Pétula Fox
Publié le 02/05/2014

La Famille Poissons


The Fish Family

Animations, illustrations, et aussi, explorations de lieux périphériques insolites, créations de carnets de voyages entre réalité et imaginaire.

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Le 13 mai 2014 à 08:01

L'amour moins fort que la mort dans 99% des cas

Selon une étude norvégienne publiée ce jour, il semble comme définitivement certain que l’amour est moins fort que la mort. Une constatation inédite qui vient bousculer nombre de croyances et d’idées reçues. Selon ces chercheurs, dans plus de 99% des cas, la cause est la fin de l’activité cardiaque chez le sujet, combinée à un arrêt des fonctions cérébrales. « Dès lors que vous êtes mort, vous ne ressentez rien, vous n’éprouvez plus rien, car vous n’existez plus » explique un chercheur qui a enquêté auprès de 600 personnes qui ont accepté de se prêter à l’expérience. Un panel qui s’est voulu large pour n’exclure personne. « Nous avons fait nos tests sur la communauté hétérosexuelle, homosexuelle, lesbienne, bi, trans, et geek. » souligne l’enquête qui ajoute que « même si certains étaient très très amoureux, ça n’a pas empêché l’inéluctable, c’est tout » . La plupart des personnes décédées ont vu leurs organes se nécroser rapidement, un processus naturel. « Et l’amour n’a pas stoppé ça non plus, alors bon, voilà ». Le chercheur s’étonne qu’une telle croyance se soit autant répandue dans la culture populaire, au mépris même des connaissances médicales et scientifiques. « On ment aux gens, c’est un peu dommage. On leur laisse croire que par delà l’arrêt des fonctions cardiovasculaires, un sentiment serait encore possible. C’est triste » ajoute-t-il. « C’est comme ces chansons qui disent qu’il n’y a pas de montagnes assez grandes, de vallées profondes ou de larges rivières pour être éloigné de l’être aimé ». Selon le chercheur, la géographie peut en fait dans certains cas très précis poser de réels problèmes de logistique quant à la réunion d’un couple. « Et ça peut même vous revenir très cher au bout d’un moment dans une relation ». Moqué sur les réseaux sociaux pour son manque d’empathie, le chercheur se défend et maintient sa version. « Leurs sentiments pour leur prochain les aveuglent face à la triste vérité » lance-t-il sur son blog. Et il annonce son nouveau projet pour les mois à venir « Je veux vérifier cette théorie fumeuse sur le fait que la relation d’un couple pourrait dépendre d’un objet en forme de cadenas accroché à la rambarde d’un pont ».   Le Gorafi

Le 21 décembre 2010 à 12:57

Laissez Noël en paix (réactualisé)

Conseil Citoyen 6

Nous voilà en décembre et ton moral en berne Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent Te fait conjecturer que pour le réveillon Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon, Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes, Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes Et que le seul sapin restant à décorer Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.   Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes. Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle,C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon Le plus élaboré pour prendre ton pognon ? Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente Ne va pas te mêler aux masses consommantes. Il y a des moyens pour remplir une hotte Qui ne coûtent pas plus qu’une boîte de crottes.   Surtout pour ce qui est des tout petits enfants, Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans. Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout Si Noël est en mai, en décembre ou en août. C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire Et il en va de même à leur anniversaire. Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.   A partir de trois ans et disons jusqu’à sept Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête. Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse, Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ; Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.   Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge, C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber. Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. Passe chez Emmaüs et pique une étiquette Recouds là bien en vue sur une autre liquette Et ne t’affole pas à cacher l’origine Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Le 25 février 2014 à 08:35

Étude : La mort, 1ère cause de décès chez les Français de tous âges

Ce matin, 09 h 30 au siège de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) à Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne. La presse a fait le déplacement en masse pour suivre une conférence de presse dont l’importance est à la hauteur de l’affluence. A 09 h 35 précise, une équipe de chercheurs en biologie de l’InVS a rendu publics les résultats d’une recherche sur les causes de la mortalité chez les Français entre fin 2010 et début 2013. Et surprise. Alors que la plupart des observateurs scientifiques s’attendaient à voir les tumeurs et autres maladies cardio-vasculairesdécrocher la médaille d’or, le verdict des chercheurs a laissé bouche bée tout le monde. Selon ces derniers, la mort serait en réalité le 1er véritable facteur de décès dans la population française. « Les gens meurent parce qu’ils meurent » Anne Latieule est chercheuse en biologie à l’Institut de Veille Sanitaire. Elle a participé à cette étude autour de 540 700 cas de décès et son verdict semble sans appel : « Après un listing pour le moins exhaustif de tous les types de morts ces dernières années, on en est venu à cette conclusion aussi simple qu’évidente. Les gens meurent parce qu’ils meurent. Au-delà de la cause secondaire du décès, comme par exemple un cancer, un accident de voiture ou un suicide par pendaison, les Français meurent avant tout parce qu’ils « peuvent » mourir. » Une cause première visiblement ignorée pendant des années et qui pourtant semble concerner tous les citoyens de la France, comme le souligne Jacques Lafarge qui a piloté cette recherche : « Nous n’avons jusque là trouvé aucun cobaye de nationalité française qui ne pouvait pas mourir. La mort semble donc inhérente à l’existence de chacun des Français et peut-être même à l’existence d’êtres humains de nationalité étrangère. Mais sur ce dernier point, il ne s’agit encore que d’une hypothèse. » Une idée loin des croyances des Français Le fait d’être mortel comme raison primordiale de l’ensemble des décès dans l’Hexagone et dans les DOM-TOM ? Une vision de notre condition bien loin de ce que la majorité des Français s’imaginait jusque là, comme le souligne très justement Jacques Lafarge : « Les gens, en tout cas les Français de manière certaine, semblent oublier que la mort fait partie de notre nature apparemment. Et quand quelqu’un qui leur est proche meurt, ils préfèrent se focaliser sur la cause secondaire de la mort et ils s’attristent parce qu’ils se disent que cela aurait pu être évité. Ou alors ils souffrent tout simplement parce qu’ils ont oublié que nous, Français, nous mourrons. Naturellement. » Le Gorafi

Le 17 mai 2011 à 13:14

Vendredi, dix heures du matin...

Lettre retrouvée de Victor Hugo

Ma petite Eponine,   J’ai bien reçu ta lettre de mercredi. Malheureusement, je ne puis accéder à ta requête. Je sais que tu aimes ce Marius au sourire si doux, mais je ne veux pas changer la fin de mon roman. Ce n’est pas toi qu’il va épouser, mais la douce Cosette. Je puis maintenant te l’avouer, j’ai créé ton personnage parce que je trouvais Cosette un peu trop sage pour être vraiment intéressante. Comme nous en étions convenus, ton contrat prendra fin rue de la Chanvrerie, sur la barricade, le cinq juin. Mais c’est une belle mort, sais-tu ? Tu donneras ta vie pour Marius, et tu rendras ton dernier soupir dans ses bras, en lui avouant tes sentiments. Une amoureuse comme toi peut-elle rêver plus doux trépas ? Que reste-t-il de la vie, excepté d’avoir aimé ? Comme je t’envie, et comme je désirerais mourir ainsi, en sauvant ma Juliette bien-aimée ! Ta lettre me laisse entendre que, ta prestation terminée, tu te retrouveras sans ressources. Rassure-toi, mon enfant, j’y ai songé. Il ne sera pas dit que je te laisse ainsi dans la gène. Aussi, va trouver Flaubert de ma part, il aura une place pour toi dans son Salammbô, qui se déroule à Carthage. Je le sais, c’est bien loin, Carthage, mais c’est beau. Et ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Ne me remercie pas, c’est normal, n’es-tu pas un peu comme ma fille ? Je dois te laisser maintenant, ma petite Eponine, car Juliette m’attend, et ce que femme veut… Je te serre dans mes bras, Ton dévoué, Victor H.Illustration : Hugo par Mérimée

