Jorge Bernstein
Publié le 03/06/2014

On n'arrête pas le progrès


Assez peu doué en électronique moléculaire et en chirurgie orthopédique, Jorge Bernstein s’est orienté vers le rock’n’roll garage et l’écriture d’ouvrages majeurs de la littérature et de la bande-dessinée.
 
Constatant que cette orientation lui rapportait beaucoup moins d’argent que l’électronique moléculaire ou la chirurgie orthopédique, Jorge Bernstein s’est lancé à corps perdu dans des études de physique, de chimie, de science des matériaux et d’anatomie.
 
Deux jours plus tard, il écrivait finalement un nouveau tube de rock et un strip BD d’une incroyable drôlerie. Depuis, il attend tranquillement le succès et ses corollaires : drogues exotiques, filles de joie délurées, signature d’autographes sous les néons blafards de la FNAC, maisons avec piscine sur la côte, fondation à son nom pour la lutte contre l’illettrisme et collection de voitures de sport.

jorgebernstein.tumblr.com

 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 3 décembre 2014 à 09:17

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Langue de bois et dérivés.

Tout le monde connaît la langue de bois, mais on ignore ses dérivés. En voici quelques uns : La langue de bois vernis. Essentiellement parlée dans les soirées mondaines, la langue de bois vernis se susurre entre deux coupes de champagne. Elle ne parle que de choses élégantes et futiles, qui sont pourtant essentielles à la survie du luxe. C'est la langue des gens bien nés et particulièrement vernis. Les pauvres n'y ont pas accès. La langue de sous-bois. Un brin gauloise et libidineuse, la langue de sous-bois se pratique aux abords des aires autoroutières et du bois de Boulogne. On la croit fleurie, mais elle dit les choses comme elles sont. Une chatte est une chatte, une pipe est une pipe, nom d'une pipe ! Souvent, la langue de bois se réduit à une série de râles virils et broussailleux pour s'achever en formules de politesse assez conventionnelles : « Merci, Madame. Je vous souhaite une bonne journée. » La langue de bois de chauffage. Langue de nos terroirs bien de chez nous, c'est autour d'un feu de bois et d'une bouteille de gnôle qu'elle s'épanouit vraiment. Elle rassemble aussi bien des chasseurs après une battue que des bobos parisiens venus s'encanailler dans un bled perdu de La Creuse. Les moustaches et la chemise à carreaux en coton gratté s'accommodent bien avec cette langue. La langue de bois-que-je-me-chauffe. Souvent réduite à des apostrophes agressives comme « putain » ou « enculé », la langue de bois-que-je-me-chauffe s'exprime vertement dans les embouteillages et devant un pauvre imbécile qui s'échine à respecter les limitations de vitesse. A noter que « enculé » est souvent associé à « sale pédé ». La langue de bois de cerf. Idiome préféré des chasseurs, il se débite en différentes parties appelées communément « la curée ». Le cerf n'a pas son mot à dire. Les biches et les faons observent le spectacle, interloqués. On offre les parties nobles à ceux qui ont organisé la chasse à courre. Pour les gueux, il reste les sabots. Ça fait toujours classe dans un salon, accroché à côté du berger allemand en tapisserie. La langue en aggloméré de bois. Uniquement parlée dans les magasins Ikea, cette langue résulte d'un mélange audacieux de mots suédois, de chiffres et de pictogrammes expliquant à quoi ressemble un clou et un marteau. C'est une langue lisse comme un plan de travail de cuisine. Attention quand même à ne pas la parler n'importe comment, sinon vous risquez de vous prendre les étagères sur le coin de la gueule. La langue de sciure. Ce qui reste de la langue précédente, quand on a décidé de tout bazarder à la déchetterie pour se meubler en style Louis XV. Recyclable, la langue de sciure se transforme en litière pour chats et lapins nains. La langue de bois de rose. C'est la langue des amoureux un peu gnangnan. Elle se réduit à des mots simples comme « je t'aime », « j'ai envie de toi », « tu es l'amour de ma vie », « je veux bien prendre une douche avec toi ». Avec le temps cependant, elle peut devenir râleuse ou carrément hostile : « Pauvre naze ! Et dire que je t'ai épousé ! » est une de ses formules préférées. La langue de bois de sapin. Pratiquée par les employés des Pompes funèbres, la langue de bois de sapin sent le sapin et l'after-shave bon marché. La gueule de l'emploi est requise pour la parler, le costume un peu long aux manches. C'est une langue qui parle de la mort en termes techniques : « Le défunt mesure combien environ ? » ; « Pour la toilette mortuaire, on met un parfum bio ou pas ? » Pour autant, cela n'interdit de faire un petit geste commercial en direction des familles dans le besoin, à condition qu'elles soient solvables. La langue des bois de justice. Celle-là vous coupe le sifflet en moins de deux. Disparue en France depuis 1981. Certains nostalgiques la parlent encore ; on dit même qu'ils apprécient la tête de veau.

