Christophe Alévêque
Publié le 05/12/2013

Le travail le dimanche


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Adolescent, il découvre la liberté de ton de Bedos, et la syntaxe de Desproges. Il admire l'audace de l'un et la rhétorique de l'autre. Il grandit sur scène, fait sauter les bombes pour les désamorcer, et chronique la société chez Ruquier, Drucker ou Ardisson. Il écrit et tourne partout Debout, solo explosif avec chansons, revue de presse et tirs à vue sur l'horreur d'une société molle. Après le succès de Super Rebelle au Théâtre du Rond-Point, Christophe Alévêque y revient pour démonter l'actualité. Plus que jamais, tolérance zéro pour les maîtres du monde, leurs reptiles suiveurs et autres insectes rampants. 

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En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.dimanche 27 mai 2007 Sur les chaînes du service public et en simultané sur radio Nova — mais en version électro —, Ségolène Royal inaugure l’émission Vous avez la Parole, allocution présidentielle au pied levé. Elle aura lieu tous les dimanche à midi, juste après l’autre messe. Au cours de ce premier « entretien informel avec les Français », on compte trente-deux fois l’expression : « vous m’avez dit ». Détendue, souriante, la présidente promeut avec passion ses initiatives, non sans quelques notes d’humour, avec ce sens de l’autodérision qui la caractérise : « Il ne faudrait pas que désirs d’avenir deviennent regrets du passé, hi hi hi ! » Elle remercie les électeurs à douze reprises et présente des excuses pour l’histoire des cocottes. Vous avez la Parole est l’occasion « de réfléchir, ensemble, à toutes ces choses que vous m’avez dites » en « explorant les moyens de bâtir des voies nouvelles ». Ce jour-là, les Français découvrent qu’ils ont donné plein d’idées à la présidente. Elle propose une journée sans voiture, qui sera fusionnée avec la journée sans tabac et au cours de laquelle les citoyens responsables seront appelés à ménager leur santé, mais aussi celle des citoyens moins responsables, sous la supervision des médecins de l’armée. Pourquoi aussi ne pas remplacer la journée de la Femme par une journée de l’Amour — où chacun s’engagerait à faire un geste significatif pour l’autre, sous le patronage de l’armée ? La présidente annonce surtout un grand « plan pour l’égalité domestique », fondé sur une idée simple : l’égalité au foyer, cela passe par la formation dans l’entreprise. Les hommes recevront, sur leur lieu de travail, des cours de tri de linge, de repassage et de nettoyage de sanitaires. « Et tous ceux que cela fait ricaner, précise la présidente, je les attends au tri du linge ! » Les femmes recevront, sur leur lieu de travail, une formation au hors-jeu en football, avec séance vidéo. « A toutes, à tous, conclut la présidente, un bon repas du dimanche ! Ensemble, dans ce cercle familial qui s’agrandira pour former un cercle national — socle sur lequel nous bâtirons, ensemble, une nouvelle société. Je vous salue du fond du cœur. » Selon le porte-parole Bernard-Henri Lévy, « Ségolène Royal a tenu un discours d’espoir et de responsabilité. Nous avons dit les mots qu’il fallait dire ; nous avons fait les gestes qu’il fallait faire ». Le socialiste Jack Lang, lui, regrette publiquement de ne pas avoir eu toutes ces idées avant — mais il tient à rappeler qu’il ne demande rien. Le soir même, Dominique de Villepin annonce la création d’un nouveau parti : Vent d’Espoir. En privé, il avoue souhaiter avec impatience le retour de Nicolas Sarkozy et son croc de boucher, qui lui permettrait de revenir sur le devant de la scène politique et de tuer l’ennui. [incohérent avec ce que déclarera DVP en 2008] Quant aux secrétaires d’État concernés par ces initiatives, ils avouent ne pas avoir été consulté avant l’émission. Mais ils trouvent les suggestions originales et, dans la droite ligne de la politique promise par Mme Royal, vont se mettre au travail rapidement, après avoir vérifié que la présidente ne changerait pas d’avis…La suite demain...

