le renversiste
Publié le 25/10/2015

Leçon de handball du docteur Tulp


Il peignait l'intérieur de ses tubes de peinture
Il peignait de sa toile le manche des pinceaux
Il peignait sans peinture le derrière du portrait
Pour montrer les couleurs et du noir et du blanc
 
Il cherchait dans ses rêves les détails du réel
Il cherchait dans le monde l'irréel de l'envers
Il cherchait dans son cœur les impuretés du ciel
Pour saisir la raison de ses toiles à l'envers

Effacer sans effroi tout le fond de ses formes
Déchirer les pinceaux arracher la peinture
Sous ses pas de géant tout petit minuscule

Puis peindre comme ses pieds tout l'empire du pire
Pour salir les travers de l'affaire de l'homme
A l'envers et contre tous il se jouait de l'Art.

 

Ren Versiste
 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 13 novembre 2012 à 08:00

Rapport Gallois : le monde littéraire divisé

“Bavard”, “Une intrigue mal nouée” ou “Un suspense haletant” et “La naissance d’une franchise” ? Le monde de la littérature est fortement divisé après la publication du “Rapport Gallois”. Si certains éditeurs et magazines jugent sévèrement le style de Louis Gallois, d’autres estiment qu’il représente un auteur à suivre. Compte rendu.   Contre Attendu avec impatience, le « Rapport Gallois » est jugé très sévèrement par le milieu littéraire. Pour Gallimard ce rapport « est long et inintéressant . Louis Gallois n’avait clairement pas les épaules pour se lancer dans une telle aventure, son style ne résiste pas à la litanie des chiffres, il n’y apporte rien ». Même son de cloche chez Flammarion. « Il y avait un potentiel, mais Gallois échoue totalement. Le lecteur n’est jamais transporté, on ne ressent rien pour les personnages ». Pour Albin Michel « La littérature n’a pas besoin de Louis Gallois. On a rarement vu une intrigue aussi mal nouée, M. Gallois ne sait hélas clairement pas exploiter son histoire » .  Pour beaucoup,  la non-sélection du rapport dans les prix littéraires de ce mois de novembre est une douche froide de plus pour le gouvernement.   Pour Le jugement est plutôt nuancé pour le Magazine Littéraire qui voit en Louis Gallois un successeur possible à Michel Houellebecq. « La litanie des chiffres et des tableaux encercle le lecteur, c’est froid, c’est clinique, on retrouve tout à fait le style de Michel Houellebecq, M. Gallois a su parfaitement se fondre dans le moule » . Pour Livre Hebdo, « Il faut s’attendre à une suite ou une série. Louis Gallois pose les jalons d’un nouveau genre qui fera des émules. Le twist final sur la situation économique en Allemagne laissera les lecteurs sur leur faim » . Un avis que partage Le Monde. « Il y a du James Ellroy chez Gallois quand il nous décrit le fonctionnement des primes à l’investissement » . Pour le Figaro « Le rapport Gallois est un thriller économique à l’ancienne » . Les lecteurs suivront-ils ? Dans l’immédiat, Amazon a annoncé que “le Rapport Gallois” venait d’entrer dans le top 10 des meilleures ventes sur son site.   Le Gorafi  

Le 13 janvier 2013 à 14:43

En direct de la manif pour tous !

