Romain Boussard
Publié le 13/02/2014

Une bibliothèque qui brûle...


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
http://rboussard.canalblog.com/
 

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Le 12 septembre 2011 à 08:06

"J'ai fait un dessin de la main gauche pour m'entraîner au cas où on me casse les doigts de la main droite"

Mazen Kerbaj, dessinateur libanais en résidence au Rond-Point (2)

Un de tes confrères caricaturiste, Ali Ferzat en Syrie, vient de se faire agresser ; on lui a cassé les deux mains… Tout ce qui passe en Syrie est très dur pour nous, Libanais. On a un rapport de haine et d’amour avec ce pays. C’est presque le même pays, c’est presque le même peuple. En ajoutant à cela que le type qui s’est fait agresser est un caricaturiste, effectivement ça me touche un peu plus. Il se trouve qu’hier, j’ai fini un dessin sur cette agression pour un journal auquel je collabore au Liban (L'Orient littéraire) pour un article qui parle de cette histoire. C’est une demi-page où je fais six dessins très mal torchés de la main gauche pour m’entraîner au cas où on me casse les doigts de la main droite. J'en avais fait un autre qui avait été refusé par la rédaction : c'était à propos d'un chanteur qu'on a retrouvé avec les cordes vocales arrachées probablement avant qu’on le tue. Il avait lancé une chanson contre Bachar el-Assad qui est toujours reprises dans les manifs. Alors après les doigts cassés et les cordes vocales arrachées, le dessin disait « Aujourd’hui, vous pouvez vous faire enculer gratuitement par le régime syrien en vous torchant cul avec le papier cul Bachar el-Assad ». J’avais dessiné un rouleau de PQ avec des photos de Bachar el-Assad…. Il faut dire que le lectorat de ce journal oscille entre 60 et 80 ans donc c’est surtout la bienséance qui a fait censurer ce dessin.Ça me semble presque un gag débile de casser les mains ou d’arracher les cordes vocales. C’est le moyen-âge : celui qui a vécu par l’épée doit périr par l’épée. Ali Ferzat va apprendre à dessiner avec les doigts de pied, avec le nez… Personne ne voit le ridicule de ce régime ? > Mazen Kerbaj "Gens de Beyrouth - gens de Paris", rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le 1 avril 2010

Absence de commentaires sur ventscontraires.net

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,J’ai repensé cette nuit à notre règle fondamentale : pas de commentaires des internautes… Cela ne risque-t-il pas d’être perçu comme un manque de respect pour nos lecteurs? Comme si nous considérions que leurs avis nous importent peu. Que nous savions, en quelque sorte, qu’ils vont être aussi mauvais sur notre site qu’ils le sont sur les millions de blogs qui infestent Internet ? Avons-nous eu raison d’interdire cette pratique considérée aujourd’hui comme un droit civique (“n’importe quel idiot a le droit d’écrire n’importe quelle connerie au sujet de n’importe quoi “)? Ne sommes-nous pas un peu inconscients de préférer au commentaire la contribution pure et simple ? Où allons-nous, chère amie et co-rédactrice en chef,Jean-Daniel MagninCher ami et co-rédacteur en chef,Vous pensez la nuit, vous ? Non, je ne crois pas que nous manquions de respect à nos lecteurs, bien au contraire. Nous leur faisons gagner du temps, vous savez comment c’est, les zones de commentaires, les gens finissent toujours par s’y insulter ou échanger des conseils de jardinage. Notre ventscontraires.net a une force centrifuge, voyez-vous ? L’énergie ne s’y perd pas, elle y circule. Nous avons des chroniqueurs… qui chroniquent. Les lecteurs, eux, sont invités… à lire. Et s’ils ont envie de chroniquer, ils tentent leur chance dans « Piste d’envol », c’est drôlement bien fait. Ils n’ont qu’à s’inscrire, qu’à écrire… et à attendre. Si leur texte nous plaît, il est publié dans la rubrique « Piste d’Envol », et au bout de trois heureuses tentatives, hop, ils montent chez les chroniqueurs adoubés. Vous voyez que nous avons pensé à tout, cher ami et co-rédacteur en chef…  Laure Albernhe