Le 10 février 2014 à 13:13

Grand Magasin : D'orfèvre et de Cochon

Trousses de secours en période de crise, saison 2 : la crise du travail

Une conférence-performance de Pascale Murtin et François Hiffler (avec la participation exceptionnelle de Liviu-Adrien Dârgãu) Le travail ? Connais pas. « Nous ne sommes pas très bien placés, peut-être même très mal placés pour parler du travail, n'ayant à ce jour et après trente ans d'activité jamais travaillé. C'est précisément à ce titre que nous allons nous risquer à discourir quelques quarts d'heure sur le sujet, histoire de faire part de notre inexpérience en la matière. »Les performers Pascale Murtin et François Hiffler prétendent – en dépit et grâce à une méconnaissance quasi-totale du théâtre, de la danse et de la musique – réaliser les spectacles auxquels ils rêveraient d’assister. Et ça marche : leurs spectacles sont très réussis et les émeuvent. Depuis 1982 (avènement de Grand Magasin), leur ambition consiste à croire possible que d’autres partagent cet enthousiasme.Grand Magasin :Un beau jour, Pascale Murtin et François Hiffler, deux danseurs contemporains, décrètent que la danse est une discipline contre nature. Ils tournent le dos à leur formation classique et fondent en 1982 la Cie Grand Magasin, "une association de bons intérêts". Ensemble, ils ont créé une vingtaine de pièces, numéros et performances, s’adjoignant parfois les services de leurs amis (dont Bettina Atala de 2001 à 2010) : des spectacles sans costume, sans décor, ni prouesse technique, à la poésie parfois absurde... de drôles d’objets spectaculaires mariant humour et rhétorique.Leur manière de jouer des mots et de l’absurde, leurs créations intelligemment décalées leur ont valu des comparaisons avec Queneau, Tati ou encore de participer à l’exposition Dada organisée par le Centre Pompidou en 2005. Leur style au pragmatisme faussement naïf et à l’humour pince-sans-rire, c’est encore eux qui le définissent le mieux : fuite du spectaculaire, raréfaction des accessoires et des paroles, évacuation de la scénographie, répugnance à gesticuler, dégoût de l’illusionnisme. Conférences en auditorium, interventions en décor naturel, démonstrations dans une galerie d’art ou déploiements sur une scène de théâtre, il s’agit dans tous les cas de grand spectacle. Enregistré le 6 février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. Durée : 42:28 > les autres Trousses de secours dédiées au travail En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

Le 11 mai 2012 à 10:05

Le joli mois de mai

Il reste toujours un peu d'avril dans l'assiette. Ce mois indigeste avec son poisson dans le dos et ses œufs en chocolat, est difficile à finir, alors que nous le sentons approcher, avec son parfum de muguet et son sourire de jour férié, le joli mois de MAI. Ah, s'il est un mois qui vous met l'âme en gaieté, vous rosit les joues et vous gigote le cœur, c'est bien mai ! Trois lettres seulement, il ne veut pas qu'on perde de temps pour l'écrire, le temps de mai est réservé au plaisir. Dès son premier jour, il fête le travail, et de quelle manière : il nous offre un jour de congé. Mai a bien saisi, à l'inverse de certains énervés de la politique, que le travail n'a du talent que s'il se repose suffisamment. En plus, il y ajoute un brin de muguet. Petite fleur à clochettes dont autrefois la vente par des militants qui l'avaient récoltée à la faucille servait à renflouer les caisses du parti communiste. On se souvient que Georges Marchais portait des cravates en soie ou en rayonne selon que la recette du muguet avait été bonne ou non. (...) Saluons surtout ce mai libérateur, dont le plus beau fut celui de 1968, qui nous délivre du rigoureux avril en clamant : « Fais ce qu'il te plaît » et « Il est interdit d'interdire ». Profitez bien du plus beau mois de l'année où fleurit l'acanthe, le pittosporum et le bougainvillier, mois qui a vu naître Freud, Labiche, Orson Welles, Fred Astaire, Claude Piéplu et Eros, petit teckel à poil long que tous les habitants de la rue du Bac à Paris ont bien connu.   Extrait de Mois par moi : almanach invérifiable © Actes Sud 2008 http://www.actes-sud.fr/catalogue/theatre-arts-du-spectacle/mois-par-moi