L'homophobie pour tous s'habille en rose

On est à la manif pour tous, et c'est vraiment sympa : les gens rient et chantent, c'est très bon enfant, on a acheté des glaces et des barbes à papa et à maman (ah ah ah, quelle trouvaile non ?) Il y a même des bougnoules avec nous. On ne dit rien, parce qu'on est poli, mais alors là, excusez moi, quelle odeur ! Et puis ils crachent partout... Enfin, c'est pour la bonne cause a dit monsieur le curé.On est tous habillé en rose. Bon on déteste cette couleur qui jure atrocement avec le bleu marine des robes à smoke, mais c'est pour le principe, on ne va pas laisser le rose aux péd... aux balt... aux personnes que nous ne sommes absolument pas homophobes d'eux.On chante des Je vous salue marie. On aurait bien chanté du Sardou mais il parait qu'il est pour cette aberration culturelle, Sardou ! On est si déçu. On ira à son concert quand même, hein...Marine Lepen n'est pas là. Un mal pour un bien, ainsi, on ne nous taxera pas de racisme, même si tout de même, elle nous manque, hein.Enfin, heureusement, Bruno Golnisch est là, il est sympa avec son petit air premier de la classe, Himmler du troisième millénaire. Nous on l'aime bien.On a aussi ramené nos chiens, pour qu'ils puissent voir la capitale et puis, le cas échéant, si des filles à poil surgissent d'un gâteau déguisées en nonnes à poil, on leur lâche les bêtes dessus et on pourra dire que c'est un accident.L'autre jour, ça faisait un peu désordre, les skins qui tapaient à coup de tatanes dans notre manif de l'amour. Bon, en même temps, ils faut bien qu'ils se défoulent, ça ne marche pas trop leurs études de droit, alors bon, le sport, la compétition... c'est un dérivatif.On est vraiment content, parce que toute la famille est là. La petite de 5 ans est trop mignonne avec son T-shirt "Je ne suis pas à vendre". On espère qu'on la mariera bien. A son cousin, peut-être, comme ça, ça reste dans la famille.Ho, il y a Frigide Barjot, elle est trop rigolote elle, il paraît que c'est une comique, mais moi je trouve que c'est une femme très comme il faut. Il fait un peu froid, mais heureusement on a pris nos barbours et les dufflecoats qu'on prend pour aller à la chasse."A la chasse aux pédés" a dit Jean-Pierre en rigolant.Je lui ai donné une gentille tape : "enfin, tu sais bien qu'on n'est pas homophobe, on n'a pas le droit de dire des choses comme ça."Le petit m'a demandé ce que c'était que des homosexuels, apparemment il a entendu le mot à l'école (ça c'est l'école laïque, ils apprennent n'importe quoi aux enfants). Je lui ai dit que c'était des gens qui faisaient des choses défendues par Jésus. Le petit mignon m'a demandé de lui lire la Bible, là où Jésus en parlait; il est curieux ce petit, c'est une qualité parait-il, mais c'est parfois pénible..Il est charmant, mais aussi parfois un peu maniéré, parfois je le vois jouer avec mes robes. Ça énerve son père, d'ailleurs. "On va l'envoyer aux scouts d'Europe, ils vont en faire un homme". C'est vrai que l'abbé Machin là... celui qui est toujours en soutane... ah, je sais plus son nom... Bon en tout cas, tout le monde dit qu'il a un EXCELLENT contact avec les enfants. On a de la chance de l'avoir. Il a été débarqué en catastrophe d'un autre diocèse, mais il ne nous a pas dit d'où exactement. C'est dommage, on aurait bien aimé en savoir plus sur lui et sur ses ouailles précédentes.Enfin, en tout cas, c'est très chouette, on va essayer de monter sur la tour Eiffel si on a le temps, et peut être aller faire un peu les soldes. Il faut que je rachète du parfum pour Jean-Pierre avant sa tournée de repré des nouveaux double vitrages. Du Jean Paul Gautier. Comme quoi... la preuve qu'on n'est pas homophobe !

