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Publié le 28/06/2014

Philippe Combessie : "Les pratiques de sexualité collective restent très marginales"


Et au lit, comment ça se passe ? #3

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Autres épisodes :

Une tendance plus médiatique que réelle

Dans une société de plus en plus marchande, la sexualité dans sa dimension d'échange n'échappe pas à cette caractéristique. Une des grandes théories anthropologiques stipule "les hommes paient pour accéder au corps des femmes" ; il est intéressant d'observer son évolution, dans certains de ces îlots occidentaux, avec l'institutionnalisation des relations entre personnes de même sexe et l'évolution de la situation socio-économique des femmes. 

Les pratiques de sexualité collective ont toujours existé mais ont évolué au cours des 40 dernières années, tout en restant absolument minoritaires et même marginales, contrairement à ce que le traitement médiatique du sujet laisse entendre. Cela dit, ce traitement médiatique n'est pas sans effets sur l'évolution de l'imaginaire collectif autour, notamment, des sexualités marginales (plurielles ou autres...).

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Philippe Combessie

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Le 12 mars 2018 à 17:29

Pierre Guillois : "Opéraporno, c'est pas moi qui ai eu l'idée !"

Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

Le 20 février 2017 à 12:58

Nicolas Truong, intervieweur interviewé #1

Il conçoit et met en scène "Interview", avec Judith Henry Nicolas Bouchaud : l’interview qu'il connaît bien pour le pratiquer lui-même, comme lieu théâtral à explorer C’est le genre journalistique le plus prisé, l’exercice médiatique le plus usité, le mode éditorial le plus célèbre. C’est un genre qui les comporte tous. L’interview est une mise en scène, le lieu d’un théâtre où se joue la confrontation de deux subjectivités.   À la manière des chansons populaires, les traces écrites, sonores ou télévisuelles des interviews sont dans tous les souvenirs et scandent la mémoire intime et collective des nations et des générations. Les exemples de la prégnance de ces scènes médiatiques de la vie publique sur nos vies sont innombrables : aveux de l’ancien président Richard Nixon sur le Watergate faits lors des vingt-neuf heures d’émissions réalisées par le  journaliste David Frost ; entretien touchant et désopilant entre Pierre Desproges et Françoise Sagan ; interview posthume du philosophe Heidegger à l’hebdomadaire Der Spiegel sur son engagement nazi ; entretien au Monde avec le « philosophe masqué », à savoir Michel Foucault qui choisit délibérément l’anonymat, « par nostalgie du temps où, étant tout à fait inconnu, ce [qu’il] disait avait quelques chances d’être entendu » ; faux-entretien de Patrick Poivre D’Arvor avec Fidel Castro ; déballages cultivés et foutraques de Michel Polac, échanges rachmaninoviens de Bernard Pivot, servitude volontaire des candidats aux « interviews-vérité » de Thierry Ardisson, etc.   L’interview est une maïeutique. Un divan contemporain, un confessionnal de l’ère cathodique, une agora de l’extimité et de la mise en scène de soi. On y pleure, on s’y livre, on s’y découvre, on s’y lâche. L’interview est une vitrine de la connivence journalistique aussi. Le lieu de la déférence et de la flatterie, ou bien l’espace de la dénonciation, des aveux et de l’humiliation.    Nicolas Truong

Le 31 mai 2014 à 09:27

Chansonnette des parents

les enfants
 par hasard par derrière par devant 
à tort à travers ou simplement 
en deux temps trois mouvements 
l’un dans l’autre et réciproquement 
les enfants 
faits sous les ponts un soir de printemps 
sur les toits le soir de la saint jean 
dans un lit entre des draps de soie 
ou dans la poussière d’un vieux divan 
les enfants 
seul à deux en groupe ou en priant 
faits par choix par erreur partouzant 
dans les trains dans les choux dans le vent 
dans l’envie du moment 
les enfants 
faits en couleurs faits en noir et blanc 
les jours ouvrés le jour de l’an
 qu’on les fasse à demi 
en partie à moitié finissant
 les enfants
 qu’on les fasse sur le pouce sur les dents
 pour l’amour de l’art ou pour l’argent
 par la peur de la nuit solitaire ou 
la peur de l’horreur du néant
 les enfants
 qu’on les fasse pour passer le temps debout couché assis ou devant 
la télé les infos au resto dans la rue
 ou parmi les passants 
 les enfants
 on les fait pour savoir quoi comment 
faire de l’amour qu’on a au-dedans 
tout au fond tout enfoui tout rentré 
 dans le cœur dans le sang
 les enfants 
on les fait pour arrêter le temps
 pour filer doux au vieillissement
 pour finir tranquillou pieds devant
 et quitter le monde ravi content
 mais l’enfant 
déjà né déjà là déjà grand   
 déjà laid déjà trop de mouvements 
trop de bruit trop de voix  
trop de cris trop d’odeurs et de vents
 mon enfant
 sur l’avenir mon investissement
 dans ce machin sale et vacillant
 déjà lent déjà loin déjà mou 
 déjà si décevant
 les enfants
 on les faits pour savoir quoi comment 
faire de tout l’amour qu’on a dedans
 et voilà quand ils naissent qu’ils vous laissent 
comme deux ronds de flan

