Thomas Vinau
Publié le 09/01/2014

Tiny Tim, clochard céleste


Portrait 46

Tiny Tim est né en 1932 et il est mort en 1996. Tiny Tim est né sur scène, au sommet d'une tulipe, et il a cané de même, une belle crise cardiaque sur les planches en plein concert. Tiny Tim était un extraterrestre plus humain que les humains. Tiny Tim était un colibri enfermé dans la gueule d'un ours. Une fleur dans un corps de vampire. Tiny tim était un éléphant dans un magasin de porcelaine et le magasin de porcelaine c'était sa vie. Il chantait d'une voix de falsetto et jouait du ukulélé. Il était délicat et triste. Sensible et solitaire. Moitié freak, moitié hippy, moitié chanteur lyrique, moitié crooner, ça fait beaucoup de moitiés pour un seul homme. Autant de moitiés dans une si petite voix, ça a plu à la télé dans les années soixante. Après c'est les Beatles, John Wayne, Johnny Carson et compagnie. Un show à Las Vegas au sommet de sa gloire. Puis sa carrière s'essouffle et lui aussi, jusqu'à mourir sur scène et ressusciter quelques années plus tard dans un épisode de Bob l'Eponge. Amen.

Né en 1978. Habite dans le sud avec sa petite famille. S'intéresse aux choses sans importance et aux trucs qui ne poussent pas droit. Est un etc-iste et un brautiganiste. Se prend parfois pour le fils de Bob Marley et de Luke la main froide. S'assoit sur le canapé. Se reprend. Décapsule. Ecrit des textes courts et des livres petits.
etc-iste.blogspot.com 

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Le 29 avril 2014 à 15:06

Travail, Famille, Freak Show

La question de la famille ne se poserait pas si l’homme était capable de subvenir seul à ses besoins. La question de la famille ne se poserait pas si l’homme pouvait, seul, s’en sortir. Or, à mesure que nous avançons dans l’Histoire, une minorité toujours plus petite devient toujours plus riche alors que la majorité de l’Humanité est plongée dans une misère de plus en plus grande. Que le jovial Pascal Lamy propose désormais d’accumuler les jobs en dessous du SMIC alors que les super-riches se sont encore enrichis jusqu’à l’obscénité ne doit donc étonner personne : cette « crise » n’est pas une anomalie historique, ce n’est pas une erreur ; c’est étudié pour ; c’est la règle stricte de leur monde infernal. Du coup, la zone de compensation, ou le service après-vente inventé par ce monde, a été la « grande famille de l’Etat » – un peu comme naguère la « grande famille du cinéma » – des maffias au sens le plus strict du terme : des « familles » de substitution, attendu que l’homme n’est toujours pas payé pour son travail (et il le sera de moins en moins) mais nourri de subventions en raison d’une allégeance qui le permet, en contrepartie, de travailler. Famille d’un côté, patrie de l’autre, pétainisme partout : nous sommes maudits ! « Tracas, famine, patrouille » disait Léon-Paul Fargue. Ou plutôt, il faudrait citer Groucho Marx en hôtelier devant les grooms non-payés de Coconuts : « Le salaire est la base de l’esclavage des prolétaires – et je veux que vous soyez libres. » Nous travaillons, mais nous ne sommes pas payés, nous appartenons, soit à la famille, soit à la patrie. Du coup, face à cette double impasse, il est temps de trouver une solution. Celle-ci est, et a toujours été, la Famille des Freaks, la « Tod Browing & Schlitzie Appreciation Society », la Parade des Monstres – l’Utopie. Aujourd’hui, il est impossible de regarder Freaks (1932) sans pleurer. Certes, nous avons déjà presque totalement perdus les monstres eux-mêmes, suite à un eugénisme scientifique strict qui ne dit pas son nom et qui, déjà à l’époque de Browning, se proposait de débarrasser les familles américaines de ces « êtres encombrants ». Nous avons perdu les hommes-limaces qui allumaient leurs cigarettes avec leurs lèvres, les sœurs siamoises qui jouaient ensemble de deux saxophones sopranos et surtout les pinheads androgynes microcéphales au langage mystérieux et qui se collaient contre vous pour un câlin protecteur. Mais nous avons surtout perdu ce qui les reliait, cette relation magique, au-delà de l’amitié, qui tient au sentiment d’étrangeté réciproque et qui devrait toujours être la source des amours humains. Nous avons perdus leur de la solidarité cosmique, leur espèce de rosicrucianisme d’opérette, leur maçonnerie bricolée de forains : « We accept you ! We accept you ! One of us ! One of us ! Gobble-Gobble ! Gobble-Gobble ! » En perdant les freaks, c’est nous que nous avons perdus. Nous avons perdu ce que nous avions de plus beau, de plus noble, de plus juste. Nous devons retrouver la solidarité des monstres, cette façon de ne jamais voir la Terre que comme un territoire hostile sur lequel les bizarres doivent s’entraider pour survivre. Nous devons recommencer à voir la Terre comme la route des pèlerinages de la parade des monstres et des forains, dont chaque lieu n’est qu’une étape et la géographie d’une épreuve, comme dans la série Carnivàle de Daniel Knauf (2003-2005). Plus que jamais, nous sommes pris en sandwich par une fausse gauche et une vraie droite, appels à choisir entre une fausse démocratie et une vraie dictature. Refusons ce chantage. Reconstruisons la Famille des Freaks ; notre famille.

Le 3 septembre 2013 à 10:37

Bilan de l'été : encore des dizaines de morceaux de musique massacrés à la guitare sur les plages en France

Le ministère de la culture vient de publier son traditionnel bilan des morceaux de musique les plus massacrés à la guitare cet été sur les plages. Les chiffres stables par rapport à l’été 2012 restent toujours préoccupants. L’indétrônable No Woman No Cry Le standard de Bob Marley reste cette année le morceau qui a été le plus malmené sur le littoral français cet été, suivi de près par Come as you are de Nirvana et par Wonderwall de Oasis. La référence reggae a été reprise 10906 fois, dont 406 fois par la même personne, un étrange homme blanc portant des dreadlocks aperçu torse nu sur les plages du pays basque. Dans un classement qui ne connaît pas de grands bouleversements, la plus forte progression est effectuée par la chanson Over the Rainbow qui fait un bon de douze places. Le chiffre très préoccupant l’est d’autant plus avec le succès et l’arrivée massive de ukulélés constatés sur les plages, entraînant ainsi l’arrivée de nouveaux standards usant pour les oreilles. On notera un petit recul de certains morceaux vieillissants tels que Hôtel California et Stairway to heaven qui subissent de plein fouet la concurrence des titres de Christophe Maé et de Zaz, illustrant quand même la terrible augmentation du niveau sonore vocal que l’on observe depuis plusieurs années. La bonne nouvelle nous vient du coté des chansons de Gérald de Palmas. En effet, pour la cinquième année consécutive, aucun morceau du chanteur n’a été entendu sur les plages cet été. Des vacanciers qui se mobilisent Interrogés sur les plages, les touristes ne cachent pas leur désarroi. « On n’en peut plus, ce sont toujours les même qui doivent subir le comportement d’une minorité de kékés en bermudas. » déclare Claire, une parisienne venue passer trois semaines de vacances sur la côte d’Azur. La jeune femme avoue ne plus fréquenter que des plages privées ou interdisant leur accès aux personnes accompagnées d’un instrument de musique, et vouloir s’engager au sein de l’association l’Oreille Cassée, qui lutte pour la préservation sonore du littoral en France. Jacques Maroc, président de l’Association nous explique : « Il il y a toujours trop peu de prévention auprès des jeunes. Aujourd’hui, quatre accords suffisent pour jouer toute la discographie de Christophe Maé, c’est une bombe à retardement pour nos oreilles qu’on laisse dans les mains de nos enfants. Et on a aussi besoin que les pouvoirs publics puissent donner aux municipalités de vrais moyens d’action et de répression pour sanctionner les coupables». Aurélie Fillippetti a annoncé lors d’un point presse que « les bons chiffres de cette année ne faisait pas baisser la vigilance du gouvernement sur le problème ». La ministre de la culture a en outre précisé que l’opération de distribution de bouchons pour les oreilles sur toutes les plages du littoral français serait reconduite à l’été 2014. L’opposition dénonce une mesure trop laxiste en rappelant le tragique fait divers qui a vu un homme se faire lyncher par des touristes excédés après avoir entonné Imagine de John Lennon sur une plage de la Baule fin juillet. Le Gorafi  Photo:quavondo / UntitledImages /iStock  

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