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Publié le 06/05/2014

Tobie Nathan : "Dans 60 ans il n'y aura plus de familles"


Comment ça va la famille ? #2

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Autres épisodes :

La seule justification des familles est de fabriquer des enfants

A qui appartiennent les enfants ? Toutes les cultures, même la nôtre, répondent : à notre lignée. Le sexe n'y suffit pas, il faut en passer par un mythe de fondation, qui renvoie au tout premier de la famille. Cela a toujours été et sera toujours ainsi... jusqu'au moment où les enfants seront fabriqués dans des laboratoires. Dans 60 ans selon Tobie Nathan. Et alors la raison d'être des famille aura disparu.

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Tobie Nathan

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Le 3 janvier 2018 à 13:54

Nos disques sont rayés #2 : deuxième édition de notre festival sur les blocages français

conception Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes Beau succès la saison passée de Nos disques sont rayés, première édition d’un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français. C’était juste avant les élections, nous avions faim de pointer les impasses d’un monde politique qui n’attendait que de s’écrouler. Cette saison, piqûre de rappel pour ausculter des disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes. Ils font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.En ouverture, une conférence de rédaction animée par des maîtres du stand-up. On attaque à l’acide nos manières de juger les rechutes du pays, ses quartiers, sa politique, ses tourbillons d’échecs successifs, les relations entre police et citoyens. Suivent quatre rendez-vous avec des penseurs hors piste qui secouent les étouffoirs de l’époque : Aude Lancelin, journaliste lanceuse d’alerte ; l’historienne Sophie Wahnich et la revue Vacarme appellent à desserrer les étaux qui réduisent nos démocraties à la « postdémocratie" ; le psychologue Tobie Nathan convoque un parlement des dieux pour réhumaniser notre laïcité ; le Prix Goncourt Éric Vuillard écrit sur l’oubli que nous avons d’être un peuple. LUNDI 29 JANVIER 
SOIRÉE D’OUVERTURE 20H – CARTE BLANCHE À KADER AOUN & SES STAND-UPPERS talk-show pour public indiscipliné soirée stand-up conçue par Kader Aoun avec Mathieu Madénian, Fary (distribution en cours) > en savoir plus JEUDI 8 FÉVRIER 20H – BIENVENUE DANS LE MONDE LIBRE conférence-performance d’Aude Lancelin > en savoir plus VENDREDI 9 FÉVRIER 20H – SOPHIE WAHNICH & LA REVUE VACARME conférence-performance > en savoir plus SAMEDI 10 FÉVRIER 15H – CARTE BLANCHE À ACTES SUD : ÉRIC VUILLARD entretien avec Pierre Assouline (Académie Goncourt) > en savoir plus 20H – LE PARLEMENT DES DIEUX conférence-performance de Tobie Nathan
 > en savoir plus Avec le soutien de l'Association des Centraliens  > retrouvez les conférences-performances Nos disques sont rayés en vidéo et podcast, captations vidéo réalisée par Léo Scalco

Le 18 avril 2014 à 10:48

Comment ça va la famille ?

l'Edito

Nous sommes tous frères ici bas… et heureusement pas beaux frères ! Ce bref aphorisme d'un humoriste inconnu rappelle avec lucidité la réalité de notre condition humaine : la Famille. Lieu de tous les amours, de toutes les haines, des bonheurs et des violences, des massacres de l'enfance et de ses tendresses infinies. Foutoir dans lequel se débat l'humanité depuis toujours, incapable d'échapper à cette fatalité, qu'avant de naître libres et égaux nous sommes d'abord fils ou fille d'un père et d'une mère eux-mêmes ayant subi le même sort et ainsi de suite. Toute tentative pour briser cet état de chose ne fait que l'empirer. Ceux qui fuient la famille ne réussissent souvent qu'à en créer une nouvelle ou à en rejoindre d'autres, qui pour n'être pas consanguines n'en sont pas moins idéologiques, religieuses, ou politiques. Même les plus hardis, allant jusqu'à se couper du monde pour s'en libérer, ont échoué. L'anachorète perdu dans son désert se retrouve seul face à Dieu le père ; quant au savant se réfugiant dans une solitude absolue pour tenter de comprendre l'univers, découvre soudain sous son microscope la cellule mère. Point d'issue donc. La famille nous constitue. Elle nous érige et nous étouffe, nous protège et nous détruit. Permanents champs de batailles où combattent sans répit désir de liberté et instinct grégaire, fierté d'appartenir à une lignée et volonté d'être soi. Mais de ce chaos naissent des étoiles : romans, théâtre, poèmes. Nous avons voulu vous offrir quelques uns de ces astres jaillis du magma familial, textes, images ou entretiens dont la grâce vous libèrera un instant de toute parenté.

