Jérémie Zimmermann : Comment défendre nos libertés en ligne ?

La Quadrature du Net

Inventer son travail en contribuant à un Internet libre

Après le scandale PRISM, une distinction claire est en train d'apparaître aux yeux de tous entre la technologie qui contrôle et la technologie qui libère. Un Internet vraiment libre devrait permettre aux individus de reprendre le contrôle sur leurs données, leurs communications, leur vie en ligne, ainsi que sur les moyens de la production intellectuelle à l'ère numérique. Mais comment reprendre la main ? Quelles activités créer via ces technologies libératoires ?  Avons-nous les moyens d’agir pour rendre possible un monde numérique plus juste ?
Jérémie Zimmermann est un hacker – au sens étymologique du terme un "bidouilleur" – c'est-à-dire un enthousiaste de la technologie qui aime comprendre comment elle fonctionne pour  la maîtriser et ne jamais se laisser contrôler par elle. Cofondateur et porte-parole de La Quadrature du Net, il milite pour les droits de l'Homme dans la société numérique. Le grand public a entendu parler de lui après qu’il a a contribué avec La Quadrature du Net, de nombreux citoyens et associations, à faire rejeter par le Parlement européen l’accord ACTA, un traité liberticide négocié en secret par 39 pays.

Enregistré le 1er février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point.

Durée : 01:14:42

> les autres Trousses de secours dédiées au travail

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89



Trousses de secours 2e saison : conférences-performances autour de la crise du travail

Formation ouverte à tous : soyez encore plus flexibles, plus compétitifs, plus « zéro défaut » qu’on vous le demande… mais autrement ! Les écrivains, chercheurs, artistes des conférences-performances du Théâtre du Rond-Point renversent perspectives et idées reçues, croient au partage horizontal des savoirs, déboulonnent férocement les piliers de la pensée dominante.

> le programme complet

 

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Le 22 avril 2015 à 09:23

Rodrigo García : "Le Net c'est vertigineux et souvent superficiel"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García au resto du Rond-Point. 3e épisode : le Net. "Pour moi, Internet est un outil de travail magnifique. Par exemple quand je lis un livre et que l'auteur cite un autre auteur qui cite lui-même un auteur, avant, il fallait que j'aille à la librairie, que je me déplace, que j'achète le livre, que je le commande, maintenant je peux savoir rapidement qui est l'auteur. Chacun utilise Internet pour ce qu'il veut. Avant, les gens devaient se déplacer au cinéma porno pour se masturber, maintenant, ils peuvent se masturber à la maison et c'est un avantage parce que les gens peuvent se masturber à la maison et évacuer leurs tensions sans aller au cinéma porno en supportant l'humiliation d'être vus par d'autres gens. Pour la recherche, c'est aussi très intéressant mais il faut faire attention parce que les informations ne sont pas toujours authentiques et elles ne sont pas toujours complètes alors même si j'aime beaucoup aller d'un auteur à un autre, naviguer sur le réseau, je préfère de loin aller dans une bibliothèque, prendre les livres et y consacrer du temps parce que le temps en ligne est un temps vertigineux, très rapide. C'est agréable de prendre le livre, de l'ouvrir, chercher la page et je pense que ça prédispose à une meilleure lecture et à une meilleure compréhension. De l'autre manière, c'est vertigineux et souvent superficiel." Traduit de l'espagnol par Vincent Lecoq

Le 9 janvier 2014 à 06:29
Le 18 mars 2015 à 17:22

Pierre Fourny : "Je me suis mis à couper les mots écrits en deux"

Performer typographe, Pierre Fourny vient le 26 mars au Rond-Point jongler avec les mots qu’il collectionne dans sa ménagerie. Fourny écrit et compose, à partir de la forme des mots, de nouveaux mots par saut périlleux, contorsions, funambulisme. Et vous verrez que le mot arbre cache bien toute une forêt. Une réflexion sur le rapport de notre cerveau à la lecture et à l’écriture. Ventscontraires – On dit souvent que chaque époque a ses usages propres de la langue. Comment caractérisez-vous notre rapport à la langue aujourd’hui ?Pierre Fourny – Je dirais que nous n'avons pas notre langue dans notre poche, ce qui veut dire aussi que nous ne savons plus très bien où nous l'avons mise, notre langue. C'est sans doute le signe de la grande légèreté avec laquelle nous l'utilisons. Une légèreté affranchie de beaucoup de tabous, bénéfique et enrichissante par bien des côtés, mais une légèreté qui n'est pas sans risque pour ces outils fondamentaux que sont les langues (au pluriel cette fois) pour la construction, par le partage de la parole, des êtres humains que nous sommes. Les langues ne s'usent pas si l'on s'en sert. Au contraire il faut s'en servir, dans leur intégralité, pour qu'elles ne tombent pas dans l'oubli. La langue dont on se sert, il faut donc s'assurer de bien se l'être mise dans sa poche, de la maîtriser et de bien la tenir.– Selon-vous qu'est-ce qui menace la langue et qu'est-ce qui la « sauve » ?– Le risque, c'est de trop la tirer, la langue : si elle s'allonge dans tous les sens, elle peut devenir informe. Et on aura beau alors se tirer les oreilles, on ne l'entendra plus. Pourtant, en soi, une nouvelle langue, ce serait plutôt séduisant… mais, dans ce cas, il faut faire le deuil de tout ce qui s'est dit et écrit dans l'ancienne langue. Il faudrait tout traduire dans la nouvelle langue. Ce qui fait durer, triompher une langue, c'est l'écriture (et donc la lecture). C'est quand la langue vient capter l'attention de l'œil et de la main qu'elle trouve son salut. C'est cette alliance avec l'œil et la main qu'il faut continuer à nourrir et faire évoluer, tout particulièrement dans le passage que nous vivons : celui du papier imprimé à l'écran portatif (de type tablette ou smartphone).– Et votre propre langue, qu'avez-vous à en dire ?– Ma langue est en bonne santé, bien musclée. J'aime les sons qu'elle produit, précis, mais aussi la mélodie, dictée par cette règle si étrange qui fait déplacer l'accent tonique en fonction de la signification des mots et groupes de mots que l'on emploie. En français, l'accent tonique est sur la dernière syllabe du groupe de mots qui fait sens. Dans beaucoup d'autres langues, l'accent tonique est le plus souvent fixe, sur la dernière syllabe, ou l'avant dernière, de chaque mot.– Quel événement et/ou quelles rencontres ont façonné votre langue et qu'est-ce qui la nourrit au quotidien ?– L'événement, c'est de l'avoir coupée en deux, ma langue, et un peu celle des autres au passage. Je me suis mis à couper les mots écrits en deux, horizontalement, parce qu'à y regarder de plus près, il s'avère qu'il y a des mots qui contiennent la moitié d'autres mots. Aujourd'hui, les outils dont je dispose me permettent même de découvrir des mots entiers à l'intérieur d'autres mots… L'écriture, la graphie des mots, devient ainsi matière à spectacles, parce que pour voir ce que nous avons pourtant sous les yeux (des mots, mais dans d'autres mots), il faut impérativement l'action : séparer, superposer, recoller les mots entre eux. Sans ces actions, on ne voit rien… rien qu'un mot. Cette découverte a définitivement attiré mon attention sur la puissance de l'apprentissage de la lecture, auquel nous sommes soumis, à l'efficacité en quelque sorte indélébile de cet apprentissage : une fois que nous savons lire, il y a tout un tas de choses que notre cerveau ne peut plus voir, que nous ne devons plus voir.– Nous vous avons proposé de venir au Rond-Point "rattraper la langue"... Comment allez-vous vous y prendre ?– Eh bien je vais vous inviter à ce grand cirque en noir et blanc qui tourbillonne au fond de votre cerveau, le cirque de mots. Ce sont les mots écrits qui tiendront le premier rôle : acrobates, contorsionnistes, magiciens… Ils vont vous demander de les regarder d'un autre œil, ou plutôt ils vont se présenter à vous de telle façon que vous ne les regarderez jamais plus du même œil. Vos yeux liront les mots qu'ils verront, bien sûr, c'est le but de l'écriture… Mais ils se mettront aussi à en voir d'autres, des mots, totalement invisibles jusque-là. Je viendrais ainsi, au Rond Point, révéler le dess(e)in caché des mots écrits !

Le 12 juin 2012 à 10:37

Thierry Illouz : jeter sa robe d'avocat aux orties ?

Avant la lecture de son texte par François Morel

François Morel va lire "A ma troisième robe", texte témoignage de l'avocat et écrivain Thierry Illouz qui plaide pour la défense des assassins, des pédophiles, des dangereux récidivistes, des malades inguérissables, ceux qu’il faudrait à tout jamais exiler de l’humanité. Entretien avec Thierry Illouz Tu es à la fois écrivain et avocat. Est-ce que tu avais mis une séparation entre ces deux activités ou est-ce qu’elles étaient reliées ? Au départ je les pensais séparées, verrouillées  je voulais les tenir le plus éloigné possible et puis petit à petit elles se sont mises à se croiser à s’interpénétrer, à se nourrir l ‘une de l’autre. Je crois que c’est la vérité des choses, nous sommes indivisibles, et surtout l’écriture est une activité vampire qui fouille nécessairement dans toutes nos expériences pour y trouver sa substance même. Qu’on le veuille ou non.   Comment as-tu réagi à la proposition que nous t’avons faite d’écrire une conférence sur ton métier – et en particulier sur tes plaidoieries pour ceux qu’on appelle des “monstres”? D’abord j’ai redouté ce rapprochement total entre les deux activités.  il fallait à nouveau prendre les gants pour défendre ceux que je refuse de voir comme des monstres (ce n’est pas rien de pouvoir le faire par les temps qui courent), mais il fallait aussi cette fois parler directement de soi, parler  de son travail, de ses rencontres, de ses fatigues, il fallait ramener le réel sur la table. Mais les procédés de l’écriture, le dialogue avec ma robe, l’idée du lieu même du théâtre ont au contraire ramené le débat sur l’intime des sensations, sur l’histoire, sur le souvenir, sur les mots. Le réel est là, il est installé dans l’imaginaire.     Quel est le statut, pour toi, du texte que va lire François Morel, par rapport à tes autres écrits ? C’est un texte du dévoilement, tous les textes le sont, mais c’est aussi un texte de militant, de conviction. Est ce exactement du théâtre ?  C’est la question que je me suis posée et la réponse est sans doute que le théâtre est pour moi tout cela aussi : le verbe est une arme de conviction (le métier d’Avocat le sait). J’ai déjà parlé dans mes textes de la banlieue, de la dépossession,  du reproche social. Et le théâtre c’est aussi le lieu des cris, de la voix, du mouvement des corps, des costumes et des robes donc. J’y ai mis sans doute un peu tout cela plus frontalement au sens biographique que dans mes romans ou mes pièces, mais avec la même nécessité de dire, de parler aux gens. De tisser un moment. De le partager.   Tu l’avais lu toi-même il y a deux ans au Rond-Point. Comment ça s’était passé pour toi ? Et à présent qu’il est entre les mains de François Morel ? C’était un moment merveilleux d’intensité et terrible d’inquiétude, c’était plaider sans robe, sans protection, sans  filet. Mais j’ai appris ce qu'on ne peut comprendre que sur la scène (ce n’est pas  un tribunal, quoique...) : l’échange avec le public ( ce n’est pas un  juge, quoique...) ; le silence et la voix ; le vide au bord duquel les acteurs parlent. Et j’y ai connu la sensation d’avoir été entendu. Je ne voulais pas reprendre ce texte moi même, j’avais peur de ce qu’il contient de ma vie et que je ne peux me risquer à redire. Il faut que ce ne soit plus moi, il faut un personnage et si c’est François Morel ce sera forcément mieux que moi. Ce serait ça le rêve de toute écriture, soi et mieux que soi. La fiction c’est plus juste que la vérité et jouer c’est plus que vivre.   Alors, tu dis qu’un avocat n’use que trois robes dans sa vie. Alors ta troisième robe, ça se présente comment ? La deuxième  commence à montrer de sacrés signes de faiblesse, j’y ai découvert il y a quelque jours à l’audience un bel accroc ; il va falloir songer à prendre des mesures pour la troisième... à moins que je ne jette la seconde aux orties pour écrire. "La robe aux orties" c’est l’expression consacrée pour ceux qui quittent ce métier, je ne sais pas pourquoi les orties ?  Les blessures, les marques, les  brûlures peut être…   Propos recueillis par Jean-Daniel Magnin  

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