Le 8 août 2011 à 08:29

Lavons notre linge sale en famille

Pubologie pour tous

Je ne sais pas pour vous, mais moi, cette pub me donne une impression de déjà-vu. Là.Sauf que là, le héros est en plein bad trip. Je ne sais pas vous, mais moi je ne suis pas en plein bad trip. Et pourtant je vois ça.Ca, c’est une famille absolument normale. Le papa s’appelle John-John et la mère s’appelle Becky. Ils se sont rencontrés en 1992 sur une croisière dans le Pacifique, et dès le premier coup d’œil ils ont su qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. John-John était aventurier, il chassait des trésors, mais pour Becky il a accepté de se ranger et il est devenu astrophysicien à mi-temps (l’autre moitié du temps, il est maître-nageur bénévole à Lampedusa et il passe ses nuits à cuisiner du riz arborio pour envoyer du risotto aux courgettes à la Somalie). Ils se sont installés à Meudon où ils ont acheté une maison avec la dot de Becky. Ils ont eu leurs deux enfants du premier coup et coup sur coup, car Becky était très fertile. Ils ont appelé l’aîné Bernard et la cadette Emmy. Emmy parlait 3 langues à l’âge de 4 ans et aime par-dessus tout Bach et le mouvement dada, tandis que Bernard ne s’intéresse qu’au foot et aux équations du 3ème degré.Mais Becky s’ennuie dans cette vie trop parfaite. John-John l’aime-t-elle toujours autant depuis qu’elle a pris 544 grammes avec ses deux grossesses ? Peut-être réalise-t-elle aussi que sa lessive ne respecte pas les couleurs, et que les vêtements de sa famille ont tendance à devenir ternes au fil des lavages. Ca la rend triste.Heureusement pour son anniversaire, John-John décide de la surprendre : il lui achète Grup, une lessive en bulles pour un linge aux couleurs éclatantes. Betty est heureuse : ça y est c’est sûr, John-John est toujours fou d’elle. Pour fêter ça, toute la famille se retrouve au milieu de son jardin (John-John a ramené cette variété de gazon vert fluo de Patagonie) en se tenant la main pour regarder Bernard renvoyer leur ballon de foot aux voisins.L’important vous comprenez, c’est qu’on puisse s’identifier.

Le 4 mai 2014 à 10:04

Tombeau pour un cow-boy

(travail en cours)

