Pascal Hérault
Publié le 26/07/2014

C'est pas du boulot!


Les p'tits boulots du Professeur Pascal.

J’aimerais être policier : pour mettre des PV à tous les cons qui ne savent pas qui est Marcel Proust.

J’aimerais être écrivain à succès, sauf que Marc Lévy écrit plus mal que moi.

J’aimerais être infirmière, rien que pour passer une blouse bien propre sur mon corps dénudé et velu.

J’aimerais être coiffeur pour les plus de cinquante ans : la calvitie a déjà fait la moitié du travail.

J’aimerais être peintre en bâtiment : j’aime tout ce qui a des poils, les chiens, les chats, les pinceaux. 

J’aimerais être armurier, spécialiste des pistolets à eau.

J’aimerais tenir un restaurant finnois. Je serais le roi du steak de renne.

J’aimerais être un artiste, mais le titre est déjà pris.

J’aimerais être chanteur de rock comme Johnny : on verrait ma tronche sur les T-shirts des retraités.

J’aimerais être prêtre ou pasteur : on ne travaille que le dimanche.

J’aimerais être guérisseur. Grâce à mon pouvoir extraordinaire, je soignerais les femmes seules par l’imposition des mains (entre autres).

J’aimerais être maître-chien. A moi aussi, on mettrait une muselière.

J’aimerais être dictateur chez les poissons, petit père des poulpes.

J’aimerais être dictateur dans une orangeraie, petit père des pulpes.

J’aimerais inventer des jeux de société pour hommes seuls. Mais il y a déjà le solitaire et les plaisirs qui vont avec.

J’aimerais être chercheur d’or dans une bijouterie ; c’est plus facile.

J’aimerais être conseiller d’orientation. Je guiderais mes élèves vers des voies d’avenir : analyste financier, marchand de Prozac, employé à Pôle Emploi.

Bref, j’aimerais faire quelque chose de ma vie. Si vous avez une idée, merci de me contacter rapidement. Gens sérieux et travailleurs s’abstenir !

Pascal Hérault est tombé dans la littérature quand il était tout petit et depuis il ne s’en est pas relevé. Auteur d’albums et de romans pour la jeunesse, il écrit aussi des polars, des chroniques pour le site K-libre et des textes inclassables où la logique se prend les pieds dans le tapis. Derniers ouvrages parus : Suzy a disparu !, éditions Les 400 CoupsL’Ile de la faim, éditions Oskar. A paraître : C’était comment avant ?,  essai humoristique et vaguement historique aux éditions Max Milo. On peut le retrouver sur son site : www.pascalherault.fr

 

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Dans son ouvrage "Les rillettes de Proust", Thierry Maugenest vous donne des trucs pour accéder enfin à la gloire littéraire

Nycthémère ! Évitez d’employer des mots dont les sonorités trompeuses seraient préjudiciables à vos écrits. Ainsi, les termes utilisés dans le texte ci-dessous, pourtant dénués de toute grivoiserie, suggèrent au premier abord une atmosphère bien différente de celle recherchée par l’auteur : L’ardent Antonio Vernice, harassé par une nuit de formications et par la croupade nerveuse de la haquenée qui s’agitait entre ses jambes, vit enfin le jour se lever, éternelle resucée d’un plaisir solitaire. Il repoussa sa cuculle et murmura pour lui-même :– Quel nycthémère ! Cette chevauchée m’a épuisé.Il voulut se reposer, mais les effluves d’un phallus impudique le firent fuir. Peu après, une ultime ruade et il s’arrêta enfin, l’œil réjoui par des trique-madames  en fleur et des verges d’or épanouies. Tandis qu’il entamait une miche par la baisure, en réservant une lèche pour son téton-de-Vénus, il aperçut une marie-salope qui mouillait près de lui. Il se demanda aussitôt quelle position adopter.– Je pourrais la haler par son tire-veille, se dit-il, mais je peux aussi y monter d’un saut de caracul.Inédit  Formication n.f. : fourmillement dans un membre. Croupade n.f. : saut d’un cheval qui rue. Haquenée n.f. : cheval ou jument de taille moyenne, d’allure douce. Resucée n.f. : reprise, répétition. Cuculle n.f. : capuchon de moine. Nycthémère n.m. : durée de vingt-quatre heures comportant un jour et une nuit. Phallus impudique n.m. : champignon exhalant une odeur repoussante. Trique-madame n.f. : plante grasse. Verge d’or n.f. : plante herbacée à fleurs jaunes. Baisure n.f. : côté par lequel deux pains se sont touchés dans le four. Lèche n.f. : mince tranche de pain. Téton-de-Vénus n.m. : belle variété de pêche. Marie-salope n.f. : bateau à fond mobile servant à transporter les produits de dragage. Mouiller : jeter l’ancre. Tire-veille n.m. : filin servant de rampe à l’échelle extérieure d’un navire. Caracul n.m. : mouton d’Asie élevé pour sa fourrure.(Un texte extrait de l'ouvrage Les Rillettes de Proust et autres fantaisies littéraires, paru aux Editions JBZ & Cie)