Le 23 juin 2014 à 08:39

À Elia Kazan : Sur les couettes

Sous ma couvrante, tout dépend du livre que je me farcis Comment ça se passe sous ma couvrante ? En fait, ça dépend essentiellement du livre que je me farcis peu avant ou peu après avoir pénétré dans le pagnot. Ou alors dans le Pagnol. Il m’est en effet arrivé pendant la crémaillère d’un poteau bouquiniste de souffler mes clairs sur les piles des œuvres complètes de Marcel Pagnol que j’avais préférées à celles d’André Gide ou à celles, moins dodues il est vrai, de l’apôtre des résignations fétides Cioran. Je me dois de préciser encore que je ne fais pas pipi au lit chez les amis. Sinon c’est certainement dans le coin Philippe Sollers que j’aurais choisi de coincer la bulle. Voici les parutions récentes que j’ai examinées ces jours derniers dans les bannes. Elles ont toutes un petit côté libidinal. Car on commence à comprendre que c’est là que Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin désirent en venir, que les larrons, en effet, ont de plus en plus en tête de refiler du rond-point à leur public. Ce qui impliquerait si l’on se réfère aux recherches langagières de leur vieil acolyte polygraphe, le regretté François Caradec, qu’ils mijotent vraiment, avec la distance philosophique qui s’impose, de lui faire subir à ce public un « coït anal » cathartique Trêve de jacasseries, il faut que je prouve à présent que je sais causer livres et cul à la fois au cas où François Busnel serait à la recherche d’un documentologue particulier. Quelques mots donc sur les ouvrages plastronnant sur ma tablette de nuit en rêvant de se plumarder bientôt avec vous. Livre et cul : parutions récentes sur ma tablette de nuit Par exemple Emeuta Erotika (éditions Sao Maï), six nouvelles de Lilith Jaywalker, une féerique sorcière aimantée par « l’étrange, la révolte, le dérèglement » qui sait fort bien, telle la Nelly Kaplan du Réservoir des sens, comment convier en même temps à toutes les espèces de transgressions toniques pimentées en entrelaçant les plaisirs du déchaînement sexuel sans freins avec ceux du déchaînement insurrectionnel anti-marchand à la Black Block. Autre recueil de nouvelles perturbantes (cette fois, y en a une cinquantaine), à lire pour bien faire avec un balconnet sur le thorax, La Plus Belle Paire des seins du monde (Wombat) de l’irremplaçable Topor qui nous explique comment rendre aujourd’hui hommage à Dada en se passant du centre Pompidou et des omniscients époux Virmaux. « Jetez un œuf contre le mur.Crevez une toile qui s’y trouve accrochée.Effeuillez les pages d’un livre pris au hasard dans votre bibliothèque.Mouchez-vous dans votre moquette.Jetez vos souliers par la fenêtre.Pissez dans votre frigo.Chiez sur votre télé.Au nom de Dada, merci. » Le troisième livre de ma pile est plutôt à brandir qu’à éplucher. C’est  le Nouveau Moyen de bannir l’ennui du ménage ou les 20 épouses des 20 associés (Finitude), fricassé en 1781 par Rétif de la Bretonne, qui propose aux jeunes mariés menacés par la routine de s’associer avec dix-neuf autres couples dans des communautés prônant l’égalité et l’entraide. Mais le texte du précurseur de la science-fiction Rétif restant curieusement pondéré et moraliste et allant jusqu’à réprouver tout « désordre avec les épouses les uns des autres », il vaut mieux le réinventer dans sa tête ou en polissonne compagnie. Ce qu’il n’y a pas lieu par contre de réinventer, c’est le somptueux « hymne à la lubricité » de l’éducatrice dépravée Delphine Solère qui, dans son premier roman, Le Goût du désamour (La Musardine), nous convainc sans peine que, expérience oblige, le meilleur endroit de Paris pour se branler l’un l’autre amoureusement, ce sont les chiottes du Fouquet’s. Il n’y a pas non plus à réinventer les deux récits historiques fort bien torchés appelant à la liberté sexuelle explosive qui ont tellement aimé faire dodo avec moi ces dernières semaines. Le Sylvia Bataille d’Angie David (Léo Scheer) qui n’a pu s’écrire qu’à partir des souvenirs des proches de la pétroleuse, cette dernière ayant détruit ses principales archives, est passionnant. Il nous montre à quel point la femme de Georges (Bataille), avant de devenir celle de Jacques (Lacan !), personnifia l’amour libre irréductible pendant l’entre-deux-guerres. La subjuguante Sylvia ne se laisse pas encager par sa mère possessive, sèche les cours du collège Sévigné, a le bon goût d’être fort vite déçue par la compagnie d’André Gide (dormez plutôt sur Marcel Pagnol), expérimente à dix-sept ans la formule du ménage à trois enjoué, refuse les avances de Guy de Rothschild pour convoler avec Georges Bataille qu’elle trouve aussi fédérateur que transgressif, cautionne les frasques incessantes de son mari dans les bordels, fait du théâtre d’avant-garde, est adoptée par la bande à Prévert, perd tous ses sous au casino avant qu’un mystérieux inconnu (Jules Berry !) ne les lui regagne, devient vedette de cinéma (Topaze, Jenny, Le Crime de M. Lange, Une partie de campagne…), s’acoquine avec le groupe révolutionnaire Contre-Attaque et avec la société secrète dionysiaque Acéphale. Sur la couverture du livre, et sur la mienne quand je lis au lit : une incandescente photo de Sylvia Bataille, les rebelles dénudés, prise par Denise Bellon. L’autre traité d’histoire ayant bercé mes nuits est frigoussé également par une tigresse érudite, Linda Williams, une prof de Berkeley connue pour ses études sur le ciné porno démontrant que le plaisir sexuel y est systématiquement filmé d’un point de vue phallo-macho. Dans Screening Sex (Capricci), Linda cherche à comprendre pourquoi, au fil du temps, certaines images à caractère sexuel, initialement considérées comme « ob/scènes » sont vues à présent comme étant « en/scènes ». Comment se fait-il que tout à coup Elizabeth Taylor s’est mise à balancer à ses partenaires des mots orduriers jusqu’alors interdits ou que les cow-boys de Brokeback Mountain s’empapaoutent soudain extatiquement. Pour nous sortir les bonnes réponses, la sociologue se fait épauler futefutement par Freud, Benjamin, Foucault et le docteur J. B. Pontalis. Heureusement que j’ai un grand plumard !

Le 1 juillet 2014 à 11:39

Et au lit, comment ça se passe?