Le 2 juin 2014 à 07:00

Et au lit, comment ça se passe ?

l'Edito

Le sexe. Marronnier des marronniers pour une presse en panique de lecteurs : « sexe chez les ados », « sexe et politique », « comment être un bon coup », « tendances et nouvelles pratiques »… Notre intimité fait vendre, comme si le voyeurisme des médias venait redoubler notre curiosité pour une guerre sans précédent menée contre le plus secret des continents, peut-être le dernier : notre fort intérieur. La traçabilité des vies, des désirs et des âmes est en cours. Et tout se met en place pour qu’il ne soit même pas nécessaire de faire voler des drones à taille de moustiques au-dessus de nos alcôves : les corps iront gentiment se publier eux-mêmes, les pratiques sexuelles s’homogénéiseront autour du scénario standard élaboré par une pornindustrie qui se rêve d’être considérée comme l’accomplissement mondial des philosophies libertaires. Jouissance obligatoire pour tous. Voilà le décor, version film catastrophe. Sauf que nos vies se foutent d’être ou non dans la bible de la série, vous ne croyez pas ? Au lit ça me regarde. Et je t’y regarde. Je bois ta tendresse et les mots qui vont avec. Je crève d’en manquer. Au lit, j’y meurs souvent comme une viande lourde écrasée par la journée. Je m’y consume aussi, offert aux petites morts de l’amour, du sommeil et des rêves. Mon lit est le dernier carré de forêt libre où rester magicien. Il n’est pas à vendre. Il est à partager.

Le 1 septembre 2011 à 07:46

Est-il ou n'est-il pas ressorti de chez les Bettencourt une enveloppe kraft à la main ?

Une affaire que la physique quantique peut éclairer

L'affaire rebondit avec la parution du livre Sarko m'a tuer et le témoignage de l'ex-infirmière de Liliane Bettencourt – immédiatement récusé par cette dernière : elle aurait vu Nicolas Sarkozy recevoir des enveloppes au domicile de sa patiente.  On se souvient de l’ex-comptable de Liliane Bettencourt qui elle aussi avait accusé Sarkozy de financement illégal ; puis, questionnée par la police, la même personne s’était rétractée en disant qu’il n’en était rien. Incohérence, délire, menaces de mort ? Et si ces doubles témoignages, au contraire, étaient VERIDIQUES : Sarkozy est sorti avec l’enveloppe ET Sarkozy n’est pas sorti avec l’enveloppe ? Les deux à la fois ?Car deux états contradictoires peuvent tout à fait coexister dans la nature. Rappelons-nous du chat de Schroedinger, cette expérience imaginée pour illustrer les étranges comportements de la matière au niveau quantique : un chat est enfermé dans une boîte avec un détecteur atomique relié à un marteau surplombant une fiole de poison. Dans le détecteur, il y a un atome qui a une chance sur deux de se désintégrer au bout d'une minute. Si une telle désintégration est détectée, le marteau brise la fiole et le chat meurt. Comme il est impossible de dire si l’atome s’est désintégré ou non, la théorie quantique affirme que le chat est mort ET vivant. Le président pensait certainement « quantique » lorsqu'il s'était exprimé il y a plus d'un an sur cette affaire  : – Je ne suis pas un idéologue, j’essaie d’être honnête, de dire la vérité, en tout cas la mienne. Seule l’ouverture de la boîte agira sur la réalité, mais tant que la boîte restera verrouillée, les deux états contradictoires resteront réellement concomitants, aussi bizarre que cela vous semble. Ne cherchez pas, notre cerveau ne peut l’admettre, et pourtant c’est ainsi.Même si l’Elysée et tout le gouvernement démentent ces "allégations dénuées de tout fondement", le feuilleton est reparti. Au dernier épisode, quand on ouvrira enfin la boîte, tout redeviendra simple et familier : SOIT le chat va bondir toutes griffes dehors, SOIT il sera mort, une enveloppe kraft serrée entre ses pattes.

Le 27 novembre 2010 à 08:42

La Moustache parce que !