Le 21 janvier 2014 à 10:58

Barbara Cassin : "Refuser la servitude volontaire"

Trousses de secours : la crise du travail

Allons-nous vers en monde de travailleurs sans travail ? C'est la question que la philosophe et philologue Barabara Cassin viendra nous poser le 31 janvier prochain.  – Dans de nombreuses entreprises "restructurées", les salariés doivent eux-même s'évaluer, voire s'éliminer les uns les autres – comme dans certains jeux de télé-réalité. Où cela nous mène-t-il ? – Votre question contient presque déjà la réponse. Où cela nous mène-t-il? Dans le mur d'une société au mieux de coopétition (c'est un mot de Google qui tente d' assouplir la compétition au moyen de la collaboration), au pire de compétition généralisée. Avec une  supposition d'objectivité à son propre égard, qui singerait  une objectivité à l'égard de l'autre, et assurerait somme toute ce que Weber appelait l'éthique du capitalisme : le protestantisme de l'auto-confession, de l'auto-évaluation vertueuse.   C'est là que les corps intermédiaires (les syndicats par exemple, mais aussi les associations)  d'une part, l'opinion publique (votre théâtre par exemple) d'autre part  sont utiles, et ont un rôle essentiel à jouer. Il est trop difficile de lutter seul contre une demande insistante de l'employeur dont dépend votre salaire. On ne peut qu'obtempérer, en déprimant ou en rusant. Pour pouvoir prendre les choses par le haut, refuser en argumentant les pratiques par trop déplaisantes, infléchir les grilles d'évaluation, en proposer d'autres, inventer d'autres types d'évaluation plus appropriés au cas par cas, il faut être décisionnaire ou confiant dans l'intelligence des décisionnaires. C'est le cas d'une infime minorité, donc. D'où l'importance des autres, constitués en relais structurés et audibles. Mais s'indigner est une tâche qui appartient à tous les citoyens, et refuser la servitude volontaire, chercher les alternatives qui vous conviennent, est une décision qui appartient à tout homme.  – Rentabiliser le "matériel humain" à outrance pour rester concurrentiel face à l'automatisation : ce modèle pourra-t-il tenir encore longtemps ? – C'est une vieille histoire. Aristote disait que si les navettes filaient toutes seules, il n'y aurait plus besoin d'esclaves. Aujourd'hui les navettes filent toutes seules, les révolutions industrielles se succèdent, et il y a encore des esclaves, moins coûteux que les machines ou qui servent à les fabriquer et, en col blanc, à les commander. Le modèle ne cesse de s'adapter, en jouant sur les développements inégaux et sur la mondialisation.  Je crois qu'il y aura toujours de nouvelles adaptations virtuellement possibles.  Reste à savoir si nous les voulons, activement, passivement. Si nous avons le désir et la force de les refuser, de nous en exempter. Si nous savons inventer des alternatives réalistes, et ce que "réaliste" veut dire.  – L'homme inutile sera-t-il subventionné pour rester tranquille, ou d'autres modèles sont-ils imaginables ? – Je pense que, par cette question, vous voulez savoir si et comment on fera taire les laissés pour compte ?  