La Régie
Publié le 28/06/2010

Et maintenant, une petite page de publicité !


Annonceurs, décomplexez-vous ! Frappez au cœur ces intellectuels égarés, baladés au gré des vents contraires. Le temps qu’ils consacrent à lire, à se cultiver, à tenter en vain de combler leur irrémédiable “besoin de consolation” assis dans les sièges pourpres et mous de la culture en regardant gesticuler des saltimbanques à moitié homosexuels, est la preuve d’un profond désir de consommation. Offrez-leur la chance de retrouver enfin les sentiers lumineux de la convoitise, et la douce sérénité de la possession.  

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Le 14 mai 2014 à 09:15

Des Ingalls aux Soprano, quoi de neuf docteur ?

Les années 70 : Papa Ingalls et le hug

Une petite maison dans la prairie pour cacher la fin du rêve américain 1974, les USA se réveillent avec une sacrée gueule de bois : Nixon vient de démissionner, le Watergate est dans tous les esprits, la défaite du Vietnam et les premières secousses sur la vie économique du premier choc pétrolier se font sentir. La société américaine est encore prospère : les lois pour la déségrégation sont soutenues aussi bien par les Démocrates que par les Républicains, on parle même d'un Equal Rights Amendment (égalité homme/femme, au niveau salarial notamment, bon il ne verra en fait pas le jour). Pourtant, c'est le bordel, jamais cette démocratie n'avait vécu une telle crise de confiance dans ses institutions : le rêve américain, c'est plus trop ça, quoi... et la figure présidentielle, jusqu'alors presque héroïque, est sacrément égratignée. Et là, le 30 mars 1974, débarque sur le petit écran "La petite maison dans la prairie", librement, très librement inspiré du Roman de Laura Ingalls Wilder (la famille Ingalls a bel et bien existé et le roman de Laura serait même plutôt de bonne facture, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu).   On découvre alors Charles Ingalls sous les traits du viril Michael Landon et sa famille volontairement exilée de la grande ville pour venir se ressourcer aux grands préceptes des pères fondateurs : beaucoup de travail, une vie saine dans les grands espaces et surtout vivre selon les grandes règles de Dieu (chacun sa place et quand t'es énervé, du bois par tonne tu couperas !). Et surtout, surtout une figure paternelle inébranlable : Papa Ingalls comme nous l'appellerons, c'est le roc, le phare vers qui tout le monde va venir chercher des solutions à ses problèmes. Ingalls c'est le type sur qui l'on peut toujours compter : travailleur, courageux, sage et surtout très très pieux ! Dans la famille Ingalls tous les problèmes viennent des étrangers De quoi la charmante famille et son paternel bucheron vont donc nous parler durant près de huit ans ? (oui M6 essaye de nous convaincre chaque fois qu'on va chez papy et mamie que la série est toujours en production mais M6 vous ment !). Eh bien de tout ! Tous les problèmes que l'on peut envisager sont présents : financiers, raciaux, adultérins, de drogue, bref tout ce que les USA traversent... Le seul grand manquant est l'approche réaliste des conséquences bucheronesques de Papa Ingalls : normalement en huit ans il aurait dû déboiser trois Etats, au bas mot. Bien sûr Papa Ingalls a toujours la solution à tous vos problèmes. Généralement le problème est résolu en trois étapes : - un étranger (à la famille s'entend... ça peut être un ami) a un problème et vient s'en confier à un membre de la famille Ingalls (rarement Papa, parce qu'il coupe du bois). - Le membre de la famille, donc au choix l'une des deux filles, la mère ou plus tard le fils, tente de résoudre le problème... mais malgré un volontarisme à toute épreuve, échoue. - On se confie à Papa Ingalls et il résout le problème (sachant que Charles est plutôt humble, donc si on ne le consulte pas, il reste généralement en retrait, se contentant de donner des indices discrètement...).   Le Hug ou la résolution universelle des problèmes familiaux Pour ce qui est des problèmes internes à la famille ? En fait, c'est bien simple : la famille Ingalls n'a pas de problème. Une fille aveugle, me direz-vous ? Oui bon c'est vrai, mais ça c'est juste une épreuve divine que Papa et Maman Ingalls vont vite régler et devenant encore plus pratiquants. Bref, la cécité de la fille devient même un ciment et va renforcer la famille, une bénédiction, quoi. En fait les Ingalls ont trois solutions à tous leurs problèmes : la prière, Papa Ingalls et une sorte d'étrange parade de simulation copulatoire pratiquée aussi par nos cousins bonobos : le Hug ! Effectivement, une grande partie des problèmes rencontrés par la famille va se retrouver résolue par ce simple geste : Maman Ingalls a des doutes sur la fidélité de Papa ? Un hug ! Un indien, noir, mexicain se sent un peu mis à l'écart du groupe du fait de ses origines ? Un hug ! Il n'y a plus d'arbre à couper pour Papa Igalls ? Je ne sais pas ; ce n'est jamais arrivé, il me semble. La figure du père, une constante des séries made in USA Bref, voilà donc que durant huit ans, toutes les crises ont trouvé une solution radicale : du hug, du hug, du hug... et Papa Ingalls. A noter toutefois que le hug n'a souvent lieu qu'une fois que Papa Ingalls à définitivement éradiqué le problème (en gros, sans Papa pas de hug). Soudainement sous nos yeux et loin du tumulte de la société moderne, apparaît donc de nouveau l'homme providentiel américain. La figure du père, comme putative d'une figure politique à la dérive qui consolide par sa sagesse et sa force (passive) le groupe, la famille mais aussi toute la communauté du village où ils vivent. Cette vision du père dans la série américaine va devenir une constante et évoluer (souvent s'assombrir) tout au long des années 80, 90 et surtout 2000. Comment est-on passé de Papa Ingalls à Tony Soprano (papa mafieux dans la série du même nom) ou à Walter White (Papa Meth dans Breaking bad) ? A suivre...

