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Dans quel état sommes-nous ?
Publié le 17/07/2010
 

Cedric Citharel


Chroniqueur

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Acteurs, militaires, caissières, policiers, infirmières, sportifs


L'horoscope des professions

Acteurs : Vous rêvez de jouer dans des blockbusters à effets spéciaux, et comme vous ne parlez pas anglais, vous devez vous contenter d’apparaître dans des films qui racontent des histoires de parisiens divorcés. Continuez à déprimer, vous n’en serez que plus convaincants.
Militaires : Vous avez dit à vos parents et amis que vous vous engagiez pour sauver des vies. A moins d’être devenu pompier, peut-être devriez-vous vous poser des questions sur vos motivations profondes.  
Caissières : Les temps sont durs, et dans le quotidien des petites gens, entre une boîte de cassoulet et un interdit bancaire, vous êtes un rayon de soleil, continuez à sourire.  
Policiers : La guerre civile approche, et on vous équipe de tasers et de gilets pare-balles. Vous avez l’impression que quelque chose ne tourne pas rond. Réfléchissez, mais pas trop quand même.  
Infirmières : Maintenant que tout le monde sait que vous n’êtes pas toutes nues sous vos blouses, les patients ne vous regardent plus de la même façon. Décidément, c’était mieux avant.  
Sportifs : Vous connaissez une petite baisse de régime. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.
 
 

Homme Sandwich



Lui, il rit. Il ne sait absolument pas pourquoi, mais il est comme ça. Il rit. A la radio, on dit que des hommes sont morts, parce que là-bas, c’est la guerre. Il rit. La guerre, elle n’est pas que là-bas, elle est ici, sous ses fenêtres. La guerre que mène celui qui crève de froid. Qui entasse les cartons, on dit que ça tient chaud, les cartons. Et le papier journal. Il s’en est mis tout autour de lui. Ca lui fait une tête de pharaon de l’Humanité. Et un corps couvert de Monde, pour cacher les plaies. Son trottoir est dans un drôle de quartier. Il se serait bien fait un chapeau avec un Figaro. Mais il a peur de geler sous le papier glacé. Lui, de sa fenêtre, il rit, en regardant l’homme-sandwich de la misère. C’est une colonne Morris couchée annonçant le grand spectacle mondial, les jeux du cirque version modernité, Cour des Miracles avec technologie avancée. Vous voulez de la peine ? On vous  l’offre en couleur et à toute heure, vous allez être satisfait. C’est les infos en 3D, plus besoin d’avoir de télé. Il rit. Il referme la fenêtre. Il regarde la neige tomber. Demain, il aura un bonhomme de neige tout frais devant chez lui. Un bout de charbon pris dans la cheminée, ça lui fera un nez. S’il y a un rayon de soleil, les enfants pourront s’amuser.
Prune Victor
Internaute




 
 

Les araignées


Chroniques de mon jardin à moi
Dans mon jardin à moi il y a des araignées grosses comme mon pouce qui tissent des toiles partout, entre les arbres, entre les fleurs, entre les rosiers. Elles sont belles, ces toiles, brillantes de rosée dans le petit matin frisquet. Elles en tissent également entre un rosier et mes volets. Ces toiles-là, je me les prends dans la figure et ça m’agace. C’est poisseux. Et invisible. Tu as l’impression d’avoir un bout de ruban adhésif en travers de la figure. Ou de la barbe à papa. Tu tires dessus et tu t’en mets entre les doigts, dans les cheveux, les narines, les yeux. Et si tu te mets à penser que ces fils sont sortis du ventre d’un animal répugnant, plein de pattes et de poils et qui emprisonne ses proies pour les becqueter, c’est comme si tu la sentais te courir dessus, entre les doigts, dans les cheveux, les narines, les yeux. Petit à petit tu te sens emberlificoté dans un maillage visqueux, nauséabond, tu t’agites mais ça fait vibrer la toile et voilà cette sale bestiole qui descend vers toi, qui agite sa petite bouche, qui en fait gicler le venin qui va te dissoudre, tu la sens dans ton dos qui te suçote comme quand tu suçotes une délicieuse araignée de mer à la terrasse d’une brasserie. Et tu te jures deux choses, la première de ne plus descendre au jardin avant les grandes gelées. Parce qu’elles gèlent ces connes ! Et la seconde c’est de ne plus manger d’araignée de mer. Mais ça c’est vraiment les jours de déprime.
Gérard Levoyer
Internaute




 
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