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Publié le 17/05/2014

Jacques Mérienne : "Les réactions autour du mariage pour tous n'étaient pas idéologiques mais émotionnelles"


Comment ça va la famille ? #2

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Comment dire quand il n'y a pas de mots disponibles ?

L'émotion autour du mariage pour tous peut se comprendre à partir de plusieurs constats : l'homophobie latente de la société française, étouffée un temps par l'élan de compassion  autour de l'épidémie de Sida ; l'impressionnant développement du concubinage avant mariage, car les couples peinent à s'installer durablement tant au niveau professionel que pour leur logement ; l'instrumentalisation politique de ceux qui cultivent depuis la guerre le rêve vain d'un parti chrétien en France. Mais surtout, il s'agit d'un problème de langage : comment nommer ce qui n'a pas encore de nom ?

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Jacques Mérienne

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Le 25 juin 2014 à 09:56

Agnès Giard / Sex in Japan #3

Ventscontraires.net a interviewé l'écrivain et journaliste Agnès Giard, spécialisée dans les questions de la sexualité, en particulier au Japon. On lui doit notamment Les Histoires d’amour au Japon. Des mythes fondateurs aux fables contemporaines (Glénat), Les objets du désir au Japon (Glénat) et L'imaginaire érotique au Japon (Albin Michel). Troisième et dernière escale au Pays du Soleil Levant. Diriez-vous que les Japonais sont plus libérés que les européens en matière de sexualité ?Dans nos cultures monothéistes, ce sont les instances religieuses (maintenant déguisées en instances médicales) qui - prenant en charge la gestion des sexualités -, ont mis au point une typologie des pratiques classées par catégories : « licite » et « illicite ». Au Japon, la religion qui domine les activités liées à la vie, c’est à dire le shintô, ne comporte aucune table des lois ni aucune liste d’interdits. La sexualité est donc « libre », pourvu qu’elle n’entre pas en conflit avec les règles de vie en société, c’est à dire l’obligation d’élever des enfants. On est marié, père ou mère de famille à l’extérieur. A l’intérieur, on est tout ce qu’on veut et si possible heureux. Tous les plaisirs sont dans la nature, considérés comme des besoins aussi naturels que la soif et la faim. Pour Itsuo Tsuda, adepte du seitai : « Quand un organe accomplit sa fonction normale, on éprouve un plaisir naturel. Il y a du plaisir quand on mange à sa faim. Je ne vois pas pourquoi on doit faire exception des organes génitaux. » La plupart des Japonais qu’il m’a été donné de rencontrer semblent adhérer à cette vision des choses… A noter que le mot hentai qui se traduit couramment « pervers » peut aussi se traduire « changement, mutation, transformation ». Il renvoie à des processus de métamorphose considérés comme les seuls moyens dont les êtres vivants disposent pour affronter le danger ou accéder à des niveaux supérieurs . La place de la femme y est-elle fondamentalement différente ?Au Japon, l’identité sexuelle relève de la performance. Le corps n’est que le véhicule temporaire d’une identité qui circule à travers des objets, des plantes ou des animaux, au fil des réincarnations ou des rêves… Certains représentants shintô défendent l’idée selon laquelle chaque humain possède quatre âmes, capables de voyager dans l'espace et le temps. Quant aux adeptes du bouddhisme, ils affirment que d’une vie à l’autre, l’être change de forme constamment. On peut donc renaître dans un corps de femme après avoir été homme, et retrouver une personne aimée dans sa vie précédente, tout en ayant changé de sexe biologique. Cet amour-là est-elle homosexuelle ou hétérosexuelle  ? La question n'a aucun sens. Les Japonais se contentent donc de souligner que le corps, par nature impermanent, n'est qu'un support d'expression. Il s'agit de se construire en fonction de désirs, aussi ambivalents que ces parts féminines et masculines qui nous portent à bouger, adopter des postures, des tons de voix, des manières de s’habiller et de se coiffer suivant des chorégraphies comparables aux kata des arts martiaux… Pour devenir femme au Japon, il suffit d'adopter un kata de femme. Les onnagata (littéralement «  forme de femme  »), acteurs de théâtre kabuki spécialisés dans les rôles de princesse ou de prostituée, avaient donc au XIXe siècle leurs entrées dans les bains des femmes, lorsque ces bains sont devenus séparés. Il aurait été choquant de les en exclure sous prétexte qu'ils n'avaient pas les «  bons  » organes génitaux. « Une femme n’est pas un trou » (onna ha ana ja nai). Le Japon, un pays à la pointe dans la technologisation du sexe ? Précurseur de ce que deviendra le sexe en Europe et dans le monde ?Le mot « technologisation » me semble péjoratif. Disons que l’industrie des objets sexuels est très développée au Japon, tout comme la production de ces autres adjuvants que sont les images érotiques ou pornographiques. A l’époque Edo, ainsi qu’Andrew Gerstle, historien spécialisé dans les «  images de printemps  » le précise : «  les valeurs véhiculées par les shunga sont celles du plaisir, partagé par tous. De nombreux ouvrages établissent que les hommes doivent apprendre les techniques et s'efforcer de procurer du plaisir aux femmes. Wagô (l'harmonie entre les sexes) est souvent présenté comme un idéal.  » En 1821, l’artiste Katsushika Hokusai publie un livre qui s'achève sur la représentation minutieuse de jouets sexuels. Ce livre s'intitule Manpuku Wagôjin, «  Les 10 000 dieux de l'harmonie entre les sexes  »… Tout comme ces «  images pour rire  » (warai e) dont le nom commence par la syllabe wa (harmonie), les «  instruments pour rire  » (warai dôgu) sont censés donner l'accès au bonheur, suivant une logique mimétique qui attribue au plaisir sexuel la valeur d'une expérience faste. La masturbation elle-même est une action bénéfique  : il s'agit d'attirer sur soi la félicité… en se la procurant. Dans les années 50-60, à la faveur de la libération sexuelle, les jouets pour adulte vont donc progressivement réapparaître sur le marché japonais comme des auxiliaires de jouissance, des ustensiles indispensables pour explorer son corps et apprendre à s'en servir mieux. Signe des temps  : au début des années 2000, la masturbation, synonyme de maîtrise, est associée à une pratique connue sous le nom de  sundome qui signifie «  contrôle » dans le vocabulaire du judo. Lorsqu'il est inscrit sur les jaquettes des vidéos d'AV, sundome signifie que l'acteur se masturbera jusqu’au point extrême du plaisir puis stoppera net juste avant l’éjaculation et cela, à répétition, tout au long d'une ascèse filmée à la manière d'une épreuve sportive. Epreuve assaisonnée de suspens : l'acteur parviendra-t-il à se retenir  ? Leader sur le marché des jouets masturbatoires, la firme Tenga, qui voit le jour en 2005, fait sa spécialité d'outils conçus comme des stimulateurs haute technologie, dont le design est calqué sur celui d'ordinateurs  : ce sont les «  équivalent d'Apple dans l'industrie du sextoy  ». Leurs noms  – Egg, Flip hole, 3D – jouent sur l'image de jouets issus de la recherche en réalité virtuelle et en cybernétique. Afin de démontrer l'efficacité de ces produits, Masanobu Sato, employé de la firme Tenga, participe en 2008 au concours international Masturbate-a-thon, à San Francisco. Il s'inscrit dans la catégorie «  endurance  » et enregistre le record de la masturbation la plus longue du monde  : il se maintient en érection pendant 9 heures et 33 minutes, à l'aide tout l'arsenal des produits Tenga et notamment d’une gaine masturbatoire appelée Egg. Un an plus tard, le 2 mai 2009, Masanobu Sato se réinscrit au Masturbate-a-thon et bat ses 50 concurrents à plates coutures en maintenant son pénis rigide pendant… 9 heures et 58 minutes. Il bat son précédent record de 25 minutes, devant un jury sidéré. A un journaliste du Nikkan Gendai, il explique: « J’ai une petite copine. Mais même quand elle prépare le dîner, je ne peux pas m’empêcher de me masturber. Je me masturbe depuis l’âge de 5 ans. Je dois mon endurance à cet entraînement intensif, à l’utilisation du Egg, à mon imagination mais peut-être surtout à mon alimentation. J’adore toutes les nourritures visqueuses: le natto (haricots de soja fermentés), l’okra (variété de poivron visqueux), le mekabu (partie génitrice de l’algue wakame)…». Il est stupéfiant de constater la permanence, depuis au moins l’époque Edo, de ces associations d’idée entre les aliments glaireux et le pouvoir qui leur est attribué. Manger du gluant : offrir à son corps une vie nouvelle. Se replonger dans les substances visqueuses : revenir aux origines. Le Kojiki raconte que les graines qui servent de nourriture aux humains sont sorties du corps d’un dieu en putréfaction. Il me semble qu’il y a un lien évident avec cet outil masturbatoire appelé Egg, si évocateur de la cellule fécondée, de la graine et du germe divin. Pour finir avec le Japon, diriez- vous que le Japon est « à la hauteur » de nos fantasmes sur ce pays ?Il y a surtout beaucoup de quiproquos. On fantasme un pays de couples sexless, de femmes soumises et de célibataires frustrés qui reniflent des culottes… en oubliant un peu trop vite la leçon de Montesquieu : comment peut-on être nippon ? > Première partie de l'interview

