Jean-Marie Gourio
Publié le 27/08/2010

Haïku de comptoir 25


(L'été au comptoir)

Sur le soleil
Les lunettes
Ont fondu
Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

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Le 13 mai 2015 à 08:29

Tahiti, en pauvre, se dit Palavas-les-Flots

Même allongés sur le sable, à moitié nus devant la mer, Monsieur Riche et Monsieur Pauvre restent différents.Monsieur Riche est mince et musclé. Monsieur Pauvre est flasque et mou.Monsieur Riche a des jambes fines et nerveuses, comme celles d'un pur-sang. Monsieur Pauvre a des varices et des chaussettes en tire-bouchon.Monsieur Riche porte un bermuda en lin. Monsieur Pauvre un short en soldes. Monsieur Pauvre a un tee-shirt sur lequel est écrit, en gros caractères : "University of Columbia". Monsieur Riche a fait ses études au M.I.T. de Boston, mais ce n'est pas écrit sur son polo beige.Au soleil, Monsieur Riche bronze, Monsieur Pauvre rougit. Quand Monsieur Pauvre retire son tee-shirt, on voit sur son épaule, toute rouge, une grosse rose tatouée. Quand Monsieur Riche retire son polo, on voit un bronze de Praxitèle.Sur la plage, Monsieur Pauvre dort la bouche ouverte, un journal sur la tête, à côté de son transistor mal réglé sur RMC et de sa glacière en polystyrène bleu Floride.Assis sous un joli parasol de toile écru, Monsieur Riche scrute la mer avec des grosses jumelles noires.Monsieur Pauvre boit une canette de bière pour faire passer le temps et les œufs durs remplis de sable. Il écoute la retransmission du match de football PSG-Lens, Lens perd trois à zéro, il est accablé.Tandis que Monsieur Riche regarde son grand fils qui fait du ski nautique, Monsieur Pauvre regarde son grand fils qui fait le con. Madame Pauvre, dans sa marinière à fleurs, retourne une claque à la plus jeune qui s'est mise torse nu : "T'as pas fini de montrer tes titis ?"Quand une mouette défèque en plein vol, ça ne tombe jamais sur Monsieur Riche, toujours sur Monsieur Pauvre. Ça fait rire Madame Pauvre, elle croit que ça porte bonheur.Ça ne fait pas rire Monsieur Riche. Il ne le voit pas.Monsieur Riche est à Tahiti. Monsieur Pauvre est à Palavas-les-Flots. Les Mots des riches, les mots des pauvres, Le Livre de Poche

Le 9 janvier 2014 à 06:29
Le 9 janvier 2011 à 18:21

Larmes à l'oeil

La larme sauve un secteur important de l'industrie textile

Petit volume d'eau salée ayant une forme de goutte ou de perle, qui prend naissance dans l'œil de l'être humain envahi par le rire ou le chagrin.La larme se répand sur la joue et finit le plus souvent sa course sur son menton. Une grande douleur peut augmenter son poids, il n'est pas rare alors qu'elle atteigne le col de chemise ou le collier de perles.C'est le mouchoir qui se charge le plus souvent de l'effacer. Mouchoir qui, comme son nom l'indique, n'était pas destiné à l'origine à la récupération des larmes, mais à recueillir les diverses sécrétions nasales et autres glaires nées d'un rhume ou d'une allergie. L'apparition des antibiotiques et les récents progrès des sprays asséchants les muqueuses, ayant diminué de façon significative les diverses infections du nez, ont mis en péril l'utilisation du mouchoir. Sa reconversion dans l'effacement des larmes sur le visage et autour des yeux, a permis de préserver la production du mouchoir à la même cadence qu'avant les antibiotiques.En permettant au mouchoir de la récupérer, la larme sauve un secteur important de l'industrie textile qui s'apprêtait à disparaître faute de crottes de nez.Rire ou pleurer crée donc de l'emploi. Un pays sec, sans émotions suffisamment fortes pour déclencher l'hilarité ou la douleur, est un pays qui se condamne à une augmentation régulière du chômage."Ne me secouez pas, je suis plein de larmes", écrit Henri Calet inqiet. Qu'il se rassure, au cas où l'homme déborde de larmes, le surplus s'évacue sous la paupière.L'œil est à l'être humain ce que le trop plein est à la baignoire.

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