Paul Martin
Publié le 22/04/2014

La peur change de camp


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 14 février 2015 à 09:17
Le 14 mars 2012 à 08:33

Le petit homme à la tête grosse comme une pomme

Histoires d'os 28

Découvert non loin d'Erfoud au Maroc, ce crâne est une anomalie paléontologique de la famille du Canada Dry. Crâne sphérique, mâchoire courte, trente-deux dents impeccablement alignées, trou occipital centré... il présente toutes les caractéristiques qui permettraient de le ranger, sans la plus mince hésitation, dans la lignée de nos ancêtres et le désigner comme un homme. Un homme du genre Homo, attention ! Pas un de ces avatars simiesques qu’on déniche en grande quantité dans les vallées d'Afrique de l'Est !   Toutefois, certains détails du crâne permettent d'entretenir une légitime suspicion. Ne serait-ce que sa taille ! Laquelle ne dépasse guère les dimensions de celle d'une pomme ! Mais il y a également son âge extravagant. Cet improbable fossile, cet ancêtre microcéphale de notre pensante espèce humaine  a été déniché dans un site mondialement célèbre pour son gisement de trilobites et autres animaux marins du Paléozoïque. En un mot, il n'aurait pas moins de trois cent soixante millions d'années. Environ cent fois l'âge de Lucy et des autres hominidés attestés, répertoriés sur la planète.   Proprement incroyable ! Et pour le moins aussi suspect que son état de conservation un peu trop idéal. A moins de considérer que les premiers locataires humains de notre bonne vieille terre étaient des lilliputiens et qu'ils vivaient debout sous l'eau, sans aucun équipement de plongée, bien avant l'ère des dinosaures et des impostures scientifiques.

Le 3 février 2015 à 08:24

Manger de la nourriture : Avantages et inconvénients

Il s’agit d’un de ces petits actes du quotidien auquel chacun est confronté à un moment ou à un autre. On le fait parfois sans réfléchir, pour le plaisir, ou simplement poussé par ce que les experts appellent « la faim », mais manger de la nourriture est-il vraiment bon pour la santé ? Bonne ou mauvaise idée, le Gorafi a testé pour vous. Survivre Manger de la nourriture représente un apport énergétique pour l’organisme qui permet notamment de se mouvoir dans l’espace et de pratiquer de nombreuses activités comme le football, sortir boire un verre, ou encore éviter de décéder. D’un autre côté, manger peut conduire à prendre du poids et ternir votre image de sex-symbol en société. Un élément à considérer sérieusement avant de prendre votre décision. Un hobby coûteux Manger est susceptible de procurer du plaisir, grâce aux endorphines libérées par le cerveau à la suite d’un repas savoureux, ou comme disent les nutritionnistes à la suite d’un « cassage de bide ». En revanche, manger correctement nécessite de posséder de l’argent et donc un travail, ou alors de maîtriser l’art ancestral de la chasse, deux caractéristiques de plus en plus rares dans la conjoncture actuelle. Une logistique à mettre en place Loin d’être acquis, manger requiert une organisation rigoureuse pour se procurer de la nourriture. Au-delà du simple effort physique que représente le déplacement jusqu’à l’épicerie ou au restaurant, il s’agit d’adopter une apparence socialement acceptable pour sortir de chez soi, comme par exemple se laver ou enfiler un pantalon propre. Autant de formalités qui empiètent sur des activités nettement plus ludiques telles que dormir, regarder le dernier épisode de Game of Thrones, ou encore s’endormir devant le dernier épisode de Game of Thrones. Privilégier les aliments comestibles Enfin, manger demande une certaine dose de discernement pour distinguer les aliments comestibles et non comestibles. A titre d’exemple, les légumes ou la viande sont considérés comme bons pour la santé, à l’inverse d’autres produits comme le bois ou la lessive. Plus largement, il est conseillé d’éviter les matières non-organiques, même si selon une étude de l’INSEE, 66% des Français avouent manger l’aluminium ou le cellophane qui enrobe leurs sandwichs, de manière volontaire ou non. En bref A l’issue de ce test, il apparaît évident que manger présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages. Le Gorafi recommande malgré tout de s’alimenter régulièrement puisque les tests de non-alimentation réalisés à la Rédaction ont entraîné le décès de plusieurs journalistes travaillant sur cette enquête. Un état peu confortable puisque le décès reste la troisième cause d’inactivité chez les Français derrière le chômage et le travail dans la fonction publique.