Le 16 juin 2014 à 11:03

Lettre ouverte au Président de la République

Cher Monsieur le Président de la République, Mon mari et moi, on vous a serré la patte il y a deux ans, et entre temps nous nous sommes mariés, grâce à vous, et on en est très heureux aujourd’hui. Tout va très bien. Sauf qu’il est intermittent du spectacle (mon mari), et qu’il commence à s'inquiéter. Il joue dans ma pièce au théâtre du Rond-Point qui remporte un franc succès. Quand viendrez-vous la voir (on a des détaxes) ? Il a un peu peur pour son statut qu'il risque de perdre avec la nouvelle réforme, car si ça continue comme ça, il va devoir faire un bilan de compétence et changer de métier pour faire je ne sais pas quoi alors que sa profession c'est acteur. Or, les pièces qu’il joue grâce à son statut d’intermittent font du bien à tout le monde (en plus des recettes qui sont souvent importantes). Ces pièces, elles parlent toujours de tolérance, d’acceptation de l’autre, elles défendent les belles valeurs de l’éducation, du progrès social, de la liberté et de l’épanouissement. Et souvent, c’est même très agréable. Mon mari adore son métier, il fait même des tas d’interventions dans les collèges, dans des lycées, avec des amateurs, des volontaires, quand moi je fais des ateliers d’écriture. Il fait avec notre compagnie de l’action culturelle, en banlieue, en province, ou à Paris dans des écoles primaires, et c’est très chouette, très vivant, et très instructif. Il y a même des gamins qui nous disent que c’est tout pour eux. Et en plus, pour l'instant, il n'a jamais trop fait des trucs du genre série télé, film avec des stars, publicités, ou salons commerciaux pour les voitures. Alors il ne comprend par très bien pourquoi il a l'impression qu'on cherche à le punir. Et puis aussi, autour de lui sur le plateau, il y a d’autres comédiens, et des techniciens, des intermittents en tous genres qui encourent le même risque. Et tout le monde commence à avoir vraiment très peur. Car ils pensaient jusque là que la gauche (votre parti) était assez d’accord avec toutes les valeurs qu’ils représentent et pour ne pas précariser ceux qui sont déjà précaires. On a aussi, après 2003, donné plein de chiffres qui nous laissent à penser que la culture et les arts vivants (comme ce qu'on fait), sont aussi un vecteur économique très fort et très important. Alors on s’est dit comme ça qu’en vous écrivant, vous alliez comprendre que puisque vous êtes un homme de gauche, élu par la gauche, vous alliez très vite vous démarquer du Medef des grands patrons qui ont l’air un peu perdu en ce moment. Vous savez bien que tous les gens avec nous, les profs, les instits, les éducateurs, les intellectuels, les intermittents, sont ceux qui représentent le mieux la gauche (votre parti). Alors forcément, on s’est dit comme ça que vous n’alliez pas trop tarder à prendre une position très claire pour qu’on ne se retrouve pas dans une situation précaire, et encore moins qu’on se sente trahi par notre propre famille (la gauche, votre parti) comme on pourrait dire. Bon, on vous laisse parce que vous avez beaucoup de choses à faire et des tas de bonnes décisions à prendre. Souvenez-vous surtout que la gauche a été construite sur l'idée de la culture et de la culture pour tous (parce que c'est une arme redoutable contre l'intolérance, l'obscurantisme, les ténèbres, en plus d’être agréable souvent…), après l’avoir été sur les 40 heures et les congés payés avec Léon Blum. Et si jamais vous avez besoin d’un référent culturel, je suis votre homme ! Ne laissez pas tomber ! On vous invite à dîner à la maison quand vous voulez pour parler de tout ça. Embrassez pour nous Christiane Taubira, et prenez soin de vous, on vous aime beaucoup. Pierre Notte, auteur de théâtre.

Le 21 mars 2018 à 14:09

Pierre Guillois : "Opéraporno, bien sûr il y a de l'inconscient"

Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

Le 24 mai 2015 à 09:27

Paul Jorion : "Je voudrais que les Grecs gagnent"

L'affaire grecqueOn a dans la zone euro des pays qui peuvent se retrouver dans des situations financières difficiles et on leur envoie la troïka (FMI, BCE, UE), des gens qui partagent la même conception d'extrême droite son une nouvelle féodalité qui juge les gens à leur capacité à faire de l'argent. Le démenti de ce système a eu lieu en septembre 2008, avec la crise ça crevait les yeux que ce système ne marche pas. Mais le rapport de force ensuite, malgré cela, est toujours en faveur de ces gens-là. Le FMI a reconnu en 2012 que le calcul conduisant à l'austérité était tout à fait faux. Il y a eu une erreur. Le vrai calcul aurait dû conduire à une relance par la dépense publique. Autocritique, mais le FMI n'a absolument pas changé sa politique. Imperméables aux faits, ils avancent avec leur rouleau compresseur toujours dans la même direction. Personnellement je voudrais que les Grecs gagnent contre cette position libérale "TINA" (there is no alternative). Non, il n'y a pas que ça qui est bon. Votre système s'est écroulé en 2008, il faudrait le reconnaître. Donc soutenons les Grecs quand ils disent qu'il y a une autre possibilité : entre rembourser les dettes consenties par le FMI ou payer les retraités et les salaires des fonctionnaires, comme le disent messieurs Tsipras et Varoufakis, payer ceux qui méritent d'être payés et ne pas payer les dettes injustes des gouvernements précédents qui étaient sous la domination des armateurs et de l'église. Faut-il attendre 50% de chômage des jeunes, que les gens soient dans la misère, avant la prise de conscience qu'il faudrait peut-être voter pour des gens qui proposent ces mesures-là ? Le problème en France c'est que les partis audibles qui proposent des choses en dehors du cadre sont à l'extrême droite dont les intérêts sont alignés à cette troïka. C'est une extrême droite de l'aristocratie de l'argent qui dit : "malheur aux vaincus"...

Le 31 mai 2014 à 09:27

Chansonnette des parents

les enfants
 par hasard par derrière par devant 
à tort à travers ou simplement 
en deux temps trois mouvements 
l’un dans l’autre et réciproquement 
les enfants 
faits sous les ponts un soir de printemps 
sur les toits le soir de la saint jean 
dans un lit entre des draps de soie 
ou dans la poussière d’un vieux divan 
les enfants 
seul à deux en groupe ou en priant 
faits par choix par erreur partouzant 
dans les trains dans les choux dans le vent 
dans l’envie du moment 
les enfants 
faits en couleurs faits en noir et blanc 
les jours ouvrés le jour de l’an
 qu’on les fasse à demi 
en partie à moitié finissant
 les enfants
 qu’on les fasse sur le pouce sur les dents
 pour l’amour de l’art ou pour l’argent
 par la peur de la nuit solitaire ou 
la peur de l’horreur du néant
 les enfants
 qu’on les fasse pour passer le temps debout couché assis ou devant 
la télé les infos au resto dans la rue
 ou parmi les passants 
 les enfants
 on les fait pour savoir quoi comment 
faire de l’amour qu’on a au-dedans 
tout au fond tout enfoui tout rentré 
 dans le cœur dans le sang
 les enfants 
on les fait pour arrêter le temps
 pour filer doux au vieillissement
 pour finir tranquillou pieds devant
 et quitter le monde ravi content
 mais l’enfant 
déjà né déjà là déjà grand   
 déjà laid déjà trop de mouvements 
trop de bruit trop de voix  
trop de cris trop d’odeurs et de vents
 mon enfant
 sur l’avenir mon investissement
 dans ce machin sale et vacillant
 déjà lent déjà loin déjà mou 
 déjà si décevant
 les enfants
 on les faits pour savoir quoi comment 
faire de tout l’amour qu’on a dedans
 et voilà quand ils naissent qu’ils vous laissent 
comme deux ronds de flan

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