Jean-Yves Clément / Henri Demarquette : « La Fantaisie, un caprice bien ordonné. »

L'Université Populaire de Caen... à Paris

Une conférence de Jean-Yves Clément et Henri Demarquette

Petite histoire de la fantaisie musicale, de Sweelinck à Schönberg

Durée : 01:16:59

Enregistré le 19 décembre 2013 dans la salle Jean Tardieu du Théâtre du Rond-Point



"L’UP de Caen se décentralise – à Paris... D’une manière ironique et politique, toute l’équipe vient visiter la province qu’est Paris pour lui montrer qu’on peut résister à la veulerie contemporaine, dans laquelle excelle souvent la capitale, en reprenant le flambeau de la résistance intellectuelle et culturelle au triomphe sans partage, ou presque, de la barbarie libérale." Michel Onfray 

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Le 4 juillet 2014 à 15:28

Bernard Stiegler : "Dans 20 ans l'emploi aura disparu, tout le monde sera intermittent"

Travailler demain #1

Dans ce premier épisodeLa crise des intermittents ne doit pas nous cacher une crise généralisée de l'emploi, qui est amené à disparaître avec le développement universel de l'automation. Mais travail n'est pas emploi : et si le modèle de l'intermittence était appelé à devenir le régime de tous ? À l’époque de l’automatisation généralisée Le siècle dernier était celui du consumer capitalism, produit dérivé du taylorisme : produire à la chaîne et consommer comme le marketing le dicte. On a parlé du keynésianisme et du welfare state de Roosevelt. Mais aujourd’hui, ce modèle semble s’écrouler sous la pression de ses propres contradictions, cependant que se planétarisait la mise en réseau numérique. Celle-ci va provoquer dans les années qui viennent un processus d’automatisation généralisée où l’emploi salarié deviendra exceptionnel : les robots se substitueront massivement aux employés humains. Cette nouvelle époque industrielle ne sera viable que si elle consiste en une renaissance du travail dans une société de contribution où les gains de temps issus de l’automatisation seront massivement réinvestis dans la capacitation et la déprolétarisation du travail : les robots sont des machines qui n’ont pas besoin des esclaves humains pour fonctionner. > écouter le podcast audio complet Enregistré le 20 mars 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89      

Le 25 novembre 2015 à 11:13

Marco Decorpeliada, l'homme aux schizomètres

Conférence-performance de Jacques Adam, psychanalyste ; Marcel Bénabou, historien et écrivain ; Baptiste Brun, historien de l’art ; Dominique de Liège, psychanalyste ; Yan Pélissier, psychanalyste et Olivier Vidal, chercheur en sciences de gestion modérateur Jean-Luc Deschamps « Schizomètres » est le nom d’une révolte, dont le héros solitaire est Marco Decorpeliada (1947-2006). Interné à plusieurs reprises dans différents hôpitaux psychiatriques, Marco Decorpeliada a cherché à répliquer, trait pour trait, chiffre pour chiffre, à l’épinglage diagnostique auquel la psychiatrie le soumettait. Avec ses schizomètres, qu’il a imaginés et réalisés, Marco Decorpeliada met à nu la machine à diagnostiquer du DSM – bible de la psychiatrie « moderne » –, non sans montrer la limite de tout systématisme. Artiste s’ignorant, il a aussi été encarté du côté de l’art brut, autre épinglage auquel ses créations se dérobent, mettant sans dessus dessous les catégorisations en usage dans le champ de l’art. Les schizomètres, outils pour déclassifier, voire clarifier ? Pour répondre à cette question, les meilleurs spécialistes de la vie et de l’œuvre de Marco Decorpeliada – psychanalystes, écrivain, historien de l’art, chercheur en sciences de gestion – débattront de ce génie méconnu et de son impact sur la pensée contemporaine. Conférence-performance donnée le 9 novembre 2015 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point Durée 1:31:20

Le 6 août 2011 à 11:55

Pourquoi les agences de notation conservent sa note AAA+ à la France

Alors que Standard and Poor's dégrade la note de la dette américaine

ventscontraires.net s’est procuré la copie d’une circulaire du ministère de l’Agriculture adressée à la charcuterie Befalon & fils de Vire, à partir de laquelle on peut déduire que Bercy a lancé un vaste plan de mobilisation des éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, pour augmenter de manière drastique la qualité et la quantité d’andouillettes produite ces douze derniers mois. Entre juillet 2010 et juillet 2011, la France est passée d’une production de 18 257 tonnes d’andouillettes dont la note moyenne est AAA à 43.943 tonnes d’andouillettes avec un pourcentage AAAAAA (la note maximale) en augmentation de 48%. Résultat dû au sens civique des éleveurs de porcs et charcutiers, heureux de quitter leur image d'empoisonneur au nitrate des nappes phréatiques. Leur enthousiasme  a explosé les projections les plus optimistes du ministère de l’Economie, qui tablait sur 29.000 tonnes d’andouillettes AAAA en douze mois. Cet excédent a permis à la France d’augmenter sa production de A, de AA, de AAA, de AAAA et de AAAAA dans des proportions sans précédent. Bercy a su ainsi maintenir sa position AAA+ chez les trois principales agences de notation, et mieux que ça, puisqu’elle va pouvoir exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays latins membres de l’UE en leur versant les milliards d’Euros votés récemment en nature – sous forme d’andouillettes. Pour d’autres raisons, essentiellement linguistiques, la Pologne qui souffre dans sa langue nationale d’un manque congénital de voyelles (problème signalé pour la première fois par Roland Topor), s’est montrée également intéressée.

Le 20 avril 2012 à 08:37

Eric Chevillard : l'Autofictif répond à des questions

Entretien avec Eric Chevillard

Peut-on vous considérer comme un marathonien du minuscule ? 42,195 kilomètres à petits pas, vous n’y pensez pas ! Mais disons, pour filer la métaphore, que je cours volontiers sur plusieurs distances, le roman, la note, la chronique. Et bien sûr, quand j’écris un roman, je n’en considère pas moins que mon unité d’écriture est la phrase, donc il y a une tension vers l’aphorisme ou la formule. Et quand je prends des notes, au contraire, celles-ci se proposent aussitôt d’enfler démesurément et de se développer aux dimensions d’un livre. Si bien que j’ai dû mettre au point une stratégie que je trouve assez fine : je laisse mes romans devenir des aphorismes et mes aphorismes des romans ; ainsi, finalement, mes deux pentes naturelles d’écriture sont suivies jusqu’au bout. Avez-vous accompli votre devoir autofictif aujourd’hui ? Prenez-vous parfois de l’avance ? Avez-vous des réserves secrètes ? Où, quand, comment expédiez-vous les trois aphorismes du jour ? Mon devoir, il y a de ça hélas… Un comble, puisque l’idée au départ était justement d’être souverainement libre, qu’il s’agisse du format (si peu apprécié des éditeurs) ou des contenus : tous azimuts. Mais l’assiduité aussi fait partie du principe de l’entreprise et je me dois de ne pas lâcher l’affaire. Il me semble que se dessine ainsi, jour après jour, un tracé qui vaut bien ceux de l’électroencéphalogramme et de l’électrocardiogramme pour juger de ma santé physique et mentale. C’est aussi la forme d’une vie. J’ai souvent en effet des notes d’avance, elles me viennent par rafales… Mais je construis le petit triptyque quotidien juste avant de le poster, comme on dit, avec l’envie souvent de donner à lire les notes les plus récentes. Quelques-unes finissent par être oubliées dans le puits sans fond de l’ordinateur. Enfin, je publie mon billet vers minuit, depuis chez moi ou depuis mon netbook si je n’y suis pas. Etes-vous maniaque, bordélique, voleur, prolixe, jaloux, douloureux  ? Maniaque et pointilleux comme la plupart de ceux qui rêvent d’une révolution générale qui ne laisserait pas debout une seule pierre de ce monde… Pour vous ces pépites d’écriture sont-elles : des romans morts-nés ? des graines de romans ? des fulgurances aussi vite oubliées qu’écrites ? autre ? Des décharges nerveuses, des parades et des ripostes, des épées tirées et des sabres avalés. Des pensées d’idiot affectant la forme sentencieuse que le sage affectionne, ou au contraire des idées auxquelles je tiens lancées comme des plaisanteries. En fait, je crois que je n’en sais rien. Tout est possible dans ce carnet, des formes élaborées, des griffonnages, toutes sortes de tentatives hasardeuses, de spéculations, de paradoxes.   Pourriez-vous un jour écrire un “De qui se moque-t-on ?” sur l’aphorisme ? Non, parce que ce serait redondant. Tout aphorisme en effet dit plus ou moins cela, « de qui se moque-t-on ? » Etes-vous un geek de la littérature ou un poète du net ? Je n’ai pas la religion d’Internet. Je publie mes livres, y compris L’Autofictif. J’écris pour l’essentiel au crayon sur de petits carnets ou de grands cahiers, et encore c’est parce qu’on ne trouve plus de stylet et de pierres à graver. Mais je dois reconnaître qu’Internet offre à l’écrivain l’expérience inédite de la présence, le direct, lui qui semblait voué à ne pouvoir jamais exister qu’à contretemps de ses contemporains, comme s’il évoluait de son vivant même à la manière d’un fantôme, dans la brume d’une indécidable et toujours virtuelle postérité. Paradoxalement, donc, c’est ce monde virtuel d’Internet qui lui permet de prendre corps dans l’époque et de vivre l’écriture comme un art martial, où le réflexe compte autant que la méditation.   > Le dernier billet d'Eric Chevillard sur ventscontraires.net > Les aphorismes d'Eric Chevillard mis en ligne sur son site l'Autofictif sont rassemblés et édités par les éditions de l'Arbre vengeur

Le 20 mars 2013 à 08:31

Dégager l'horizon !

Modernité On/Off

Soirée animée par Philippe Lemoine avec la complicité de Jean-Michel Ribes Enregistré le 18 mars 2013 dans la salle Renaud-Barrault du Théâtre du Rond-Point durée : 03:00:13   Le débat suit le mouvement en 3 temps de la publication : « Dégage ! Libère ! Respire ! »."Dégage !" avec la participation de Laurent d'Ursel et Xavier Löwenthal, auteurs du Manifeste du dégagisme, (Le dégagisme est l'ers du taon) ; Valérie Peugeot, chercheuse à Orange Labs (Big data, la nouvelle Pythie ?) ; Frédéric Joignot, journaliste au quotidien Le Monde (Dégage le storytelling). Et la contribution de grands témoins : Catherine Ferrant, déléguée générale de la Fondation Total, et Malcolm Hammer, porte-parole de Génération Précaire. "Libère !" avec la participation de Didier Toussaint, consultant (Libérer l'homme de son loup) ; Matthias Leridon, président de Tilder (En finir avec l'art dépressif) ; Jean-Christophe Mieszala, directeur général McKinsey France (Libérer l’investissement pour retrouver la croissance en Europe).? Et la contribution de grands témoins : Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, et Gérard Mestrallet, président de GDF-Suez. "Respire !" avec la participation de Thanh Nghiem, pionnière du libre et durable (La culture du partage, horizon d'avenir ?) ; Philippe Gargov, urbaniste (Masturbanité : les libertins guidant le peuple) ; Daniel Tammet, écrivain (L'humanité augmentée).Et la contribution de grands témoins : Jean-Paul Bailly, président du groupe La Poste, Marjorie Carré, en charge du programme The European Network du Forum d'Action Modernités, et Christian Vanizette, fondateur et animateur de la plateforme collaborative MakeSense.? Pour la note artistique de dégagement : les Vagabond Crew, multiple champion du monde de breakdance, Six saynètes dégagistes, une performance du quatuor belge Annabelle Dupret, Xavier Löwenthal, Ivana Momcilovic & Laurent d’Ursel, un extrait de Modèles, le dernier spectacle de Pauline Bureau, et le duo électro-rock Dunndotta Le Forum d'Action Modernités est un réseau d’idées et d’actions qui a pour ambition d’imaginer la modernité du XXIe siècle en proposant des représentations collectives à la fois positives et crédibles.  En s’appuyant sur la mise en réseau de milieux très divers (entrepreneurs, artistes, ONG, intellectuels, etc.), il articule les idées et les actions dans une perspective de transformation ; il vise à structurer des alliances et à fédérer des énergies.Fondation sous l’égide de la Fondation de France, Le Forum d’Action Modernités est une fondation pluri-partenaires aujourd’hui soutenue par GDF-Suez, le groupe La Poste, LaSer et Total. Elle est dirigée par Philippe Lemoine, et a pour président d’honneur, Edgar Morin.