Le 18 mai 2013 à 10:52

Lettre ouverte à Pierre Autin-Grenier

Clochard céleste, portrait 40

Cher monsieur Autin-Grenier, je vous écris de mon bain, en ce dimanche de pluie. J'ai dit à ma douce que j'étais disponible si elle avait envie de gentiment me caresser le sexe dans l'eau chaude mais je crois qu'elle a prévu d'autres façons d'embellir le monde, je pense donc que nous serons tranquilles pour discuter. Cher monsieur Autin-Grenier, je ne vous écris pas du Montana mais je sais qu'un Japonais neurasthénique rêve du Far West provençal de la même manière que nous projetons nos fantasmes sur les collines, les fleuves et les baies des Rocheuses où naquirent nombre de poètes et de crotales. Je vais donc considérer que mon bain est une sorte de Montana japonais et qu'ainsi l'honneur du rêve est sauf. Cher monsieur Autin Grenier, ne vous rabrouez point, je ne suis pas un courtisan, je suis un fantassin électrique, un collectionneur de poussière, un arrière-goût, un pousse-mégot, une impression. Cher monsieur Autin-Grenier, ce monde n'est pas le mien et ça vous fait une belle jambe. Pourtant j'écris, je fume sur la terrasse en matant les mésanges, je dors, je rêve, j'aime et je suis même sur le point de me reproduire ce qui prouve que nous ne sommes pas à une contradiction près et que la chute vaut bien la façon dont nous nous rattrapons aux branches. Cher monsieur Autin-Grenier, vous faites partie de mes sauveurs familiers au même titre qu'Elliott Smith, Al Green, Miles Davis, Richard Brautigan, le vieux Buk, Issa, Rick Bass, Nina Simone ou Bob Marley. Cher monsieur Autin Grenier, Luke-la-main-froide est mort et Johnny Boy s'est fait avoir, Vendredi est dans de sales draps, Tsi-na-pa est devenu marshal, Ardisson passe pour un rebelle et Bizot est oublié, le poil d'éléphant se porte aux poignets, les contre-cultures ont une durée de vie de sans-papiers et les syndicats ne sont plus représentatifs. Cher monsieur Autin Grenier, tous les matins en allant pourrir au bureau, je croise deux dromadaires dans un champ au bord de la nationale et je me dis que tant qu'ils se moquent de nous, tout n'est pas perdu. Cher monsieur Autin Grenier, nous ne croyons en rien et nous aimons trop, lorsqu'il y aura un gros pépin nous ne ferons pas long feu. Cher monsieur Autin-Grenier, vous faites partie de ceux qui m'ont donné envie d'écrire, donc de voir, donc d'apprendre, donc d'en rire, donc de vivre. Cher monsieur Autin-Grenier, je vis en dessous du seuil de pauvreté, j'ai passé trois fois mon bac et six fois mon permis, je pourrais tomber accro d'une bouteille d'eau, j'habite avec un chien peureux et une femme douce et fragile, je finis rarement les livres que je commence et je suis le roi des fautes d'orthographe. Cher monsieur Autin Grenier, j'aime Erri de Luca, Terrence Malik, Patrick Dewaere et Magik Malik, Manu Larcenet, Shuggy Otis, Into The Wild, Bonnie Prince Billy et Lou Reed. Je n'ai rien contre la fuite à condition d'exister. Cher monsieur Autin-Grenier, certains voient dans vos livres des histoires d'anarchistes, d'autres d'andouillettes et de vin blanc, moi j'ai l'impression que vous parlez de chiens mourants, de fantômes encordés, de diamants dans les flaques des rues, d'aigles royaux qui attaquent le ciel. La littérature est notre charbon merveilleux. Cher monsieur Autin-Grenier, je voulais vous remercier de persister avec la grâce d'une coccinelle dans un plat d'huîtres ...

Le 31 mai 2014 à 08:37

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Peut-on jouer au docteur le dimanche ?

NON. Pas encore, du moins. Le Ministère de la Santé est en train de préparer un décret qui légalisera bientôt cette pratique dominicale, jours fériés inclus. Il faut dire que, en dehors du PMU, il n’est pas facile de trouver un médecin disponible le dimanche : les uns sortent d’une nuit de garde éprouvante, les autres sont partis jouer au golf avec leurs potes dentistes. Il vaut mieux ne pas tomber malade ce jour-là, ou se retenir très fort pour ne pas l’être, ce qui est problématique quand on n’a qu’un baromètre de salon pour prendre sa température. Bientôt, grâce au nouveau décret, on pourra se délivrer une ordonnance de Lexomil comme un grand, soigner son chien atteint de psoriasis et, le cas échéant, empoisonner sa belle-mère envahissante (mais le Lexomil ne suffit pas). D’après le Ministère, il sera même possible d’apposer une plaque sur sa maison ce jour-là : M. Machin, médecin du dimanche, reçoit sans RDV. Pour être médecin du dimanche, il ne sera pas nécessaire de s’appeler Diafoirus ou d’avoir un CAP de chaudronnerie : il suffira de consulter le Vidal pour trouver le bon médicament, sauf dans les cas de maladies incurables comme la peste bubonique ou la poussée frontiste dans le nord-ouest. D’ores et déjà, de nombreuses familles s’enthousiasment à l’idée de la parution de ce décret. Maman va pouvoir jouer à l’infirmière avec papa ; mais si papa travaille ce jour-là, elle pourra toujours se rabattre sur le voisin du dessus. Quant aux enfants, leur curiosité insatiable leur permettra de faire l’autopsie de leur cochon d’Inde préféré après l’avoir plongé dans l’eau bouillante assaisonnée d’aromates. Notons quand même qu’il sera interdit de procéder à une amputation, si le patient n’est pas d’accord. Enfin, pour ceux qui veulent donner leur corps à la médecine, il faudra attendre le lundi, jour d’ouverture des universités.

Le 3 juin 2011 à 08:30
Le 25 juin 2013 à 09:04

La Sécurité routière veut encadrer le port de la frange au volant

Un effet de mode qui s’avère particulièrement pervers. Selon les statistiques présentées aujourd’hui, le port de la frange au volant aurait causé plus de 5% des accidents de la route l’année passée. Et contrairement à ce que laissent penser les expressions machistes et sexistes sur les femmes et la conduite, les hommes sont tout aussi concernés que les femmes par cette mesure. Reportage. C’était un samedi ordinaire pour Isabelle (*). Elle sort de chez le coiffeur et prend sa voiture pour rentrer chez elle. Soudain, le trou noir. « J’ai réalisé que je n’y voyais plus rien du tout. Et quelques secondes plus tard, c’était l’accident ». La voiture d’ Isabelle percute plusieurs voitures en stationnement, fort heureusement, sans blessures graves. Pour Isabelle, il apparaît clairement, elle en est même certaine, que c’est la frange qu’elle venait de se faire faire chez le coiffeur qui a causé l’accident. « Elle était trop longue. Quand je me suis assise, cela a créé comme un rideau opaque, tout était sombre devant moi, je ne voyais plus mes mains ni le volant » raconte-t-elle. Des témoignages de la sorte, la Sécurité routière en dénombre plusieurs centaines.  Ceux de jeunes femmes, qui, succombant à une mode capillaire, ont bien failli perdre la vie dans des accidents de la circulation. « Selon nos statistiques, 5% des accidents de la route en 2012 sont liés à des ports de frange non réglementaires. Tout se déroule en quelques secondes : la conductrice ne voit plus rien, elle perd immédiatement le contrôle de son véhicule ». Pour Céline Montclair, auteure du rapport qui met en cause la frange, il faut mettre en place de nouvelles réglementations avant  que d’autres accidents plus graves se produisent. « Toutes les conductrices sont concernées. Mesdames, ne mettez pas votre vie en jeu. Aujourd’hui nous constatons cela chez les automobilistes, mais dans un avenir proche, d’autres catégories socioprofessionnelles pourraient être touchées, comme les conductrices de train ou les pilotes d’avion ». Le rapport propose donc une réduction de la taille maximale de la frange et met en garde non seulement les jeunes femmes mais aussi les hommes, de plus en plus tentés par cette mode. « Les statistiques font mentir les expressions sexistes sur les femmes au volant : elles sont prudentes. Et nous avons constaté qu’il y avait plusieurs hommes parmi les victimes de frange au volant. ». Selon elle, il s’agit de cas isolés, mais il faut prendre la chose au sérieux. « Cette coiffure a été popularisée par le chanteur Justin Bieber et hélas, les jeunes douchebags ne se rendent pas compte qu’ils sont non seulement ridicules mais en plus dangereux » affirme aussi le rapport. (*) le prénom a été modifié Le Gorafi Photo: iStock/IsaacLKoval

Le 1 septembre 2011 à 09:49

Auguste Le Breton, clochard céleste

Portrait 24

Auguste Le Breton était breton d’où son surnom. Il est né Auguste Montfort (1913-1999), pupille de la nation après la mort de son père clown dans la grosse bouche de la grande guerre. Le gars est né neuf fois comme les chats. Mais les chats de gouttière. Il pousse tordu entre les beignes et les humiliations des maisons de correction mais les yeux bien droits plantés dans la misère. Première vie, il s’écrase. Seconde vie, il s’évade. Troisième vie c’est la cloche. Le breton à Paname. Des bals, des couteaux, des apaches, des boutanches. Le breton tuberculeux apprend l’alphabet de la zone. Quatrième vie, petits boulots. Se faire une place au soleil à coups de pelles. Livreur. Terrassier. Esclave à la semaine. Cinquième vie, la pègre. Les voyous de Saint-Ouen. Les books, les macs, les diamants à l’auriculaire. Idem pendant l’occupation mais pas du côté des méchants. Sixième vie, le gars devient papa et renait comme un vieux cèpe en suivant son serment. Il avait dit qu’il écrirait. Il s’y met. Il raconte ses vies de chat de gouttière. Introduit l’argot dans l’affaire. C’est la septième vie qui commence celle d’un grand écrivain. Puis la huitième qui enchaîne avec le septième art. Jules Dassin, Michel Audiard, Jean Gabin, Frédéric Dard viennent lui manger dans la main. Rififi, Schnouf, Clan des siciliens. La neuvième vie, il se la garde pour se battre contre le crabe. L’homme a écrit des livres avec la lumière des rues mouillées. Bon joueur, le grand bonhomme sait dire merci : « L'heure étant venue de dédier ce livre, je l'offre à mes involontaires professeurs d'argot, à tous ceux avec qui j'ai vécu : Aux élèves de l'Orphelinat de Guerre où j'ai poussé, aux Pupilles du Centre de Redressement où j'ai grandi, aux arsouilles des rues avec qui mes dix-huit ans ont souffert, ri, haï, aimé, volé… Puis aux ouvriers couvreurs, plombiers, briqueteurs, dépanneurs d'ascenseurs qui, tout en m'instruisant à leur façon, ont tendu vers mon adolescence sans espoir leurs amicales mains rudes.» A la fin de sa vie, il écrit son premier livre de poème. Le titre : Du vent…et autres poèmes