Est-ce que l’Etat providence subviendra à leurs besoins, en inventant un revenu minimum pour inutile ? ou bien est-ce qu’on les mettra dans des villages vacances, des hôpitaux, des camps ? Est-ce qu’on les aidera à redevenir utiles par une formation continue ? Ou est-ce qu’on étendra l’idée d’utilité ? C’est, vous le voyez, chacun des termes de la question qui pour moi requiert éclaircissement. Arendt parle d'une "société de travailleurs sans travail" et dit qu'elle ne peut rien imaginer de pire. En quoi elle  se trompe d'ailleurs, il y a pire : une société de travailleurs, avec et très souvent sans travail (cela s'appelle des chômeurs), mais, dans un cas comme dans l’autre, sous surveillance. De l'élève à la personne dépendante, de l'acheteur à l'amoureux, c'est tous les usagers de la rue ou de la toile qui sont évalués et vus.  L'inutilité, du coup, il n'est pas si facile de savoir ce que cela veut dire. Inutile parce que sans travail, non produisant? Inutile parce que non consommant? inutile parce qu'invisible? A quoi un homme doit-il être utile? Il n'est jamais allé de soi dans l’histoire, ou pas souvent, qu'un homme utile soit un homme qui travaille. Ou alors il faut définir le travail. Tripalium, un supplice (selon l'étymologie latine du mot travail, ndlr) – ce n’est sûrement pas ça ! Arendt veut faire penser avec cette phrase forte qu'un homme est bien autre chose qu'un travailleur. Il peut créer des œuvres, toutes sortes d'œuvres; faire un potager, écrire un poème, élever un enfant, inventer une recette de cuisine, aider un malade. Il peut parler, et cela suffit peut-être pour qu'il soit utile. Aristote, encore lui, définissait l'homme comme un animal doué de logos, raison et discours, capacité de mettre en rapport. Et il ajoutait qu'à cause de cela, l'homme était un animal plus politique que tous les autres animaux, abeilles et fourmis. Un artiste, un citoyen, est utile. Nous sommes tous, non seulement des travailleurs potentiels, mais des artistes et des citoyens. Nous sommes donc tous "utiles", utiles à "l'humanité dans l'homme", comme disent Camus et l'Appel des appels. Mais de quoi vit aujourd'hui un homme utile de cette manière-là? D'un revenu minimum? De la débrouille? De la vente d'objets aussi inutiles que les lapins de Jeff Koons?  Et de quelle partie du monde parlons-nous? de quel Etat, de quel régime politique? Car de tout cela dépend aussi le sens de "rester tranquille" : ne pas faire de vagues, ne pas s'opposer, accepter ce qui vous arrive? Ne pas contrevenir aux lois de son pays? Ne pas faire de bruit, au propre comme au figuré? Etre tout simplement un être humain ? Je crois qu’il y a beaucoup de modèles possibles, beaucoup déjà inventés et pratiqués, et beaucoup auxquels nous ne songeons pas, dont nous n’avons même pas encore idée et qui nous paraîtront un jour aller de soi. Mais surtout, je ne sais pas ce que cela veut dire pour un homme, en général, que d’être inutile, ni de rester tranquille. 

Le 5 mai 2014 à 09:46

Famille recomposée

– Le week-end, tu vas chez ton schtroumpf ou chez ta schtroumpf ? – Ça dépend. Le plus souvent je vais chez mon schtroumpf, mais je vais chez ma schtroumpf aussi, seulement c’est plus petit – C’est plus loin aussi ? – Mais je peux aussi bien aller chez le schtroumpf de mon schtroumpf. C’est là que je vais le plus souvent en fait. Il a une grande baraque. – C’est vrai que ton schtroumpf a un nouveau schtroumpf. J’avais oublié. Ca fait longtemps qu’ils sont ensemble ? – Assez. – Et tu t’entends bien avec le schtroumpf de ton schtroumpf ? – Pas vraiment. – Tu t’entends mieux avec le schtroumpf de ta schtroumpf ? – Pas vraiment non plus. J’aimais mieux quand mon schtroumpf était avec ma schtroumpf. – C’était plus simple. – Pas vraiment parce que je n’étais pas certain que mon schtroumpf était vraiment mon schtroumpf, si tu vois ce que je veux dire. J’ai eu des doutes dès le début. – Mais tu es le schtroumpf de ta schtroumpf au moins ? – En principe. – Pourquoi « en principe » ? – Parce que je sais qu’il y a une schtroumpf porteuse dans ma schtroumpf. – Mais alors, dans ce cas, même si tout le monde croit qu’elle est ta demie schtroumpf, la Schtroumpfette n’est peut-être que ta quart de schtroumpf ? – C’est possible. Il faudrait vérifier auprès du schtroumpf de mon schtroumpf. Il doit le savoir, mais il n’en parle jamais. – Tu t’entends bien avec lui pourtant… – C’est un bon schtroumpf, mais je préfère mon vrai schtroumpf. Tout ce monde autour de son schtroumpf fait beaucoup trop de bruit. Il ne faut pas oublier qu’il a cinq schtroumpfs de son côté. – Tu as ta chambre à toi, au moins ? – J’en ai six. Bien équipées. Une dans chaque maison. – Tu partages avec ta demie schtroumpf ? – Ou avec un de mes schtroumpfs, ça dépend. – Et ça se passe bien ? – Oh oui. Ce qui est dur c’est quand mon schtroumpf s’allume avec le schtroumpf de mon schtroumpf. Ils ont du mal à se supporter. – Mais c’est pourtant son schtroumpf ! – Justement ! Ca serait trop simple. Si tu crois que les schtroumpfs s’entendent simplement parce qu’ils ont le même schtroumpf, tu rêves ! Il n’y a pas pire schtroumpf que le schtroumpf légitime. Je ne peux pas supporter le petit schtroumpf à son schtroumpf, par exemple. « Mon petit schtroumpf » par-ci, « mon schtroumpfinet » par là… Et c’est pourtant le plus gentil ! Ma demie-Schtroumpf l’adore ce schtroumpfion. – Mais toi au milieu de tout ça, tu te sens comment ? Extérieurement, ça a l’air très compliqué, mais intérieurement ? – Je me sens schtroumpf.

Le 2 avril 2015 à 11:26

Bernard Stiegler : "Internet c'est comme l'héro, dès qu'on y touche c'est cuit, personne n'y échappe"

Bernard Stiegler est philosophe spécialiste des mutations induites par les technologies numériques. Il est Initiateur et président du groupe de réflexion philosophique Ars Industrialis créé en 2005. Aujourd'hui, il est directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou, où il dirige l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), créé à son initiative en avril 2006 – c'est là qu'il nous a reçus. Ventscontraires – Vous le dites et le redites : comme l'écriture, Internet est un pharmakon, à la fois remède et poison...Bernard Stiegler – Le Net nous rend plus et moins intelligents, pertinents, individués, singuliers. Il intensifie nos capacités noétiques, au sens où Aristote parlait de l'intelligence. Et en même temps il les affaiblit. En nous mettant tous en réseau il nous réticule, et par là même intensifie à un niveau foudroyant nos capacités, notre savoir mais aussi nos régressions collectives – selon un processus qui relève de la psychologie des foules. J'observe sur moi-même une formidable augmentation de mes capabilités – un terme défini par l'économiste indien Amartya Sen – mais aussi une incroyable addiction régressive. Je ne connais personne qui y échappe. C'est comme l'héro, dès qu'on y touche c'est cuit.Car c'est le marché qui commande aujourd'hui le Net. Ce qui lui arrive est exactement ce qui est arrivé à la télévision. Ça n'était pas une fatalité que la télévision produise de la trash tv. Dans le futur les gens verront notre tv et se diront que nous étions pires que les barbares, pire que la décadence romaine. Je pense que l'affaire du 7 janvier passe par là. Nous vivons une démoralisation forte, des petits enfants jusqu'aux grands-pères, tous pètent les plombs. Cette technologie réticulaire est très peu analysée. Les gens sont toujours en retard sur l'évolution du système, l'arrivée des Big Data, cette société d'hypercontrôle gouvernée par le marché. Et le marché n'a qu'un seul but, un seul : gagner de l'argent. C'est la même chose qui s'est passée en France dans les années 80 entre TF1 et M6, et que j'ai bien étudiée à l'époque. Avec la privatisation et l'arrivée des actionnaires, TF1 a été obligée de suivre les régressions de M6 et a fini par avouer que sa mission était de vendre du temps de cerveau libre à Coca Cola. Personne n'y échappe. Même si vous ne regardez jamais la télévision, "la bêtise attire la bêtise." Il est très rare que face à la bêtise on produise quelque chose d'intelligent. Mais on peut y arriver. C'est ce que prétend Nietzsche. Et d'une certaine manière le Christ. J'observe la bêtise sur moi.

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