Jean-Michel Helvig
Publié le 08/07/2010

« J'observe aujourd'hui qu'il y a une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste d'extrême qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth »


Nadine Morano, cour de Matignon, 7 juillet 2010

Du « Morano » ça doit être restitué in extenso pour en apprécier toutes les hardiesses syntaxiques, audaces conceptuelles, et autres ellipses historiques.  Elle est culte dans l’inculte, la pétaradante secrétaire d’Etat à la famille qui répondit un jour sur RTL où on lui opposait une citation de Georges Clemenceau : « Georges Clemenceau a le droit de dire ce qu’il veut ».  Elle a dû faire des impasses pour décrocher son DESS d’information, communication et organisation des entreprises. Quant aux travaux pratiques ultérieurs, ils souffrent d’approximations dans la « communication de crise » dictée de l’Elysée : taper à bras raccourcis sur Mediapart et son patron Edwy Plenel, connu pour ses sympathies trotskystes de jeunesse, qui ont monté une machination à caractère fasciste visant à abattre Eric Woerth comme la presse d’extrême droite s’attaqua jadis à Roger Salengro, et comme l’honneur de Pierre Bérégovoy fut naguère « jeté aux chiens » selon l'expression de François Mitterrand.  Nadine Morano a lu trop vite ses fiches et les a récitées en langage yaourt, oubliant de caser le qualificatif « fasciste ».  Elle s’est du coup privée de la compréhension des staliniens les plus chenus, lesquels dans les années 50 avaient anticipé, en traquant eux aussi "le complot hitléro-trotskyste."
Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 27 janvier 2015 à 09:12

Un garagiste honnête avoue que le joint de culasse est une totale invention

C’est une mini-révolution qui secoue la profession des garagistes depuis ce matin, depuis que Michel Gerron, garagiste dans la Nièvre, a révélé que le joint de culasse était une invention. Enquête. Une fable inventée de toutes pièces « Le joint de culasse, ça a jamais existé, c’est une pièce qu’on a inventée pour escroquer les gogos » a déclaré le garagiste lors d’une conférence de presse organisée pour l’occasion. « C’est sûr, on peut pas faire avaler ça à n’importe qui, y a des gens qui s’y connaissent et d’autres qui se méfient » a-t-il poursuivi devant un parterre de journalistes atterrés. « On essaye de repérer les proies faciles, les intellos. Après, avec les collègues, on fait des paris, on mise sur des clients. Si t’arrives à les arnaquer, tu rafles la mise et si en plus tu inventes le nom d’une pièce, tu gagnes le double. Une fois, j’ai même fait croire à un gars qu’il fallait changer la courroie de distribution de sa roue avant, ça m’a payé l’apéro pendant un an » L’arnaque : une voie de garage Mais Michel était sans doute trop sensible pour continuer à exercer cette profession sans être titillé par sa conscience : « Un jour, j’ai vu une maman de cinq enfants fondre en larmes après avoir vu la facture de 3000 euros qu’elle devait payer. Elle disait que les huissiers allaient venir chez elle. Là, je me suis dit qu’on allait trop loin » confesse-t-il. Lorsqu’on lui demande alors de préciser ce qu’il entend par « aller trop loin », Michel est sans concession : « Je me suis dit que son chèque était sûrement en bois et avec la crise, j’ai eu peur qu’y ait plein d’autres cas comme ça » Quant à savoir s’il craint la réaction de ses collègues, Michel se montre catégorique : « Pas du tout. Avec tout ce que j’ai déjà empoché en acceptant les interviews des magazines, j’vais pas moisir ici. » Une bien belle histoire qui n’est pas sans rappeler celle de ce serrurier déclarant au micro d’une chaîne de télévision il y a quelques mois qu’il avait décidé de faire une facture non-abusive la veille de sa retraite, « pour voir ce que ça faisait ».