Le 10 mars 2012 à 08:45
Le 18 avril 2011 à 14:01

Je me suis fait couper la banane

Je ne l’avais jamais trompée. Des années de vie partagée, sans le moindre démêlé et pourtant… S’il est vrai qu’avec le temps, nos rapports aux tumultes échancrés se faisaient moins fréquents, jamais pour autant la lassitude de ces couples éplorés n’était venue enrayer notre petite complicité. Même à cran, rien ne pouvait altérer la dépendance de notre relation, pas même cette chute irréversible, signe d’un vieillissement de moins en moins latent.   Et pourtant… En ce petit matin ensoleillé de doux printemps, un aquilon volage souffla sur mes désirs sont air le plus défendu. Ce temps nouveau qui fait monter la sève, me plongea tout droit dans l’incommensurable corsage d’une charmante demoiselle. Elle que chaque matin, je croisais derrière sa vitre, sans prendre le temps de m’appesantir, devint soudainement pour moi l’attrait d’une nouvelle jeunesse.   Si peu éclatant paraissait son esprit, sublime en revanche était sa poitrine. Bien que ma timidité farouche et mon éducation puritaine me décontenancent au moindre string qui dépasse, je pris soudainement mon courage à deux mains et fis le premier pas. « Ce soir si vous voulez » me répondit-elle d’un large sourire au chewing-gum qui dépasse. Le soir venu,  je me rendis non sans une certaine appréhension au lieu dit du rendez-vous. Etais-je vraiment certain de la chose ? N’allais-je pas commettre là une bêtise impardonnable ? A peine me fit-elle entrer dans son salon que mes doutes se dissipèrent, elle qui pour me mettre à l’aise, me défit rapidement de mes affaires.   Je me retrouvai là, docilement allongé, enivré par la douceur sur ma tête de ses fines caresses, maîtrisant parfaitement bien la chose, elle me fit peu à peu vaciller, elle, penchée sur mon corps, moi, bercé par ses déhanchés et le formidable cliquetis de son voluptueux doigté. Impossible de reculer.  Sitôt l’acte achevé, elle m’interrogea sans ambages sur mon sentiment à propos de tout ce qui dépasse. Honteux, après un tel déshonneur, c’est à peine si j’osai me regarder dans la glace. Après tant d’années de fidélité, je me posai alors cette question, cette douloureuse question… Comment ai-je pu délaisser ma tondeuse à cheveux, pour aller me faire couper les tifs chez un quelconque coiffeur ?

Le 6 janvier 2012 à 08:57

Ode à Jean-Pierre Pernault

Ou comment j'ai repris de la bûche à Noël

C'est une chose étrange que le JT de TF1. Surtout celui de 13h. Bon, j'ai pas de télé. Rien à voir avec de la mauvaise volonté, c'est juste que la télé n'est jamais venue à moi. Quand j'étais petit, j'avais un vélo. Quand j'étais ado, j'avais des copains. Quand j'étais étudiant, j'avais un découvert. Bref, le JT de TF1. Je l'ai regardé chez ma mère à Noël. Aux dernières nouvelles Kim Jong-Il était mort, l'euro aussi, y avait de quoi faire, je me disais. Mais j'ai jamais été fort en physique-chimie, j'avais oublié quelques phénomènes naturels simples, si simples pourtant : tous les jours, à 13h sur TF1, le monde s'arrête de tourner. Comme ça, sans crier gare, juste au moment où la ménagère finit son boeuf stroganoff, le monde s'arrête de tourner.Titres du jour : les vitrines de Noël, les rennes du père Noël, Martine fête Noël. Et trente secondes sur la famine. En fait le monde ne s'arrête pas vraiment de tourner, à 13h, sur TF1. Il réétudie constamment son passé. Parce que la redite, on aura beau dire, ça rassure la ménagère. Les rennes, les vitrines, ça la connait, mais elle aime bien qu'on lui confirme leur existence, des fois que, sait-on jamais. Et ça, Monsieur Pernaut, il le fait bien : il confirme, il rassure.Voilà, je tenais juste à te remercier, Jean-Pierre. Merci donc, merci d'apaiser les angoisses de ma maman, tous les jours, à 13h, sur TF1, car le prozac c'est devenu cher.

Le 17 janvier 2012 à 09:01
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