Jean-Christophe Royer
Publié le 16/05/2014

Prises de Choux - Humour paysan & Dérivés #43


Né le 11/12/65 à Saint-Malo
Habite à Colombes(92) 
Concepteur-rédacteur en publicité.
Marié, deux enfants, un chat, sept guitares.

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Le 13 juin 2015 à 08:53

Turn-over

Est-on seul quand on échange des textos, dans le métro où toujours chacun a été bien plus seul — combien de temps met un corps à disparaître — dans ce café table 12 un geste d'amour pose une main tendre sur une joue — une fourmi tourne autour d'un morceau de sucre tombé au sol — on capte mal dans certains tunnels — il y a eu des pleurs — selon le type de décès, les organes ne meurent pas dans le même ordre — le geste d'amour dure et un sourire apparaît — les cafés sont servis, on se redresse pour laisser au serveur l'accès à la table — deux express — on en profite pour relever ses textos dans un sourire différent — La température corporelle va alors s'harmoniser progressivement avec celle de son environnement — une mouche se pose sur le morceau de sucre — on ne sait pas quel geste ou quelle absence de geste aura provoqué la réaction lente en chaîne qui mènera à la mort de l'un ou de l'autre — qu'est-ce que tu disais ? — quel mot aura été prononcé ou tu qui sera le premier domino d'une longue rangée — vous êtes convoqués à un entretien préalable à — à faire s'écrouler des années plus tard tel ou tel corps, quelle décision de la RH ou quelle conséquence de l'application de telle loi entamera irréversiblement ce corps — oublié par un fragment de conversation initié par le message reçu, le café a refroidi — deux autres fourmis arrivent, la mouche n'a pas bougé, les fourmis touchent un grain de sucre tombé du morceau — la migration des fluides corporels par gravité — on le sucre néanmoins, tintements, regards — on évalue mal le nombre des corps abandonnés par la Cité, quand les hémicycles sont emplis de comptables — les gestes peuvent revenir ensuite, les mains qui se touchent quand le sucre a fondu — combien de temps reste-t-il à ce grain, à ce morceau — le temps et des mots passent — il reste un peu de mousse dorée et sèche à l'intérieur des tasses vidées — il est cependant important de garder à l’esprit que l’arrivée des insectes ne coïncide pas nécessairement avec le moment du décès — qui des fourmis ou de la mouche en aura le plus — la conversation se flétrit — un certain délai peut exister entre le moment de la mort et la colonisation du cadavre par l’entomofaune nécrophage — les mouvements de fin de déjeuner dans la salle ont camouflé le départ des deux dont l'un touchait l'autre, les tasses vont être débarrassées — diptères, coléoptères, lépidoptères — un deuxième service optimisera cette table — l'odeur cadavérique due au rancissement des graisses — entre eux d'autres textos vont circuler qui passeront par cette table et ce moment qu'il y a eut — l'entomofaune nécrophage — un serveur quitte son service et son successeur met de la musique, ritournelle commerciale qui pourrait accompagner une comédie romantique — odeur de beurre rance — un grain de sucre a disparu, une autre mouche est apparue —  Lucilia Caesar — lequel des deux s'est fait licencier, quand était-ce ?  — Sarcophaga Carnaria —  quel instrument mesure, sur le corps du chômeur, son refroidissement intérieur ? — faune nécrophage — quand ce corps est-il atteint de lividité sociale ? — Cynomya Mortuorum — la table est à nouveau occupée, c'est une serveuse stagiaire qui prend la commande — entrecôte, frites — odeur de vieux fromage — raie, riz, carafe d'eau — le serveur intervient pour proposer avec la raie : un verre de Châblis — une escouade regroupe un ensemble d'espèces intervenant simultanément sur un corps durant une étape donnée du processsus de décomposition — un couteau à bout rond est remplacé par un couteau à bout pointu — huit escouades se succèdent sur un cadavre jusqu'à trois ans après la mort — quelqu'un se rend compte que turn-over est à la fois le terme désignant la vitesse de renouvellement des employés d'un service — Necrobia Rufipes — c'est pour la table 12 ! — et le terme désignant le recyclage de la biomasse dégradée — Hofmannophila Pseudospretella  — par décomposition d'un cadavre — c'est monsieur qui goûte ? — le travail des nécrophores est sans fin — non, c'est madame — Tenebrio Obscurus. 