Le 27 juillet 2015 à 08:41

De la Burqa invisible

Le voile intégral a une fonction : cacher la femme du regard et de la convoitise sexuelle des hommes. Je ne ferai pas ici d’étude socio-politico-religieuse de la question, je me garde cela pour d’autres lieux. Non, ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce sont d’autres voiles intégraux que nous nous mettons sur la tête ou que nous nous laissons imposer : les voiles symboliques. Ils sont la somme de plusieurs facteurs. Naître garçon ou fille induit de la part des jeunes parents et de l’entourage du nouveau-né, un comportement différent. On ne parle pas de la même façon aux bébés filles qu’aux bébés garçons, par exemple (il y a de nombreuses études sur l’ensemble des comportements face aux nouveau-nés, auxquelles je vous renvoie, afin de bien percevoir tous les mécanismes différenciés que nous mettons en place dès la naissance d’un individu). Ce comportement sérié selon le sexe ne va pas s’arranger en grandissant. Nous ne sommes pas du tout traités de la même façon que l’on soit né mâle ou femelle. Si vous avez des enfants des deux sexes, faites l’expérience quelques heures/jours. Notez le nombre de fois où vous vous adressez aux uns ou aux autres, la façon dont vous leur parlez, les demandes que vous leur faites, l’amorce de vos phrases, etc. C’est édifiant. Et même si l’on est attentif à la problématique, même si l’on « fait attention » à ne pas faire de différence, on se rend vite compte que malheureusement on n’agit pas de façon similaire. La prédominance de l’environnement sur les différences d’attitudes entre les filles et les garçons, est un fait. Les filles vont alors « rentrer dans le moule » qu’on leur a assigné*. Et enfiler leur voile. Parce qu’en le faisant elles répondent à une injonction, et qu’il est très compliqué de passer outre, de se rebeller, de dire « NON » (ce qu’on ne leur a pas – ou mal – appris, au demeurant). Plus que les garçons, les filles vont faire ce qu’on leur demande (les parents, la société, ...) : être confortables, se tenir correctement, ne pas faire (trop) de bêtises, ne pas prendre de risques (laissons cela aux garçons ces casse-cous, puisqu’il a été seriné aux filles, depuis leurs 10 mois « Attention tu vas te faire mal ! » à chaque tentative de nouvelle acquisition motrice : autant dire que ça forge la trouille du risque physique, bien souvent surévalué). Les filles vont se conformer à ce que l’on attend d’elles. Élèves plus « scolaires », filières littéraires qu’elles envahissent par la suite (je vous renvoie au séminaire de Pascal Huguet, au Collège de France, intitulé « Les stéréotypes de genre », c’est simplement hallucinant : les expériences réalisées sont à voir, car même si l’on est concerné, que l’on s’intéresse à ces questions, on reste estomaqué face à l’ampleur des dégâts, notamment au niveau de l’appréhension de la réussite scolaire ). Les filles pensent qu’elles vont moins réussir, que c’est moins important et vont ainsi s’intéresser à d’autres choses afin de laisser la place – leur place –, aux garçons. Le voile s’allonge. Or, un voile peut être confortable. Car s’y cacher, c’est devenir invisible, ne plus être vue. Ce qui peut avoir des avantages. Ou du moins considérés comme tels. Ne pas être « dans le monde » est un gage de paix et de tranquillité, relatives. Du moins on peut s’en persuader. Le voile rend toute chose interchangeable. Tel est le prix à payer du Niqab invisible. L’ôter ou le refuser c’est se rebeller contre la société patriarcale et risquer l’opprobre. Les femmes libres le savent. Celles qui refusent la maternité, celles qui refusent le couple, celles qui refusent le foyer, trois dimensions hors desquelles une femme n’a plus de raison d’être, d’utilité à être, dans une société encore pleine de relents de judéo-christianisme. Il y a celles qui refusent d’être financièrement dépendantes d’un homme, qui vont rejeter, toujours, cette possibilité, qui pourtant leur serait aisément « pardonnée ». Puisqu’elles sont femmes, elles ont ce « droit ». C’est inscrit dans l’inconscient collectif. Il y a celles qui se refusent à ne pas donner le meilleur d’elles-mêmes. Et à qui on va demander plus encore qu’aux garçons, lorsqu’elles réclament leur part. Parce qu’elles vont devoir « payer » d’une façon ou d’une autre, leur choix de ne pas se recouvrir du voile symbolique qui est un des attributs les plus douillets qui soient pour les autres (au-delà du fait qu’il puisse leur faire penser qu’il l’est pour elles-mêmes). Pour les hommes, bien sûr. Parce qu’en rentrant dans la danse, les femmes multiplient les facteurs de rivalité, qu’ils subissent déjà beaucoup trop entre eux. Mais aussi pour les autres femmes, qui sont souvent les premières à les rejeter. « Recouvre-toi. Comme tout le monde. Ne fais pas l’idiote, regarde c’est si simple. » Parce que le risque sous-jacent serait – ce qui pourrait être entendu par une telle requête d’indépendance – : ne pas avoir besoin d’homme dans un monde d’hommes. Et ça c’est un discours insupportable. L’égalité ne peut passer que par un affrontement symbolique et par une pédagogie de tout instant. Les féministes ne veulent pas castrer leurs congénères ni voler leur place. Elles ne souhaitent que vivre en harmonie avec eux, à leurs côtés, et leur faire comprendre qu’ils ne risquent rien à accepter qu’elles jouent sur le même terrain, si elles en ont envie. Car, par les différences qui existent entre les deux sexes, l’égalité ne pourra être que source d’enrichissement pour tous. C’est promis. P.S : tu as vu, aujourd’hui je suis polie. * Les garçons aussi, je ne dis pas le contraire, et je sais bien que ce n’est pas forcément toujours évident pour eux non plus.  Dessin : James