Le Grandiloquent Moustache Poésie Club se dévoile

Avant de monter sur la scène du Rond-Point, Astien Bosche, Julien Pauriol (Ed Wood) et Mathurin Meslay dévoilent pour ventscontraires.net les liens profonds qui unissent poésie et moustache. Cette découverte a basculé leur vie, depuis ils ont fait leur entrée dans le club de la Moustache Poétique :  La Moustache parce que !slam viril et sincère envoyé par Ed Wood La moustache parce qu’elle est mon emblème Deux armoiries qui tranchent sur ma peau blême Deux ailes de papillon lisses et extra fines Qui battent pavillon noir sous mes fières narines   La moustache parce qu’elle pimente mes french kisses La moustache parce qu’elle chatouille les pubis La moustache parce que je préfère la fantaisie sous le nez Qu’une coquetterie dans l’œil quand on tire mon portrait   La moustache parce que Fairbanks et Errol Flynn Parce que l’immense Charlie Chaplin Parce que Dewaere, parce que Groucho La moustache parce que Frida Khalo La moustache parce qu’elle a toujours été là Même si on ne la voyait pas, cachée dans ma barbe Comme la sculpture qui existe déjà Mais qu’il faut aller chercher au cœur du bloc de marbre   La moustache parce que flic undercover Parce que gentleman cambrioleur La moustache parce qu’un seul de ses battements Provoque sous la jupe des filles le pire des ouragans   La moustache parce que le vague souvenir de mon père Parce que les bécots piquants de ma grand-mèreLa moustache parce qu’après tout je le vaux bienLa moustache parce que ma chérie le veut bien  La moustache parce que sur toi c’est ringard Alors que sur moi c’est trop la classe Parce qu’elle attire vraiment tous les regards Comme un tatouage en plein milieu de la face    La moustache parce qu’elle est mon jardin zen Je la soigne patiemment avant d’entrée en scène Chaque jour je la taille, je la structure en l’affinant Comme un bonsaï, comme l’écriture, comme un diamant   La moustache parce que je suis un homme Parce qu’elle est mon grigri, mon vade-mecum La moustache parce que c’est là que se cache mon âme Bref, la moustache même si j’étais une femme !

Le 6 mai 2010 à 08:00

Répétitions

Nouvelle inédite de Marie Nimier

J'ai connu un homme qui jouissait exclusivement lorsque, ayant fourré son engin, on lui grattait gentiment les couilles. J'avais appris à passer mon bras sous nos deux cuisses réunies pour atteindre mon but par derrière. Le même geste devait être répété avec précision, au même endroit, avec la même intensité, et si d'aventure j'introduisais une variante j'étais rappelée à l'ordre par un grognement. C'était à la fois lassant, et très excitant de savoir qu'à ce moment précis, en accomplissant ce rituel minuscule, l'homme allait s'abandonner. Dès que je commençais la manipulation, il m'embrassait à pleine bouche - avec le vide de la bouche -, sans bouger les lèvres. J'aimais beaucoup ce moment-là. Après avoir éjaculé sur mon ventre, il s'endormait quelques minutes.Une nuit, j'ai demandé d'où ça lui venait, ce truc. Il fit semblant de ne pas comprendre, ce truc, quel truc, et comme je précisais ma pensée il se mit en colère : j'étais tellement vulgaire sous mes airs de sainte nitouche, il n'en revenait pas de découvrir mon vrai visage après tout ce que nous avions partagé, le voyage en Italie, les promenades, les lectures, les confidences... J'essayai de me justifier, il s'agissait là d'une manie peu encombrante en vérité, elle ne me gênait pas le moins du monde, j'étais juste curieuse, juste intéressée...Il alla se servir à boire. Je sentais qu'il se retenait pour ne pas me flanquer à la porte. J'ai prétexté un travail à terminer chez moi et, prenant les devants, je me suis retrouvée dans la rue à onze heures du soir avec mon sac bourré à craquer et ma couche de foutre sur le ventre, comme un vernis. Je n'avais pas envie de dormir. Longtemps j'ai tourné en rond avant de m'installer à la terrasse de ce café où il avait l'habitude de donner rendez-vous à ses amis. Une semaine passa, sans nouvelle de lui. Il ne répondit même pas à mes messages. Le mardi suivant, il réapparut à l'heure de l'apéritif. J'étais tellement émue de le voir que je me mis à pleurer. Il s'assit au bar, sans remarquer ma présence, et commanda deux martini blancs. La jeune fille qui le rejoignit presque aussitôt me ressemblait. Il lui parlait un peu trop fort, elle le trouvait drôle. Parfois, elle tortillait ses cheveux puis les relevait comme on fait la roue, en écartant les coudes. Ses yeux glissaient sur la chemise de son interlocuteur et, par petits coups pressés, empesaient sa braguette.En me levant, je regardai les mains de la jeune fille, ses doigts qui, après un petit brin de toilette pour enlever le gras des olives, caresseraient la douce peau fripée. 

Le 17 juin 2014 à 10:40

Camille : "Pour moi, ça se passe bien"

Et au lit, comment ça se passe ? 

Camille se décrit comme épicène (adj. é-pi-sê-n’ : qui désigne indifféremment l’un ou l’autre sexe) et mauvais genre.  Il/elle écrit depuis maintenant une dizaine d’années sur la sexualité et pilote le blog Sexpress après avoir co-fondé Rue69. Ventscontraires.net lui a posé quelques questions.   Et au lit, comment ça se passe ? (pour vous, pour la France, pour le monde...) ? Pour moi, ça se passe bien, parce que j'ai la chance que mes pratiques sexuelles soient admises socialement. Si j'aimais qu'on me fouette, ça serait un peu moins bien. Si j'aimais les chevaux, je serai zoophile et je n'aurais pas le droit (depuis 2004)... Par contre, on peut attacher une jument pour la faire prendre de force par un étalon. Pour la France, là encore, pour moi, les choses vont plutôt bien. On est, certes, un peu pudibond : il est très grave que des gens vous voient faire l'amour mais l'interdit étant un gros stimulateur du désir, c'est pas si mal. Pour le monde... tant qu'on aura des dizaines de pays dans lesquels être homosexuel est passible de la peine capitale, ça n'ira pas très bien.   Pourquoi s'intéresse-t-on tellement à ce qui se passe dans le lit des autres ? Quid des religions et des ligues de vertu ? Parce qu'on s'intéresse à la reproduction et au contrôle des pulsions. Les religions et ligues de vertus sont dans cette double injonction de contrôle de la population. La société demande aux individus d'être transparents sur la sexualité mais de ne rien faire en public, c'est un peu paradoxal   En période de crise (économique, notamment), le lit est-il le dernier refuge ? Peut être... il parait que l'industrie du sex-toy n'est pas touchée par la crise!   La parité au lit, on en est où ? (les rapports de domination homme-femme ont-ils réellement évolué ?) Ca dépend où géographiquement. Mais le fait que les femmes gagnent en maitrise de la contraception change clairement les choses   Le tsunami porno, mythe ou réalité ? Quid de son influence réelle ou non sur la sexualité des jeunes ? Réalité au sens où ça change le rapport le rapport à la sexualité des jeunes. L'influence réelle est dans les pratiques (les jeunes femmes sucent, s'épilent....) mais pas tellement dans la construction des relations. Les jeunes restent très romantiques et dans la découverte.   En quoi Internet a-t-il, selon vous, changé la donne ? La question mériterait un livre... l'accès au porno tel que le racontait Richard Allan quand il était douanier et qu'il saisissait les films en provenance du Danemark n'est évidemment pas le même qu'aujourd'hui où il est difficile de trouver un gosse de 10 ans qui n'a jamais vu un extrait de film porno   Le succès de « 50 shades of grey » donne l'impression d'une démocratisation du SM. Vraie tendance ou épiphénomène médiatique ? Epiphénomène médiatique je pense ; il faudrait faire une enquête aujourd'hui pour voir si les pratiques ont vraiment changé. Intuitivement je n'y crois pas trop. J'avais posé des questions il y a 6 mois et cela restait "juste un livre", comme Harry Potter n'a pas changé le rapport à la magie des enfants ou le racisme dans le monde. La vraie démocratisation du SM est liée à des initiatives encore marginales comme l'érosticratie qui propose un festival d'explorations érotico-artistiques.   Le lit, espace de créativité ou bastion du conformisme ? Les deux... mais le conformisme c'est bien. Il y a une phrase de Jacques Brel que j'aime beaucoup:  "Passent aussi, indifférents
 Quelques jeunes gens faméliques
 Qui sont encore confondant
 L´érotisme et la gymnastique"   Comment imaginez-vous le sexe dans 10 ans ? 50 ans ? 200 ans ? Où ? Au Japon, je vois des sex-toys futuristes avec des sexes en plastique incroyables... Dans 10 ans, en France, je dirai un retour du poil qui s'amorce. Dans 50 ans, avec un peu d'optimisme, les hommes maîtriseront leur contraception eux-mêmes (sans passer par les femmes). Dans 200 ans, par contre, on aura bien eu une centrale nucléaire qui aura explosé.   On entend beaucoup parler de « bons coups » ou de « mauvais coups ». Qu'en pensez-vous ? Quelques conseils ? Ecoutez-vous, écoutez les autres... "Mes" bons coups étaient souvent musicien(ne)s. Je parlerais plutôt de "bons couples" et de "mauvais couples" mais clairement les personnes qui savent s'écouter et décrypter le corps de l'autre sont plus faciles pour prendre du plaisir ensemble.  

Le 21 mars 2018 à 14:09

Pierre Guillois : "Opéraporno, bien sûr il y a de l'inconscient"

Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

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