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Publié le 02/12/2013

Alexandre Dumas et les racistes


« – Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ?

– Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit. »

« Si vous voulez avoir des idées propres, changez-en comme de chemise. »
Francis Picabia 

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Le 28 octobre 2010 à 14:15

"Je présente mes excuses à ceux que ça a pu blesser parce que ce n'était pas le but"

Benjamin Lancar, président des Jeunes UMP, Beur-FM, 26 octobre 2010

Voilà la formule désormais formatée de celui qui vient de sortir une ânerie et qui, devant l’effet déplorable produit, veut l’effacer en se livrant à une repentance qui aggrave un peu plus son cas. Elle suggère en effet que si d’aucuns se sont sentis visés, c’est qu’ils n’ont rien compris des intentions innocentes de l’auteur. Bref, les cons c’est les autres. Ce Benjamin Lancar qui postule à la succession de Frédéric Lefèbvre dans le rôle d’aboyeur à l’UMP, n’a donc rien inventé, d’autres l’avaient précédé, du parfumeur Guerlain à l’égard des « Nègres »,  à Brice Hortefeux vis à vis des « Auvergnats ». Mais le plaisant dans les « excuses » de ce béjaune, c’est qu’il n’a blessé que lui-même, puisqu’il est dit que le ridicule ne tue pas. Ainsi il avait cru devoir comparer les défenseurs de la réforme des retraites aux résistants qui refusèrent la défaite de 40, et il avait assorti cette puissante analogie d’un commentaire flatteur sur l’œuvre économique de Pierre Laval à la présidence du Conseil, au début des années 30, avant de sombrer dix ans plus tard dans la collaboration. Même son mentor élyséen a dû se sentir gêné, lui qui s’était affiché en fervent admirateur de Georges Mandel, assassiné en 1944 par la Milice de… Laval. Quant à faire d’Eric Woerth une sorte de Guy Moquet, pourquoi, tant qu’on y est, ne pas comparer les défilés syndicaux à l’exode de 40 !

Le 19 mai 2015 à 06:27

La Pitié ou la Potence

Le Pauvre est décevant

Le Pauvre, ailleurs, est un calendrier d'ONG. Le Pauvre, ailleurs, est un sujet photographique. Ses oripeaux bariolés, ses activités étranges, ses sourires caressants, ses élans affectifs, ses danses, ses artisanats de bouts de ficelle. Le Pauvre, ailleurs, lorsqu'il n'est pas trop insistant, est une composante agréable du voyage. Il vous reconnaît, vous ouvre les portes de la réalité de son pays. Il chante pour vous, vous enseigne les rudiments de sa langue et rit si vos chorégraphies manquent de grâce. Certes il exagère parfois un peu les prix et tente de vous prendre vos lunettes de soleil mais vous savez vous montrer ferme.Son charme principal réside dans son immobilité : sa vocation est de rester là où il est né et de n'en point bouger. Il ne vous suit pas dans l'avion et vous n'emportez que des images qui feront de très beaux fonds d'écran, un diaporama pour les amis ou le sujet d'un blog qui confirmera vos talents de voyageurs.Mais le Pauvre, ici, est décevant. Lorsque l'on est friand d'humanitaire à l'étranger, il est difficile moralement d'adopter une posture de rejet du Pauvre du bas de chez soi. Cela nécessite la construction d'un discours imparable, humaniste et étayé. Ce racisme  ne peut s'affirmer comme tel par quelqu'un comme vous qui pense être imprégné des valeurs de la gauche. Parce que, comme le rappelle Jérôme Valluy : « du fait de la mémoire de la Shoah et de ses soubassements racistes (…) le racisme se trouve disqualifié tant comme théorie scientifique que comme discours politique. (...) De ce fait, la xénophobie se substitue parfois au racisme d'antan, en introduisant plus de précautions dans la désignation des stigmates de l'altérité honnie »1. Il s'agit donc de prouver ce que Pierre Bourdieu2 résumait en une phrase :  « ils n'ont que ce qu'ils méritent » et ainsi de vous protéger de toute culpabilité d'être un xénophobe social. Dès l'occupation d'un terrain par des Pauvres, vous vous présentez à eux. Vous sentez l'urgence humanitaire à portée de main. Poussé par une recherche affective et par votre goût de l'altérité, convaincu que vous serez reconnu, remercié et adopté, vous vous imaginez déjà racontant à vos amis des anecdotes concernant X ou Y ou sur l'enfant à naître qui portera sans doute votre prénom. Vous amenez des vêtements et des chaussures, ceux qui attendaient depuis des mois que vous alliez les déposer dans une association de recyclage. Parfois vous amenez de la nourriture que vous achetez dans un magasin discount dans lequel vous n'allez jamais pour vous-même.Mais très vite vous êtes déçu : les femmes trient les vêtements, rejettent ce qui ne correspond pas à la saison et refusent  les pantalons. Tout le monde  boude vos tenues indiennes. Face à  la nourriture, votre incompréhension s'accentue : les mères vous rendent les ingrédients inconnus dont elles ne peuvent lire le mode d'emploi ainsi que les préparations culinaires dont elles ne connaissent pas la composition. Vous vous effrayez de l'accumulation d'aliments gras dans le menu des enfants qui se déroule comme un apéro sans fin. Vous cherchez les 5 fruits et légumes par jour. Vous peinez à comprendre l'impossibilité de stockage dans l'exiguïté des espaces de vie, l'envie de suivre la mode dans un tel contexte et l'existence de goûts et de couleurs chez le Pauvre.Puis vous surprenez le retour des mères de leur activité de mendicité. Pourquoi emmener les bébés  avec elles ? Il serait tellement plus sain de les déposer à la crèche ou chez l'assistante maternelle plutôt que d'exciter la pitié des passants avec leurs visages joufflus. Vous interprétez avec horreur ces carences éducatives sans vous poser la question de la faisabilité. Vous qui savez gérer vos enfants, qui les levez tous les matins dans une maison chauffée et éclairée pour les emmener à l'école, vous demandez poliment mais agacé pourquoi les sauvageons qui farfouillent dans votre sac ne sont pas en classe à apprendre votre belle langue. Vous êtes gêné par les miroirs argentés qui dissimulent les regards des jeunes. Leurs déplacements en meute vous mettent mal à l'aise. Vous cherchez votre sac à main du regard. Vous vous sentez visé par leur potentiel d'incivilités. Vous en oubliez la définition de l'adolescence et ne décodez plus les comportements.Et puis, cerise sur le gâteau bien roboratif, voici la valse des grosses berlines et des beaux habits. La Mafia ! Vous avez enfin la preuve d'une  fortune illégale donc cachée et la misère devient un décor. Ces « crasseux, méchants clowns » comme les appelait Louis Ferdinand Céline3, vous jouent, vous en êtes sûr, la comédie de la misère. Vous ne voyez plus les mains rougies des femmes qui lavent le linge dans les bassines d'eau froide. Vous ne voyez plus les gazinières allumées pour réchauffer les tôles. Vous ne voyez plus les stigmates de la fatigue sur les visages des enfants. Et vous niez les mouvements des nuisibles sous les détritus. Vous ne voyez que des individus fainéants et menteurs. L'urgence humanitaire n'est plus. Leurs atavismes immoraux sont indubitables. Et si votre cœur est toujours soulevé, c'est par les remugles de la benne ouverte en plein ciel ainsi que par la vue des ruisseaux de fange qui coulent derrière les grillages. On peut aborder la pauvreté de deux manières : en mettant en cause le système injuste qui la produit ou en accusant les déficits moraux des individus. Il s'agit bien ici d'un symptôme de ce que Ruwen Ogien4 définit comme la préoccupation actuelle des plus nantis : leur peur de « l'effondrement d'un certain ordre moral fondé sur le goût de l'effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline et le contrôle des désirs » entre autres. Vous trouviez les hommes beaux et les femmes altières, vous pensez maintenant qu'un peu plus de discrétion et de modestie siéraient mieux à leur position. Nous sommes très loin de l'injonction de Baudelaire5 « assommons les pauvres ». Celui-ci souhaitait réveiller le mendiant silencieux, docile et honteux en le rouant de coups : « Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l'orgueil et la vie. » Il s'agit aujourd'hui de blâmer les victimes, pas de compatir.  Alors la bascule peut s'effectuer dans votre tête telle qu'elle s'est déjà effectuée au sein des ministères dans son accompagnement des plus défavorisés : de l'Etat maternant à l'Etat paternaliste qui contrôle, punit et redresse6. Gentil voyageur plein de pitié pour les Pauvres que vous croisez lorsque vous « faites» le Burkina Faso, vous réclamez « la potence » pour ceux d'ici. Vous avez décillé les yeux : il faut qu'ils partent,  ceux qui ont pris la route pour venir s'échouer sur nos rivages et qui ne comprennent pas qu'ils sont seuls responsables de leur vie misérable. Ils sont le miroir de notre impuissance à modifier la société injuste dans laquelle nous nous faufilons. Ils sont  la limite de nos convictions et de nos capacités compassionnelles et de solidarité. Aurons-nous honte un jour de notre inaction et de nos discours pour la justifier comme nous avons eu honte hier devant les morsures infligées par les rats sur les visages des bébés des bidonvilles de Saint Denis et de Nanterre7 ? ________________________________________________________________________________Le titre de ce billet fait référence au livre de Bronislaw Geremek La potence ou la pitié, l'Europe et les pauvres du Moyen Age à nos jours.  Gallimard, 1987.1 Jérôme Valluy, Immigration et xénophobie d'état, In Les métamorphoses du contrôle social. Sous la direction de Romuald Bodin, La Dispute, 20122 Pierre Bourdieu, La distinction- Critique sociale du jugement, Les Editions de Minuit, 1979.3 Louis-Ferdinand Céline, Correspondance avec Roger Nimier, 23 juillet 19594 Ruwen Ogien, La guerre aux pauvres commence à l'école, Grasset, 2013.5 Charles Baudelaire, Assommons les pauvres ! In Le spleen de Paris, Michel Levy, 1869.6 Loïc Wacquant, La fabrique de l'état néolibéral : insécurité sociale et politique punitive, In Les métamorphoses du contrôle social. Sous la direction de Romuald Bodin, La Dispute, 20127 Robert Bozzi, Les gens des baraques, Arte France, 2004.