Le 21 février 2013 à 07:53

Pistorius sous stéroïdes le soir du meurtre ? Les fans déçus

Johannesburg – Après les soupçons de meurtre de son ex compagne, Oscar Pistorius fait face à de nouvelles accusations qui pourraient être -celles-ci- fatales pour sa future carrière. Ses avocats pourraient plaider l’influence de substances dites stéroïdes, substances qui pourraient avoir une incidence sur l’humeur. Un examen sanguin a été effectué et déjà les fans sont très très très déçus. La chute d’une idole C’est la désillusion chez les fans et supporters de l’athlète Oscar Pistorius. Le sportif pourrait être convaincu de dopage aux stéroïdes si les tests sanguins réalisés le soir du meurtre sont concluants. Des substances qui ont pour effet d’influer sur l’humeur et qui pourraient expliquer la dispute qui a dégénéré. Une annonce qui tombe comme un couperet pour les fans. « Je suis très déçu. D’abord les soupçons de meurtre, maintenant ça. On se demande où cela va s’arrêter » explique un fan sur sa page Facebook. Pour beaucoup, la carrière d’Oscar Pistorius pourrait être sérieusement compromise.« Après ces tests sanguins, certains sponsors pourraient se retirer pour de bon » souligne un journaliste sportif de l’Equipe. « Il suffit de voir comme Armstrong a vécu ces accusations. Ces soupçons vont lui coller longtemps à la peau. Peut-être que Pistorius devra s’expliquer, comme Lance, et avouer, tout simplement. Pour l’image du sport. ». Dans l’immédiat, certains préfèrent attendre le bilan sanguin avant de prendre position. « Je ne veux pas l’accabler, vous savez, on fait tous des erreurs parfois » explique un autre fan sur la page Facebook du sportif. La Rédaction Illustration: Gabludlow/Flickr

Le 22 mai 2013 à 07:48

Barbares fourmis

Mon arrière-grand-mère n'aimait pas les fourmis. Elle se livrait souvent à des massacres spectaculaires sur ces insectes, mais comme elle était très âgée, je trouvais ceci très sage. Dans ses vêtements noirs d'un interminable deuil, elle faisait chauffer de grandes casseroles d'eau, puis à pas lents, elle sortait péniblement afin de déverser le liquide bouillant sur la fourmilière qu'elle avait repérée. Cela lui prenait du temps, occupait une bonne partie de sa rustre après-midi. Puis elle retournait à ses crochets pour poursuivre un napperon, en silence. Comme nous étions à la campagne, je pensais que ce geste était une pratique ancestrale pleine de bon sens, visant à protéger les pommes de terre qui poussaient ou les poules, d'une barbare attaque de fourmis. Les insectes mouraient tous d'un coup, assez logiquement. Imaginez un tsunami d'eau bouillante sur nos petites villes : nous n'y survivrions pas. Alors j'allais inspecter ce qui restait, un peu comme un Pompéi de fourmis. Elles étaient toutes figées dans leur industrieuse procession. Dans ces vestiges soudain de civilisations, il n'y avait pas beaucoup de surprises, car ces civilisations de fourmis étaient toutes les mêmes, comme si pour survivre, elles avaient dupliqué leur glorieuse mais modeste Histoire de France de fourmis. Je regardais ces désastres miniatures et imaginais avec effroi leurs dernières pensées, sans doute : « transporter pain » . Je me félicitais à chaque fois de ne pas être une fourmi, et de ne pas risquer l'ébouillantement surprise par ma sévère bisaïeule, notamment pendant mon sommeil. Un jour mon arrière-grand-mère est morte. Depuis cette terrible page tournée, les fourmis continuent leur civilisation abondamment distribuée, sans rancune, ni joie, ni mémoire, les poules sont toutes mortes, les pommes de terre toutes mangées.

Le 16 février 2013 à 08:11
Le 8 octobre 2015 à 07:32

Un pratiquant de water-polo se prépare à assassiner un adversaire pour attirer l'attention sur sa discipline

Pierre Larro a 36 ans dont 22 à approfondir sa passion, le water-polo. S’il pratique plusieurs fois par semaine ce sport avec entrain, c’est avant tout pour la sensation de bien-être et de dépassement de soi qu’il en tire. Mais malgré cette satisfaction, Pierre dit ressentir comme une frustration depuis bien longtemps, celle de voir cette discipline qu’il aime profondémentrester dans l’ombre des sports les plus populaires comme le football, le rugby ou le basket. Un déficit évident de notoriété auquel Pierre a décidé de mettre fin. A l’occasion d’un match amical qui se tiendra ce soir à La Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine, il tentera d’attirer la lumière des projecteurs sur le water-polo en assassinant arbitrairement l’un de ses adversaires. Projet. Être au service de sa passion Il assure avoir un plan parfaitement ficelé. Pierre Larro, sans trop vouloir nous dévoiler ce qu’il a prévu, nous révèle quelques pistes de son projet : « Il est possible que je cache un couteau à cran d’arrêt dans mon maillot de bain et qu’en pleine partie je le sorte pour poignarder à la gorge un joueur de l’équipe d’en face. L’option de l’arme à feu est également envisageable. Mais pour ça il faut un complice dans les tribunes qui me lance le pistolet ou le revolver à mon signal et les risques d’enrayement à cause l’eau sont réels. A voir. » Quant à l’identité de sa cible, le poloïste déclare ne pas avoir encore pris de décision : « Ça peut être n’importe qui. Un attaquant, un gardien, je me réserve le choix. Au début je songeais même à tuer l’un de mes six co-équipiers pour que l’action soit encore plus spectaculaire mais j’ai ensuite trouvé cette option bien trop extrême. » Et le futur assassin de préciser : « Je prendrai probablement une décision au moment de rentrer dans l’eau. Un peu d‘improvisation n’a jamais fait de mal. » Enfin, sur l’objectif en termes de retombées médiatiques qu’il s’est lui-même fixé, Pierre Larro estime que ses chances sont grandes : « Si en plus il y a quelqu’un dans le public qui filme ça avec un portable ça peut très vite faire le tour du net et créer un véritable buzz. A coup sûr Jean-Marc Morandini va reprendre ça. Visuellement ça peut être très fort avec le sang qui se déverse dans l’eau et les autres joueurs qui s’affolent dans le bassin. Le water-polo tient peut-être là l’opportunité tant attendue de devenir un sport connu et reconnu mondialement. » Devancer le hockey sur gazon Cet assassinat, Pierre a décidé de le perpétrer aujourd’hui alors qu’il l’avait pourtant planifié pour la rentrée prochaine en septembre. Si le poloïste a choisi d’avancer sa fatale échéance, c’est pour éviter de se faire griller la priorité par d’autres sportifs issus de disciplines trop peu reconnues à leur goût : « Y a forcément un pratiquant de sandball ou de hockey sur gazon qui va avoir la même idée que moi et dans cette course à la reconnaissance, c’est inévitablement le premier à passer à l’acte qui sortira vainqueur. » Illustration: WikiCommons / Vladimir Vyatkin / Владимир Вяткин  