Le 11 juin 2014 à 15:11

LETTRE OUVERTE AU PUBLIC (TENTATIVE D'EXPLICATION)

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,Nous sommes des artistes, interprètes et techniciens. Nous sommes affiliés au régime particulier de l’assurance chômage des intermittents du spectacle, c'est-à-dire qu'il nous est possible, selon un certain nombre d'heures travaillées dans l’année, de percevoir une indemnité de chômage. C'est le droit de tout salarié. Il s'agit d’un régime spécifique, mais non d'un régime de « privilégiés ». Les professionnels du spectacle cotisent pour le régime général. Tout salarié doit pouvoir bénéficier des indemnités de chômage à partir d'un certain nombre d'heures travaillées. Pour les intermittents, ces heures travaillées sont discontinues. Il a fallu inventer un mode de calcul spécial. Les intermittents en majorité sont favorables à une réforme de leur système. Mais les propositions portées depuis 2003 par un comité de suivi composé de professionnels et de parlementaires n'ont pas été examinées. Certains abus constants d'employeurs comme les sociétés de production ou de diffusion audiovisuelles, notamment celles du service public, et nombre d'inégalités remarquables ont conduit à une réforme indispensable de ce statut. Mais l'accord dit du 22 mars, que le ministère du travail devrait signer à la fin du mois de juin, privilégierait s'il venait à voir le jour les intermittents qui travaillent beaucoup et pénaliserait les plus précaires. Le travail nécessairement discontinu des intermittents impose un régime mutualisé, il appelle une solidarité à laquelle le Medef et les syndicats non représentatifs des métiers de la culture s’opposent. C'est pourquoi les intermittents aujourd’hui se mobilisent, face au Medef principalement dont les calculs et les propositions restent étrangères en tous points aux préoccupations et aux pratiques de nos métiers, et aux intérêts fondamentaux de la politique culturelle de notre pays dont on sait la capacité de rayonnement international et les retombées économiques positives.Les intermittents exigent le non-agrément de l’accord du 22 mars. Aujourd'hui, nous ne nous exprimons pas par la grève car notre action ne connaîtrait pas l'impact de celles menées par nos camarades dans ces lieux de vastes rassemblements que sont les festivals. Mais nous sommes en tous points solidaires des grévistes et des manifestants, intermittents, artistes ou techniciens du spectacle, dont l'activité et l'existence professionnelle sont simplement menacées, et avec elles (comme on l'a compris en 2003 à la suite l'annulation du festival de Montpellier, des Francofolies, du festival d'Avignon et de multiples manifestations festives et culturelles, et puisque c'est l'argument qui compte), tout un secteur économique d'une importance exceptionnelle alors que la culture est une source d'enrichissement pour la France supérieure à celle de la mode, du luxe, de l'industrie automobile ou de celle de l'armement*. *Pour comparer les derniers chiffres connus, l'Etat aura dépensé en faveur de la culture en 2011, 14 milliards d’euros. Mais la culture aura apporté au produit intérieur brut (le PIB est la production de richesses par les acteurs économiques internes au pays) 57,8 milliards. Soit l'équivalent de l'industrie alimentaire et de l'agriculture réunies, deux fois les recettes des télécommunications, sept fois celles de l'industrie automobile. Le seul spectacle vivant a augmenté la richesse de la France de 8,6 milliards. Si comme l'écrivait Proust, les artistes, "cette famille magnifique et lamentable", sont "le sel de la terre", ils sont aussi la mine d'or des comptes nationaux. (Ces chiffres émanent d’une étude conjointe sur l'apport de la culture à l'économie menée par le ministère de l'Économie et des Finances et le ministère de la Culture et de la Communication.) Jean-Michel Ribes, Pierre Notte, le Théâtre du Rond-Point sources :http://culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Etude- conjointe-sur-l-apport-de-la-culture-a-notre-economie-confiee-a-l-inspection- generale-des-finances-et-a-l-inspection-generale-des-affaires-culturelles-par-Pierre- Moscovici-ministre-de-l-Economie-et-des-Finances-et-Aurelie-Filippetti-ministre-de- la-Culture-et-de-la-Communicationhttp://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-culture-rapporte-sept-fois-plus- au-pib-de-la-france-que-l-automobile_1368593.htmlhttp://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140103trib000807739/la-culture- contribue-sept-fois-plus-au-pib-que-l-industrie-automobile.html