Le 12 novembre 2011 à 06:26
Le 1 mars 2013 à 10:15

Je ne m'aime pas

Je suis comme plein de gens, je ne m’aime pas. Mieux : je me déteste. Or, pour vous, c’est simple : vous vous détestez, bon, voilà, c’est dit. Mais pour moi, c’est terrible ! Car je suis juif ! Et je ne peux pas me piffer. Je ne peux pas me voir en peinture, je me hais, je me conchie. De nos jours, c’est ultra-grave : Je suis juif, je ne m’aime pas, DONC je n’aime pas les juifs. C’est de l’antisémitisme primaire ! Ça tombe sous le coup de la loi ! C’est très grave ! Oh, j’ai bien essayé de tourner la chose différemment : Je ne m’aime pas, mais c’est pas parce que je suis juif ! Hum… Ça revient exactement au même ! je ne m’aime pas mais quoi que j’en dise, je suis juif DONC je n’aime pas le juif que je suis DONC je n’aime pas les juifs. Il n’y a pas moyen de sortir de ça avec ce putain de syllogisme !Que faire ? C’est extrêmement dangereux, ces idées là ! On sait où ça mène ! Dans un train ! Et pas en première classe ! Et si j’étais arabe ? Vous imaginez ? On me collerait vite fait l’étiquette d’islamophobe ! Ou noir ? Pof, raciste ! C’est vite fait de vous cataloguer… Par contre, handicapé, femme, myope, nain, c’est déjà moins grave. Y a pas de lobby.Mais juif ! Cependant, moi, qui suis juif et qui ne m’aime pas, j’ai une chance, oh toute petite, de ne pas être poursuivi pour antisémitisme : Je ne suis pas circoncis, oui, un accident. Ah pardon, ce n’est pas un détail. Car je peux dire en toute innocence : je ne m’aime pas mais rassurez-vous : je ne suis pas circoncis !