Le 9 novembre 2011 à 07:47

L'enfer est pavé de bonnes intentions

Econotrucs #3

Si nos économies ont aujourd’hui le couteau sous la gorge et menacent de s’effondrer sous des monceaux de dettes, c’est parce que nous l’avons bien voulu : à l'heure où nous cherchons des solutions à la crise actuelle, il est bon de se rappeler que c’est presque toujours en tentant de résoudre la dernière crise que nous préparons les conditions de la prochaine. Cette finance « folle » que l’on dénonce aujourd’hui est le fruit de décisions politiques engagées par des gens rationnels qui pensaient œuvrer pour le bien public. C’est peut-être ça le plus effrayant.   A la fin des années soixante-dix, le modèle né au sortir de la seconde guerre mondiale était devenu inadapté : après deux chocs pétroliers, des crises monétaires à répétitions, les pays occidentaux connaissent des périodes d’hyper-inflation, une baisse de la croissance, une hausse du chômage : le système de Bretton Woods s’effondre. C’est la fin des trente glorieuses et des modèles d’inspiration keynesienne. Pour sortir de cette impasse, les administrations Reagan puis Thatcher décident de « libérer l’économie » autrement dit de la libéraliser : la finance va jouer un grand rôle. C’est la rémunération de l’épargne et des dépôts qui est libéralisée aux États-Unis. C’est le big bang financier de la place de Londres : les investisseurs étrangers se ruent sur la capitale anglaise, qui rattrape en quelques années sa rivale New-York. Les puissances pétrolières enrichies par les chocs pétroliers ont quantité de pétrodollars à placer, et les marchés financiers vont remplir ce rôle.   Ces choix ne sont pas seulement idéologiques : en France, les socialistes suivent rapidement le mouvement . Les entreprises qui peinaient à trouver des financements (même lorsqu’elles étaient privées, elles étaient très largement dépendantes des financements et des banques publiques) et les marchés financiers internationaux vont leur offrir de nouvelles capacités d’investissement, d’innovation et donc de croissance. Le Matif (marché à terme des instruments financiers) est, par exemple, créé à Paris en février 1986. La démographie amplifie le mouvement  : les futurs retraités confient leur épargne à des investisseurs de long terme, le capitalisme devient essentiellement actionnarial.   Dans les années 90, les produits dérivés se développent, de nouveaux marchés apparaissent, la finance s’internationalise. Les petites institutions financières privées se multiplient (Cf econotrucs #1). La sphère financière explose. Pour suivre ce mouvement et soutenir un système bancaire en difficulté, les États-Unis ont progressivement démantelé toutes les réglementations inventées au sortir de la crise de 1929, jusqu’à supprimer en 1999 le fameux Glass Steagall act qui séparait les différentes activités bancaires et qui n'était déjà plus que l'ombre de lui-même. C’est cette finance qui permettait - entre autres - aux États-Unis de retrouver une croissance grâce aux investissements dans ce qu’on appelait la « nouvelle économie ». L’explosion de la bulle de l’internet était rapidement rangée au rang de « crise de jeunesse », et de nouvelles formes de financement apparaissaient avec l’explosion de la titrisation, opération quasi magique qui permettait à la fois à David Bowie de toucher de l’argent sur de futurs droits d’auteur, et à de modestes familles américaines de devenir propriétaires de leur logement.   L’endettement des pays occidentaux grimpait, mais des épargnants chinois étaient prêts à acheter cette dette. La moitié du monde semblait vouloir investir dans l’autre moitié, et on se mettait à parler d’un “Bretton Woods 2” , un nouvel équilibre mondial.   Cette explosion financière aurait du faire l’objet d’une surveillance accrue des marchés et des institutions financières. C’est exactement le contraire qui s’est produit. La finance était une industrie innovante, et on pouvait raisonnablement affirmer qu’à vouloir trop corseter une innovation, on risquait de la tuer dans l’œuf.   En réalité rien n’était bien nouveau dans toutes ces innovations financières, et contrairement à ce qu’on bien voulu nous faire croire nos dirigeants politiques obligés de jouer aujourd’hui les pompiers avec l’argent public, la crise ne nous a pas pris "par surprise" . Si personne n’avait prévu exactement son déroulement, ses enchaînements, et son ampleur, les signaux d’alertes étaient innombrables, les risques que cette finance hypertrophiée faisait courir à nos économies étaient largement connus, et avaient été expliqués par de nombreux économistes. Et comme je sais que vous ne me croyez pas, je reviendrai bientôt là-dessus.

