Jean-Michel Espitallier : Geographic Fantasy

Trousses de secours en période de crise, saison 2 : la crise du travail

Les loisirs, quel boulot !

La question du travail implique toujours, par opposition, celle des loisirs (comme si le travail excluait mécaniquement plaisir et liberté - loisir vient du latin licere, permis). Ce sont donc les loisirs, le tourisme et les vacances – ce moment où nous faisons de nos vies des petites maquettes de paradis et du mois de congés une épopée de poche – que l’écrivain poète Jean-Michel Espitallier a décidé d’explorer. Son univers linguistique et sonore aussi inventif et burlesque que délicieusement dérangeant, mêle listes et inventaires, détournements et parodies, mauvaises farces et vrais chocs de langue. Fantaisies géographiques (France profonde ou ailleurs exotiques), dépliants touristiques pris au pied de la lettre, cartes postales détournées, pays de cocagne peuplés de people, c’est une fois de plus en jouant avec le comique, l’absurde, le saugrenu, mais aussi le rire jaune et l’émerveillement toponymique, que Jean-Michel Espitallier nous entraîne dans une performance loufoque, drôle, grinçante et forcément à côté de la plaque.

Enregistré le 29 novembre 2013 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point.

Durée : 01:05:44

> les autres Trousses de secours dédiées au travail

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89



Trousses de secours 2e saison : conférences-performances autour de la crise du travail

Formation ouverte à tous : soyez encore plus flexibles, plus compétitifs, plus « zéro défaut » qu’on vous le demande… mais autrement ! Les écrivains, chercheurs, artistes des conférences-performances du Théâtre du Rond-Point renversent perspectives et idées reçues, croient au partage horizontal des savoirs, déboulonnent férocement les piliers de la pensée dominante.

> le programme complet

 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 21 mars 2013 à 08:26

Christian Salmon : Ces histoires qui nous gouvernent #4

De Henry Ford à Steve Jobs, l'émergence du story-telling management

> Premier épisode                  > Episode suivant Dans sa conférence-performance "Ces histoires qui nous gouvernent", l'écrivain et journaliste Christian Salmon poursuit son salutaire travail d'analyse du story-telling. Dans cet extrait, il revient sur un récit édifiant mais fictif qui a joué un rôle décisif dans l'intervention américaine en Afghanistan et même au-delà. "Quoi de plus innocent et charmant qu’une histoire bien tournée ? Les histoires nous distraient et nous instruisent en nous faisant rêver. Désormais, avec la technique du storytelling, elles nous gouvernent et sont devenues un instrument de contrôle des opinions, une « arme de distraction massive ».L’entrée en guerre préventive contre l’Irak, le reality show au début du mandat de Sarkozy, sa métamorphose en capitaine courage face à la crise financière, l’épopée victorieuse de Barack Obama… Autant de fictions préparées dans le secret de war rooms où s’élabore le storytelling intégré. Christian Salmon nous propose un voyage dans les démocraties contaminées par l’hypermédiatisation, une exploration des mythes politiques à l’âge du néolibéralisme. Une traversée de la crédulité contemporaine. " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

Le 23 décembre 2010 à 12:00

Viktor Orbán plus rapide que "Poutluscozy"