Le 16 janvier 2011 à 17:34

« Il a dit que c'était parce qu'il était juif qu'il avait été expulsé. Ça ne se voyait ni sur sa carte de presse, ni sur son nez, si j'ose dire. »

Jean-Marie Le Pen, congrès du Front national à Tours, dimanche 16 janvier 2011.

Osez, osez Jean-Marie. Vous êtes dans votre rôle en moquant le journaliste jeté dehors par le SO du FN, qui a porté plainte pour insultes racistes. Au moment où vous quittez la scène au profit de la benjamine Marine, il n’est pas inutile de rappeler l’héritage. Fifille commençait à faire oublier l’antisémitisme de papa, en moissonnnant les terres de l’anti-islamisme. Vous direz que tout cela, c’est sémites et compagnie. Bref, la continuité. De fait, il n’y a qu’à observer les caricatures des intégristes musulmans dans certaines publications, entre la djellabah et le turban ils n’arborent pas seulement une barbe mais le nez proéminent et courbe, comme jadis les Israélites, entre redingote et schtreimel.  Néanmoins, si on ose dire, le nez de Ben Laden plus court aurait-il changé la face du monde ? Pas davantage qu’avec un nez moins aquilin, Netanyahou aurait imprimé un autre cours aux relations israélo-palestiniennes. En vérité, le pif selon Le Pen n’est qu’un prétexte pour suggérer qu’il n’a pas perdu son flair. Si le journaliste de France 24 est parvenu à s’immiscer sur son  territoire sans s’appeler Cohen et sans doute après un rabotage chirurgical de son appendice nasal, il ne pouvait faire illusion longtemps. C’est à des petits détails comme ça que l’on reconnaît le sens de l’Histoire chez un Le Pen.

Le 12 juin 2012 à 10:07

Il y a un loup !

Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup !   C'est la formule, venue, dit-elle, de sa grand-mère, que Martine Aubry reprend à son compte pour dévaloriser François Hollande se présentant à la Présidence de la République. Le jeu de la rime mis à part, il n'est pas certain que tous les électeurs aient bien compris de quel loup il s'agit. Ségolène Royal non plus, d'ailleurs, puisqu'elle a rétorqué qu'il vaudrait mieux se méfier d'un loup qui, s'il lui arrivait de montrer les crocs, serait bien susceptible de mordre...   En fait, le loup est un mot de l'argot des coulisses qui est lié, justement, à du flou, à un moment de flottement, à une impression de vague, de confus... donnés par un texte en cours de répétition. En retravaillant, il est possible d'arriver à tuer le loup.   Une seconde acception du mot est à considérer au moment de la représentation. C'est encore un instant de flottement, puisqu'il s'agit vide laissé entre la sortie d'un personnage et l'entrée d'un autre. Ce qui rend mal à l'aise le spectateur, par une attente inassouvie.   L'histoire du théâtre a retenu deux célèbres loups. Un soir que Madame Dorval jouait avec Bocage l'Antony d'Alexandre Dumas, le régisseur fit tomber le rideau avant la phrase finale : « Elle me résistait, je l'ai assassinée ! » L'effet attendu étant grillé, le public réclame de relever la toile. Ce qui est fait ; Mme Dorval reprend sur son fauteuil sa pose de femme assassinée ; mais Bocage n'apparaît pas. Ce qui a pour conséquence un tumulte monstre de la part du public. C'est alors que, ne perdant rien de son sang-froid, l'actrice se lève, s'avance jusqu'à la rampe et annonce : « Mesdames et Messieurs, je lui résistais, il m'a assassinée ! »   Une autre fois, c'est M. de Féraudy qui, jouant à la Comédie Française, se fit attendre pendant une bonne minute. Un siècle au théâtre, où le spectacle doit avoir trouvé son rythme. Inquiets, ses camarades s'adressent des signes désespérés. Le public commence à murmurer. Enfin, le retardataire entre en scène sur les chapeaux de roue et sur ces mots : « J'arrive à temps ! »   C'est ce qui s'appelle faire une entrée !

Le 2 mars 2011 à 08:00

L'oeuf et la poule

Question métaphysique

Qui de l'œuf ou de la poule est apparu le premier? Bien sûr, s'il fallait l'écouter, Darwin répondrait l'œuf. Heureusement, les replis des soutanes abritent des objections imparables. Il ne faut pas prêter l'oreille à Darwin. Et d'ailleurs, Darwin ne rend pas les oreilles qu'on lui prête. La bonne réponse à cette question métaphysique, l'unique, l'indiscutable réponse est… Dieu.Un jour, Dieu pondit un œuf. Et Dieu, examinant cet objet d'une forme parfaite, vit que cela était bon. Il s'interrogea longtemps, abîmé dans une profonde méditation, se priant lui-même de lui apporter la clé à ses interrogations : à quoi cela peut-il servir ? Il posa par-dessus son gros cul divin après l'avoir orné de plumes duveteuses. Une fantaisie qui lui prenait de temps en temps, les soirs où il se rendait au Lido. Il vit que cela était bon. Puis Dieu reprit sa réflexion. Après avoir créé la terre et les cieux, séparé la lumière des ténèbres, fait pousser les montagnes et les déserts de sable, après avoir inventé les océans et le pâté de lapin, Dieu n'avait plus rien à faire et s'emmerdait menu. Il s'abandonnait à la contemplation et cherchait à comprendre le sens des choses, même des plus futiles comme cet œuf. Vingt-et-un jours plus tard, la coquille de l'œuf se fendilla, un poussin naissait.Devant cet extraordinaire événement, Dieu pondit de nouveau un œuf. Il n'attendit pas vingt-et-un jours. Il inventa alors la mouillette. Et Dieu vit que cela était bon.

Le 30 septembre 2012 à 08:45
Le 10 janvier 2011 à 20:02

Origines douteuses

Histoires d'os (6)

On avait découvert ses restes, à plusieurs années d'intervalle, dans une carrière du Sussex. De pauvres restes en vérité : un fragment de crâne humain et un débris de mâchoire qui ressemblait à celle d'un orang-outang. Le tout soigneusement emballé dans un environnement crédible. Il n'en fallait pas davantage à quelques scientifiques zélés pour y reconnaître le fameux « chaînon manquant » annoncé par la théorie darwinienne. Cette trouvaille hériterait du nom d’Eoanthropus et sèmerait une fichue pagaille dans les rangs partagés de la paléontologie. Car ce fossile remarquable contredisait toutes les découvertes effectuées dans les ravins d'Afrique de l'Est où s'imposait l'évidence d'un mécanisme évolutif tout à fait opposé, incarné par les Australopithèques. Aucun ancêtre de l'homme ne semblait devoir associer de manière aussi convaincante des caractères anatomiques simiesques et humains. Ce qui n’empêchait pas l'imposture de rassembler ses zélateurs. Et il fallut attendre une bonne cinquantaine d'années pour qu'elle soit enfin dénoncée. L'homme de Piltdown était un faux, une chimère fabriquée avec un crâne d'homme médiéval et une mâchoire d'orang-outang, vieillis, limés, traités pour donner l'apparence du vieux.Quelques années plus tard, le British Muséum organisait une exposition sur les origines de l'homme et le célèbre faux y occupait une vitrine de choix. Le commissaire d'exposition qui y promenait les étudiants, s'arrêtait souvent devant cette vitrine et il souriait avec malice afin de commenter de manière théâtrale : " N'en doutez pas ! Il s'agit d'un faux!" La valeur de l'original justifiait à elle seule le fait qu'on en expose une copie ? A moins d'y voir une manifestation du sens de l'humour britannique ?

Le 4 septembre 2011 à 10:36

« Dans l'Essonne, où notre Coréen national va avoir chaud aux plumes »

Alain Marleix, chargé des élections à l'UMP, Public Sénat, vendredi 2 septembre 2011

Alain Marleix a chaud aux fesses depuis qu’il a proféré cette boutade aux relents xénophobes à l’égard de Jean-Vincent Placé, le bras droit de Cécile Duflot.  L’allusion aux racines biologiques de l’écologiste adopté dès son plus jeune âge par des parents normands, a provoqué un tollé. Même Jean-François Copé, camarade en chef du parti de Marleix a « regretté » un tel propos. L’élu du Cantal voulait souligner que Jean-Vincent Placé, candidat aux sénatoriales sur une liste PS-EELV dans l’Essonne, allait avoir quelques soucis avec une liste dissidente. Il n’a sans doute rien appris à l’intéressé qui a la réputation de faire, chez les écologistes, un peu le même boulot que Marleix à l’UMP. Ce n’est évidemment pas une raison. Alain Marleix pourrait bien sûr plaider qu’en associant « notre », « coréen » et « national » il a procédé à une sorte de régularisarion bienveillante de Jean-Vincent Placé. Même si, en faisant de l’impétrant un petit chef  emplumé, Marleix semble se représenter le pays du matin frais comme une réserve apache. Quand on ne s’occupe que de cartes électorales, on peut avoir des lacunes en géographie tout court. Et puis il n’y a pas péril en la demeure. Brice Hortefeux, auvergnat d’adoption comme Marleix (ils sont tous deux nés en région parisienne et parachutés au pays des Arvernes), a dû lui souffler que quand il y a un Coréen ça va, c’est quand il y en a beaucoup  qu’il y a des problèmes.

Le 24 octobre 2011 à 10:09

Rescapés du déluge

Histoires d'os 20

« Dieu créa le monde en six jours ». On connaît l’argument des créationnistes, il n’a pas changé depuis Mathusalem. Et sans prétendre se lancer dans une vaine polémique, on imagine difficilement comment notre bonne vieille terre, âgée de quelques milliers d’années, pourrait avoir porté des espèces disparues depuis des millions d’années.   Avant que des naturalistes ne décrivent et ne replacent dans l’ordre naturel ces formes vivantes d’un autre temps, avant qu’ils mettent en évidence le principe général de leur transformation et de leur évolution, ces créatures inconnues passaient le plus souvent pour des regrets du Créateur, inévitables ratés d’un projet ambitieux nécessitant quelques retouches. Bref, des monstres antédiluviens dont le sort n’avait pas lieu de susciter la sympathie ni même la considération.   Néanmoins, ils intéressaient, ils faisaient parler d’eux et provoquaient des réactions assez inattendues. Ainsi en 1788, on avait découvert un squelette inconnu dans la lointaine Patagonie. Celui d’un animal étrange, fossile de très grande taille que le Vice Roi de Buenos-Aires avait expédié à Madrid, le jugeant digne d’y figurer au sein des collections royales. Ce Paresseux géant (appelé plus tard Mégathérium) engendra dans la capitale espagnole, un tel mouvement de curiosité que le roi Charles III donna ordre d’en rapporter un spécimen vivant.   Sans doute supposait-il que l’animal avait pu s’embarquer, passager clandestin sur l’Arche de Noé ?

Le 16 janvier 2011 à 10:46

Le cercle des indignés

La deuxième décennie du nouveau siècle avait débuté avec un petit bouquin  de 24 pages d’un vieillard plus que digne qui enthousiasma tout le pays en même temps qu’était diffusé un énième sondage inepte classant ses habitants champions du monde des pessimistes. On aimait bien se distinguer dans l’hexagone et on accueillit ces deux nouvelles avec une jubilation blasée. Indignez-vous qu’il disait et tout le monde l’avait pris au mot. Le monde à feu et à sang n’intéressait pas vraiment ; on s’indignait surtout de ne pas être suffisamment pris en compte  dans l’échiquier de nos vies rétrécies, via les réseaux sociaux où chacun y allait de sa cause, en un clic sur une conscience en berne. Sur les lamelles molles d’un microscope daté, on plaçait ses mesquines préoccupations au centre des éternelles lamentations. « Je m’indigne donc je suis », formule typiquement française et purement rhétorique s’en tenait là. Peu importait la cause, il y en avait tant, disait le patriarche et comme cette fois on se devait de saluer avant l’issue fatale l’homme auréolé de la rumeur qu’il avait participé à l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (excusez du peu) on ne pouvait raisonnablement pas passer à côté de cette aubaine là. Alors on s’indignait comme autrefois les Shadock pompaient, à hue et à dia. L’année se plaçait sous l’augure de débats creux et insipides annonçant une élection dont on se demandait à quoi elle pouvait bien rimer. Puisque l’ennemi avait été identifié, que l’on s’apercevait avec horreur de l’inutilité crasse des politiques face à ce monstre tentaculaire, on s’indignait. Puisqu’on avait maintenant un auditoire, certes illusoire, on se déplaçait de mur en mur pour annoncer la bonne nouvelle : indignez-vous ! 153 amis aimaient ça. Puisqu’on ne pouvait raisonnablement admettre nos solitudes emplies d’angoisse, on propageait la bonne parole : indignez-vous ! 168 amis aimaient ça. Puisque la promesse infâme de visibilité, d’ubiquité, d’universalité et toute autre tasse de thé semblaient à notre portée, on colportait cette parabole : indignez-vous ! 392 amis aimaient ça. Au même moment, à un jet de pierre de nos côtes méditerranéennes, personne ne s’indignait des massacres perpétrés contre des arabes affamés, des étudiants bâillonnés, des marchands ambulants n’ayant plus rien à vendre. On ménageait la susceptibilité des dirigeants installés en tenant discrètement une morbide comptabilité. Surtout, on s’en fichait royalement de ces basanés, on avait notre lot de haine ravalée. Alors on s’indignait comme on pissait quand Brel pleurait sur les femmes infidèles…Illustration : Nicolas Sarkozy et Zine El-Abidine Ben Ali

Le 16 juin 2015 à 08:40

Le déchiffrement du langage des dauphins confirme qu'ils n'arrêtent pas de nous insulter

Une équipe de scientifiques a réussi apparemment à traduire ce qui semble être un langage propre au dauphin. Sans surprise, cela confirme que, depuis le début, le dauphin se moque de nous, nous ridiculise, et nous insulte de manière outrancière. Vulgaires et grossiers On savait les dauphins parfois enclins à certaines pratiques douteuses, on sait désormais qu’ils sont surtout vulgaires, grossiers et mal éduqués. « Quand j’ai commencé à traduire ce que le dauphin me disait, j’ai eu un choc » raconte Cindy Orson, qui a dirigé le laboratoire qui s’est chargé de traduire ce langage dauphin. « J’ai commencé à traduire une première partie du langage et j’ai réalisé que cet enculé de dauphin était en train d’insulter ma mère, avec des mots très très choquants » affirme-t-elle. Elle a alors réitéré l’expérience avec d’autres dauphins, certains en liberté et d’autres en captivité, chaque fois avec le même résultat. « Les paroles sont très outrancières, on a l’impression d’avoir affaire à des ados mal élevés qui se croient tout permis » ajoute un spécialiste. En outre, une analyse approfondie des bandes indique que le dauphin tient régulièrement des propos sexistes, racistes et antisémites. « Ils font ça tout le temps. Il n’y a pas un moment où ils n’en parlent pas entre eux, pour eux c’est normal. » explique la jeune femme qui précise que les dauphins n’ont strictement aucune pudeur, aucun tabou, aucune limite dans leur vulgarité. « Si vous saviez ce qu’ils disent sur les handicapés ou les autistes qu’on leur présente… On dit souvent que les dauphins veulent les aider, mais vous seriez très choqués et en colère » assure la scientifique. L’expérience a d’ailleurs dû être stoppée après qu’un des dauphins étudiés s’en est pris à l’un des chercheurs. Le mammifère marin a ainsi professé de nombreuses et violentes insultes à caractère antisémite et négationniste, mettant en doute la validité de la théorie officielle des attentats du 11-septembre. Le scientifique ulcéré s’est alors jeté dans le bassin du dauphin pour en découdre et aurait manqué de se noyer.

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