Le 10 août 2015 à 09:35

Des Male Tears

- He bébé, tu te rends pas compte, mais la place des hommes dans la société c’est quand même super difficile. - Yo mon frère, on va causer un peu.   Une terminologie qualifie ces plaintes et récriminations, terminologie inventée par les féministes anglo-saxonnes : « les male tears » (alors, même moi qui suis une quiche en anglais j’ai saisi le truc, je te fais donc grâce de la traduction). Quand un représentant du sexe masculin (je précise : un homme blanc cisgenre hétérosexuel de 30 à 60 ans, grosso modo) commence à dire qu’il souffre de la moindre place qui lui est accordée en tant qu’homme et que sa position est difficile, tu peux le regarder bien gentiment (n’agresse pas, même quand tu en as par-dessus la tête, ça sert à rien, sauf à t’épuiser) et lui asséner : « Male tears, mec » Parce que l’homme blanc cisgenre hétérosexuel de 30 à 60 ans est – même s’il ne l’a pas choisi – tout en haut de l’échelle de domination de notre société. Nombreux en sont conscients, mais beaucoup sont encore dans le déni ou trouvent cela insupportable, cette vérité, parce que cela les empêche d’être dans la plainte. Il y a 3 grandes catégories de plaintes. - injonction à la virilité : un homme doit se comporter…. « en homme ». On ne pleure pas, on est un battant, on a de l’ambition, on est courageux et fort, etc. - les difficultés professionnelles, dans un pays où l’hyper compétitivité ainsi qu’un certain immobilisme laissent énormément de gens sur le carreau de l’emploi, - les plaintes de l’ordre de la séduction ou de la sexualité, parce que « aujourd’hui ça devient très compliqué de séduire les femmes, elles sont trop exigeantes », la solitude, les frustrations sexuelles, etc.   Je vais être extrêmement claire : je n’ai jamais dit qu’être un homme c’est facile. Et je n’ai jamais nié ces difficultés. En revanche, ce qui est mis en balance, c’est qu’être une femme est encore plus difficile.   - L’injonction à la féminité. HUHUHUHUHUHUHUHUHU.Hem, pardon. C’est nerveux. - Les difficultés professionnelles. Dans un pays où le travail à temps partiel est celui des femmes, où le chômage des femmes est nettement supérieur à celui des hommes, où les salaires ont un écart de 15 à 20% à postes égaux, et où les hautes fonctions sont investies par les hommes à plus de 80%, je ne vais pas me lancer dans un cours : j’ose espérer que je n’aurai pas à subir de malhonnêteté intellectuelle de qui que ce soit. Parce que je ne crierai pas (voir plus haut), mais ça va me faire énormément fulminer. « Oui mais attends Marie, t’es bien gentille, mais comprends le souci : qui va garder les gosses ?! »… Parce que voilà, il y a ÇA aussi.   - La séduction et la sexualité. « Tu sais, si tu cherches un mec, dans une soirée, ou sur internet (ou n’importe où), toi en tant que femme tu auras bien plus de chances que moi (homme blanc, etc.) de pouvoir vivre une relation SEXUELLE ». Ok. Peut-être bien. Et encore ça reste à prouver, mais j’accepte le postulat (et après on dira que je ne fais pas d’effort…). Et alors ? Parce que clairement, je n’ai strictement rien contre le fait que l’on puisse chercher des partenaires de sexe pour et uniquement dans cette optique, mais encore faut-il que cela soit a minima de qualité…. Or dire : « Mets des photos de toi à poil sur le net et tu vas pécho grave », je vais être extrêmement claire sur le fait que cela intéresse finalement assez peu de femmes et souvent si tel est le cas, dans des contextes ou périodes spécifiques de leur vie (je répète « chacun fait ce qu’il lui plaît », je ne porterai jamais un quelconque jugement de valeur sur la sexualité de qui que ce soit, je m’en fous pour tout dire, je ne fais que rapporter des faits généraux). Mais pour trouver une relation – même si elle n’est basée que sur l’attrait sexuel – un tant soit peu intéressante (quel que soit le point de vue d’où l’on se place) les choses ne semblent pas plus simples pour les femmes que pour les hommes. Et je ne parle même pas des critères liés au physique, à l’âge, à la situation socio-professionnelle, etc. Nous aurions besoin d’un tableau excel. J’ai pas envie. Donc ok, je veux bien admettre que c’est plus simple de se faire choper à l’arrière d’une voiture pour une femme que pour un homme, si le désir nous en prend, mais comme ce n’est pas dans la très grande majorité ce qui est recherché par ces mêmes femmes, je ne peux le valider comme argument du « c’est plus simple pour vous ». Ah oui, une dernière chose sur ce point : arrêtez définitivement de nous parler de vos « pulsions ». Franchement, passé 14 ans, ce n’est plus entendable.   Ma vie est assez facile. Je suis une femme blanche de 40 ans, qui correspond à des critères sociétaux valorisés sur plein de points, j’ai un contexte familial d’ascendance et de descendance protecteur. Je suis assez haut dans l’échelle de domination sociétale (et dans ce cadre il me semble que le féminisme intersectionnel est une urgence absolue et je suis extrêmement admirative de celles qui s’y collent parce que ce chemin est bien plus ardu que le mien). Or je fais attention à ne pas faire de MGBV Tears face à des personnes bien plus dominées que je le suis ; et si cela se produit malgré-moi (puisque personne n’est exempt d’égocentrisme et de Caliméro style), d’écouter ce que l’on me dit. Pour y réfléchir. Tout simplement.   Alors Messieurs, s’il vous plaît, arrêtez de plaindre votre petit nombril en permanence, il se porte plutôt bien, et entendez un peu ce qui vous est dit. Ce sera déjà un énorme pas vers notre égalité.   Dessin : James

Le 7 mars 2012 à 08:39

Chronique Rurale

6ème jour : la notion de paternité.

> Premier épisode                    > Episode suivantIl m’arrive un truc totalement abominable : je crois que je suis enceinte. Ca risque de freiner la mise en place de mon plan. J’ai dû oublier de prendre la pilule. Bon. Je suppute que le père est soit le curé, soit Nadine. De toutes les façons, la notion de paternité est complètement chamboulée par les temps qui courent, et depuis que les hommes se sont mis en devoir de pousser les poussettes et de changer les couches, ce qui est un retournement historique objectivement exceptionnel, compte tenu de l’absence notoire d’exemple et d’héritage en la matière. Les hommes du début du 21ème siècle font preuve, on peut le dire, et sur ce coup-là, d’une rare capacité de remise en question, laquelle ne les laisse néanmoins pas du tout indemnes. Nous sommes foutus, autant le dire.   Je rassure le lecteur, n’allez pas penser qu’une quelconque relation sexuelle ait pu avoir lieu avec l’une ou avec l’autre des personnes précédemment citées (Nadine et le Curé), non. J’opte plutôt pour une sorte d’opération du Saint Esprit, ce qui donc me ferait pencher pour la solution « curé », quoique Nadine ait également un profil virginal et que le Saint homme ne soit pas forcément réputé pour sa chasteté. Je devrais peut-être leur proposer qu’on s’installe ensemble tous les trois ? Nous pourrions réinvestir le presbytère, c’est assez grand. Après quelques menus travaux, ce serait tout à fait habitable. Il faut dire qu’il y a quand même un souci avec l’architecture, dans cette région, à cause des américains qui ont financé la reconstruction, et qui ont très mauvais goût. Mais le Général de Gaulle aurait quand même pu mettre un peu son grain de sel, je le croyais davantage patriote. On est pas des Irakiens, quand même. Bref. Revenons à l’enfant : quoiqu’il en soit du géniteur, cette grossesse subite semble indiquer définitivement que je suis une femme. Mais bon. Ou alors nous vivons une époque dégénérée. On est sûr de rien. Où va-t-on. Et tout ce qui va avec. Du coup avec tout ça je ne peux plus manger de camembert, à cause du lait cru et de la toxoplasmose. Et je vais prendre du bide.

Le 21 décembre 2011 à 12:13

Viktor Orban reprend sa fréquence à Klubradio, la seule radio d'opposition

Carte postale de Hongrie

Le site du Monde.fr nous apprend que l'unique radio d'opposition en Hongrie, Klubradio, a perdu sa fréquence après une décision du Conseil des médias, proche du gouvernement conservateur de Viktor Orban, a annoncé son directeur mardi 20 décembre au soir, à Budapest. "Je n'en reviens pas, je n'aurais jamais cru qu'une radio qui existe depuis dix ans, écoutée par un demi-million de personnes, puisse être traitée de telle sorte", a déclaré Andras Arato, directeur de Klubradio, dans une interview accordée dans la soirée à la chaîne de télévision commerciale ATV. Comme je vous en parlais en juillet dernier, la même Autorité de répartition des fréquences avait contraint la chaîne d'info à devenir musicale, pour qu'elle se taise. Ce à quoi la chaîne avait répliqué en chantant les news :En Hongrie l'autocrate Viktor Orban a muselé la presse d'une manière radicale : désormais journaux, télévisions et radios devront présenter un point de vue univoque, décalqué sur celui de l'agence de presse centrale – à sa botte.Mais Klubradio, une station d'info et de débats indépendante et très écoutée, résiste. Pour la museler, L'Autorité de répartition des fréquences vient de la contraindre à devenir musicale. Réplique immédiate de la station : les news en chantant.C'est la proposition qu'a faite à l'antenne Gyuri Kozma, caricaturiste politique, auteur d'une anthologie des cabarets hongrois, professeur de philosophie à l'université juive et vice-cantor dans une synagogue de Budapest.Klubradio : Tu proposes qu'on chante les news ?Gyuri Kozma (il chante) : Oui, il faut s'adapter à la situation politique Et si le gouvernement veut que Klubradio Devienne une station musicaleAlors il faut chanter au lieu de parler :Dans ce pays joyeuxLes membres de l'opposition joyeuseVont chanter joyeusementA l'heure des infos joyeusesKlubradio :Le pouvoir espère que Klubradio ne parviendra pas à respecter ces nouveaux quotas et qu'ensuite ils pourront fermer la station…Gyuri Kozma (chante) :Justement nous voilàOn va respecter leurs quotas!On peut très bien s'il le fautSe mettre à chanter les infos :Les Grecs vont se ramasser.Les Allemands seront détestés.Mais personne cette annéeNe quittera la zone Euro.Klubradio :Gyuri, peux-tu chanter la visite en Hongrie du chef du gouvernement chinois ?Gyuri Kozma (chante) :Josef Szajer et Gergely GulyasDeux députés membres de la majoritéOnt jugé inacceptable que l'OfficeDe l'immigration et de l'Identité NationaleAit convoqué tous les Tibétains de HongrieAvant la visite de la délégation de Pékin."La liberté de rassemblement est un droit primordial",Ont protesté les deux députés de la majoritéJosef Sajer et Gergely Gulyas.Klubradio :Et quelle a été la réaction de Viktor Orban après ça ?Gyuri Kozma (chante) :Viktor Orban a dit : "Bien sûr on peut manifester,  Mais je compte sur…"Klubradio :Attends tu ne changes pas de mélodie ? C'est quand même Orban qui parle !Gyuri Kozma (chante) :Est-ce que les présentateurs changent de ton quand ils citent des points de vue différents ? Moi je ne sais pas d'avance ce que je vais lire ! Mais bon pour toi je vais changer de tonalité…(il chante)"Bien sûr on peut manifester, Mais je compte sur les manifestantsLes objectifs de notre diplomatieNe doivent pas être compromis!"A dit au Parlement Viktor Orban Avant de la visite de la délégation de Pékin"On peut exprimer ses opinionsSans faire de scandale ni mettre le boxonCar la Hongrie a besoin de ces relations"A dit au Parlement Viktor Orban"Ces rencontres au sommetNe peuvent en aucun cas être dérangées"En collaboration avec notre chroniqueur de Gyugy (Hongrie) Janos Xantus

Le 12 juillet 2011 à 16:13

La radio d'info Klubradio résiste en chantant

Carte postale de Hongrie

En Hongrie l'autocrate Viktor Orban a muselé la presse d'une manière radicale : désormais journaux, télévisions et radios devront présenter un point de vue univoque, décalqué sur celui de l'agence de presse centrale – à sa botte.Mais Klubradio, une station d'info et de débats indépendante et très écoutée, résiste. Pour la museler, L'Autorité de répartition des fréquences vient de la contraindre à devenir musicale. Réplique immédiate de la station : les news en chantant.C'est la proposition qu'a faite à l'antenne Gyuri Kozma, caricaturiste politique, auteur d'une anthologie des cabarets hongrois, professeur de philosophie à l'université juive et vice-cantor dans une synagogue de Budapest.Klubradio : Tu proposes qu'on chante les news ?Gyuri Kozma (il chante) : Oui, il faut s'adapter à la situation politique Et si le gouvernement veut que Klubradio Devienne une station musicaleAlors il faut chanter au lieu de parler :Dans ce pays joyeuxLes membres de l'opposition joyeuseVont chanter joyeusementA l'heure des infos joyeusesKlubradio :Le pouvoir espère que Klubradio ne parviendra pas à respecter ces nouveaux quotas et qu'ensuite ils pourront fermer la station…Gyuri Kozma (chante) :Justement nous voilàOn va respecter leurs quotas!On peut très bien s'il le fautSe mettre à chanter les infos :Les Grecs vont se ramasser.Les Allemands seront détestés.Mais personne cette annéeNe quittera la zone Euro.Klubradio :Gyuri, peux-tu chanter la visite en Hongrie du chef du gouvernement chinois ?Gyuri Kozma (chante) :Josef Szajer et Gergely GulyasDeux députés membres de la majoritéOnt jugé inacceptable que l'OfficeDe l'immigration et de l'Identité NationaleAit convoqué tous les Tibétains de HongrieAvant la visite de la délégation de Pékin."La liberté de rassemblement est un droit primordial",Ont protesté les deux députés de la majoritéJosef Sajer et Gergely Gulyas.Klubradio :Et quelle a été la réaction de Viktor Orban après ça ?Gyuri Kozma (chante) :Viktor Orban a dit : "Bien sûr on peut manifester,  Mais je compte sur…"Klubradio :Attends tu ne changes pas de mélodie ? C'est quand même Orban qui parle !Gyuri Kozma (chante) :Est-ce que les présentateurs changent de ton quand ils citent des points de vue différents ? Moi je ne sais pas d'avance ce que je vais lire ! Mais bon pour toi je vais changer de tonalité…(il chante)"Bien sûr on peut manifester, Mais je compte sur les manifestantsLes objectifs de notre diplomatieNe doivent pas être compromis!"A dit au Parlement Viktor Orban Avant de la visite de la délégation de Pékin"On peut exprimer ses opinionsSans faire de scandale ni mettre le boxonCar la Hongrie a besoin de ces relations"A dit au Parlement Viktor Orban"Ces rencontres au sommetNe peuvent en aucun cas être dérangées"En collaboration avec notre chroniqueur de Gyugy (Hongrie) Janos Xantus

Le 1 avril 2010

Contributions : la question de la censure

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Je vous interroge sur un problème que je qualifierais d’éthique. Madame X (je tais le nom mais son avatar a des ailes de papillons, vous voyez qui je veux dire ?) a parcouru avec succès toutes les étapes de la Piste d’envol. Trois de ses innombrables posts ont fini par être acceptés par nos soins et ont été publiés dans cette section réservée aux internautes. Jusque là tout va bien. Simplement, comme le veut la règle de notre revue fort ludique, certes, mais extrêmement rigoriste quant à son fonctionnement, Madame X a légitimement le droit devenir une chroniqueuse officielle de ventscontraires.net. Ce qui a été fait en grande pompe : Stéphane Trapier, l’illustrateur illustre, lui a dessiné l’avatar de ses rêves (avec des ailes de papillons donc). Madame X vient de nous envoyer une quarantaine de nouvelles inédites qu’elle n’est jamais parvenue à faire publier. C’est infâme, chère amie et co-rédactrice en chef : infâme. Que pouvons-nous faire ? Dites-moi vite !Jean-Daniel Magnin Cher ami et co-rédacteur en chef,Vous avez voulu être chef, maintenant, il faut assumer. Votre neutralité suisse dût-elle en prendre un coup. Un chef, ça fait des choix. Madame X peut avoir toutes les ailes de papillon qu’elle veut, si ses textes ne méritent pas d’être publiés dans notre revue fort rigoriste et néanmoins ludique, ils ne le sont pas. Même chose pour nos chroniqueurs de choix, même chose pour vous, cher ami et co-rédacteur en chef. Et même chose (aïe) pour moi. Pas de collier anti-éthique, dura lex, sed, vous savez… lex.  Laure Albernhe