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 4 avril 2012 à 10:33

"Le torrent révolutionnaire des Français est sorti de son lit"

Jean-Luc Mélenchon, meeting à Vierzon, mardi 3 avril 2012

Filer la métaphore, c’est prendre le risque de faire des nœuds à sa pensée. Que nous dit-il cet homme de « conviction » (Sarkozy dixit), qu’est le candidat du Front de gauche ? Le peuple possède une force hydraulique désormais activée par la turbine mélenchonienne. Soit. C’est au moins une énergie renouvelable. Pour les megawatts, on évaluera le  22 avril. Mais n’empêche qu’il nous suggère aussi, cet homme à « l’identité forte » (NKM dixit), que par le passé le « torrent » était resté dans son « lit. ». Ou bien il roupillait, ou alors, bordé par les soins de la Réaction, il se tenait allongé dans une position inoffensive. Pas terrible, le sous-texte. C’est que depuis Karl Marx qui a vu les Communards monter « à l’assaut du ciel », l’imaginaire révolutionnaire peine à retrouver une telle hauteur. On serait plutôt dans le mimétisme : 1917 en Russie s’inspirait, précisément, de 1848  en France, tandis que par un plaisant retour des choses Mai 68 plagiait octobre 1917, dans ses déclinaisons lénino-trotsko-maoïstes. Et Jean-Luc Mélenchon, cet homme « sincère » (Morano dixit), il se la joue comment la Révolution ? Dans le style, on voit bien qu’il emprunte au tonitruant Marchais des années 70. Pour le fond ce serait plutôt entre Thorez et Chavez. Deux grands défenseurs de l’énergie nationale. Le charbon pour l’un, le pétrole pour l’autre. Mélenchon c’est peut-être la Révolution accédant enfin à l’âge de l’électricité. Un vrai bond en avant.

Le 25 août 2010 à 08:17

Le parti du Chien à deux queues (Magyar Kétfarkú Kutya Párt)

Carte postale de Budapest

"Il est si mignon, il ne va pas te voler !"Voteriez-vous pour le nouveau parti dont les affiches ont envahi Budapest cet été ? Ce toutou à cravate qui rassemble bien visiblement sa duplicité dans une jolie double queue, promet la vie éternelle, le droit de vote aux animaux, la bière gratuite, l'abrogation des impôts, l'ouverture de relations diplomatiques avec les extraterrestres, l'entrée des virus au Parlement (sous un espace vitré pour éviter la contagion), une réforme de la météo avec neige en hiver sauf sur les routes nationales, le Rallye de Monte Carlo en Hongrie... "Le MKKP est fondamentalement différents des autres partis au sens où nos promesses ne sont clairement que des promesses. C'est un programme rationnel et urgent  pour faire décoller le pays. C'est la seule option raisonnable.", précise le programme du Chien à deux queues hongrois. Après les Turcs, les Habsbourg, une dictature fasciste qui fait alliance avec les Nazis et enfin l'occupation soviétique, les Hongrois n'expérimentent vraiment la démocratie que depuis la chute du mur. En donnant des gros coups de volant à chaque élection. Des virages de plus en plus rageurs, au vu des tombereaux de promesses non tenues par les partis qui se sont succédés au pouvoir. Cette année, le pays a fait un tête à queue à droite : les électeurs viennent de confier tous les leviers à Viktor Orban, un libéral nationaliste très sarkozyste dans sa manière de monopoliser le pouvoir. Son opposition de centre gauche s'est volatilisée au profit d'un nouveau parti populiste d'extrême droite ouvertement antisémite et bouffeur de Roms, le Jobbic ("Y'a bon à droite"). A ceux qui ne savent plus à quel bulletin se vouer, le parti du Chien à deux queues veut apporter un peu d'air frais en présentant ses candidats à la mairie de Budapest et de Szeged aux très prochaines élections municipales. Ils sont sans doute encouragés par la victoire du comique islandais Jon Gnarr à la mairie de Reykjavik en juin dernier. Après le crash qui a rendu visible à tous les Islandais la collusion entre finance et politique, son "Meilleur Parti" s'est imposé en proclamant : "Un seul Père Noël pour faire des économies, un ours polaire pour le zoo de Reykjavik, Disneyland à l’aéroport, un Parlement sans drogues d’ici 2020".Des promesses dont pourrait s'inspirer Eva Joly avec son projet de "déprofessionnalisation de la politique"...