Micro-trottoir

L'atrabilaire : « Au lit, il ne se passe rien. Ailleurs non plus. Rien de nouveau sous le sommeil. Lisez Blaise Pascal. » La sadienne suisse : « J'aime qu'on me pine le con, le cul, le cou, le coucou. Je donne tout de moi, même l'heure.» L'homme pressé : « Le lit ? Pas le temps. Je fais ça au débotté, et encore? Bon, faut que j'y aille ! » Le paresseux, en baillant : « Parce qu'il faut qu'il se passe quelque chose, en plus ? Ah non, c'est trop pour moi. » La femme de chambre : « Je fais cinquante lits par jour. Quand je rentre chez moi, je suis tellement épuisée que je m'endors sur le canapé. » Vladimir P. : « J'ai pris la Crimée à la hussarde. Mais l'Ukrainienne, cette chienne lubrique, ne se laisse pas prendre comme ça ! » François H. : « Au lit comme ailleurs, je garde mon casque de moto. On n'est jamais trop prudent. » La vieille fille : « Ah oui, au lit, il aurait pu s'en passer des choses? J'en rougis rien que d'y penser. » Le SDF : « Le lit ? Quel lit ? Hé, mec, je suis à la rue, moi ! Je dors sur une grille de métro. » Le vendeur de meubles, un brin lubrique : « Un bon lit, si vous voyez ce que je veux dire, ce doit être moelleux. Celui-ci n'est pas mal. Vous voulez l'essayer avec moi ? » Le vendeur d'Ikea : « Nos lits se montent facilement. Après, c'est vous qui voyez. » Le médecin : « Allongez-vous sur le ventre, s'il vous plait. Voyons où nous en sommes avec ces vilaines hémorroïdes. » Le psychanalyste : « Allongez-vous sur le divan. Racontez-moi votre dernier rêve érotique. » La femme de cinquante ans : « J'ai encore de beaux autours, mais mon mari préfère sortir le chien. » L'homme de cinquante ans : « Ma femme, je ne la supporte plus. Elle ronfle tout le temps. » Le poète ringard : « Mon amour, dans un lit de roses/ Laissons la prose/ Prenons la pose. » Le malade hospitalisé : « J'en ai marre d'être alité. Si au moins je pouvais me taper une infirmière ! » Le proustien, allergique et enrhumé : « Longtemps je me suis mouché de bonne heure. » La proustienne pubère : « Longtemps je me suis touchée de bonne heure. » Le sourd : « Non, je ne connais pas Dolly Rascasse. Parlez plus fort, s'il vous plait. » Le terroriste islamiste : « Le matelas, je vais l'exploser. Mille vierges m'attendront au Paradis. » La prostituée organisée : « C'est 100 euros la passe. Et moins 10% sur la dixième, avec la carte de fidélité. » L'employé des wagons-lits : « J'en ai marre de ce boulot ! Toujours à regarder les autres dormir ou baiser. » L'écrivain en mal d'inspiration : « Et si je me mettais au lit, hein ? Je trouverais peut-être quelque chose. »

Le 20 juin 2014 à 08:28

Mon Lit

Et au lit, comment ça se passe ?