Le 31 janvier 2011 à 19:17

Comment Ben Ali censurait l'Internet en Tunisie

La censure de type “industriel” d’Internet qu’a pratiqué le ministère tunisien de l’Intérieur pendant dix ans, et que l’on découvre aujourd’hui, n’avait rien à envier à la censure chinoise ou iranienne. Comme son état ultra policier, et les privations de libertés civiques en Tunisie, la cyber-censure a été ignorée de l’Occident et ses cyber-dissidents n’ont quasiment jamais été écoutés ou soutenus. Depuis 2005, ils étaient une poignée, et ont  inventé à eux seuls ce que l’on appelle aujourd’hui le cyber-activisme à travers leur lutte en ligne contre “Ammar”, le sobriquet tunisien de la cyber-censure.Ammar n’existe pas, mais Ammar travaille bien pour le ministère de l’Intérieur, ou bien l’ATI (Agence Tunisienne de l’Internet). Ammar est le chauffeur de la “404 bâchée”. La “404 bâchée” est non seulement une camionnette vintage mythique en Afrique du Nord, c’est aussi une jolie image pour parler à mots couverts d’un site censuré en Tunisie. Une erreur 404, en jargon d’informaticien, est le message d’erreur qu’envoie un serveur informatique pour signifier qu’une page Internet n’existe pas. Cette page web existe, bien sûr. Mais un logiciel de filtrage du web, ou une manipulation policière, empêche tout ordinateur d’y accéder à l’échelle d’un pays. Ce message d’erreur 404 apparaissait si régulièrement sur les écrans d’ordinateurs tunisiens qu’il a inspiré une multitude de graphismes, logos, badges, bannières de blogs, pour protester contre la censure des blogs tunisiens, des sites et blogs étrangers, puis, depuis 2008, des réseaux sociaux, des sites de partages de photos et de vidéos (YouTube,  Flickr, Vimeo, etc).> lisez la suite de cet article sur OWNI

Le 13 mars 2015 à 09:24

Noms (pas très) propres

ou l'altérité interdite

Pendant longtemps, une flopée de mes frères de papier, jugés trop "impolis", étaient bannis des écoles, des universités, de la télé, des bibliothèques publiques et des colloques intellos.Pendant longtemps, le Ministère de la Langue publiait chaque matin la liste des mots qu’il n’était pas de bon ton de prononcer ce jour-là.Des mots/des noms pas très propres.Remplacés par des mots/des noms propres, très propres sur eux, très comme il faut, des mots corrects, polis, lisses, validés par la police, la Police de la Grammaire Orthodoxe.Des mots BCBG, soigneusement filtrés par la brigade lexicale.Une littérature de fonctionnaires émargeant au Ministère de La Langue de Bois.Des scribes obséquieux pour littérature obéissante.Et les gens qu’il ne fallait pas écouter : poètes, écrivains, chroniqueurs, tribuns, activistes, publicistes, éditorialistes, meddah, ménestrels, et autres chanteurs de raï, le genre sulfureux-scandaleux par excellence.Toutes les chansons raï étaient interdites de radio.Des mots/ des noms pas très propres remplacés par des mots/des noms propres.DE LA GRAMMATOLOGIE (Derrida) rapporte ces mots de l’enfant d’El Biar : « La bataille des noms propres suit l’arrivée de l’étranger".Et les gens devenaient étrangers dans leur propre langue, dans leur propre patois, patelin, patrie, dans leur langue maternelle, paternelle, fraternelle, dans leur langue éternelle, dans leur propre intimité, dans leur propre douar, dans leur propre maison, dans leur propre pantalon, dans le creux de leur cœur et les replis de leur âme et l’anfractuosité de leur solitude ;  étrangers dans leur propre langue depuis que, dans les écoles, dans les mosquées, dans les cafés, au cinéma, au théâtre, à la télévision, on ne les entendait jamais car n’ayant pas assimilé la nomenclature des Mots Propres, eux les gens de peu.Les gens sans nom propre.Les gens sans nom tout court.SNP.SDF de la langue.Exclus du Thésaurus des mots officiels et du Logos Central.  Longtemps, on a enjoint aux écrivains d’écrire poli, d’écrire joli et de fermer leur gueule, pour être lus.Après, on a voulu leur clouer le bec pour de vrai.Pour de bon.C’était l’ère du Verbe d’Allah supplantant tous les verbes.Tous les mots."Lis au nom du Seigneur ton Dieu qui a tout créé".Qui a tout crée à partir d’un verbe.Le verbe « LIRE ».Mais eux, ils ne lisaient pas « au nom de Lui ».Ils ne lisaient que Lui.Que ça.A l’exclusion de toute autre parole.Comme si tout le reste, c’étaient Les Versets Sataniques.Et ils décrétèrent que seuls eux avaient le droit d’être publiés, lus, commentés.Obnubilés qu’ils étaient d’avoir le fac-similé du Coran imprimé sur leur hypothalamus.Et ils lui faisaient une promo d’enfer.Comme si Dieu avait besoin d’un agent littéraire.Et ils plombèrent l’ambiance, plongèrent les bibliothèques dans un silence religieux.Un silence de morts.D’une balle dans la narration.Et ce n’était pas une métaphore.Et ils les butèrent un à un. TAHAR DJAOUTDJILLALI LIABESSAID MEKBELABDELKADER ALLOULAAZZEDDINE MEDJOUBIYOUCEF SEBTILAADI FLICICHEB HASNINABILA DJAHNINEMAHFOUDH BOUCEBCIM'HAMED BOUKHOBZABAKHTI BENOUDARACHIDA HAMMADIAHMED ASSELAHRABAH ASSELAHAMEL ZENOUNSMAIL YEFSAHYOUCEF FATHALLAHYASMINE DRISSIOMAR OUARTILANEALLAOUA AIT MEBAREKMOHAMED DORBANENAIMA HAMOUDABRAHIM GUEROUIMATOUB LOUNES......... Djaout (assassiné le 26 mai 1993) l'avait prédit: "À l’heure qu’il est, ils ont déjà brûlé tous les livres en un incendie exorcisant. Ils ont compris le danger des mots, de tous les mots qu’ils n’arrivaient pas à domestiquer et à anesthésier. Car les mots, mis bout à bout, portent le doute, le changement. Il ne faut surtout pas que les mots entretiennent l’utopie d’une autre forme de vérité, de chemins insoupçonnés, d’un autre lieu de la pensée. Ceux qui, défiant l’injonction, s’agrippent aux mots incontrôlés, doivent être mis hors d’état de nuire. Par le bâillonnement, la liquidation si nécessaire." [Le Dernier été de la Raison] Mustapha Benfodil. L'AntiLivre. Roman-document. A paraître.    

