Enki Bilal : la science-fiction, c'est maintenant #7


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Qu'est-ce que la science-fiction, qu'est-ce que n'est pas la science fiction ? Enki Bilal se lance dans une impro périlleuse : commenter à chaud son parcours au fil d'un montage qu'il avait fait pour la Géode de ses trois longs métrages fantastiques : Bunker Palace Hôtel, Tykho Moon et Immortel ad vitam.

Enregistré le 14 février 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Le 22 février 2013 à 11:21

Jean-Charles Massera

Trousses de secours en période de crise

Samedi 23 février, l'écrivain Jean-Charles Massera est sur la scène de la salle Roland Topor et ouvre pour nous sa trousse de secours en période de crise. Pour ventscontraires.net, il accepte de répondre à quelques questions. La crise, c'est quoi ?C'est de ne pas trop savoir où on se projette, de ne pas savoir ce qu'on peut faire (éventuellement ensemble) pour être un peu plus et sous-vivre un peu moins… Si mes souvenirs sont bons ça s'appelle une crise de sens. Est-ce notre monde qui "part en sucette" ? Pour devenir quoi ? Pour aller où ?Disons qu'il ne cesse de s'améliorer depuis le Moyen Âge, mais qu'il a encore quelques problèmes dès qu'il s'agit de faire la différence entre la fin et les moyens. Il devient donc meilleur, mais a un peu de mal à passer l'âge de raison pragmatique. Cela dit, le fait de ne pas savoir où il va est plutôt une bonne chose, ça laisse la porte ouverte au travail. Dans "La Sorcière", Michelet disait que lutins et  fées n'étaient autres que les dieux de l'Antiquité réfugiés au Moyen Âge sous la jupe des bergères... Sommes-nous comme ces bergères, incrustés de grands idéaux du passé réduits à l'échelle de simples biens de consommation ?L'avantage des biens de consommation, c'est qu'apparemment ils nous occupent à autre chose qu'à faire la guerre. Là où la consommation n'est pas encore arrivée à notre stade, la guerre menace souvent. Donc gardons la consommation et les corps seront bien gardés. Reste que c'est pas avec ça qu'on va s'épanouir. Pas plus qu'avec des idéaux d'ailleurs (les idéaux ça nous rend trop petit(e)s). N'avons-nous d'autre horizon que d'être héroïquement lâches ?Esthétiquement, certainement (si l'art pouvait changer le monde, ça se saurait). Nous autres, "petits blancs hétéro occidentaux" comme vous l'écrivez, avons-nous encore envie de rire de nous-même ?Disons qu'après une journée de travail, ça détend, mais c'est un peu juste pour s'en sortir. Ce qu'il faudrait surtout là, c'est travailler à autre chose qu'à cette complaisance vis-à-vis de notre supposée incapacité à imaginer un autrement. Ce qui n'exclut pas le rire hein… Vous écrivez des livres, vous êtes en clip sur Internet, vos textes et votre voix sortent des hauts parleur radio, vous commencez à exposer dans des centres d'art et à réaliser des films. Qu'attendez-vous particulièrement de la scène de théâtre ?Des spectateurs (à qui Benoît Lambert et moi-même pourront refiler l'envie de s'inventer un peu de mieux-être et l'énergie nécessaire pour se bricoler les bons logiciels). Le théâtre ça permet de discuter de deux ou trois trucs assez urgents, de manière directe. Le but c'est qu'ensuite on rentre chez soi avec une furieuse envie de vivre mieux et la conviction que c'est possible en bossant un peu. Si vous deviez proposer une trousse de secours pour l'Europe, qu'y aurait-il dedans ?Beaucoup moins de mecs et beaucoup plus de nanas… surtout dans les programmations culturelles. Et tant que là-dessus on ne bougera pas, on ne pourra pas trop se la ramener en tant qu'outil critique du monde. > http://www.jean-charles-massera.com

Le 23 mai 2013 à 13:25

Enki Bilal : on est entré dans un nouveau monde

La science fiction, c'est maintenant

Enki Bilal, en ombre chinoise devant l'écran où viennent de défiler des extraits de sa cinématographie. Il a commenté en direct, raconté d'où ses idées plastiques, ses trouvailles futuristes sont venues, les fulgurances, les enjeux entrevus dans son œuvre bien avant que la marée technologique vienne bousculer nos société déjà anciennes. Et si la dépression contemporaine venait du fait que nous ne savons pas encore voir que nous sommes déjà entrés dans un monde nouveau ? A l'issue de cette performance inédite qu'il n'avait encore jamais tentée, Bilal répond aux questions du public du Rond-Point : faut-il imaginer le pire ? la nature va-t-elle se venger des humains ? les nouveaux arrivants (les jeunes) seront-ils capables de réhumaniser notre monde atomisé par une solitude connectée ? Il parle des anciens totalitarismes qui ont cédé la place à la globalisation, mot rond qui cache un totalitarisme financier féroce auquel ne s'oppose guère que l'islamisme radical - perspective joyeuse. Alors, faut-il être optimiste, pessimiste ? "La réalité d'aujourd'hui est la science-fiction d'hier. Nous-nous sommes habitués avec une arrogance tout à fait humaine aux choses les plus vertigineuses. Sommes-nous conscients du basculement radical dans un siècle où tout est possible, où une nouvelle science-fiction pose ses nouveaux codes ? Pas sûr. La régression guette, jusqu'à nos politiques englués encore dans le siècle passé. Notre relation au futur est toujours immature... Militons pour un peu plus d'imaginaire et déverrouillons tout ça !" Enregistré le 14 février 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

Le 6 août 2010 à 10:00

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 4

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.Dimanche 6 mai 200720h03. Panique générale dans les médias : il apparaît que la candidate élue a commencé son allocution, depuis le balcon du Fouquet’s à Melle, trois minutes avant vingt heures. La future présidente est entourée de ses enfants en marinière  — Thomas, Clémence, Julien et la petite Flora — ainsi que des enfants de sa femme de ménage et de son chien Poupouille. Son compagnon, le Premier secrétaire du Parti François Hollande, reste à Paris, où il console les éléphants du parti socialiste  qui prenaient déjà la direction du cimetière. Les télévisions prendront l’intervention en cours.20h04. Le discours du Fouquet’s.   « … mais juste. Ce pouvoir, je l’ai pris pour vous le rendre. Je vous ai entendus. Je continuerai à vous entendre. Je prendrai tout mon temps pour bien vous écouter ; à la fin de mon mandat, nous saurons ce qu’il faut faire. Alors moi, cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder, tout en laissant une place à ceux qui ne l’ont pas prise — mais aussi à tous ceux qui ont pris une parole différente, ainsi qu’à tous ceux qui n’ont pas pris la parole alors qu’elle était différente et enfin, à tous ceux qui ont cru prendre la parole alors qu’ils ne l’ont pas encore prise, qu’elle soit différente ou pas. Désormais tout est possible ! Ensemble, nous allons réfléchir, imaginer, envisager. Je serai la présidente de tous les fromages, et pas seulement du chabichou. Je veux que la France redevienne ce pays des Lumières qui a éclairé le monde. Je veux qu’à nouveau, la France montre la voie ; qu’à nouveau, elle donne l’exemple. Au début de cette aventure, nous n’étions qu’une poignée, et pourtant… Cette poignée de gouttes d’eau finit par former un ruisseau, puis une rivière, puis un océan, puis c’est le stade de l’évaporation — et puis, à nouveau, d’autres poignées de gouttes, d’autres ruisseaux, d’autres rivière, jusqu’à un océan de démocratie : et cela, c’est la démocratitude. Ce pacte d’honneur et de confiance — ce contrat que j’ai passé avec vous, je l’honorerai pendant cinq ans, sans vous faire payer de garantie supplémentaire. Je serai la morale ; je serai l’action ; je serai la morale de l’action. Je serai votre mère, votre sœur, votre présidente, à tous, sans exception : j’en ai la ferme volonté chevillée au corps, à la tête, aux jambes, au cou, aux cuisses, aux bras, aux pieds, à la luette. Cette belle nation que nous chérissons tous, c’est une grande famille, constituée de plein de familles — car tout commence par la famille pour finir par la grande famille — et moi, dans la famille plus juste, je veux la famille plus forte — et que personne ne me dise : pioche. Ensemble, nous allons imaginer une France que je dessinerai de ma main que vous guiderez. Permettez-moi, aussi, une pensée émue pour celle sans qui nous ne serions pas là ce soir : Jeanne d’Arc, morte sur le bûcher, toi qui as brûlé à 20 ans et n’as pas eu le temps d’être mère. Nous sommes tous tes enfants, Jeanne. Nous sommes tous des enfants de pucelle. Alors moi, la petite fille de Lorraine née à Dakar d'un père militaire, qui a grandi dans un village des Vosges, quatrième d'une famille de huit enfants, qui a eu le bonheur de connaître la réussite scolaire, de ne pas brûler et de devenir mère, comment se fait-il que je me trouve là, ce soir, devant vous ? Eh bien, c’est par et pour votre volonté ! Permettez-moi enfin de rendre hommage à mon adversaire, en lui souhaitant un prompt rétablissement. Tout reste à faire, tout reste à construire, tout reste à imaginer, avec vous et pour vous ! Vive la nouvelle République ! Vive la nouvelle France ! » …     La suite demain...