Le 28 juillet 2014 à 10:55

Dominique Méda : "Certains travailleurs se retrouvent confrontés à des situations physiquement et mentalement intenables"

C'est pas du boulot ! #1

Dominique Méda est professeure de sociologie à l'Université Paris-Dauphine, titulaire de la chaire Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales au Collège d’études mondiales. En 2013, elle a publié La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer chez Flammarion et Réinventer le travail avec Patricia Vendramin aux PUF. Première partie de l'entretien qu'elle a accordé à ventscontraires.net (Illustration Les Temps modernes - Charlie Chaplin, 1936) Diriez-vous que les conditions de travail se sont globalement améliorées ou dégradées au cours de ces dernières décennies ? Cette question est assez bien documentée en France grâce notamment à une série d’enquêtes réalisées par le Ministère du travail à échéance régulière. Il y a eu une dégradation jusqu’au milieu des années 90 puis une pause. La dernière enquête Conditions de travail, dont les résultats viennent tout juste d’être publiés, met en évidence un nouvel épisode de dégradation intervenu entre 2005 et 2013. Comme l’indiquent les auteurs de l’étude : « la stabilisation de l’intensité du travail observée entre les enquêtes de 1998 et 2005 apparaît ainsi comme une parenthèse dans une trajectoire ascendante entamée à la fin des années 1980. Cette nouvelle hausse semble liée au rythme accru des changements organisationnels et à la plus grande insécurité de l’emploi ressentie par les salariés ». Le travail s’est intensifié mais a également été le théâtre d’une série de changements au terme desquels le sens accordé au travail par les individus est plus incertain. Avec le développement des nouvelles organisations du travail, de la qualité totale, du management par objectifs, de l’évaluation des performances individuelles et du benchmarking permanent, certains travailleurs se trouvent confrontés à des situations physiquement et mentalement intenables. Notons qu’en France, il existe un décalage particulièrement fort entre l’ampleur des attentes posées sur le travail, qui sont immenses et la réalité des conditions de travail. On attend en effet désormais du travail la possibilité de s’exprimer, de se réaliser, de créer du lien, de faire montre de ses capacités, d’être utile, mais une grande partie de ces attentes sont déçues parce qu’elles sont considérées comme contradictoires avec les souhaits de rentabilité à court terme des organisations. Les différentes dimensions du travail (le travail comme facteur de production, comme essence de l’homme, comme pivot du lien social), qui sont revendiquées chacune par des acteurs différents et servent de support à leurs revendications, sont contradictoires.   La place de la « valeur travail » a-t-elle, selon vous, évolué dans les sociétés occidentales ? Oui. On part d’une situation où, par exemple en Grèce antique, dans les textes des philosophes, les activités dont une partie correspond à notre terme de travail sont méprisées et synonymes de peine, d’effort. La reproduction des conditions matérielles de vie – comme dira Hannah Arendt – n’est pas considérée comme porteuse de sens. Ce sont les activités intellectuelles, morales, politiques qui le sont. Pour Aristote, les artisans ne doivent pas être des citoyens car les activités qu’ils effectuent les mettent dans une relation de service donc de servitude avec autrui. Les choses évoluent avec les siècles, notamment avec le christianisme, puis au cours du Moyen Age. Au dix huitième siècle le travail (que Marx appellera