Pétula Fox
Publié le 04/09/2014

Ticket choc


Animations, illustrations, et aussi, explorations de lieux périphériques insolites, créations de carnets de voyages entre réalité et imaginaire.

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Le 5 août 2014 à 08:46

L'Assemblée nationale reconnaît que les stagiaires ont une âme

L’Assemblée nationale a adopté une mesure majeure qui devrait faire date dans la législation du monde du travail en France. Il est désormais comme acquis et maintenant inscrit dans le code du Travail que les stagiaires sont bien des personnes et ont une âme à part entière. Reportage. Un texte qui a connu beaucoup de réécritures et d’allers-retours entre les différentes chambres du Parlement, avec un débat qui a divisé la classe politique, le monde du travail et les Français. « Il y a dix ans, dire qu’un stagiaire avait une âme, c’était audacieux. Vous vous exposiez à de sévères critiques » explique un des rapporteurs du texte de loi. Le gouvernement avait ainsi repris une des promesses de campagne du candidat Hollande qui souhaitait que l’âme du stagiaire soit enfin reconnue. « Est-ce que la société est prête pour cela, je ne sais. Parfois, on veut aller vite et on fait mal » commentait pour sa part le député UMP Hervé Mariton qui estimait ce texte « dangereux et porteur de germes de conflits futurs ». Du côté du MEDEF on notait une pointe d’agacement quant au contenu exact du texte et des termes utilisés. « C’est certes un texte qui va créer un précédent mais on ne veut pas donner non plus trop d’espoir aux stagiaires, car c’est ça qui serait vraiment terrible » expliquait de son côté Pierre Gattaz qui réfutait le terme philosophique d’âme au micro de Radio-Classique ce matin. « Le stagiaire fait ce qu’on lui dit de faire, il se contente de reproduire des gestes. On ne peut donc pas parler d’âme, relisez Pascal et Descartes ! » soulignait-il encore il y a quelques mois devant la commission des lois. Mais les partisans du texte sont aujourd’hui heureux et pour beaucoup c’est le début d’un autre combat qui pourrait, à terme, déboucher sur un autre acquis important pour les stagiaires. Comme le souligne le porte-parole en larmes de Génération Précaire « Tout le monde y pense, mais on n’ose pas en parler trop fort, mais oui, on se dit que dans quelques dizaines d’années, le principe de verser un salaire à un stagiaire sera peut-être une réalité ». Le Gorafi

Le 15 octobre 2010 à 08:00

Au secours les mots : Thierry Illouz défend le mot "cité"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Les enjeux du langage dépassent largement la constatation objective d’une évolution, d’un simple glissement sémantique, ainsi ils incorporent tous les mécanismes de la désignation, de la stigmatisation de la disqualification.J’aimerais prendre pour exemple le mot magnifique de "cité". Son sens premier que je découvrais avec passion dans mes livres d’histoire est celui de la réunion, de ce tout qui englobe, qui tisse entre les gens un lien de coïncidence, non seulement géographique mais aussi moral et politique. La cité c’est le lieu où s’accomplit et s’épanouit l’idéal démocratique, c’est le lieu de la parole commune, de la parole entendue.
 Et pourtant par une forme d’intention sociale, médiatique ou politique le mot s’est chargé d’une connotation, d’un poids, d’un sens qui non seulement diffèrent de son sens premier mais en véhiculent littéralement le contraire. Etre un jeune des cités, c’est en effet porter le poids d’une rupture d’avec le groupe, d’une mise hors du collectif, une relégation, une défiance, un rejet.Habiter les cités ne signifie plus en rien aujourd’hui participer de la démocratie d’un espace commun structuré et attentif aux attentes de ses acteurs mais simplement vivre dans de vastes ensembles architecturaux où sont parquées ce que l’on peut appeler sans risquer d’être contredit "les classes dominées".Que ce terme noble, exigeant, philosophique depuis la Grèce antique soit devenu le symbole de ce mépris de cette distance dans tous les sens du terme mérite l’examen, ne pensez-vous pas ?Et peut-être surtout parce que le reproche permanent adressé aux habitants des « cités » consiste, on se pince pour le croire, dans l’absence de sens "citoyen", de sens "civique" tandis que ces populations comparaissent dans les tribunaux comme à la une des journaux au titre de toutes les "incivilités".Il faut commencer par s’occuper des mots, je le crois, ce sont les indicateurs et les indices de tous les mauvais virages et ce sont aussi souvent les protections, les parapets, les remparts.Je voudrais si j’en avais seul le pouvoir remettre le mot "cité" sur son pied, d’égalité s’entend, de respect, de considération, c’est cela la cité que je veux, la vraie et dont je fais partie.Le sort des mots est parfois un combat et sur ce terrain comme sur bien d’autres, comme le disait Brecht : "Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite."  Thierry Illouz est avocat et écrivain. Le 20 octobre 2010 à 19h30, il plaidera pour la défense des monstres dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point. (voir lien ci-dessous)

Le 8 juillet 2011 à 08:54

Huile de coude, ou comment la cruciale question de l'emploi trouve des solutions simples et élégantes.

Cornegidouille ! Si la question de l’emploi est prépondérante, (je n’oserais dire incontournable, afin de ne pas empiéter sur le lexique journalistique), c’est que nous avons négligé les débouchés physiques de certaines formes de travail, peut-être même les plus attrayantes. C’est une anecdote qui m’a mis la puce à l’oreille : il y a peu de temps, un des mes amis s’est vu demander par un client de l’huile de coude. Il y avait certainement de la malice dans cette demande aux allures excentriques. Mon ami, loin de se décontenancer pour si peu, s’est évertué à satisfaire l’acheteur. Mais du rayon lingerie fine au service après-vente du rayon électroménager, ladite huile est restée introuvable. Diable !     Pensons bien, chers humanoïdes et ceux qui s’en rapprochent, combien nous pourrions subvenir aux besoins de nombre de nos semblables, en réhabilitant l’honorable tâche de producteur d’huile de coude !     Vous sentez une grande fatigue s’abattre sur vous ? Vous avez la démarche morne et lente ? Construire un nichoir vous demande un effort désespéré ? Problèmes Ô combien quotidiens, handicaps sociaux véritables ! Mais voilà, les producteurs d’huile de coude, organisés en une S.A. des plus dynamiques, recrutent avec force bonne volonté. Point d’expérience exigée, CDI à la pelle physique. Juré. Jeunes bienvenus, mais point trop jeunes non plus. Car voyez-vous, l’huile de coude est une denrée dont on ne saurait se passer. Elle vous accompagnera toute votre vie, sous forme de spray, de pastille, de gel, d’infusion, de patch. Et ce n’est qu’un début !   Voilà chers jurés, satrapes, ministres, amoureux du genre humain et ceux qui l’honnissent, quelles sont les mesures, simples et révolutionnaires à la fois, que je propose en vue de donner un second souffle au marché de l’emploi. Vous aussi, pariez sur l’huile de coude !

Le 18 février 2014 à 07:27

Après la théorie du genre, des livres pour enfants leur racontent qu'ils n'auront ni travail ni de retraite

Nouveau scandale dans l’Education nationale. Après les livres qui traitaient de la théorie du genre, plusieurs spécialistes ont repéré des ouvrages sensibles pour les enfants. Des ouvrages qui laissent entendre aux enfants qu’ils auront du mal à trouver du travail plus tard et qu’il leur sera difficile, voire impossible, d’obtenir une retraite décente. Reportage. Encore des livres qui s’en prennent à nos enfants. La découverte de ces livres à problèmes pose un réel problème, estime Michel Eckert, le premier à avoir donné l’alerte. « Sous ses allures guillerettes et innocentes, ces livres racontent comment sera le réel de nos enfants dans quelques années » explique-t-il sur son site internet. « Ainsi dans l’un, on y décrit les péripéties d’une oursonne pour trouver du travail à l’usine. Une usine qui est rachetée par le grand méchant loup. Refusant d’être délocalisée au pays du loup, Missy l’ourse se retrouve alors au chômage avant de sombrer dans la dépendance au miel » écrit-il. Le père de famille ajoute qu’il a dû rassurer son fils sur le fait qu’il trouvera bien plus tard du travail sans problème, dans la filiale qu’il veut et au salaire qu’il veut. Car ce père de famille courageux refuse que ses enfants ne se fassent de fausses idées sur leur futur. Dans un autre ouvrage incriminé, « Pas de retraite pour Papy Libellule » une vieille libellule arrivée à la fin de de sa vie souhaite se reposer. Mais hélas, ses bébés libellules sont tous partis, ne donnent plus de nouvelles et Papy Lib’ va devoir continuer à travailler pour subvenir à ses besoins car le Mouvement De L’Étang et du Fleuve estime qu’il n’a pas assez chassé de moustiques durant sa vie. « Mon fils m’a demandé si cela pouvait arriver dans la vraie, je lui ai dit que non, ça n’arrive pas, toutes les grandes personnes ont leur retraite après avoir durement travaillé » précise-t-il. Le gouvernement n’a pas souhaité commenter cette nouvelle liste de livres sensibles mais plusieurs parents d’élèves sont inquiets. « Les enfants sont des êtres fragiles et naïfs, s’ils apprennent ce qui se passe vraiment dans le monde, cela sera sans doute un choc terrible » réaffirme ce père de famille brandissant un autre livre qu’il estime dangereux. Dans cet ouvrage pernicieux, on peut y voir Isa qui joue avec ses frères à être garagiste. Mais celle-ci réalise bientôt qu’elle est moins bien payée que ses autres frères pour le même travail. « Jusqu’où cela va aller, il faut retirer ces livres avant que cela soit trop tard » s’alarment les parents.

Le 27 mai 2011 à 09:30

Je ride me voir si belle en ce miroir

Pubologie pour tous

Quand on fait de la publicité pour les cosmétiques on se retrouve souvent devant un dilemme. Car voilà, on raconte aux gens que tout vieux et moches et gros qu’ils sont, affalés devant leur télé avec une bière et un cheeseburger réchauffé au micro-ondes, on va les rendre jeunes et beaux et minces et aussi bronzés en prime.   Le dilemme n’est pas que tout cela est impossible, ça c’est une donnée négligeable. Le problème est que pour vendre de la beauté, on ne peut pas montrer des modèles moches. Voire même un peu imparfaits.   Dans les écoles de com, on ressasse l’exemple de cette marque qui a brillamment montré des gros, des vieux, des différents pour vendre des crèmes, a été encensée par la critique et… a vu ses ventes se crasher en beauté. Donc voilà, c’est pourtant simple, les gens aiment qu’on leur parle à eux tels qu’ils sont, mais en leur montrant des eux tels qu’ils ne seront jamais.   C’est pour ça qu’on montre toujours des trentenaires pimpants avec de faux cheveux blancs dans les pubs sur les colorations capillaires couvrantes. C’est pour ça que les jeunes acnéiques n’ont pas d’acné. C’est pour ça qu’on en arrive, dans une affiche pour un anti-rides, à montrer une femme tellement lisse et retouchée qu’elle semble avoir volé sa peau à un enfant, mais qui se trouve trop de rides alors elle s’étire pathétiquement les bords du visage. Mais heureusement pour elle, il y a un super antirides qui marche tellement bien qu’avant même de l’utiliser on n’a déjà plus de rides.   Ce n’est pas prendre les gens pour des cons. C’est essayer de les comprendre au mieux. Nuance.

Le 1 mai 2015 à 07:04

Le 1er mai est un jour triste

Aujourd’hui, premier mai on fête le travail. On le fête si bien d’ailleurs qu’on n’y va pas. C’est un peu comme si vous organisiez une fête pour célébrer votre anniversaire et que personne ne venait. C’est triste mais c’est ainsi Il y a cependant quelques exceptions à la règle, certains travaillent le premier mai en contrepartie de quoi ils sont payés double. L’éléphant du cirque a ainsi droit à une double ration de graminées, on autorise exceptionnellement les enfants à donner à manger aux singes, les lionnes restent deux fois plus longtemps dans la cage des lions et le clown a droit à un double whisky, ce qui le rend doublement plus triste. Avant, le premier mai, on offrait des brins de muguet, maintenant on le vend. Cette ravissante petite plante herbacée dont la fleuraison au printemps nous offre en merveille de formidable grappes de clochettes très odorantes peut faire crever votre chat, votre gentil toutou, voire même vos gosses et ce en raison de ses substances irritantes et cardiotoxiques qui peuvent ralentir le rythme cardiaque, augmenter la pression artérielle et engendrer bien des troubles associés à une salivation excessive. Ce qui rend d’autant plus triste la chose, c’est que les cabinets vétérinaires sont bien souvent fermés le premier mai. Au même titre que le 11 novembre, le premier mai est une journée du souvenir. Souvenir du temps jadis où les ouvriers à l’usine croyaient en la politique, en des jours meilleurs et aux lendemains qui chantent. Depuis les usines ont fermé, le colonel Fabien fait la grimace et les ouvriers n’ont plus de travail, alors pensez donc si le premier mai demeure un jour joyeux. En plus aujourd’hui il pleut, c’est triste, mais ce qu’il y a de véritablement plus triste encore, c’est de savoir que l’année prochaine, le premier mai tombera un dimanche.

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