Carte postale de Hongrie

Comment devenir Poutine en son pays quand aucun pétrole ne coule en Hongrie ? Comment régner tel un Berlusconi radieux sur l'ensemble des médias nationaux, Internet compris ? Légiférer dix fois plus vite que l'hyperprésident français ? Lancer la plus grande chasse aux sorcières depuis la chute du Mur et caser ses lieutenants à tous les étages du système ? Après son élection raz de marée en avril dernier, Viktor Orbán va si vite qu'il a laissé tout le monde sur le carreau : opposition, opinion publique, presse, chancelleries, Bruxelles... En huit petits mois seulement, le nouveau Premier ministre est en passe de devenir un autocrate exerçant un pouvoir absolu sur la Hongrie — en toute légalité. Fort de son emprise sur le Parlement à Budapest (sa machine de guerre, le Fidesz, y tient deux tiers des sièges), il a pu modifier à répétition la Constitution, pomper dans le gisement des retraites privées, faire placarder son credo nationaliste dans tous les établissements publics du pays, distribuer des passeports aux minorités hongroises des pays voisins, savonner le pouvoir de la Haute cour de justice, nommer un champion d'escrime à la présidence de la République et, par exemple, un ancien Hell's Angel des "Motard Goy" à la tête de Radio Petöfi, la meilleure station musicale du pays.Sur Radio Kossuth, le France Inter magyar, un journaliste a eu le courage de faire une minute de silence à l'antenne après avoir annoncé la création d'une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH) contrôlée majoritairement par le Fidesz d'Orbán : tous les médias, publics comme privés, devront corriger des informations jugées erronées par la NMHH, sous peine de très lourdes amendes «pour manque d’objectivité politique». Depuis son acte héroïque, on n'entend plus guère le brave homme sur les ondes de Radio Kossuth, il doit être en train de songer à une reconversion radicale.Maigres protestations : plusieurs journaux sont parus mardi dernier avec une première page vide – mais la manifestation qui a suivi n'a rassemblé que 1500 personnes. Les Hongrois sont fatigués de la politique, et Viktor en profite pour courir sur d'autres dossiers. Par exemple l'éviction du metteur en scène Robert Alföldi de la direction du Théâtre National, après qu'un parti d'extrême droite ouvertement anti-rom et anti-juif a réclamé sa tête parce qu'il était "une pédale, un pervers, un Juif indigne du théâtre national" (> pétition internationale de soutien).Ah oui, encore une chose : la Hongrie prend la présidence tournante de l'UE au 1er janvier. Viktor sera au centre de la photo. Bonne et heureuse année en Europe !

Le 22 février 2013 à 11:21

Jean-Charles Massera

Trousses de secours en période de crise

Samedi 23 février, l'écrivain Jean-Charles Massera est sur la scène de la salle Roland Topor et ouvre pour nous sa trousse de secours en période de crise. Pour ventscontraires.net, il accepte de répondre à quelques questions. La crise, c'est quoi ?C'est de ne pas trop savoir où on se projette, de ne pas savoir ce qu'on peut faire (éventuellement ensemble) pour être un peu plus et sous-vivre un peu moins… Si mes souvenirs sont bons ça s'appelle une crise de sens. Est-ce notre monde qui "part en sucette" ? Pour devenir quoi ? Pour aller où ?Disons qu'il ne cesse de s'améliorer depuis le Moyen Âge, mais qu'il a encore quelques problèmes dès qu'il s'agit de faire la différence entre la fin et les moyens. Il devient donc meilleur, mais a un peu de mal à passer l'âge de raison pragmatique. Cela dit, le fait de ne pas savoir où il va est plutôt une bonne chose, ça laisse la porte ouverte au travail. Dans "La Sorcière", Michelet disait que lutins et  fées n'étaient autres que les dieux de l'Antiquité réfugiés au Moyen Âge sous la jupe des bergères... Sommes-nous comme ces bergères, incrustés de grands idéaux du passé réduits à l'échelle de simples biens de consommation ?L'avantage des biens de consommation, c'est qu'apparemment ils nous occupent à autre chose qu'à faire la guerre. Là où la consommation n'est pas encore arrivée à notre stade, la guerre menace souvent. Donc gardons la consommation et les corps seront bien gardés. Reste que c'est pas avec ça qu'on va s'épanouir. Pas plus qu'avec des idéaux d'ailleurs (les idéaux ça nous rend trop petit(e)s). N'avons-nous d'autre horizon que d'être héroïquement lâches ?Esthétiquement, certainement (si l'art pouvait changer le monde, ça se saurait). Nous autres, "petits blancs hétéro occidentaux" comme vous l'écrivez, avons-nous encore envie de rire de nous-même ?Disons qu'après une journée de travail, ça détend, mais c'est un peu juste pour s'en sortir. Ce qu'il faudrait surtout là, c'est travailler à autre chose qu'à cette complaisance vis-à-vis de notre supposée incapacité à imaginer un autrement. Ce qui n'exclut pas le rire hein… Vous écrivez des livres, vous êtes en clip sur Internet, vos textes et votre voix sortent des hauts parleur radio, vous commencez à exposer dans des centres d'art et à réaliser des films. Qu'attendez-vous particulièrement de la scène de théâtre ?Des spectateurs (à qui Benoît Lambert et moi-même pourront refiler l'envie de s'inventer un peu de mieux-être et l'énergie nécessaire pour se bricoler les bons logiciels). Le théâtre ça permet de discuter de deux ou trois trucs assez urgents, de manière directe. Le but c'est qu'ensuite on rentre chez soi avec une furieuse envie de vivre mieux et la conviction que c'est possible en bossant un peu. Si vous deviez proposer une trousse de secours pour l'Europe, qu'y aurait-il dedans ?Beaucoup moins de mecs et beaucoup plus de nanas… surtout dans les programmations culturelles. Et tant que là-dessus on ne bougera pas, on ne pourra pas trop se la ramener en tant qu'outil critique du monde. > http://www.jean-charles-massera.com