Le 21 novembre 2012 à 17:24
Le 11 février 2014 à 08:02

Faire le signe des guillemets avec ses doigts pourra être éliminatoire lors d'un entretien d'embauche

Tout le monde connaît ce petit geste consistant à lever les bras et à recourber deux doigts de chaque main pour mimer des guillemets lorsqu’on emploie une expression ou que l’on détourne un mot de son sens initial dans une conversation. Agaçant pour certains, amusant pour d’autres, le geste qui divise la société française n’est désormais plus le bienvenu dans toutes les situations et pourra bientôt être considéré comme éliminatoire lors d’un entretien d’embauche. Popularisé dans les années 90 par deux professeurs de français dans un collège parisien, le geste semble aujourd’hui complètement avoir échappé à ses créateurs. « Nous avions inventé ce geste afin d’appuyer notre discours pour nos élèves » explique Mme Mangé, aujourd’hui à la retraite. « Jamais nous n’aurions imaginé un tel succès » ajoute son ancien collègue M. Cazaux qui ne cache pas son désarroi de voir le geste des guillemets utilisé à tort ou à travers. Car si le geste semble avoir triomphé pendant les vingt dernières années, il n’est aujourd’hui plus en odeur de sainteté et se retrouve mis sur le banc des signes dépassés tels que le “V” de victoire . « Je ressens une irrésistible envie de frapper mon interlocuteur lorsqu’il utilise ces gestes » explique Romain Marazé, un fervent opposant . « Encore plus lorsque celui-ci possède des lunettes » précise-t-il. Romain Marazé n’est pas un cas isolé, et ils sont plus de 15 000 à se ranger derrière la bannière de l’association « Repose Cette Main Tout de Suite » (RCMTS) pour réclamer l’interdiction du geste dans certaines conditions. Selon lui, une mesure de restriction permettrait d’éviter le ridicule de ceux qui ne savent pas exactement quand employer le geste et de mettre fin à la provocation de ceux qui osent encore le sortir au bon moment. « Hier encore je suis tombé sur un célèbre présentateur qui s’est obstiné à utiliser le geste avec un nom propre, c’est intolérable » raconte-t-il. L’association lancée il y a deux ans propose de venir en aide à ceux qui sont touchés par une forte dépendance au signe des guillemets. Plusieurs stages organisés partout en France permettraient à des dizaines de Français de sortir de ce terrible fléau. « Nous confrontons le patient à sa propre image pour qu’il se rende compte de son ridicule » explique Romain Marazé qui confesse lui même s’en être sorti grâce aux stages de l’association. Une réelle volonté de s’en sortir motivée selon lui par une expérience plutôt négative : « un énième échec lors d’un premier rendez-vous amoureux à cause d’un mauvais emploi du geste en question » précise-t-il. Le Gorafi

Le 16 avril 2013 à 09:54

« Il y a un pays où on se tire des rafales de mitraillettes dans les pieds tous les matins, un pays qui est dans une névrose mélancolique profonde, c'est la France.

Et il faut comprendre que, macro-économiquement parlant, ça coûte un ou deux points de PIB, la névrose française. C'est un vent contraire absolument massif. »

Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI, Rue 89, 15 avril 2013.     Le voilà donc l’ennemi intérieur, le fauteur de crise, l’agent du déclin. Il tient en deux mots et gangrène à ce point l’esprit public que d’aucun ont cru malin d’en faire un site éponyme. Les vents contraires qui empêchent le pays de prospérer s’appelle soupir de résistance, masochisme de comportement, dérision des pouvoirs. Bref une façon de voir tout en (humour ?) noir. La taxation des riches, c’est un coup porté aux pauvres privés des miettes, l’école le samedi matin, un crime contre l’intelligence, le mariage pour tous l’extinction programmée de l’humanité, les allocs réduites pour les plus aisés, la République menacée dans ses fondements égalitaires, un ministre imposteur, tout le gouvernement complice, la transparence des patrimoines ministériels l’aveu des turpitudes. L’excellent M. Dufourcq a même chiffré l’effet dévastateur de cette paranoïa nationale sur le développement des forces productives. Il est bien placé pour le savoir, à la tête de la Banque publique qui prête aux PME innovantes, il ne parvient même pas à utiliser la totalité des fonds qui lui sont alloués.  Tout est foutu ? Si « Vents contraires » publie cette chronique, alors oui.

Le 19 août 2015 à 08:20
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication