limites qui venaient d'être franchies. Bien que n'étant ni militants, ni syndicalistes, ni encartés, notre sang de gauche ne fit qu'un tour! Il fallait réagir. Quinze jours plus tard, une petite bande de loosers (nous, c'est-à-dire la bande qui était devant la télé ensemble à 23h17) organisait la première chorale des "Mille colombes" devant le Fouquet's, en l'honneur du sauveur de la nation. Pour être vraiment honnête : nous avions remarqué que ces premiers instants sonores de "gouvernance autrement" avaient été assez mal vécus par les supporters de Zébulon (sur la scène et en dehors). Cette chorale serait donc leur madeleine de Proust mal digérée.
3 ans déjà ! Comme le temps passe lentement… Pour fêter le grand timonier de la pensée universelle, nous allons refaire une chorale devant le Fouquet's à Paris. Mais cette fois en sus du petit discours de bibi (c'est pas la matière qui manque), vous aurez une fanfare, un lâcher de colombes, une distribution de billets de 500 euros pour relancer le pouvoir d’achat, de surplus de vaccins anti-grippe et de masques, de drapeaux français et bien sûr… Mimi et ses "Mille colombes", que nous allons entonner le plus faussement possible tous en chœur, pour nous achever et puis… quelques surprises. Le but de ce mouvement étant de mettre en avant, de façon humoristique, les errances et les carrences de ce pouvoir et de son idéologie, tout cela doit doit se passer dans la joie et la bonne humeur moqueuse. Regardez la vidéo ci-jointe : l'ambiance a été familiale et bon enfant, qu'elle le reste. A noter que la police a toujours été très cool avec nous, qu'elle le reste. Rendez-vous le 6 mai à 20H devant le Fouquet's. Que l'espoir soit avec nous.
– Je suis désolé Monsieur, vous allez me trouver désagréable mais à travers votre discours, je suis forcé de constater qu'il faut être cultivé pour apprécier une œuvre d'art ! Je m'efforce de vous expliquer que je ne fais absolument pas ça pour vous importuner. Ma démarche artistique vise à questionner l'espace en articulant formellement des éléments naturels entre eux, sur lesquels j'interviens plastiquement pour donner à voir des signes, des formes, et ainsi proposer une nouvelle esthétique du rivage au regardeur... Une lecture graphique mouvante au gré du cycle des marées. Je m'inscris dans le mouvement du Land Art. Je ne sais pas quoi vous dire de plus... – J'en ai rien à foutre ! C'est du baratin ça ! C'est pas une kermesse !
T'es dans mon coin à bar ici ! Ils viennent frayer dans la rade.
Et quand la mer monte, ils dégagent avec tes conneries là... Clown d'écolo !...
Après, on retrouve des berniques rouges sur toute la plage.
Alors tu dégages maintenant ! Va faire joujou ailleurs.