 Je vais vous raconter l’histoire d’un pauvre cow-boy solitaire. Solitaire et loin de chez lui. Mon grand-père paternel s’appelait Eugène. Il gardait les vaches.Mais c’était en Californie.Alors Eugène était cow-boy.C’est tout ce que je sais de lui. Les mythologies des familles sont des constructions en équilibres instables, empilements de petits faits pas vrais, rengaines enluminées, récits au tamis. Il y a les braves types qu’on surexpose et il y a les drôles de cocos qui finissent au placard. La gloire ou le passage à la trappe. Pour le grand-père Eugène, ce fut la seconde option. Dans omerta, il y a mort. Eugène est né le 28 août 1887 à Ancelles (Hautes-Alpes), un coin perdu du Champsaur. Ancelles… Voilà qui commence bien. Ou mal, c’est selon.La mère d’Eugène s’appelait Marianne, le père, c’était Esprit. Entre le sabre et le goupillon, on imagine un peu l’ambiance.Quant au grand frère, c’était Louis. Comme les dix-huit rois de France. Qu’est-ce qui fait que l’on s’ennuie dans ces montagnes à vaches, que l’on s’ennuie ou que l’on coince sa vie dès le démarrage dans un carcan à ambitions moyennes – faire tourner le petit patrimoine, l’améliorer un peu si c’est possible, prendre femme, avoir des enfants, et, avec un peu de chance, être trop jeune pour la prochaine guerre, être trop vieux pour celle d’après ? La famille vit là depuis des générations, on ne sait même plus qui a commencé, il n’y a pas de raison que ça s’arrête. Des vaches, des mélèzes, les concours de belote et le bon mètre de neige devant la maison cinq mois de l’année. La fatalité est autoritaire. On ne va pas contre la fatalité. Dans ce bout du monde, les lointains sont tellement lointains qu’ils n’existent même pas en rêve. C’est à peine si Eugène, peut-être, se souvient d’avoir vu à l’école communale quelques gravures édifiantes du livre d’histoire-géographie : Savorgnan de Brazza, le glorieux débarquement de Sidi-Feruch, Montcalm à la bataille des plaines d’Abraham. Abstrait. Les lointains sont des linogravures et c’est tout. Ça n’est pas l’imagination qui lui manque, à Eugène – quand on n’a pas vu, on imagine mieux –, c’est l’imagination d’imaginer. C’est l’ambition d’imaginer. C’est aussi l’ambition d’imaginer qu’il pourrait avoir de l’ambition. Une tout autre ambition. Or, voilà qu’un beau jour, quelqu’un leur met une idée dans la tête, aux deux frères ou à leurs parents. C’est une idée tellement immense qu’elle passe comme une lettre à la boîte. Il faut dire qu’à l’époque, cette idée-là semble comme qui dirait partagée par pas mal de monde. Beaucoup ont déjà eu l’idée d’avoir cette idée-là, si immense, si folle et si simple à la fois. Cette idée-là, cette idée flambant neuve a beau être immense, elle se résume assez bêtement à un tout petit verbe du troisième groupe : partir. Autrement dit se faire la malle, prendre ses cliques et ses claques et aller voir ailleurs. Voilà comment le monde continue son histoire, voilà comment il se défriche et se déchiffre. C’est en tout cas ce qu’on apprend à l’école de la République. On pourrait dire qu’il y a là comme une loi naturelle à quitter son pays si son pays ne vous donne plus de quoi vivre et semble donc ne plus vouloir de vous. Mais en ces temps de conquêtes et d’expansions s’ajoute à cette nécessité universelle comme une petite démangeaison au fond du crâne, qui passe dans tous les crânes, et qui se nomme l’appel de l’inconnu. Le genre de truc qu’on ne sait pas trop ce que c’est (d’ailleurs, c’est écrit dessus). Le genre de truc qui donne des frissons bizarres où se mêlent joie immense et peur immense. Dans le Champsaur, Dieu sait pourquoi, on ne partait pas en Alabama, ni au Mexique, ni en Pennsylvanie, on partait bien plus loin, à l’autre bout du monde. À l’autre bout du Nouveau Monde. Dans le Champsaur, on partait en Californie. Alors Eugène et Louis sont partis à l’autre bout du Nouveau Monde. Ce devait être aux alentours de 1900. Les deux frères émigrent donc aux Amériques. Jusque-là, rien que de très normal. Ils font partie des centaines de milliers d’immigrants qui, chaque année à cette époque, entrent aux États-Unis. Un beau jour, la famille au complet accompagne Eugène et Louis à la gare de Gap. Les deux frangins montent dans le rapide pour Paris, agitent les mouchoirs, et tout le monde disparaît dans la fumée de la locomotive qui démarre. Eugène se prend peut-être une escarbille dans l’œil et son regard alors se floute dans une petite buée de larmes. Il doit avoir quinze ou seize ans. Deux jours de train et les voici au Havre. Ils embarquent sur un paquebot plein à craquer, traversent l’Atlantique d’est en ouest, débarquent à Ellis Island huit jours plus tard – bousculades, contrôles, visite médicale, mesures, pesées, inspection, questionnaires, formalités, et, pour régler tout ça, ils passent deux ou trois nuits sur des châlits de salles communes à faire slalomer le sommeil entre reniflements, pleurs, toux, prières, engueulades et chuchotements. Ils sont venus ici pour garder le bétail mais pour l’instant, le bétail, c’est eux, parmi des milliers de pauvres exténués venus du monde entier qui piétinent, dociles, en file indienne sous le regard méfiant et peu amène des contrôleurs, des flics et des médecins. Ils sont en bonne santé, ont une adresse où aller, un peu d’argent en poche. En plus, ils ne sont pas anarchistes, alors ça va. On les débarque sur la terre ferme, New York City – c’est grand ! –, et les voilà qui continuent vers l’ouest, traversent toute l’Amérique, monotonie des déserts, des montagnes, des grandes plaines, atteignent la Californie, se sentent loin, se sentent seuls, trouvent à se faire embaucher chez un lointain cousin (un cousin de cousin leur a donné l’adresse d’un cousin) pour garder les troupeaux – c’est tout ce qu’ils savent faire –, s’installent au sud de la ville de Los Angeles, lieu-dit Long Beach, un gros village au bord de l’océan connu pour ses immenses ranchs à vaches et à moutons. Ils passent des nuits à la belle étoile et chassent le coyote. Vaches à perte de vue, chevaux, cordes, étriers, lassos, Stetson et selle mexicaine. On leur a fourni les chaps et la salopette.Peut-être font-ils du rodéo. This is America ! Après, c’est une tout autre affaire. […]

Le 5 juin 2014 à 09:20
Le 6 décembre 2010 à 07:23

Avis de recherche

Un homme de 38 ans, Christophe M., a disparu depuis lundi soir. Il semble qu’il ait quitté le domicile conjugal à la suite d’une altercation avec son épouse à qui il reprochait une certaine frigidité. L’homme semblerait s’être rendu ensuite chez son meilleur ami qui est actuellement absent pour plusieurs mois en raison d’une délocalisation de son entreprise en Arabie Saoudite. La femme de celui-ci déclare que Christophe M. lui a effectivement rendu visite dans la soirée de lundi mais qu’il l’a quittée vers deux heures du matin. Christophe M. a ensuite été aperçu au domicile de Monique G., secrétaire de l’entreprise qui l’emploie, où il n’est, semble-t-il resté que deux heures. « Il est venu chercher un certificat de travail » nous a déclaré Monique G qui l’a vu se diriger vers le pavillon de sa voisine, une femme célibataire, qu’il connaissait et que nous n’avons pu joindre. Un peu plus tard, une troupe de majorettes nous révèle que Christophe M. s’est rendu à leur local qu’il a quitté plusieurs heures plus tard en annonçant qu’il comptait se rendre au foyer de jeunes filles de la rue voisine.  La dernière trace que l’on ait relevée de Christophe M. se situait aux alentours du bois de Boulogne où un témoin prétend l’avoir vu s’introduire successivement dans plusieurs camionnettes en stationnement. Depuis plus rien. La famille est anxieuse et lance un avis de recherche. Merci de bien vouloir rassurer une femme et des parents terriblement inquiets.

Le 18 avril 2011 à 17:28

# 3 - Lost in radiation - mixtape

Seoul Juke Box

Mars 2011, quelques jours après le tremblement de terre, le Tsunami et la catastrophe nucléaire au Japon. Dans l’aéroport de Séoul, temple aseptisé de la modernité, on croise en plein milieu de la nuit une cohorte de ressortissants français expatriés au Japon, volontaires pour un rapatriement en France organisé par l’Etat.  Ils débarquent de Tokyo et Osaka hagards, épuisés. Beaucoup de pères de famille avec des enfants en bas âge issus de couples mixtes, les mères japonaises sont restées là-bas fidèles à leur famille, à leur travail.  Ils avancent en traînant le pas comme une armée napoléonienne en déroute, encadrés par les militaires spécialisés dans les évacuations d’urgence et par quelques membres de l’ambassade vêtus de chasubles jaunes fluo qui leur donnent des instructions à l’aide de mégaphones. Les voilà regroupés aux abords d’un lounge réquisitionné par l’armée et transformé en QG de crise. Des grands gaillards en treillis préparent des biberons de lait chaud pour les nourrissons, les autres s’agitent dans tous les sens et directions pour relever les identités, lister les partants et répondre à toutes les demandes. « Ici vous êtes en sécurité, pas de secousses sismiques, pas de radiations » rassure un grand chauve qui, dans son accoutrement jaune fluo, semble avoir été irradié dans sa tendre jeunesse. Une petite fille se lamente d’avoir abandonné son poisson rouge et zozotte en sanglotant « Ils vont le manzer, il va finir en zuzi ou en zazimi ».  Non ma petite, c’est fini, désormais on ne mangera plus de poisson. Et les thons rouges, menacés de disparition, reviennent en force la nuit le long des côtes de Fukushima, plus sanguins que jamais, électrons libres, les voilà qui clignotent de rouge dans les profondeurs isotopes de la mer et de la nuit nucléaire.   (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

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