Le 7 février 2014 à 08:25

Rêves minuscules de comptoir #1

Il suffit de s’accouder au comptoir des cafés et d’attendre. Se laisser bercer par les conversations. Devant un verre. Flotter un peu. Ecouter. Distraitement. Au milieu des mots des buveurs bavards parfois perce, comme une fleur minuscule dans le sous bois des grands discours, un petit rêve. Souvent il s’exprime à voix basse, entre deux éclats. «  Moi si j’avais dix centimètres de plus, je serais parfaite ». Une enfance de l’envie. Un croquis. Une herbe fine qui plie sous la rosée luisante d’une goutte d’alcool. Souvent, cela commence par «  moi j’aimerais bien que… », «  moi si j’étais… » Ces minuscules rêves de comptoir dessinent des personnages frêles comme des grands mômes. Les buveurs ne veulent pas grandir. Soudain, le gros gaillard du bout du bar s’exprime et retrouve ses dix ans, on écoute sans se gêner le rêveur qui parle, sans déranger. Il aimerait bien « avoir un chien qui parle », ce rêveur, là bas, qui boit du blanc ! Et pourquoi pas ? Petit rêve de comptoir tombé sur le zinc comme une graine minuscule. Il se dégage de ces mots une grande douceur. Le buveur signe une trêve avec lui-même et avec les autres. Stop. En vision infrarouge, le rêve de comptoir se reconnaît à son halo pourpre couleur des roses trémières.Ce sont ces rêves de comptoir qui, peut être, nous font traverser la vie avec un éclat vif encore et toujours piqué au fond des yeux. Il existe des vieilles dames au visage flétri dont l’œil pétille et nous disent que,  «  si elles volaient, elles rentreraient chez elles par la fenêtre, plutôt que prendre les escaliers. » Joli rêve de vieille dame endimanchée, recroquevillée devant son kir framboise servi en aquarelle. Œil améthyste. Cheveux gris bleu.Ces rêves de comptoir sont une soie. Un trait d’air frais. Une légèreté soudaine. Des vacances. Une critique de la raison pure en quelques mots. Poèmes à la mie de pain ! aurait dit la vieille dame qui boit du kir framboise et rentre chez elle par la fenêtre en volant. Du brut de décoffrage ! aurait dit le maçon en faisant claquer sa large paume sur le zinc.Ces petits rêves mis bout à un bout font une grande chaine du rêve. Un guide pour la main. Les doigts serrés sur cette corde tendue nous avançons. Petits rêves essentiels qui donnent la direction. Vraiment oui, cela nous fait du bien de nous lancer au visage tous nos rêves minuscules ! Pour nous prouver encore la plasticité de nos cœurs élastiques. Plaisanterie sucrées. Roses et bleues comme des dragées. Petits jeux de l’esprit. Espiègleries. Pensées buissonnières. Un pas de côté. Galéjades !  Enfants grisés sautant pieds joints dans des flaques de mots. La vieille dame qui vole en a toute une collection de petits rêves en quatre mots collés dans ses cheveux. Phrases très légères. Douces. Transparentes parfois. Je les ai écoutés s’exprimer ces petits rêves à tous les comptoirs visités des villes et des campagnes. Il faut frapper des mains pour les voir s’envoler comme des nuées de papillons, tourbillonner au dessus de nos têtes et se reposer sur nos épaules. Petits rêves agiles et colorés ! Presque rien et presque tout. Je les ai notés sur ce carnet qui ne me quitte jamais pour en faire un jour un petit livre. Un petit livre avec son trèfle à quatre feuilles. Un petit livre porte bonheur. Petit bouquin à 2 euros. Soit deux cafés. Un demi. Deux brins fins de muguet achetés sur un trottoir à un gamin.Il suffit de s’accouder au comptoir, alors penchons nous sur le zinc. Il suffit de commander à boire, alors commandons ! Les petits rêves de comptoir se préparent à l’envol. Buvons à la santé des minuscules rêves de comptoir. Que vivent les petits rêves et s’envolent à leur suite les gens qui les portent en eux !           Si c’était que moi, le trèfle à quatre feuilles porterait bonheur à partir de deux feuilles.     J’aimerais bien avoir les pieds plus grands, j’adore les chaussures !     C’est dommage que la salade porte pas bonheur comme le muguet.    

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication