Jean-Pierre
"Dieu, dans sa très grande mansuétude, a dissocié la beauté des aliments de leur caractère rassasiant.
Ainsi n'a-t-on jamais entendu un homme dire que, pendant la guerre, il avait mangé des choux romanesco alors que des rutabagas, oui.
Il faut bien se l'avouer : un rutabaga, c'est tout de même très laid alors qu'un chou romanesco, c'est une merveille de complexité.
Le vocable même : faites couler le terme "romanesco" sur votre palais puis essayez l'âpreté et le ridicule du mot "rutabaga".
"Ro-ma-nes-co" vers le haut.
"Ru-ta-ba-ga" vers le bas.
Il est des évidences comme celles-ci, voyez-vous, qui vous font admettre l'existence imbriquée, tissée, du Très-Haut et cela dans les mots mêmes."
Jean-Pierre P., pasteur, professeur de phonétique, de phonologie, de linguistique et de macramé à l'Université Populaire de Chollet.