Le 28 janvier 2012 à 09:25
Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 21 février 2013 à 07:53

Pistorius sous stéroïdes le soir du meurtre ? Les fans déçus

Johannesburg – Après les soupçons de meurtre de son ex compagne, Oscar Pistorius fait face à de nouvelles accusations qui pourraient être -celles-ci- fatales pour sa future carrière. Ses avocats pourraient plaider l’influence de substances dites stéroïdes, substances qui pourraient avoir une incidence sur l’humeur. Un examen sanguin a été effectué et déjà les fans sont très très très déçus. La chute d’une idole C’est la désillusion chez les fans et supporters de l’athlète Oscar Pistorius. Le sportif pourrait être convaincu de dopage aux stéroïdes si les tests sanguins réalisés le soir du meurtre sont concluants. Des substances qui ont pour effet d’influer sur l’humeur et qui pourraient expliquer la dispute qui a dégénéré. Une annonce qui tombe comme un couperet pour les fans. « Je suis très déçu. D’abord les soupçons de meurtre, maintenant ça. On se demande où cela va s’arrêter » explique un fan sur sa page Facebook. Pour beaucoup, la carrière d’Oscar Pistorius pourrait être sérieusement compromise.« Après ces tests sanguins, certains sponsors pourraient se retirer pour de bon » souligne un journaliste sportif de l’Equipe. « Il suffit de voir comme Armstrong a vécu ces accusations. Ces soupçons vont lui coller longtemps à la peau. Peut-être que Pistorius devra s’expliquer, comme Lance, et avouer, tout simplement. Pour l’image du sport. ». Dans l’immédiat, certains préfèrent attendre le bilan sanguin avant de prendre position. « Je ne veux pas l’accabler, vous savez, on fait tous des erreurs parfois » explique un autre fan sur la page Facebook du sportif. La Rédaction Illustration: Gabludlow/Flickr

Le 13 septembre 2010 à 09:50

Au secours les mots : Carole Zalberg défend le mot "racaille"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Ravalec avait-il lu Requiem des innocents? Le titre de son roman Cantique de la racaille s’inscrivait en tout cas dans le droit fil du premier et génial récit de Louis Calaferte. Depuis ma lecture de ce chef d’œuvre, je m’étais toujours représenté la « racaille » comme la population à la marge qui y est évoquée même si ce mot, je crois, n’est jamais employé par l’écrivain. Le mot « racaille »  me venait quand je repensais à ces êtres – dont des hordes d’enfants – ne possédant rien d’autre qu’un sens aigu de la survie sans cesse contrarié par un sens non moins vif de l’honneur. La racaille était misérable mais avec panache. Contrainte de voler, trafiquer, se battre souvent à mort et pour ainsi dire dès le berceau, mais en déployant une énergie et un savoir faire qui forçaient le respect. Elle vivait au milieu des déchets mais refusait d’en être. A la société qui ne voulait pas d’elle, la racaille opposait sa force vitale et l’orgueil du résistant. Dans « racaille », moi j’entendais rocaille ; du dur et du nombre serrant les rangs. Le mot imposait son aridité sonore.Même si la racaille, chez Ravalec, avait un peu molli, ses personnages montraient la même capacité à durer, à faire les zouaves au-dessus de l’abîme au risque d’y sombrer.Entre-temps, dans les quartiers et les banlieues, on s’était passé le mot. « Racaille » et ses variantes « caillera » et « caille » devenaient à la fois insulte et titre de noblesse (à la manière du « nigger » brandi par les Noirs Américains eux-mêmes, mais qui demeure une injure méprisante quand d’autres l’emploient). La racaille, donc, désignait plus que jamais une population écartée du gâteau mais bien déterminée à obtenir sa part, quitte à se salir les mains. Lésée mais inventive et volontaire. Pas toujours sympathique et parfois carrément menaçante, mais chacun fait avec ce qu’il a quand les disparités sont à ce point flagrantes. Je continuais à aimer dans ce mot son pouvoir d’évocation, son refus d’embellir autant que d’apitoyer.Et puis Nicolas Sarkozy a promis de « nous » en débarrasser, de la racaille. C’était en 2005, à Argenteuil. Pour son grand nettoyage des cités, il comptait s’y prendre au "karcher". Il n’était pas le premier à déraper. D’autres avant lui avaient dévoilé de nauséabondes associations d’idées autour du même mot. Mais c’est ce jour-là qu’il  m’est devenu imprononçable. L’employer revenait à vomir ou cracher. C’était comme s’associer. Car au karcher on ne nettoie pas de l’humain mais du sale, du détritus. De l’indigne d’exister.Ce qui me frappe aujourd’hui, pourtant, c’est qu’en renonçant à ce mot, je l’ai abandonné à celui qui l’a souillé et le laisse croupir depuis parmi d’autres mots avilis. Il est grand temps, je crois, de le lui reprendre. Pour tout savoir de Carole Zalberg : http://www.carolezalberg.com/

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication