Plonk & Replonk
Publié le 05/12/2013

The sound of silence


L’association Plonk & Replonk Editeurs est un collectif de créateurs, fondé en 1997 basé à La Chaux-de-Fonds, Suisse.
Jacques et Hubert Froidevaux en sont les principaux membres actifs.

Nous travaillons essentiellement dans le domaine de l’image, et plus spécifiquement du photomontage humoristique.
Nos créations sont diffusées en librairies (Suisse, France et Belgique) sous formes de cartes, de livres et d'autocollants, ainsi que dans la presse.
À noter que Plonk & Replonk est un des principaux leaders sur le marché européen du nain de jardin bétonné, un secteur à forte croissance.

http://plonkreplonk.ch/

 

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Le 4 mai 2011 à 14:53
Le 27 avril 2011 à 15:13

Restons soudés

(Comme titre, j'avais aussi "caustique dans les prés")

On m'a dit « Pas mal, ta première chronique, mais la prochaine fois, il faudrait être plus caustique. » « Super », j'ai répondu, parce que j'ai des lettres. Avant de faire une semaine d'angoisse de la page blanche aiguë (j'ai essayé d'écrire en vert sur fond mauve, ça n'a pas aidé et j'ai eu un peu mal au coeur). Parce que pour un Suisse (je suis suisse, je ne sais pas si j'en avais parlé), ce n'est pas si évident d'être caustique, à cause de la neutralité, du calvinisme et des erreurs de traduction. En France, c'est beaucoup plus facile : on te refile une chronique et hop, tu parles de politique, tu balances tes vannes caustiques avec la verve d'un chacal et la faconde d'un narval, « Nicolas Sarkozy est petit », « Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen, qui est borgne », « Nicolas Hulot a présenté Ushuaia, comme le savon », c'est drôle, c'est efficace et avec un peu de chance, tu te fais renvoyer ou insulter par un autre chroniqueur et là, c'est le succès garanti. En Suisse, c'est plus compliqué, parce qu'avec la présidence tournante (oui, oui, comme le ping-pong), personne ne sait jamais trop qui est le Chef d'état. Le temps qu'on fasse une blague sur sa taille, ses dents ou ses cheveux (nous aussi, on a de fins analystes de la chose publique, tu crois quoi?), il a déjà cédé sa place. Et puis de toutes façons, le caustique, j'y touche pas trop, à cause de mon hypocondrie.

Le 7 juin 2011 à 15:01

La fougue de Bach

(et encore, j'ai pas osé « Mais vous êtes fougue ? Oh oui ! »)

« Plus fougueux, la prochaine fois », m'a-t-on demandé. Je ne suis pas du genre à refuser l'obstacle, comme on dit dans les milieux hippiques, mais je suis embêté : j'ai, actuellement, moins de fougue qu'un barracuda. Pour tout dire, je suis à peu près aussi fougueux qu'un discours d'après-match de Roger Federer (je sais pas si tu as remarqué mais quand il ne verse pas sa petite larmichette, il est à peu près aussi passionnant qu'une partie de Scrabble filmée au ralenti). Au début, je pensais que c'était à cause de la pression atmosphérique centrée sur les Açores, mais en fait, je pense que c'est de votre faute. Enfin pas de la tienne à toi, qui est quelqu'un de raisonnable, mais de celle à la société, qui n'est pas quelqu'un de responsable. Parce qu'en ce moment, la société, elle ne mange pas ses cinq fruits et légumes, à cause des bactéries allemandes qui sautent du concombre au soja sans crier Bahnhof et des consommateurs qui ne savent plus à quel sain se vouer. Du coup, les maraîchers ne maraîchent plus et dans mon supermarché, les légumes sont en action (c'est du suisse pour dire promo, hein, ils ne tournent pas des remakes de Die Hard). Comme je suis de nature pragmatique, j'ai donc une alimentation très végétale. Et franchement, je préférais quand vous aviez peur des vaches. Un steak de soja saignant, on a beau dire, mais c'est pas pareil. C'est pourquoi, je le dis avec fougue : Attention, derrière-toi, une entrecôte tueuse !

Le 12 mai 2011 à 08:00

Tout est chaos ? A côté !

Je sais pas vous, mais tout est chaos   Entre la gare et le lieu où je travaille, il y a un gymnase*, dans lequel des hordes d'adolescents apprennent les équations différentielles pour pouvoir un jour présider aux destinées de la nation. Tous les jours, donc, je partage un bout de chemin avec eux et même que parfois, je traverse au rouge. Cela me permet de me tenir au courant des aspirations de la « génération Z » (au passage, si quelqu'un connaît quelqu'un au nommage de générations, j'aimerais bien leur dire deux mots), ce qui tombe super bien puisque je dois être « plus transgénérationnel ». Or, l'autre jour, alors que je tentais un dépassement hasardeux, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre un jeune homme, muant et florescent, affirmer : « J'adorais ça quand j'étais petit. » Sans être vieux jeu ou quoi que ce soit, il me semble que les jeunes d'aujourd'hui sont nostalgiques de plus en plus tôt. Je suis ouvert d'esprit, j'ai moi-même, sans aller jusqu'à la nostalgie, eu quelques accès de mélancolie pendant mon adolescence, mais je ne sais pas si c'est bien, si vite... Oh, oui, on y pensait, on en parlait entre nous, on regardait avec envie ceux qui pensaient déjà que c'était mieux avant. Mais ça se faisait différemment, de manière plus naturelle. Je comprends, ils vont sur Internet, ils voient des sites nostalgiques, ils ont envie d'essayer eux aussi mais est-ce bien raisonnable ? Sinon, l'honneur est sauf, il avait aussi une coupe de cheveux ridicule.* NDLR : En Suisse, le gymnase est un lycée.