Le 20 mai 2013 à 09:33

Lenny Bruce

1925-1966

Né en 1925 à Long Island dans une famille juive, Lenny Bruce se débarrassa de sa jeunesse en devenant soldat en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À son retour du front, il fonda sa propre église et s’autodésigna pasteur ; il fit du porte-à-porte et récolta de l’argent pour une léproserie en Guyana. Le Jésus qu’il proposait n’était pas très convenable, alors la police l’arrêta.
   Son humour iconoclaste et son éloquence n’étant appréciés ni par l’Eglise ni par les tribunaux, il trouva asile dans les cabarets. Il continua ses prêches ; son ambition était de guérir les lèpres du racisme et de l’hypocrisie.
  La société ne le toléra pas longtemps ; elle n’avait pas encore compris qu’il est plus efficace d’encenser ou d’ignorer les irréductibles. Des policiers arrêtaient Lenny Bruce à la fin de ses représentations. On l’accusait de proférer des obscénités. Pour lui, la seule obscénité c’était le silence. Il s’attaquait à tous les pouvoirs et dévoilait la haine derrière la respectabilité. Il était juif, noir et indien à la fois. Cette guerre contre l’injustice et l’humiliation ne lui laissait aucun répit. Il n’avait pas l’intention de déposer les armes.
    Sa femme était strip-teaseuse. Lui exhibait son âme. Un abîme le séparait du public. Sur scène, il se trouvait en équilibre ; comme un funambule, il mettait sa vie en jeu en marchant sur un fil. La drogue et l’alcool sont les seuls anges-gardiens sur qui l’on peut compter dans ces cas-là. Bob Dylan a écrit une chanson en hommage à Lenny Bruce où, par une phrase, il dit tout : « Il a combattu sur un champ de bataille où chaque victoire fait mal ».
  Selon un critique, un de ses rares admirateurs à l’époque, il ne parlait pas : il faisait du jazz. Il improvisait avec sa voix, ses émotions et ses idées. C’est en jouant qu’il se créait. Il découvrait parfois ses monologues au moment même où il les prononçait. Lenny Bruce était un artiste. Dans ses one-man-shows, l’humour se mêlait à la politique, la grâce poétique à la colère. Il se moquait du succès et de la reconnaissance. Les rires et les applaudissements ne l’ont jamais corrompu. Il ne cherchait pas à plaire à n’importe quel prix. Il méprisait les compliments de ceux qui croyaient trouver dans ses spectacles de quoi conforter leur bonne conscience progressiste. Il n’hésitait pas à engueuler et à insulter son public. Une telle indépendance coûte cher : il perdit son métier, sa femme, sa maison.
  Aujourd’hui la censure n’est plus nécessaire. Les comiques font des sketchs sur le téléphone portable, leurs amours ou la cigarette. On jette Lenny Bruce en prison chaque jour où l’on ne reprend pas son flambeau. Il n’est pas une relique de la génération beatnik. Il fait partie de notre trousse de secours humaniste. Il est vivant si nous le voulons. Je voudrais que l’on se souvienne de lui comme d’un honnête homme. C’est beaucoup moins fascinant que son image de rebelle scandaleux. Non, il n’était pas scandaleux, ni vulgaire. C’était un héritier de La Fontaine et de Chamfort.
   Laissons-le terminer. À la fin d’un spectacle à New York, il s’adressa ainsi au public : « Je suis désolé si je n’ai pas été très drôle ce soir. Parfois je ne suis pas drôle. Je ne suis pas un comique. Je suis Lenny Bruce ».

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