Le 25 novembre 2015 à 14:38

Du crime de nommer un acte meurtrier de passionnel

Salut !Alors voilà, ça fait 12 jours que je ne parviens pas à recoller les morceaux de mon cerveau, genre puzzle éparpillé, 12 jours que j’erre d’un point à l’autre, en faisant des ronds avec mon corps, aidé par une marche mécanique.Et là je me dis : « Marie, tu dois te reprendre, et te remettre au travail, et repartir sur le chemin de la vie, de l’amour, du féminisme et des petits oiseaux. » Et bien aujourd’hui pour fêter ça – mon retour à l’écrit – je vais te parler de … Féminicide !(J’ai pas dit que j’allais écrire sur un sujet rigolo, hein …) Nous sommes le 25 novembre et comme tu le sais peut-être, c’est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.Il s’agit donc de toutes les violences, mais spécifiquement contre les femmes.Le choix est vaste. Je pourrais te parler des viols de masse comme armes de guerre, du harcèlement sexuel, etc. Il n’y a pas de sous cause. Tous ces sujets sont importants.Mais j’ai décidé de te parler d’un certain type de féminicide. Alors on va me rétorquer : ″C’est quoi encore ce « barbarisme sémantique », ce « néologisme de féministes », qu’est-ce donc que le féminicide ?″ Les violences contre les femmes sont systémiques. Elles découlent de ce que l’on nomme le patriarcat. Elles sont une relation de pouvoir, de dominant à dominé. Dans ce système, les femmes sont violentées parce qu’elles sont femmes.Voilà ce qu’est le « féminicide » : tuer un individu en fonction de son sexe. Ça englobe plein de façon de procéder : - Tuer les filles à la naissance, notamment en Asie, où culturellement et économiquement une fille peut être considérée comme un poids pour sa famille. Ce n’est pas sans conséquence (outre le crime) : on assiste à un « déficit de femmes » : les chiffres attestent qu’il s’agit de plus de 100 millions de personnes… - Les crimes d’honneur prémédités (précision plus qu’importante) et exercés contre des individus (très majoritairement des femmes) par une communauté/une famille, qui considère que la victime a porté atteinte à l’honneur du groupe. Les punitions sont connues : jets d’acide au visage, lapidations, etc.(Je te mets pas d’images, tu comprends bien de quels genres d’horreurs je parle). La liste des crimes exercés contre les femmes parce qu’elles sont femmes est longue.Mais je vais préciser pour un cas bien particulier.Je classe dans les féminicides la terminologie que l’on emploie très souvent dans nos médias sur la question du crime dit « passionnel ». La Passion, dans les cours d’Assises françaises (entre autres) semble être une excuse à un meurtre.Ainsi, jusqu’au 11 juillet 1975 (et la dépénalisation de l’adultère), les crimes considérés comme commis sous l’emprise de la passion pouvaient tout simplement être excusés. Jusqu’à cette date, l’article 324 du Code pénal stipulait que « Le meurtre commis par l’époux sur l’épouse, ou par celle-ci sur son époux, n’est pas excusable, si la vie de l’époux ou de l’épouse qui a commis le meurtre n’a pas été mise en péril dans le moment même où le meurtre a eu lieu ». Toutefois, dans les cas d’adultères prévus par l’article 336, « le meurtre commis par l’époux sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable. »  « Oui mais c’était il y a longtemps ! » Heu… Bon déjà 40 ans c’est pas si loin que ça (hem) et surtout ce n’est pas parce qu’une chose n’est plus inscrite dans une loi qu’elle disparaît des esprits. Or c’est bien cela le problème. Je ne parle même pas du fait que cette loi n’était pas symétrique : on parle bien de l’époux sur son épouse mais quid de la femme trompée ? Ah non, elle, elle va casser sa pile d’assiettes et puis basta. Ce qui, en dehors du fait que cela soit une excellente excuse pour se débarrasser d’une vaisselle horriblement moche, est l’acte de violence ultime que l’on peut se permettre d’un individu sur un autre. Parce que non, taper ou tuer les gens, désolée pour la tarte à la crème, mais c’est pas bien du tout. Même si on est très en colère. La passion ça te met des étoiles dans les yeux, ça peut te faire pleurer parfois, mais non, ça ne te fait pas tuer quelqu’un. Ce n’est en aucun cas une justification à la violence. Ce qui crée ce meurtre mal nommé, c’est la perte de pouvoir, la jalousie, la possession. Pas la passion. Tout comme le viol n’est pas un acte sexuel, mais une violence de domination d’un individu sur un autre. Dans les deux cas, il s’agit de violences influencées par le désir de pouvoir. Rien d’autre. Aujourd’hui en France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. Ce n’est pas la passion qui tue, ce sont des individus. Et nous ne devons plus accepter que l’on minore un crime par des excuses qui relèvent du non-sens. La loi a changé, le traitement de l’information par les médias, pas vraiment, et combien de fois a-t-on entendu : « Oui, mais franchement, il faut dire aussi qu’elle était pas hyper réglo… » => Elle l’aurait presque cherché, on connaît la chanson… Non, on ne cherche jamais cette violence, les femmes (en grande majorité*) ne peuvent pas continuer à être les victimes d’un système machiste et violent qui pose comme fait aggravant qu’elles soient femmes et qui réduit l’importance d’une réalité bien concrète. On meurt de violences conjugales et les chiffres baissent peu.Les facteurs sont multiples, mais le vocabulaire et la terminologie employés ne sont pas anodins dans ce processus. CQFD. P.S : Faites l’amour. Comme vous l’entendez. Mais s’il vous plaît arrêtez de vous faire la guerre. …………………………….. * En 2014, 134 femmes et 25 hommes sont décédés sous les coups de leur partenaire ou conjoint. (Chiffres issus du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et du droit des femmes : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Les-chiffres-de-reference-sur-les.html)