Le 5 février 2015 à 09:40

Là où ça gargouille

- C’est très intéressant.- Pourquoi ?- Ça gargouille. - Qui ?- Vous, là au milieu, ça gargouille.- Je viens de déjeuner.- Et ça gargouille toujours après-déjeuner ?- Parfois. - Intéressant…- Pourquoi ? - Comme ça… (silence). Racontez-moi.- Le déjeuner ?- Votre déjeuner.- J'ai pris le morceau, je l'ai mis dans mon assiette, j'ai saisi couteau (à droite) et fourchette (à gauche), j'ai découpé comme il fallait, ni trop petit ni trop gros, j'ai ingéré comme vous m'avez dit, j'ai mastiqué comme je vous ai vu faire, j'ai avalé comme conseillé, et maintenant ça bouillonne à l'intérieur. - Ça gargouille !- Oui, mais maintenant qu’on en parle j’ai l’impression que ça bouillonne. Il y a des bulles.- Hum… (silence)- Je n'ai pas dévoré, je vous promets que j'ai pris mon temps. Je n'ai pas déchiqueté non plus. Pourtant je ne suis pas du genre à me contenir quand il s'agit de nourriture, vous me connaissez, c'est ma nature généreuse envers moi. Je sais me gâter.- (Tendant l’oreille) Ça frétille maintenant. Et ça bouge, ça s’approche de la région du foie. C’est douloureux ? - Non. - Hop, ça passe de l’autre côté. Qu’avez-vous pris au cours de ce déjeuner ?- Je ne sais déjà plus. J'étais tellement concentré sur le moindre de mes gestes, surtout pas de précipitation, surtout pas d'affolement, tellement appliqué à ma lenteur que je n'ai pas fait attention. C'était sans doute de la viande, un bon steak ou une cuisse de poulet. Fermier, oui, avec une sauce au bleu, délicatement versée tout autour du saumon à l'unilatérale, cuit aller-retour. Il y avait du citron, oui, ou de l'orange... Ah ça se brouille, je suis désolé. C’est très flou. - Hum… (silence). - Ça s’est calmé, non ? - Quoi ? - Le bouillonnement, le gargouillis.- Il me semble, effectivement. - J’ai bien fait de venir vous voir, docteur.- Hum. Revenez la semaine prochaine.

Le 30 septembre 2014 à 08:49

Il ne se souvient plus de ce qu'il était venu faire dans cette pièce

Melun – Étrange histoire que celle de ce jeune homme qui s’est retrouvé seul chez lui, dans l’impossibilité de se souvenir pourquoi il venait de se lever de son canapé pour aller dans sa cuisine. Une histoire toujours inexpliquée au moment où nous écrivons cet article, mais qui heureusement se termine bien. Reportage Le trou noir Il est 16h38 quand Giovanni, étudiant en lettres décide d’arrêter son activité pour se rendre dans sa cuisine. Problème : une fois qu’il pénètre dans la pièce, il ne souvient plus du tout pourquoi il y est venu. De terribles minutes pendant lesquelles « Gio » comme le surnomment ses amis, est pris au dépourvu et ne sait pas comment réagir. « Je me suis retrouvé comme paralysé. Ça faisait comme un trou noir dans ma tête, mais tout petit » confie-t-il lors d’un point presse improvisé dans son salon. Le jeune homme va alors utiliser une technique, celle de revenir sur ses pas et de refaire exactement ses mouvements. Sans succès. Il s’inquiète, commence à respirer de plus en plus vite. Soudain, tout lui revient, comme une fulgurance. Il cherchait ses lunettes. Machinalement, il passe la main dans ses cheveux, pour justement les y trouver. Tout est bien qui finit bien. Mais l’instant de panique intérieure aura cependant duré plus de 3 minutes 12. Giovanni affirme ne plus courir aujourd’hui derrière sa mémoire perdue. « Parfois, je me dis que je suis pas loin d’être passé à coté de quelque chose » dit le jeune homme, expliquant qu’il aurait pu ne pas réaliser une action qui aurait pu influencer le reste sa vie. Mais le jeune homme promet qu’on ne l’y reprendra plus. « Depuis cet incident, je note chaque chose que je m’apprête à faire juste avant de les faire » ajoute-t-il en nous montrant un petit carnet qu’il garde toujours sur lui.

Le 2 novembre 2011 à 08:45

France-Ethiopie

Carte postale d'Addis Abeba

Vue à travers les yeux de bon nombre d’Ethiopiens, la France est un Eldorado prodigieux où l’argent déborde des poches de tous comme d’une fontaine inépuisable, où les gens habitent dans de belles et vastes maisons remplies d’objets de prix, où personne ne meurt de faim, où l’on peut rire publiquement du gouvernement ; bref, où liberté et abondance sont les maîtres mots. Un paradis fermé, inaccessible, dont la clé est un visa. Saint-Pierre, qui la détient, habite à l’ambassade, derrière un guichet vitré. Il a laissé sa barbe et son sourire bonhomme quelque part dans les nuages. Il n’est pas très accommodant.   Moi qui suis français, je ne me laisse pas prendre à ces histoires d’une naïveté amusante. Je ne m’en laisse pas conter, non : je lis la presse en ligne. On y trouve toutes sortes de récits édifiants. Les cantines servent trop de viande, le PSG bat Lens sur le score de 3 à 1, les chiffres des derniers sondages baissent, l’immobilier monte, tel politique de droite gesticule vigoureusement, tel autre, à gauche, mouline des bras pour faire du vent (contraire). Je peux embrasser d’un seul coup d’œil cent petites phrases, mille analyses, cent mille faits divers, tous très importants.   A y bien réfléchir, on s’y perd un peu. Je ne la vois peut-être pas si bien, la France, là-dedans…   Si l’on ne peut croire ni le regard des Ethiopiens ni celui des médias, il me reste du moins les yeux du souvenir. Que vous dirai-je ? Vues d’Addis Abeba, les rues françaises manquent de chiens errants et d’ânes en goguette, de chats pelés, d’eucalyptus, de chèvres, d’odeurs de café frais mêlé d’encens, de soleils froids et rasants, de grands tissus blancs flottant derrière les femmes. Mais on peut y déguster en terrasse, dans ce petit restaurant de la rue de l’Arbre Sec, des planches couvertes de fromages et de charcuterie, arrosées d’un rouge léger de Loire dont la seule évocation me met les larmes aux yeux.   La voilà, tiens, la France que je préfère. Celle qui rigole à une table de bistro dans la fraîcheur automnale, les yeux allumés par le Bourgueil.   Cette table même où, il n’y a pas si longtemps, je rêvais de l’Ethiopie.

Le 4 juillet 2012 à 10:06

L'objet du délire #2

Tout a déjà été dit.

Tout a déjà été dit sur le dentifrice. Les grands penseurs se sont penchés depuis longtemps sur son cas, Aristote, Platon, Nietzsche, Locke, Voltaire, j'en passe. On connaît la rengaine. La silhouette du tube révèle la psychologie du propriétaire : un ventre creux et des extrémités bombées dessinent un personnage impulsif et bon vivant, assez mauvais en mathématiques et versatile ; l'extrémité opposée au bouchon retroussée au fur et à mesure de l'usage augure au contraire d'un caractère calculateur, méthodique mais angoissé, prompt à dérailler lors des crises conjoncturelles. Psychanalyse de lavabo messieurs les penseurs. Quand on a dit tout ça, on n'a rien dit du dentifrice. Rien. Parce qu'on n'a pas parlé de son goût, de ses bandes colorées, (magie de la technique, elles s'entremêlent à la sortie), de l'enfance éternelle qui jaillit sur la brosse. Le dentifrice n'est pas seulement le soleil de nos salles de bain, la moelle substantifique qui irrigue nos vies en parfumant nos bouches, en blanchissant nos sourires, en chassant le soir la carie qui pourrira nos rêves. Le dentifrice, c'est l'onguent qui nous sauve de la sauvagerie, qui crée le baiser et le désir du baiser, l'artifice que la nature n'a pas su inventer et qui fait de nous ce que nous sommes, des êtres humains debout. En vérité, la seule vraie différence entre l'homme et l'animal, c'est le dentifrice. D'ailleurs les animaux ne s'embrassent pas. Ils se reniflent le derrière.

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