Mon lit, quand j’y suis allongé, je n’arrive pas à le considérer comme une chose. Il faudrait un grand effort, presque un coup de force, pour percevoir ce lit comme « une chose ». C'est une posture de l'espace. On peut l’appeler « allongement », « être-couché », comme on voudra, mais ce n’est pas un objet. La posture n’a ni lattes de bois ni cadre métallique. Le lit-en-tant-que-monde-couché n'est pas le matelas, ni la menuiserie qui le soutient. Tout change, quand vous envisagez le lit du dehors. Vous achetez un lit, vous le démontez, le réparez, le déménagez, le déplacez, l’emballez, le mesurez, le soupesez, le réinstallez (passe-t-il dans cette porte ? et dans le couloir ? dans cet angle exact ?), vous faites le ménage, vous changez les draps... chaque fois le lit vous apparaît comme chose, pas d’hésitation. Chose particulière, chargée de symboles, d’émotions, de souvenirs, d’avenirs : on y naît et meurt, on y fait l’amour, on y rêve, on y pleure, on s’y défait et s’y reconstitue. Tous les temps de l’existence tiennent au lit. Pourtant, dès qu’on la manipule et le regarde de l’extérieur, ce n’est qu’une chose. Et ce n’est plus une chose lorsqu’on s’y trouve allongé... Le lit n’a pas cessé d’exister mais je ne parviens plus, quand j’y suis allongé, à le considérer comme chose. Est-ce une chose à temps partiel ? Intermittente, incomplète, à éclipse ? Il se pourrait qu’une chose qui me porte ne m’apparaisse plus chose. Le lit, mais également la chaise, le fauteuil, le canapé, le tabouret, je les oublie dès que j’y suis allongé ou assis. Ils s’estompent en me soutenant, en portant mon poids, demeurant au-dessous, stables et secrets. Quand je quitte ma voiture, quand j’y reviens, je la vois comme une chose : boîte de tôles et de vitres, le long du trottoir. Mais dès que je conduis, c’est le prolongement de mon corps. Et le train ? Une chose sur le quai, pas une chose quand je suis passager. Et l’avion ! on est étonné, de le découvrir sur la piste si métallique et mécanique. Au-dedans, on est entraîné seulement dans la puissance pure de la vitesse. Dans le lit, tout le rapport à l’espace change. Et le rapport au temps ? Et les idées ? Est-ce qu’on a les mêmes convictions couché et debout ? Les mêmes sentiments ? Les mêmes raisonnements ? Personne ne peut être absolument assuré de pouvoir répondre « oui » ou « non » ! Tenez, dans l’endroit où vous travaillez habituellement, allongez-vous par terre. Contemplez le plafond, voyez le ras du sol. Est-ce vraiment le même monde que vous observez ? Que vous répondiez oui ou non, demandez-vous ce que signifie au juste le même monde ? Allongé, sur le lit ou le sol, ce que je vois de différent se raccorde-t-il à ce que je vois debout ? De quelle manière ? Où est le monde qui réunit les deux ? Est-il objet de croyance ou de perception ? Le lit, somme toute, c’est un vaisseau spatial. Il se tient entre deux mondes. (Extrait de Comment vont les choses ?)      

Le 26 mai 2015 à 08:32

Montauban : Son téléphone glisse derrière son lit

Montauban – Un habitant de Montauban a vécu une mésaventure peu commune, qui aurait pu mal finir. Alors qu’il faisait son lit, son téléphone a glissé dans un espace très réduit entre le matelas et le mur. Reportage. Quelques minutes d’angoisse. Une frayeur que cet habitant de Montauban n’est pas près d’oublier. Alors qu’il faisait son lit comme chaque matin, son téléphone a glissé entre le mur et le matelas. « C’est arrivé très vite. Et quand j’ai compris ce qui ce passait, c’était trop tard » a-t-il raconté lors d’un rapide point presse. Et d’expliquer comme le téléphone portable – de marque Apple – a glissé derrière le lit. « Je ne pouvais pas l’atteindre, l’espace est trop réduit. J’ai du me résoudre à déplacer le lit ». Une opération qui va prendre seulement quelques secondes. « Je n’ai pas eu besoin d’assistance. De plus, je vis seul. Et je ne vois pas pourquoi je serais allé demander à un voisin. On peut très bien s’en sortir seul, il faut juste un peu de système D ». Le jeune homme a donc pu rapidement récupérer son téléphone. Selon les premières constatations, il n’aurait pas non plus raté d’appel. « C’est toujours très angoissant, votre téléphone glisse, il est inaccessible et qui sait, vous ratez un appel important ». Le jeune homme précise qu’à aucun moment il ne s’est inquiété ou n’a semblé perdre le contrôle de la situation. « Je savais exactement où se trouvait mon téléphone, il n’était pas perdu ». Et pour lui, ce qui s’est passé est clairement un non évènement. « Des gens ont accompli bien plus de choses que moi, mais je suis heureux d’avoir récupéré mon téléphone » a-t-il conclu à l’issue de la conférence de presse. Le Gorafi Illustration: Juanmonino

Le 25 janvier 2015 à 10:52
Le 21 juin 2014 à 11:24

La République dans de beaux draps

Depuis 1989, où des peines-à-jouir ont rebaptisé « Assemblée nationale »  la station de métro « Chambre des députés », il était à craindre que la République ne couche plus dans le même lit. La présidentialisation des institutions n’avait pas seulement gagné les esprits, elle avait aussi contraint les corps, au point que le chef de l’État du moment choisit deux palais officiels distincts pour domicilier ses deux familles. Depuis les portes n’ont cessé de claquer à l’Élysée, entre des femmes qui s’en vont et des Présidents qui vont et viennent, ce qui suggèrerait que la literie maison est à ressorts. Mais faute d’écoutes circonstanciées de la NSA,  la qualité des ébats présidentiels demeure un des derniers secrets d’État. Seules en parlent celles qui ne savent pas, celles qui savent demeurant mutiques sur le sujet en dépit de propositions éditoriales à sept chiffres. Par peur des représailles ?  Osons l’hypothèse qu’il est plus valorisant de porter le deuil d’un amour désintéressé, que le dépit d’un coup pourri, révélant en creux le sacrifice de ses propres sens pour la seule jouissance narcissique de s’être frottée au pouvoir suprême. Qui s’y frotte s’y nique ?  Dans une France où un roi devint légendaire pour avoir cru jusqu’à 40 ans (du moins le prétendait-il) qu’il avait un os entre les jambes,  les Français sont enclins à penser que le monarque républicain qu’ils ont élu est doté d’un tempérament à la hauteur de ses prérogatives, bref que la fonction crée l’orgasme. Sinon, à quoi bon, hein ? Certes il y a des exceptions : le général De Gaulle n’avait pour maitresse que la France à laquelle il avait roulé une pelle définitive le 18 juin 1940. Georges Pompidou avait des mœurs paisiblement bourgeoises et sagement éclairées.  Ses successeurs ont en commun d’avoir été longtemps députés, donc de bien connaître la buvette à laquelle on accède par la salle des conférences où est érigée une statue du bon roi Henri IV – le souverain sévèrement ossifié – dont le socle est gravé de cette citation : «  le violent amour que je porte à mes sujets me porte à trouver tout aise et honorable. » Ca peut donner des idées. Et même de plus précises encore si, les alcools aidant on rêve d’alcôves au vu des bas-reliefs de la buvette sortis de la Manufacture de Limoges, où de langoureuses naïades ne cachent rien de leurs corps dénudés. Mais attention ce n’est parce qu’il y a souvent le bordel en séance, que  le palais Bourbon tournerait au lupanar.  C’est au sens métaphorique que l’on doit interpréter  cet effet de tribune de Jean-Marc Ayrault du temps qu’il était député d’opposition : «  Monsieur, le premier ministre, l’Assemblée nationale n’est pas une chambre à coucher ! » Pourtant l’on y couche, l’on y couche à l’Assemblée nationale, la plupart des députés disposant de bureaux avec un couchage possible. Un simple canapé clic-clac utile pour les élus de province, pas forcément commode pour des galipettes crapuleuses. D’autant que la nuit (et même le jour) les cris intempestifs peuvent être entendus des voisins,  et que toute personne étrangère qui entre dans le bâtiment doit laisser sa carte d’identité à des huissiers assermentés.  L’ « escort » badgée peut nuire à une carrière bien bordée.  Et puis, les élus de la République n’ont pas toujours la tête à ça. Surtout en ces temps de débandade politique face aux défoulements populistes.

Le 30 juin 2014 à 09:59
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication