Enki Bilal : la science-fiction, c'est maintenant #5


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Qu'est-ce que la science-fiction, qu'est-ce que n'est pas la science fiction ? Enki Bilal se lance dans une impro périlleuse : commenter à chaud son parcours au fil d'un montage qu'il avait fait pour la Géode de ses trois longs métrages fantastiques : Bunker Palace Hôtel, Tykho Moon et Immortel ad vitam.

Enregistré le 14 février 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 5

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.Dimanche 6 mai 200720h30. Place de la Concorde, on commence à démonter la vaste scène qui devait accueillir la fête de la droite décomplexée. La chanteuse Jane Manson entonne « Faisons l’amour avant de nous dire adieu » devant une poignée de jeunes en tee-shirt Lacoste, qui pleurent à chaudes larmes. « C’était l’élection imperdable, se désole une blonde devant les caméras de TF1. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. » Un peu plus loin, un blond ne cache pas sa tristesse : « Les communistes reviennent, je ne peux pas y croire. » Pour sa copine, une blonde, « c’est comme si un mauvais génie nous avait volé le vote, et qu’il nous regardait du haut du ciel en ricanant ». Plus loin encore, le Noir — quand on filme les jeunes de l’UMP, il faut toujours le Noir — retient difficilement ses larmes : « Le pays fait marche arrière. Ça fait très mal au bas du dos ». Résumant bien le sentiment général, un blond amer estime que « les Français sont des cons ». Toujours à Paris, une réunion de crise des grands dirigeants français et des représentants du MEDEF se tient dans l’arrière-salle d’un célèbre restaurant. L’ambiance à l’intérieur est, paraît-il, très tendue — mais rien ne filtrera de la rencontre. 20h45. La future présidente de la République quitte Melle pour Paris, accompagnée de ses enfants et du chien Poupuille. Un avion Falcon de l’armée, affrété par son fidèle soutien Pierre Bergé, l’attend sur l’aéroport de Poitiers. Mais Ségolène Royal refuse. « Une décision très symbolique, commentera le magazine Politis : l’acte de naissance d’un certain style dans l’exercice du pouvoir. » La future présidente ne veut bénéficier d’aucun passe-droit — hormis l’addition du restaurant, qu’elle n’a pas l’habitude de payer. Elle rejoindra Paris en voiture, comme tout le monde. En revanche, elle a pensé à une petite fille de la région, âgée de six ans, gravement malade et en attente d’une greffe : c’est elle que le Falcon emmènera jusqu’à Paris pour une opération d’urgence. A l’heure où tout le monde l’attend, Ségolène Royal prend le temps d’accompagner la petite jusque dans l’avion. Elle embrasse les parents qui pleurent en lui avouant qu’ils n’ont pas voté pour elle : « Mais moi non plus », leur répond-elle gentiment. Au moment de la dernière embrassade, l’enfant ne peut contenir son émotion : Ségolène devra retourner se changer à Melle. Un reporter de Paris-Match a capturé toute la scène au téléobjectif : « La nation la demande, mais c’est à l’amour qu’elle répond », écrit l’hebdomadaire en publiant les clichés. Assigné au tribunal de grande instance de Nanterre, Paris-Match sera condamné à 8 000 € d’amende, pour atteinte à la vie privée…     La suite demain...

Le 9 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 7

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.Dimanche 6 mai 200722h05. François Bayrou annonce le lancement d’un nouveau parti — le Mouvement Démocrate — dont il détaille la stratégie « ambidextre », reposant sur un appel « aux bonnes volontés de droite, de gauche, d’en haut, d’en bas, de derrière, de devant, pour avancer, ensemble, dans toutes ces directions à la fois. » A sa grande déception, François Bayrou ne sera pas suivi par la plupart des centristes. Ces derniers viennent de se découvrir des affinités profondes avec Ségolène Royal : « C’est elle, notre vraie famille, expliquera Hervé Morin. Notre ADN est là. » 22h15. « Cette fois-ci, c’est pour de bon. » Le socialiste Lionel Jospin annonce qu’il a se retire, de façon définitivement définitive, de la vie politique nationale. Lionel Jospin vivra dorénavant reclus sur l’île de Ré. Il entamera l’écriture d’un livre sur la rédemption, Tout est de ma faute, resté inachevé. 23h05. Les télévisions ont enfin réussi à établir une liaison avec le village hongrois au nom imprononçable : Nicolas Sarkozy peut parler au peuple des blonds en Lacoste. Le candidat malheureux apparaît sur les écrans. Il a le visage sévère et porte une attelle à l’épaule droite : on apprendra plus tard qu’il se l’est déboîtée à force de l’agiter de façon compulsive, en apprenant les résultats. Sur la place centrale du vieux village, devant les maisons de bois aux volets clos où pendent des gousses d’ail, Nicolas Sarkozy s’est planté derrière le pupitre du maire, entouré d’un demi-cercle de paysans hostiles avec des torches, tandis que les loups hurlent au loin. Son discours sera bref. « Mes chers compatriotes, aïe ! J’ai changé. J’ai pris connaissance des résultats, aïe ! Ils sont nets, ils sont indiscutables et malgré la tristesse, malgré la déception, aïe ! Je veux dire à ceux qui, ce soir, ont décidé de voter pour mon adversaire, que je respecte leur choix. Vous ne voulez pas de moi : je respecte. Vous ne voulez pas la rupture, aïe ! Je respecte. Vous ne voulez pas travailler plus. Vous ne voulez pas gagner plus. Vous ne voulez pas augmenter votre pouvoir d’achat, aïe ! Je respecte. Vous êtes tournés vers le passé. Vous avez peur du changement ! Vous avez peur du programme pour une France moderne que je vous proposais ! Vous avez peur des réformes de progrès ! Aïe  aïe ! Eh bien, je vous le dis respectueusement : vous ne serez pas oubliés ! Personne ne sera laissé en chemin ! » Un murmure inquiet monte de l’assistance : il semble que le candidat se laisse gagner par une fureur grandissante. Bientôt il ne s’exprime plus que par onomatopées indéchiffrables. Ses yeux s’écarquillent, s’exorbitent, changent de couleur. De la bave coule aux coins de ses lèvres. Un homme à sa droite lui tend un mouchoir : il l’invective dans une langue inconnue : « Efferpel haümerivv ! » — et c’est alors que sa tête pivote sur elle-même, à 180 degrés    La suite demain...

Le 6 août 2011 à 11:55

Pourquoi les agences de notation conservent sa note AAA+ à la France

Alors que Standard and Poor's dégrade la note de la dette américaine

ventscontraires.net s’est procuré la copie d’une circulaire du ministère de l’Agriculture adressée à la charcuterie Befalon & fils de Vire, à partir de laquelle on peut déduire que Bercy a lancé un vaste plan de mobilisation des éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, pour augmenter de manière drastique la qualité et la quantité d’andouillettes produite ces douze derniers mois. Entre juillet 2010 et juillet 2011, la France est passée d’une production de 18 257 tonnes d’andouillettes dont la note moyenne est AAA à 43.943 tonnes d’andouillettes avec un pourcentage AAAAAA (la note maximale) en augmentation de 48%. Résultat dû au sens civique des éleveurs de porcs et charcutiers, heureux de quitter leur image d'empoisonneur au nitrate des nappes phréatiques. Leur enthousiasme  a explosé les projections les plus optimistes du ministère de l’Economie, qui tablait sur 29.000 tonnes d’andouillettes AAAA en douze mois. Cet excédent a permis à la France d’augmenter sa production de A, de AA, de AAA, de AAAA et de AAAAA dans des proportions sans précédent. Bercy a su ainsi maintenir sa position AAA+ chez les trois principales agences de notation, et mieux que ça, puisqu’elle va pouvoir exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays latins membres de l’UE en leur versant les milliards d’Euros votés récemment en nature – sous forme d’andouillettes. Pour d’autres raisons, essentiellement linguistiques, la Pologne qui souffre dans sa langue nationale d’un manque congénital de voyelles (problème signalé pour la première fois par Roland Topor), s’est montrée également intéressée.

Le 11 mars 2013 à 14:34

Christian Salmon : Ces histoires qui nous gouvernent #3

La révolution de la subjectivité

> Premier épisode                > Episode suivant Dans sa conférence-performance "Ces histoires qui nous gouvernent", l'écrivain et journaliste Christian Salmon poursuit son salutaire travail d'analyse du story-telling. Dans cet extrait, il revient sur un récit édifiant mais fictif qui a joué un rôle décisif dans l'intervention américaine en Afghanistan et même au-delà. "Quoi de plus innocent et charmant qu’une histoire bien tournée ? Les histoires nous distraient et nous instruisent en nous faisant rêver. Désormais, avec la technique du storytelling, elles nous gouvernent et sont devenues un instrument de contrôle des opinions, une « arme de distraction massive ».L’entrée en guerre préventive contre l’Irak, le reality show au début du mandat de Sarkozy, sa métamorphose en capitaine courage face à la crise financière, l’épopée victorieuse de Barack Obama… Autant de fictions préparées dans le secret de war rooms où s’élabore le storytelling intégré. Christian Salmon nous propose un voyage dans les démocraties contaminées par l’hypermédiatisation, une exploration des mythes politiques à l’âge du néolibéralisme. Une traversée de la crédulité contemporaine. " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

Le 1 septembre 2010 à 07:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 30

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 2 juillet 2007 Accords de Khartoum. Le conseil du ministre du mardi 3 juillet est prévu à Soudan, petite communauté des Deux-Sèvres, dans le canton de la Mothe-Saint-Héray. On y attendra en vain la présidente. Dans la soirée du lundi, en effet, Ségolène Royal s’envole pour le Soudan africain en compagnie de Bernard-Henri Lévy. A peine descendus de l’avion, ils proposent, spontanément, une rencontre à huis clos entre les belligérants de la guerre civile au Darfour. « Depuis le temps que ça dure, explique la Présidente, il faudrait peut-être passer à autre chose : parce que là, je ne vous le cache pas, la communauté internationale commence à en avoir plein le dos. » La rencontre a lieu le soir même au Hilton de Khartoum. Sous l’impulsion de la Présidente et de son porte-parole, un accord est trouvé en moins de sept heures entre les milices Janjawid, l’Armée de Libération du Soudan, le Mouvement pour la Justice et l'Égalité, l’Armée Populaire de Libération du Soudan, les différents chefs de guerre et les gouvernements de Pékin, de Khartoum et de N’djamena. Sitôt l’annonce connue, un vaste sursaut démocratique électrise la société soudanaise : le général Omar el-Béchir est destitué sous les vivats de l’armée ; une coalition gouvernementale multiethnique se met en place, emmenée par la socialiste Fatima Ahmed Abdelmahmoud : elle sera confirmée par les urnes trois mois plus tard et mettra sur pied une commission « Franchise et Réconciliation ». « Une bonne chose de faite, commentera la Présidente au sortir de la réunion. Comme quoi quand on veut, on peut. Et ce n’était quand même pas la mort du petit cheval. »Dans les heures qui suivent, une immense vague de soulagement s’empare du monde entier — qui n’en pouvait plus de voir depuis cinq ans, l’actualité trustée par ce génocide inexplicable et sans éclat. Les dons affluent, par milliards, sur Internet. Cet enthousiasme planétaire désamorce un début de crise diplomatique entre Paris et Pékin : rappelé dans son pays, l’ambassadeur chinois reçoit sur le tarmac d’Orly un coup de fil lui enjoignant de reprendre le bus pour l’avenue George-V. A quelque temps de là, la Fondation Total pour le Bien-Être des Pauvres qui ont du Pétrole (FTBEPP) annonce un programme de dispensaires gratuits dans le sud Soudan — malgré les protestations de la China National Petroleum Corporation, qui a des intérêts dans la zone. Le Fonds Areva pour l’Avenir de l’Énergie et des Peuples qui ont de l’Énergie, mais pas d’Avenir (FAAEPEA) fait savoir qu’il prend à sa charge le rapatriement des populations déplacées — malgré les protestations de la China National Nuclear Corporation qui extrait de l’uranium dans la région. La tragédie du Darfour est close. L’initiative française soulève de vives critiques à l’ONU : le premier Secrétaire Général Ban Ki-moon déplore de la « précipitation coupable » avec laquelle l’affaire a été menée, « sans concertation aucune avec les instances internationales ». En France, la droite — par la voix Charles Pasqua — tonne contre une « initiative boum-boum » qui « manque de correction » et ravale « la politique africaine de la France au rang de l’amateurisme ». Le Parti socialiste lui aussi se montre très réservé, sans trop savoir pourquoi. Une déclaration de Benoît Hamon résume bien le sentiment général : « Ben je sais pas… Quand on est socialiste, et qu’on voit une initiative comme ça, super concrète, qui donne des résultats… Et que tout le monde est content… C’est permis d’avoir des doutes, quand même. » Le divorce se creuse entre la Présidente et son parti. Enfin, une protestation unitaire montée par l’extrême-gauche : « Tout ça, c’était pour le pétrole », se solde par un cuisant échec : deux cents manifestants d’après les organisateurs, et Olivier Besancenot d’après la police. Selon une enquête indépendante menée par une ONG, les accords de Khartoum ont permis d’épargner plusieurs centaines de milliers de viesLa suite demain...

Le 29 janvier 2020 à 14:38

Alain Damasio, Pablo Servigne et leurs invités vous attendent au Théâtre du Rond-Point en... 2120 !

Le 4 février prochain, la grande salle du Rond-Point anticipera le regard rétrospectif que nos descendants porteront sur la crise climatique et de société dont nous commençons la traversée. Une soirée fiction pour fêter l'humanité qui aura eu le courage, souhaitons-le-nous, de passer de l'anthropocène à la gaïacène, une ère où homo sapiens ne se considèrera plus comme un usager de la nature, mais comme un de ses membres. Cette soirée fiction fêtera l’ouverture du festival « Réparer le monde – nos disques sont rayés #4 » (4-15 février).   Nous sommes le 4 février 2120. Paris est-il toujours Paris ? Des bisons broutent-ils la prairie autour du Rond-Point ? Et le théâtre est-il désormais une ferme en permaculture, un atelier low-tech ou un centre d'hébergement pour les migrants climatiques ? Pour apprivoiser l'avenir, jouons ensemble que nous sommes un siècle plus tard, réunis à nous remémorer l'effondrement et son dépassement inattendu : comment nous sommes sortis de la dissonance cognitive qui empêchait la mobilisation générale alors que l'alerte sonnait depuis des décennies ; nos stratégies de (sur)vie ; cette nouvelle façon de s'émanciper par et au-delà des technologies ; les rétromorphoses insoupçonnées du capitalisme ; le renouement au vivant en nous et hors de nous ; l'amitié, le collectif, le temps retrouvé. L'auteur SF Alain Damasio et le collapsologue Pablo Servigne viennent de planètes différentes, mais ils croient l'un comme l'autre aux vertus expérimentales de la fiction. Porteurs tout au long de la soirée de brèves narrations qui nous font toucher le basculement en cours, il en déplient les enjeux avec leurs invités : la journaliste militante pour le climat Jade Lindgaard ; le philosophe et pisteur de la trace animale Baptiste Morizot ; Guillaume Desjardins et Jérémy Bernard, auteurs de la série « L’Effondrement » Les Parasites/Canal+) — et avec le public. Photos : Adrien Barbier / Vanessa Chambard > le programme complet du festival

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