Le 21 août 2015 à 11:34

Perdu dans Tokyo #3

Journal de l'auteur associé au Théâtre du Rond-Point

20 août Paniques Debout à quatre heures. Moments de craquages. Quand la fatigue prend le dessus sur tout, sur la ville, l'adaptation impossible à un environnement en tout étranger, insaisissable, incompréhensible. Plus aucun repère viable. Perte du langage, des mots, de l'alphabet. Panique à bord et rétropédalage. Crise d'angoisse. Manque de sucre, aussi, peut-être. Il n'y en a quasiment nulle part. Peur du temps à passer perdu là. Réveil en sursaut. Puis ça passe. La chambre Espace meublé, chambre 607. Une chaise, bureau long et fin accolé à la fenêtre unique. Un petit miroir, une bouilloire, une lampe, un appareil électrique dont je ne comprends pas la fonction. Une boîte de mouchoirs, un peignoir, une petite poubelle, un sèche-cheveux et une lampe de poche. Une télé, un grand lit, un petit meuble bas sur lequel poser la valise. Un cabinet de toilette avec douche baignoire-sabot, petit lavabo et wc avec jets multiples comme partout. Au-dessus du lit, un crochet pour un tableau, reproduction quelconque. Mais là, rien, pas de tableau. Le crochet tout seul. La connexion Internet est mauvaise et la disposition de l'espace rend compliquées mes quarante minutes de gym du matin, rituel vital. Je prétexte le bruit et la mauvaise connexion, je demande à changer de chambre, si possible. On est très aimable, aucun problème. J'espère retrouver une chambre disposée autrement, sinon plus spacieuse. À quinze heures, j'entre dans la 1039. Tout y est parfaitement identique, au même endroit, même dispositif, mêmes objets, placés pareil. Même fenêtre, même salle de bain, même chambre. Tout exactement pareil. Et au-dessus du lit, même crochet, et pareillement sans tableau. Mon amie Masako rit, me dit qu'au Japon, on a un sens particulier de « l'égalité ». Je ferai ma gym sous le bureau.  Les cendres du père Après-midi de stage. Exercices et jeux. Mes hôtes Kenichi Shinomoto et Hyo Hirota, organisateurs, directeurs, responsable de la Japan Directors Association, filment, consignent, observent et travaillent, me laissent carte blanche. Bienveillants, attentifs, présents. Autour d'eux, d'autres observateurs, assis, sages, studieux, notent. Je crois qu'ils dorment, je vérifie, ils sont seulement très concentrés. Après-midi de travail autour des textes et des chansons. Je suis au piano, entouré des stagiaires qui entonnent les chansons de Moi aussi je suis catherine deneuve et des Couteaux dans le dos. On fait des battles de chorus (je n'aurais jamais cru un jour pouvoir écrire ça). On retraduit encore. Faire rentrer les mots japonais, toujours plus longs que les mots français, dans les notes. On travaille à jouer autre chose que ce qu'on dit, à dire autre chose que ce qu'on joue. On imagine un défunt patriarche. Je leur demande de venir rendre un dernier hommage au mort, en lui disant le texte d'une chanson japonaise imbécile qu'ils connaissent. Cela fait naître un rire tragique, un décalage grinçant. Douloureux et drôle. J'évoque les cendres du père de Sortir de sa mère, que ses enfants endeuillés transformaient en enduit pour boucher les fissures de leurs murs. « Papa, partout avec moi », disaient-ils. Sur l'île de la Réunion, la pièce avait été très bien accueillie, mais l'idée de jouer avec les cendres des morts avait été mal vécue, mal reçue. Au Japon, ce n'est pas si compliqué. Mais on m'explique qu'ici, les méthodes de crémation ne sont pas tout à fait les mêmes. En plus des cendres, il reste toujours des os. 

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