Le 15 janvier 2015 à 12:09

Des histoires

« La flamme est un monde pour l’homme seul »Gaston Bachelard Sous le ciel bas et lourd (de la connerie) qui pèse comme un couvercle, le lendemain est advenu et il a bien fallu mettre un jour devant l'autre. Nous, les grands, encore choqués du coup de conscience derrière la nuque, du morceau de coeur arraché, du recul infligé à la petite épaule rougie de la liberté après la déflagration. Et vous, les petits, nos petits, ou sonnés, ou perdus, ou aussi méticuleusement que possible protégés de l'avalanche lourde et froide, perpétuelle, de tous ces mots accumulés pêle-mêle sur l'ère du temps. Des mots comme terroriste, attentat, prophète, traque, manifestation, otages, juif,  etc. Tous ces mots qui n'expliquent rien. Toutes ces petites boîtes à peur. Lorsqu'on n'y prend garde ce genre de graine ne fait rien pousser de bon. Alors tout le long du jour je m'échine, parce qu'à 5 ans on ne comprend pas le lien entre un dessin et un cadavre, à t'épargner des giboulées sanguinolentes de la bêtise. Télé éteinte bien sûr (ça c'est la base) mais surtout, tenter de t'abriter sous le parapluie de mon rire de cette pluie perpétuelle d'oiseaux morts, de jugements et d’avis, qui tombent partout de la bouche des gens autour de nous, et dont on met un peu plus de temps à trouver la tache incrustée de souillure. Oui, d'abord commencer par n'en rien dire, l'en préserver parce que quoi, ça suffit déjà comme ça la petite Suzie dans la cour qui nous rend chose, l'hôpital pour les vers de terre, la bataille de Laval et Gragger au pays des Legochima, cette histoire de cuillère cassée à la cantine qui se paiera un jour, et l'autre là-bas qui est méchant, bref on a tous une journée chargée, sans parler du cauchemar de l'araignée jaune, ça en fait du pain sur la planche. Et puis surtout ne jamais te laisser l'occasion de demander Papa pourquoi tu pleures ? Et c'est ainsi cahin-caha, à pousser notre boule de peine, que tout ce petit monde atteint un nouveau soir, soleil couché dans l'heure du bain, avec l'envie de dire bêtement merci (on ne sait à qui) d'être après tout, encore intact jusqu'à demain. Et c'est là l'erreur fatale. Bain donc et réflexe (oh l'amateur) de rallumer le poste radio comme ça d'un clic en même temps que le chauffe-serviette, trois mots tombent dans le silence rouge "(...)ont été décapités(...)" avant de bondir sur le bouton et d'enchaîner piteusement sur Nostalgie. Mais c'est trop tard on le sait déjà, d'évidence tu as été touché, à bout portant, par ces trois balles perdues venues de nulle part. Je le vois dans les yeux tout ronds triple diamètre que tu me fais. Le temps d'imaginer comment commencer à dire l'horreur, te voilà qui éclate de rire pendant que moi parfaitement coi, je mets du temps à déchiffrer ce que tu répètes plusieurs fois  : "ont tété, ont tété, comme les tétés des filles" pour finalement me raccrocher, soulagé comme pas deux, au demi croissant de lune, fleur ouverte de ton énorme sourire. Cette fois c'est bon mon cochon mais la prochaine... Car il y aura une prochaine horreur à traverser en lui tenant la main comme on visite des ruines, n'est-ce pas ? Et comme dit Woody Allen "Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire cuire un bon steak." Alors quoi mon p'tit gars, que fait-on de tout ça, de cette réalité, ce mur, ces mots et ces images qui constituent le mur, qui constituent le monde, ces chiens féraux, bêtes sauvages prêtes à te sauter à la gorge, meute de peine et de douleur, d'incompréhension, de questions, de crocs en verre aussi déformants qu'aiguisés, comment les dompter, petit bonhomme, les tenir à distance, avec le fouet de notre amour ? D'autant que j'ai comme l'impression que tu commences jeune ! Moi à ton âge à part le goût des bonbons bananes je n'habitais pas trente-six mystères, tandis que toi, mon minot, avec des questions comme Où est ce qu'on est quand on n'existe pas ? Ou comme Mais dans quoi il est l'univers ? À 6h45 du matin avec des petits bouts de rêves encore collés au bord des paupières, on ne peut pas dire que ta douce curiosité me facilite la mastication des cornflakes. On se débrouille avec les réponses. On se débrouille toujours avec les réponses. Plus ou moins bien. Parce que la vérité n'est pas faite pour consoler. Moi, vois-tu, mon père est mort quand j'avais trois ans. On m'a dit qu'il était monté au ciel. Alors j'ai demandé quand est-ce qu'il allait redescendre. Je voudrais faire en sorte que tu n'attendes jamais que quelque chose redescende du ciel, à part des martinets et des flocons de neige. Je voudrais répondre à toutes tes questions sans en clore aucune. Je voudrais que tu puisses construire une cabane dans le baobab de ta curiosité. Je me dis que depuis toujours les hommes se sont raconté des histoires pour s'épargner de la peur et se consoler de la mort. Je me dis que toutes ces histoires ont fait quelques bons livres et pas mal de mauvais massacres. Je me dis que je voudrais te raconter des histoires sans jamais te mentir. Les vraies histoires ne sont pas des mensonges, ce sont des dragons sauvages qui permettent d'amadouer le monde, tu le sais déjà pendant que nous nous appliquons à l'oublier. Ce dont il faut te préserver ce n'est pas le potentiel d'horreur qui existe en vivre ; tu connais déjà les loups, les sorcières, les ogres et les enfants abandonnés dans la forêt par leur père. Tu connais déjà l'obscurité. Ce dont je dois te préserver c'est la paralysie, l'incapacité à traduire le monde dans une autre langue que celle de la peur et en particulier que celle de la peur des adultes. Ce que je dois te transmettre c'est la capacité à en dire, à en penser, à en faire des histoires. Tous les Dieux sont des histoires et toutes les histoires sont des Dieux. Nous construisons en racontant, nous nous construisons en nous racontant. Tout le piège consiste à confondre histoire et mensonge. Dieu est une histoire d'apparition qui sert à expliquer la disparition. Un enfant ne demandera jamais tout seul qui nous a créés, par contre il ne manquera pas de demander ce que c'est que de mourir. A cette question mon fils, je t'ai raconté l'histoire que j'ai choisie. Il y en a d'autres. Poussière d'étoile, fumier, réincarnation de moustique, paradis, esprit animal, tu te choisiras la tienne. Chacun ses silex pour tenir dans le noir. Mais veille à partager le feu.

Le 29 juillet 2014 à 08:02

Dieu se demande si activer la fonction « Désastres et épidémies » de son jeu vidéo était une bonne idée

Joueur invétéré, Dieu se demande s’il a fait le bon choix en activant la fonction « Désastres et épidémies » de son jeu vidéo, une simulation assez riche qui permet de jouer avec plusieurs civilisations en même temps. « Je pensais que c’était une bonne idée au début, quand je joue je n’aime pas quand c’est trop facile » explique la divinité qui a commencé à jouer d’abord en « difficulté moyenne ». Mais au fil du temps, le jeu lui a paru un peu répétitif, trop facile. « Je suis passé alors en mode Difficulté élevée  et c’est devenu intéressant niveau gestion, complexe » explique-t-il. Pour corser encore la chose, il décide alors d’activer la fonction « Désastres et épidémies ». Dieu se retrouve alors confronté à plusieurs catastrophes en même temps et à une difficulté de jeu de moins en moins gérable. « J’ai l’impression que mes civilisations ont perdu des XP de culture et de sagesse alors que j’avais atteint un bon niveau. C’est presque devenu injouable d’un coup » se lamente-t-il. « J’aurais peut-être dû lire le manuel de mon jeu avant de m’y mettre mais ça prend trop de temps ». Dieu se demande maintenant s’il doit continuer à jouer, reprendre une vieille sauvegarde ou simplement tout recommencer à zéro. « Honnêtement, ça m’ennuierait de tout recommencer. Je perdrais tous mes trophées et victoires ». Après une relecture rapide du manuel, Dieu tombe alors sur une phrase qui stipule qu’en mode difficile, lorsque les désastres sont activés, ils ne sont dès lors plus désactivables. « Mais c’est totalement nul, comment on peut programmer un jeu ainsi » s’emporte-t-il en jetant sa souris d’ordinateur sur le clavier, actionnant accidentellement le mode « Très Difficile ».

Le 4 octobre 2012 à 11:26

J'avais des hauts, j'avais des bas

j'avais plus ou moins chaud

Je dis pas ça pour râler, mais c'est Mitt Romney qui a remporté le débat. Les juges l'ont déclaré vainqueur à l'unanimité par ippon dans le troisième round. Ça a l'air super important. Quelque part, aux Etats-Unis, peut-être à Punxsutawney mais peut-être pas, d'ailleurs ce n'est pas le sujet, il y a des gens, ils sont, je ne sais pas, représentants en articles de toilettage canin, ou compositeurs de musiques d'attente pour administrations municipales, je ne sais pas, je ne les connais pas vraiment, des gens qui se disent "ah tiens, j'allais voter Obama, mais il a perdu le débat". Ils n'ont pas regardé, hier soir, leur fils cadet Polgar avait une répétition avec son club de ballet, ils ont dû aller le récupérer avec le 4x4 parce que leur fille aînée Gunda avait cassé l'autre voiture en sortant du garage, depuis elle est consignée (mais il faut aussi dire que j'ai une vision des Etats-Unis principalement basée sur les sitcoms des années 90)(sauf pour les prénoms), mais ils ont entendu dire à la radio qu'Obama avait perdu le débat et, du coup, ils vont plutôt voter pour Ralph Nader. Parce que bon, perdre le débat, quand même, ça ne se fait pas, ce n'est pas comme ça qu'on nous a éduqués (rires).    Et c'est pile leur voix qui va faire balancer le Connecticut (ou l'Indiana, je ne suis pas raciste) et ainsi faire pencher la balance, et c'est quand même ballot parce que d'habitude, ils n'écoutent jamais la radio mais là Ramuncho, leur labrador, a appuyé par inadvertance sur le bouton en essayant de ratrapper le frisbee que lui lançait Hans, le voisin noir homosexuel handicapé. Alors bon, quand on voit les milliards que les candidats investissent malgré la crise dans leurs campagnes pour tout perdre sur une blague mal placée en deuxième partie de débat, je me dis que finalement, on aurait mieux fait d'organiser directement des championnats du monde de débat, et à la fin le gagnant est président et tout le monde s'embrasse.

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