Louise Dumas
Publié le 01/04/2015

Le Parisien #2


Louise Dumas fait le grand écart entre commandes d'illustrations pour des agences de communication et collaborations artistiques pour la scène. Une seule obsession : la ligne.

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Le 17 juillet 2014 à 12:11

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Les moutons sont-ils en laine ?

OUI. Les moutons sont en laine comme les crocodiles sont en peau de crocodile et les manteaux de luxe en poils de chameau. Cependant, si vous avez un doute, le mieux est de vérifier l’étiquette jointe au mouton. Un vrai mouton est 100 % Woolmark ; il ne feutre pas et ne rétrécit pas à la machine, sauf s’il s’agit d’un mouton récalcitrant qui a peur de l’eau. Dans ce cas, il est bon de l’habituer progressivement en l’emmenant une ou deux fois par semaine à la piscine. Le maître-nageur vous expliquera comment procéder. N’oubliez pas les flotteurs. Si la piscine refuse l’entrée de votre mouton, sachez que le droit est avec vous : vous pouvez porter plainte pour préjudice moral et assigner la piscine devant les tribunaux (mais votre mouton devra participer aux débats). Concernant les lamas (je sais que certains en possèdent), les choses sont moins sûres, du fait d’un vide juridique à leur encontre. Là, les piscines font un peu ce qu’elles veulent : certaines les acceptent, d’autres les obligent à contempler le grand bassin sur les bancs des visiteurs, ce qui donne lieu parfois à des mouvements d’impatience bien compréhensibles. Mais revenons à nos moutons, si j’ose dire. Nous avons affirmé qu’ils étaient en laine ; une nuance s’impose : dans certains pays producteurs où on est moins regardant sur les normes, on trouve des moutons en poils de chèvre qui ont toute l’apparence des vrais, quand il ne s’agit pas purement et simplement de moutons en acrylique. Fuyez absolument ces contrefaçons ! Elles relèvent d’une concurrence déloyale. N’hésitez pas à les signaler aux douanes ou à votre magasin de laines et tricots le plus proche.

Le 25 février 2014 à 08:35

Étude : La mort, 1ère cause de décès chez les Français de tous âges

Ce matin, 09 h 30 au siège de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) à Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne. La presse a fait le déplacement en masse pour suivre une conférence de presse dont l’importance est à la hauteur de l’affluence. A 09 h 35 précise, une équipe de chercheurs en biologie de l’InVS a rendu publics les résultats d’une recherche sur les causes de la mortalité chez les Français entre fin 2010 et début 2013. Et surprise. Alors que la plupart des observateurs scientifiques s’attendaient à voir les tumeurs et autres maladies cardio-vasculairesdécrocher la médaille d’or, le verdict des chercheurs a laissé bouche bée tout le monde. Selon ces derniers, la mort serait en réalité le 1er véritable facteur de décès dans la population française. « Les gens meurent parce qu’ils meurent » Anne Latieule est chercheuse en biologie à l’Institut de Veille Sanitaire. Elle a participé à cette étude autour de 540 700 cas de décès et son verdict semble sans appel : « Après un listing pour le moins exhaustif de tous les types de morts ces dernières années, on en est venu à cette conclusion aussi simple qu’évidente. Les gens meurent parce qu’ils meurent. Au-delà de la cause secondaire du décès, comme par exemple un cancer, un accident de voiture ou un suicide par pendaison, les Français meurent avant tout parce qu’ils « peuvent » mourir. » Une cause première visiblement ignorée pendant des années et qui pourtant semble concerner tous les citoyens de la France, comme le souligne Jacques Lafarge qui a piloté cette recherche : « Nous n’avons jusque là trouvé aucun cobaye de nationalité française qui ne pouvait pas mourir. La mort semble donc inhérente à l’existence de chacun des Français et peut-être même à l’existence d’êtres humains de nationalité étrangère. Mais sur ce dernier point, il ne s’agit encore que d’une hypothèse. » Une idée loin des croyances des Français Le fait d’être mortel comme raison primordiale de l’ensemble des décès dans l’Hexagone et dans les DOM-TOM ? Une vision de notre condition bien loin de ce que la majorité des Français s’imaginait jusque là, comme le souligne très justement Jacques Lafarge : « Les gens, en tout cas les Français de manière certaine, semblent oublier que la mort fait partie de notre nature apparemment. Et quand quelqu’un qui leur est proche meurt, ils préfèrent se focaliser sur la cause secondaire de la mort et ils s’attristent parce qu’ils se disent que cela aurait pu être évité. Ou alors ils souffrent tout simplement parce qu’ils ont oublié que nous, Français, nous mourrons. Naturellement. » Le Gorafi

Le 22 septembre 2013 à 09:08

Taxons le rire

Chroniques fiscales #2

En 2023, Alors que l'Italie, comme le reste de l'Europe, s'enfonçait toujours plus profondément dans le marasme économique, toutes les ficelles budgétaires furent tirées pour tenter de redresser la barre.   Loin de ces calculs, dans la rue, les Italiens plaisantaient plus que jamais, parce qu'un certain degré de dénuement les avaient rapprochés les uns des autres. Ayant identifié ce vaste gisement fiscal, une bande de joyeux drilles présenta au Président du Conseil l'idée d'une taxe sur le rire. Son montant était indexé sur le temps de l'éclat, le nombre de décibels et le nombre de rieurs. On atteignait vite des montants conséquents : une blague de Toto coûtait une semaine d'argent de poche et, pour un fou rire, certains durent vendre leurs meubles.   Au début, le succès fut impressionnant : de fortes rentrées affluèrent dans les caisses de l’État, qui parvint à payer pendant quinze jours les 7 000 fonctionnaires qui lui restaient. Mais très vite, les effets pervers de la mesure se firent jour : on retirait aux Italiens l'un de leurs derniers plaisirs et le moral des ménages s'en ressentit fortement, portant le coup de grâce à la consommation intérieure.   En parallèle, la résistance s'organisait. Des militants se rassemblaient en public, riant le plus fort possible pour saturer les appareils des risatoni, comme on appelait les gabelous de la poilade. Et très vite, le naturel italien reprenant le dessus, l'évasion fiscale fut massive.   La taxe fut supprimée début 2024.

Le 2 janvier 2012 à 12:24

Chronique rurale

Deuxième jour : la statue de Michel Drucker

> Premier épisode                    > Episode suivant   Finalement j’irai voir maman demain. J’avais complètement oublié qu’elle vivait dans la région, et la perspective d’une visite filiale improvisée ne m’enchante pas à priori. Alors je marche dans le village vide, je croise une première maison à louer, une seconde à vendre, une troisième aux volets définitivement clos. Il n’y a plus d’école maternelle. Je me demande d’ailleurs s’il reste tout simplement des enfants ? Je me dirige ensuite vers la maison de retraite. Elle a été récemment rénovée. De joyeuses petites bonnes femmes s’ébattent dans le parc, elles jouent au croquet. Un infirmier en chandail vert caresse la tête d’un vieux type en blouse blanche, à moins que ce ne soit l’inverse. La statue de Michel Drucker trône au centre d’un terre-plein également central. Soudain, alors que le ciel s’assombrit pour la huitième fois de la journée, je m’enfuis en enjambant la clôture électrique : je ne veux pas croiser maman. Je reviendrai demain, comme j’ai dit tout à l’heure.   Je continue mon tour du village et finis par me rendre à la triste évidence : deux maisons sur trois sont absolument vides. J’entre dans l’église et je vais remercier Monsieur le Curé de m’avoir prêté hier sa mobylette. Je le trouve allongé dans la sacristie, un encensoir entre les orteils, un bas de pyjama retroussé au niveau du nombril.   -« C’est assez peu sacerdotal ! » lui déclare-je maladroitement. -« Je ne sais plus qui je suis. » qu’il me répond sentencieusement. « Tout est laid. »  - « Moi c’est pareil. »   Et il me referme la porte sur la tronche, en récitant trois pater et deux ave. Je sors.

Le 21 septembre 2011 à 09:19

Le gros lot

Qui n'a pas un jour mis des petites croix dans les cases en espérant en faire une grande sur sa vie. Même moi, un jour j’ai joué à la loterie. La vraie, la grosse. Celle pour les mecs, avec des poils et tout. L’Euromillion... J’ai regretté. Ça m’a foutu les jetons (pourtant des jetons pour un jeu d’argent, ça tombait bien). 162 millions d’euros… Pffiiou... Si on me donne des pièces d’1 euro par exemple, ça me fait une pile de 162km de haut. Vu que je n’ai aucune chance de la faire tenir debout, le mieux serait de les aligner, debout sur la tranche, face contre face. Et là, j’aurais un rouleau de 162km… de chez moi jusqu’à beaucoup plus loin, rien que des pièces de 1 euro. Plus d’une heure trente de bagnole, sur l’autoroute et s’il n’y a pas de travaux, pour toutes les voir… Même si on me donne des billets de 10 euros, j’aurai quand même une liasse d’environ 1km620 de haut ! 5 tours Eiffel. Un coup de vent, et tous mes billets de foutre le camp un peu partout. Certes, les billets on peut les ranger ailleurs. Dans les ruines d’une banque pour faire plaisir aux courtiers et autres assureurs qui se battraient pour me lécher le cul (sûr que là je serais moins regardant sur mon hygiène. Ben oui, tant qu’à faire…). Mais ils se serviraient au passage. Pas si grave, de toute façon c’est impossible de dépenser tout ça à moins de faire une guerre. Là oui, tu dépenses ça toutes les heures. Mais bon, c’est un peu chiant. Il faut parler américain, il y a du sable, il fait chaud, et tout et tout. Et si je gagne, je devrais expliquer aux médias pourquoi je n’ai pas changé de voiture, ni acheté une île au soleil, ni un jet privé, ni une équipe de foot, pourquoi je n’ai pas un yacht de 60m de long avec un équipage de 10 personnes pour décapsuler ma bière, pourquoi à la Saint-Valentin je n’ai pas offert une bague plus grosse, et pourquoi je n’habite pas dans un maison de 42 pièces avec vue sur l’amer… Mais moi, je ne veux pas tout ça. Devoir fuir pour éviter d’être harcelé. Me terrer avec ma famille pour éviter les enlèvements. Bouffer du caviar à la louche et boire du champagne, en me faisant chier comme un crabe royal mort sur une plage déserte. Fréquenter des stars complètement pleines, et coucher avec des mannequins vides. Créer une fondation humanitaire, et ne plus dormir la nuit parce que même avec 162 millions je n’arrive pas à faire assez... Non, moi je ne voulais rien changer. J’ai eu du bol. J’ai perdu.

Le 21 novembre 2012 à 09:16
Le 26 novembre 2013 à 10:53
Le 18 février 2015 à 08:51
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