abstrait) trouve son unité conceptuelle : on peut dire le travail et rassembler sous un unique concept des activités qui étaient jusque là rangées dans des catégories différentes. Mais cette unité se paye cher : le travail c’est cet ensemble d’activités qui ont en commun de créer de la richesse. Le travail est défini par sa fin : il est ce que les économistes appelleront plus tard un « facteur de production ». Ce qui importe, ce n’est donc pas la réalité ou la nature de l’activité déployée mais le résultat qu’elle permet d’obtenir. Sur cette première couche de signification, le dix neuvième siècle va en ajouter une autre, radicalement différente : le travail apparaît soudain comme la liberté créatrice de l’homme, liberté qui lui permet de faire le monde à son image, d’humaniser celui-ci. Hegel et Marx sont les meilleurs représentants de ce moment. Le travail est rêvé comme l’activité qui permet à l’humain de détruire le naturel pour le mettre en forme. Pour Marx, le fait que le travail devienne premier besoin vital et synonyme d’œuvre est conditionné par l’abolition du lien salarial. Mais la deuxième moitié du 19ème est au contraire le moment où se développe le salariat et où s’affirment un grand nombre de droits sociaux qui vont peu à peu rendre le salariat profondément désirable comme l’a montré Castel. Le vingtième siècle hérite de ce concept de travail constitué de couches de signification différentes et contradictoires. Dans les sociétés occidentales, la fin du 20ème siècle est le moment où il devient possible d’espérer du travail expression de soi et réalisation de soi : d’une certaine manière, et comme en témoignent les études dont nous disposons sur le sujet, la valeur travail n’a jamais été aussi forte qu’à l’heure actuelle.   Larry Page, le co-fondateur de Google, vient de se prononcer en faveur d'une réduction du temps de travail. Percevez-vous une évolution dans ce sens chez certains chefs d'entreprise ? Très franchement, non. Certes, il y a quelques jours, les propos du milliardaire Carlos Slim prônant la semaine de trois jours ont été considérablement relayés et il n’est pas impossible qu’après un reflux d’une dizaine d’années, cette idée revienne à la mode. Attention néanmoins : d’abord la proposition de Carlos Slim consiste à travailler trois jours par semaine mais…jusqu’à 75 ans…Par ailleurs, en France, il me semble que nous nous trouvons encore dans cette phase hyper idéologique où sans qu’aucun bilan serein et sérieux n’ait été mis sur la table et discuté, on continue à entendre les pires bêtises sur les effets prétendument délétères de la réduction du temps de travail qui a eu lieu en France entre 1998 et 2001. Or, il faut rappeler quelques faits : c’est entre 1997 et 2002 que l’on a créé le plus d’emplois en France (deux millions) ; au moins 350 000 sont imputables à la RTT ; la première étape des lois de RTT – ce que l’on appelle la première loi Aubry – a été très appréciée par les salariés ; elle a permis un intense mouvement de négociation. Enfin, si cette politique avait été menée continument, nous aurions sans doute obtenu de très bons résultats. J’ajoute que là encore contrairement à ce qu’on lit un peu partout, la RTT n’a entraîné aucune dégradation de la valeur travail puisque les Français restent les plus attachés à celle-ci en Europe et qu’enfin le coût de l’opération doit être considérablement relativisé (si l’on prend en considération les recettes et les couts évités générés par le retour à l’emploi de nombreux chômeurs) : on parle de 0,15% du PIB par an, ce qui est peu.

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