Le 13 novembre 2013 à 08:32

Les secours peinent toujours à extraire mémé des orties

Montmorency – Ce midi, les pompiers du Val d’Oise étaient toujours à pied d’œuvre pour tenter d’extirper mémé des orties. La grand-mère, âgée de 84 ans, aurait été poussée dedans hier par un individu malveillant alors qu’elle se promenait seule dans la forêt. Après cet acte que beaucoup jugent « abusif » et « excessif », représentants ou simples Français se disent indignés. Reportage. L’abus Les cheveux blancs en pagaille, une robe à fleurs empêtrée dans les branches et des rougeurs plein le visage, Colette Davet est loin d’être sortie d’affaire. Cette octogénaire est depuis hier prisonnière d’un massif d’orties à l’entrée de la forêt de Montmorency. Blessée à la hanche après avoir été poussée par un inconnu qui a depuis pris la fuite, mémé vit un véritable calvaire. C’est vers 14H16 ce dimanche que Colette entreprend une balade champêtre pour « s’aérer l’esprit et ne pas vieillir trop vite », nous raconte-t-elle depuis son tapis d’orties. C’est quelques minutes après avoir commencé sa marche qu’un homme d’une vingtaine d’années passe près d’elle en courant et la pousse violemment sur le côté. Projetée, celle qui a sept petits-enfants atterrit sur sa hanche droite et le visage en plein dans les orties. Sa hanche est visiblement déplacée et sa peau, elle, commence à démanger sérieusement. Mémé appelle alors au secours, désespérément. Une heure passe, puis deux. Personne ne s’arrête, laissant la pauvre dame à son terrible sort. Jusqu’à ce qu’un homme de 51 ans, François, effectuant son jogging par là décide d’aller voir de plus près Colette Davet. Très vite il alerte les secours : « Y’avait quand même plein d’orties et ça pique drôlement, ou ça brûle…je sais plus trop. Mais en tout cas ça fait pas du bien. J’ai préféré appeler les secours. » Une configuration difficile C’est donc vers 19h15 qu’un premier camion de pompiers arrive sur place. Très vite, les sauveteurs se rendent compte de la complexité de la situation : « Il y a quand même beaucoup d’orties. Il faut y aller doucement. De plus, c’est un type d’intervention auquel nous ne sommes pas habitués. C’est d’ailleurs pas pour rien qu’on nous appelle les « soldats du feu » et pas les « soldats des orties » », nous explique Fabien Haudoin, brigadier chef en charge de l’extraction. La première équipe dépêchée sur place demande donc l’aide du Groupe d’Intervention en Milieu Végétal (GIMV), des pompiers d’élites à même d’agir efficacement dans ce genre de situation. Les membres du GIMV débarquent donc sur les lieux de l’incident aux alentours de 21h50 et prennent les choses en main. Pendant ce temps-là, mémé subit de plus belle les assauts des orties sur son visage et sur ses jambes : « Aïe…ça fait mal…j’ai si mal…aidez-moi…Aïe… », nous confie t-elle alors qu’une vingtaine de pompiers tentent désespérément de l’atteindre. Des tentatives infructueuses Pour l’instant, les équipes de sauvetage ont tenté plusieurs tactiques pour extraire mémé des orties. En vain : « Le recours à l’échelle s’avère totalement inutile vu que la personne se trouve actuellement au sol. Aucun de nos hommes n’est donc en mesure de l’atteindre par ce moyen là. Nous avons aussi essayé la lance à eau pour dégager la victime des orties. Hélas le jet n’est pas assez puissant pour la pousser assez loin, tout juste pour arroser les plantes en fait… », détaille le porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers. Réactions unanimes A l’heure où cet article est publié, les secours continuent de chercher une issue pour désincarcérer mémé des orties. En attendant, depuis la médiatisation de ce fait divers par tous les médias présents sur place, l’opinion publique comme les représentants politiques français, se déclarent choqués. Manuel Valls, qui a modifié son agenda pour se rendre sur place, a notamment déclaré : « Il ne faut pas abuser. C’est un acte abject et qui sera sanctionné par la loi. Nous allons retrouver celui qui a poussé mémé dans les orties et nous le traînerons devant la Justice. » Le Gorafi Illustration: iStock / SanerG / druvo