Le 11 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 9

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mercredi 2 mai 2007— flashback La campagne présidentielle fut très tendue. Favoris des sondages en janvier, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se retrouvent au coude à coude en mars. Le mois suivant, le mâle a pris un net avantage. Il a su, adroitement, s’abstenir de mettre en cause ou de dénigrer la féminité de son adversaire : Dati et Pécresse s’en sont chargées pour lui. Dans ses mémoires intitulés Comment je suis passé à côté de l’Histoire, son directeur de campagne, Claude Guéant, raconte : « Afin qu’il ne tombe pas dans le piège, Guaino et moi lui avions conseillé ce truc tout simple : “Dès que vous sentez que vous allez déraper sur une allusion féminine, Nicolas, vous dites : Blum, ou bien : Jaurès”. La ruse a fonctionné parfaitement, jusqu’au débat. » Le soir du 2 mai, les deux candidats s’affrontent pour une unique joute orale. L’enjeu est énorme : Ségolène Royal reste à la traîne dans les sondages. Ses partisans pensent qu’elle joue son va-tout ; la droite pense que tout se jouera sur la crédibilité ; le Parti socialiste pense à 2012. Le débat prend la forme d’un entretien courtois où, par une sorte de pacte de non-agression, les deux candidats se partagent équitablement les bourdes concernant le chiffres du chômage, du déficit, du nucléaire et du taux de croissance. Cette ambiance bon enfant se prolonge jusqu’aux questions concernant l’éducation et la famille — et au geste décisif de Mme Royal. « Je veux dire à toutes les familles ayant rencontré le drame du handicap que je ferai une place à chacun de leurs enfants dans les écoles », explique avec passion M. Sarkozy — quand la candidate, qui l’écoute depuis le début avec un doux sourire, se lève, se penche vers lui et, sans l’interrompre, sans cesser de lui manifester le plus vif intérêt, époussette délicatement les pellicules au plastron de l’homme de droite. Ces images vont faire le tour du monde. Elles sont régulièrement disséquées dans les cours de science politique…    La suite demain...

Le 23 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 21

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mercredi 6 - vendredi 8 juin 2007 Heiligendamm, Allemagne. Au sommet annuel du G8, Ségolène Royal fait une arrivée remarquée dans un petit planeur électrique aux couleurs de l’Europe, construit par la société Heuliez. Attendue sur le petit aérodrome de Heiligendamm, elle se pose sur le parking d’un supermarché voisin. Un taxi la ramène à l’aérodrome, où Angela Merkel est venue la saluer. Mais la présidente, snobant la chancelière, préférera serrer la main du président de l’aéro-club local. Ses relations avec Mme Merkel sont tendues. Selon Le Canard Enchaîné, la présidente « ne lui pardonne pas d’avoir été élue femme la plus puissante de la planète, alors qu’elle même ne figure pas au palmarès ». Il existe, assure le magazine allemand Der Spiegel, une compétition acharnée entre ces deux femmes, « sur le mode : “ C’était mon idée ! — Non, j’y avais pensé avant ! ” » Sous le manteau, des conseillers diplomatiques confient à Marianne : « L’une traite l’autre de grosse vache [ou bien,plus soft : de Walkyrie luthérienne ? ] ; l’autre appelle l’une la Madone des marais. » Ses rapports avec Vladimir Poutine sont plus ambigus. « Ils balancent entre la fascination et la répulsion, explique le psychanalyste Gérard Miller auquel le magazine Politis a eu la bonne idée de s’adresser. L’homme lui rappelle étrangement son père : ça ne m’étonnerait pas qu’elle lui fasse un procès un jour. » La présidente, ce mercredi 6 juin, s’entretient une heure et demie en tête à tête avec M. Poutine. Au sortir de l’entretien, elle retrouve la presse devant laquelle elle délivre l’un des discours les plus clairs et inspirés de toute sa mandature. C’est tout juste si les journalistes, éblouis, remarqueront le passage d’une civière qui emporte le Russe évanoui, les doigts crispés sur un magnum de vodka vide. Cette rencontre laissera une profonde impression sur Vladimir Poutine, lui inspirant ces mots qui, dans sa bouche, sont le plus beau des compliments : « Elle a des couilles, cette femme ». Avec Silvio Berlusconi, les choses sont plus claires : elle le déteste. Il représente tout ce qu’une femme comme elle, descendante en ligne directe d’Olympe de Gouges, abhorre. Cependant, comme il est le seul à remarquer qu’elle a une nouvelle coupe de cheveux, pour laquelle il la complimente longuement, elle finira par le trouver attendrissant et même, « marrant ». Lors de la conférence de presse clôturant le sommet, prenant tous les participants de court, elle annonce qu’ils se sont tous mis d’accord pour que le G8 se transforme en G 238 [G192 ?], regroupant tous les pays de la planète. Une crise diplomatique est évitée de justesse grâce au traducteur qui avouera s’être trompé dans les chiffres…    La suite demain...

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