Le 6 mai 2015 à 10:33

Mon pauvre ami de Morges

- Et toi, tu ferais quoi si tu gagnais à l'Euromillions ?- Je ne sais pas. Je ne joue pas.- Mais admettons, tu te trompes, tu joues par inadvertance et là, tu gagnes. Tu ferais quoi ?- Je n'aime pas les loteries, moi. Je joue à la grande loterie de la vie, je me laisse porter par le hasard des rencontres, le hasard des jours, le hasard d'un...- Ouais, ok. Mais si tu gagnes, mettons, à l'Euromillions. Ou même, je sais pas, à la tombola du FC Goumoëns. Tu fais quoi ? - Je ne comprends pas que les gens, semaine après semaine, s'infligent ça, le choix des numéros, l'attente, puis la déception, forcément. On instaurerait un impôt de 10 francs par semaine et par personne, dont une partie des revenus iraient à une personne au hasard, tout le monde s'insurgerait. Et pourtant, on continue de payer volontairement cette taxe et de se demander...- Tu ferais quoi avec cet argent ?- Quand je pense à tout ce que les gagnants pourraient faire, éradiquer la faim dans le monde, investir dans l'écologie, sauver le Servette et non, ils continuent de perpétuer des clichés petit-bourgeois, les voyages, la grosse maison, les maîtresses et pour finir, une corde en or pour leur suicide...- Parce que moi j'ai gagné et je me demandais ce que je devais faire, investir, rejouer, aller au bistrot... - Et tu imagines que soudain, je vais te dire que justement, j'aurais besoin d'un petit prêt, faisant alors sombrer cette petite chronique dans le cliché le plus grossier ? - Non, c'est juste que je me demandais quoi faire. - Ben, je sais pas, tu as gagné combien, au juste ? - Huit francs cinquante.

Le 22 novembre 2010 à 16:01

Au bord de la Laponie, Andreas Eklöf et le silence nordique

Tant qu'il y aura du froid

Patterns for three pianos – in four parts - Andreas EklöfLe concert va commencer. Je dois jouer. Je voudrais aller jusqu’au silence, le capter, le comprendre, le donner. Comme le froid, le silence ne supporte que lui-même, un peu de rareté, et rien d’autre. Glenn Gould y est arrivé. Il est monté au nord, au plus nord qu’il lui était possible par train. Il joue. Puis il ne joue plus, il ne joue plus jamais en public, il ne donne plus aucun concert, il ne fait qu’enregistrer. Mais moi, je viens d’ailleurs ; ma radicalité, je la place ailleurs. Et puis, j’en viens du nord, ce n’est pas lui ma seule matière à silence. Ma radicalité, elle est dans le Cd que je viens de donner. Le concert va commencer. On se presse, on entre, on s’assoit. On est venu nombreux de Stockholm. Une personne lit en attendant. Elle est venue m’écouter jouer du piano, mais j’aimerais surtout qu’elle écoute le premier morceau du Cd. Nor., c’est le nom de mon album. Je ne souhaite pas qu’il soit écouté en concert, ni même dans une grande pièce. Le son doit être réglé en médium. Dans le premier morceau, il y a trois pianos, il y a des pauses et des soupirs, et peu de notes. Alors, au moment où je pense que l’on commence à m’écouter, à écouter, à s’habituer à la musicalité, je fais silence, au milieu du morceau, j’éteins tout, j’arrête de jouer, j’arrête d’enregistrer. Même les sons de la pièce sont niés, je pense que l’on s’en rend compte, j’aimerais que l’on s’en rende compte. Un simple soupir n’aurait jamais suffi à donner le silence. Et je repars, dans la pièce, dans la pièce dans laquelle je joue, dans celle dans laquelle vous l’écoutez. La personne a arrêté de lire, elle attend. Je dois commencer à jouer. Peut-être que je vais y arriver. Son attention va se porter sur les sons du piano, elle va se concentrer, ralentir, refroidir, elle va se crisper, s’intensifier. Peut-être que je vais y arriver, peut-être que pendant ce concert je vais l’emmener jusque-là, peut-être qu’il va être question de faire silence, de faire silence ensemble. 

Le 23 février 2013 à 09:23
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