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 19 mai 2015 à 08:52

Abattu de sang froid par sa compagne après avoir dit qu'il allait « au coiffeur » dans la voiture « à sa mère » 

C’est dans une petite bourgade aux alentours de Lille que l’affaire a débuté. Nadège Legrand, professeur de français dans un collège ne supporte plus les fautesde Bruno, son compagnon de vie et l’abat sur un coup de tête. Une faute d’accord décisive qui fait d’ores et déjà frémir les dyslexiques de la langue française. Ce mercredi matin, c’est l’affolement à Quesnoy-sur-Deûle, personne ne s’attendait à ce geste de la part de Nadège, « une fille du pays qui a toujours le mot juste pour chacun », comme aime à le souligner la boulangère qui l’a vue grandir, de la maternelle jusqu’aux études supérieures de lettres en passant par la Terminale L. « C’est vrai qu’elle parle avec des mots intelligents qu’elle met toujours dans le bon ordre ; c’est la seule que je connaisse comme ça dans le Nord Pas de Calais ». Nadège est réputée être une bonne enseignante, aimée de ses élèves, sévère aussi. Cette sévérité, c’est Bruno qui en aura fait l’expérience. D’après les sources, nulle querelle n’aurait précédé l’acte fatal. Selon le médecin légiste, la victime semble avoir été surprise de l’assaut de sa compagne. Une seule phrase aurait été fatidique. Des témoins oculaires rapportent la scène telle quelle : Bruno serait sorti de leur pavillon en s’avançant vers sa voiture, Nadège lui aurait crié quelque chose du perron, certainement pour s’enquérir de ce que ce dernier allait faire, Bruno lui aurait répondu quelque chose, que Nadège lui aurait fait répéter, et c’est à ce moment que Nadège aurait empoigné un des nains de jardin de la cour et aurait fondu sur Bruno en fulminant. De là, un bref mouvement de surprise de la part de Bruno, et une scène de carnage qui ne se serait achevée qu’une fois Bruno à terre. Ce qu’ils se sont dit, aucun des témoins n’est en mesure de le rapporter. Une histoire de jalousie certainement, qui aurait poussé au crime passionnel. Interrogée pendant sa garde à vue, c’est une Nadège sans remords qui explique : « Ça devait finir comme ça, je le savais. Depuis 7 ans, je le corrige nuit et jour, il ne fait aucun effort, là c’était de trop, je n’ai pas supporté.” Et qui nous donne la clef manquante, bien loin de l’hypothèse émise du crime passionnel : « Et à cet instant il m’a dit : « Je vais au coiffeur dans la voiture à ma mère ». Je lui ai fait répéter pour savoir si c’était de l’inattention, mais cela n’en était pas. Ce n’est quand même pas compliqué d’utiliser un génitif complément de nom exprimant la possession ! « Domus Ciceronis », la maison DE Cicéron. « Carrus Matris », le char DE ma mère, je ne vais pas répéter les mêmes choses indéfiniment. Je fais déjà cela toute la journée avec mes élèves, ce n’est pas pour le faire à nouveau en rentrant à la maison.” L’aplomb et le calme de Nadège ce jour là pour expliquer son acte laissent la police judiciaire et la population de la petite ville désarmées. Les fautes de grammaire auront rarement été autant punies par un professeur de français qu’en cette journée funeste. La Ville de Quesnoy-sur-Deûle a cependant su tirer une leçon de cet incident dramatique et est depuis la première ville de France consommatrice de Bescherelle. Le Gorafi Photo: iStock/art2media Kreativagentur 

Le 18 avril 2012 à 08:49
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